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Septembre 2009
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2009, Vœu déposé par Mme Seybah DAGOMA, M. Rémi FÉRAUD, Mme Frédérique CALANDRA et les membres du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif aux métiers en tension et à la situation du secteur de la coiffure à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2009


 

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons maintenant au v?u n° 72 du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés ayant trait aux métiers en tension et à la situation du secteur de la coiffure à Paris.

La parole est à M. Rémi FÉRAUD.

M. Rémi FÉRAUD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Le 10e arrondissement compte de très nombreux salons de coiffure africaine, mais, globalement, cette activité se développe et continuera de se développer dans les années qui viennent sur l'ensemble de Paris.

L'expérience que je tire localement de l'essor de cette activité est que les pouvoirs publics doivent l'encadrer et, pour cela, adapter un certain nombre des dispositifs existants.

Certes, un quartier comme Château d'Eau, dans le 10e, connaît un problème important de mono-activité, de même qu'il connaît des problèmes de nuisances dues au non-respect d'un grand nombre de règles.

Nous travaillons ainsi depuis un peu plus d?un an avec la S.E.M.A.-EST pour retrouver la diversité commerciale indispensable à la vie d?un quartier et nous travaillons également avec l'Etat pour mettre fin aux problèmes que crée pour les habitants mais aussi pour les clients des salons le non-respect de ces règles. Et parmi ces règles non respectées, il y a, en premier lieu, celle concernant la législation du travail.

Dans les salons de coiffure africaine, les coiffeuses sont, en effet, très souvent exploitées, sans contrat de travail mais devant louer à la journée un fauteuil pour pouvoir travailler et, si elles sont exploitées, c'est notamment parce qu'un grand nombre d'entre elles, ne sont pas en situation régulière sur le territoire.

Les textes actuels ne permettent pas leur régularisation, puisque les métiers de la coiffure ne font pas partie de ceux qui sont dits en tension (il en existe une trentaine en Ile-de-France). Je ne reviens pas d?ailleurs là sur une critique de l'ensemble de cette politique d'immigration.

La réalité, en tout cas pour ce qui est de la coiffure afro, est qu'il s'agit bien d'un secteur en tension quant au recrutement du personnel aujourd'hui à Paris.

Le v?u que je présente ici au nom du groupe socialiste et qui a été adopté par le Conseil du 10e arrondissement a pour objectif d'engager une réflexion sur cet enjeu. En permettant la régularisation du séjour en France des hommes et surtout des femmes qui exercent dans ce secteur, nous avons la conviction à la fois de défendre les droits de ces personnes et d'aller à l'encontre d'un système d'exploitation contre lequel nous devons absolument lutter. Notre objectif est d'appeler votre attention sur cette question.

Je vous remercie.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour le groupe Communiste, M. LHOSTIS a la parole.

M. Alain LHOSTIS. - Il est évident que je partage la quasi-totalité de l'exposé que vient de faire le maire du 10e, Rémi FÉRAUD, puisque je participe avec lui, dans le cadre de mes responsabilités, à une partie de l'action destinée à régler un certain nombre de ces problèmes.

Toutefois, la conclusion à laquelle il nous appelle par ce v?u pose, à mon avis, d'abord un problème de fond, puisqu'en clair, on s'adresse à l'Etat dans le cadre de la politique des quotas de travailleurs qui seraient amenés à pouvoir exercer leur activité. Je pense que, déjà, là, il y a une vraie préoccupation par rapport aux luttes que nous menons par ailleurs pour la régularisation de tous ceux qui sont sur le territoire. Je sais que nous avons une divergence d'appréciation. Pour nous comme le disent les slogans de ces travailleurs : "on bosse ici, on reste ici".

Sur ce plan, il y a déjà une première différence d'appréciation.

La deuxième porte sur l'action qui est proposée. En réalité, le maire du 10e a exposé la situation de surexploitation et la situation d'hygiène qui étaient posées à l'intérieur de ces salons. Je rappelle que nous avons voté un v?u sur l'utilisation d'un certain nombre de produits, accentuée par un autre phénomène qui est qu'aujourd'hui, tous ces salons comportent une activité importante d'onglerie, avec notamment l'utilisation d'éther de glycol, dont beaucoup d'études ont montré le caractère nocif. D?ailleurs, certaines des femmes qui font ce métier dans ces salons portent des masques. Malheureusement, ce ne sont pas des masques adaptés. Mais le v?u ne porte absolument pas sur ce constat et le moyen d'y mettre fin. Dans sa rédaction, il l'ignore.

Pour ces raisons, nous pensons que dans cette affaire, on masque le vrai problème, qui est un problème de surexploitation, un problème de droit du travail et un problème d'hygiène au travail.

Nous nous abstiendrons donc sur le vote de ce v?u.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci.

Madame COHEN-SOLAL, vous avez la parole.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Pour donner un avis favorable à ce v?u, juste en précisant que c?est vrai que l'on pourrait réfléchir aussi à des diplômes spécialisés pour certains dans cette profession, mais ce n'est pas l'objet du v?u. Je me bornerai donc à dire que je donne un avis favorable.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés assorti d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2009, V. 295).