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Septembre 2009
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2009, DAC 311 - Signature d'un avenant à la convention annuelle d'objectifs passée avec l'Association pour la Création et la Diffusion Artistique - A.C.D.A. (20e) pour l'attribution d'une subvention. Montant : 100.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2009


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DAC 311 sur lequel le groupe U.M.P.P.A. a déposé l'amendement n° 46 : signature d'un avenant à la convention annuelle d'objectifs passée avec l'Association pour la Création et la Diffusion Artistique (l?A.C.D.A.) pour l'attribution d'une subvention de 100.000 euros.

La parole est à Mme MACÉ de LÉPINAY.

Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, la musique classique est un secteur de la vie culturelle bien fragile ; il me paraît nécessaire de le rappeler.

Les concours internationaux de la Ville de Paris, qui sont au nombre de 8 et ont une certaine périodicité qu'il importe de maintenir, sont un élément important de la politique de soutien à la musique de notre ville. Ils permettent d'abord à des jeunes du monde entier de présenter leur travail, un travail obstiné et déterminé, d'entrer ainsi dans une carrière professionnelle et de se faire connaître du public.

Les candidats et les lauréats sont, de plus, des exemples à suivre pour les jeunes, pour les élèves de nos conservatoires en particulier, qui voient où peuvent les mener l'étude parfois ingrate de la musique.

J'ajoute que le concours est, de mon point de vue, la manière la plus démocratique de découvrir les talents de demain.

Les plus grands artistes musiciens ont accepté d?associer leur nom à ces concours prestigieux. Les jurys sont constitués de virtuoses du monde entier.

Enfin, ces concours sont l'occasion chaque année de passer des commandes à des compositeurs, montrant par là même que la musique classique est toujours vivante.

Organiser des concours internationaux suppose une grande technicité. C?est pourquoi la Ville a confié à l'Association pour la Création et la Diffusion Artistique le soin de le faire.

L'année dernière, deux concours ont été organisés : le concours Jean-Pierre Rampal de flûte et le concours Lily Laskine de harpe. L'Association a perçu une somme de 300.000 euros.

Je veux souligner cependant que le concours Lily Laskine a été pratiquement entièrement financé par le mécénat.

Cette année, l'Association organise le concours de violoncelle Rostropovitch et, deux ans après la mort du maître, un hommage à celui qui, malgré sa célébrité, a - j'en ai été le témoin - consacré tant d?heures et d'attention aux jeunes interprètes.

L'Association a fait depuis longtemps une demande de 400.000 euros qui lui semblaient nécessaires. La Direction des Affaires culturelles a annoncé au Conseil d'administration que la subvention de la Ville serait de 300.000 euros. Or, la subvention que vous nous proposez est au total de 250.000 euros.

Ce n'est pas sérieux, Monsieur le Maire, car nous sommes à moins d'un mois des premières épreuves du concours !

Parmi les 210 jeunes ayant posé leur candidature, des épreuves éliminatoires ont retenu 80 candidats qui concourront, je veux le souligner, pour le Grand Prix de la Ville de Paris.

Ce n'est pas sérieux parce que, si l'Association parvient malgré tout à organiser ce concours, elle n'aura plus aucun moyen pour préparer les futurs concours.

Alors, Monsieur le Maire, voulez-vous la disparition des concours internationaux de la Ville de Paris ?

Vous allez me dire que l'Association aurait pu rechercher du mécénat. Elle l'a fait, bien sûr, mais le mécénat est difficile à trouver cette année, vous le savez, et je regrette que L.V.M.H., qui avait soutenu le dernier concours Rostropovitch, ne se soit pas engagé cette année.

Monsieur le Maire, mon groupe présente un amendement afin d'augmenter de 50.000 euros la subvention pour le concours Rostropovitch.

Vous allez me parler d'argent public mais vous en parlez beaucoup moins quand il s'agit du "104", de la Gaîté lyrique, du 59 rue de Rivoli ou encore de Jean Bouin !

Mes chers collègues, je vous adjure de voter cet amendement qui permettra l'organisation du concours Rostropovitch, grand concours international dont le prestige et l'excellence rejaillissent sur notre ville.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - La parole, pour répondre, est à Christophe GIRARD.

M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Chère Madame MACÉ de LÉPINAY, vous savez que c'est évidemment un sujet très sérieux et qu'après avoir parlé de la Maison des Pratiques Amateurs, parler des concours relève également d'un sujet proche, puisqu'il s'agit de l'excellence et de la recherche de l'expression artistique la plus exigeante.

Rostropovitch, que j'ai, comme vous, connu, côtoyé? j?ai même eu la chance de voyager avec lui aux Etats-Unis et j'étais près de lui et de Claude SAMUEL lors du dernier prix, lorsqu'il était vivant.

Cela, c?est la dimension humaine.

Maintenant, la Ville mène une politique culturelle où elle fait des choix et compte les assumer. Claude SAMUEL, le président de son association, qui est une association de droit privé, demande à la Ville l?effort maximum, mais la Ville peut faire des choix peut-être un peu divergents et je vais m'en expliquer.

La Ville de Paris soutient trois organisateurs de concours internationaux de musique destinés à promouvoir les jeunes musiciens : l'Association pour la Création et la Diffusion Artistique, dont vous avez parlé, celle de M. Claude SAMUEL, la Fondation Long-Thibaud et l'Association Nadia et Lili Boulanger.

Sans remettre en cause l'importance des concours de musique - ils sont nécessaires à l'éclosion de jeunes talents et rien ne remplacera le lien entre l'?uvre et le public -, je pense qu'il est nécessaire, en revanche, de revoir les modes de fonctionnement de cette association qui a un peu plus de 30 ans.

J'ai eu l'occasion à de nombreuses reprises de m'en expliquer avec son président, que j'apprécie, que j?aime, que nous connaissons bien. Nous lui avons clairement exprimé notre projet de réduire le soutien de la Ville. Son association bénéficie de la plus forte subvention municipale en matière de concours.

Je tiens à préciser que la Ville est le seul partenaire public de cette structure depuis son origine, avec un faible apport de ressources propres, ce qui pose évidemment question.

Comment expliquer que le concours Long-Thibaud, par exemple, que nous soutenons à hauteur de 70.000 euros soit en capacité de mobiliser près de la moitié de ses ressources grâce à du mécénat ?

Vous avez évoqué un nom mais je crois qu?il y a beaucoup de mécènes possibles. Le groupe P.P.R., je suis certain, serait très intéressé si M. SAMUEL le sollicitait, pour soutenir ses concours.

Ainsi, une banque apporte-t-elle 70.000 euros à elle seule de mécénat au concours Long-Thibaud, soit autant que la participation de la Ville. Si l'association de M. Claude SAMUEL pour les concours de la Ville ne trouve pas de mécène, peut-être faudrait-il que les organisateurs s'interrogent sur leur capacité à attirer les partenaires et sur la nature même de leur concours.

Nous ne sommes plus à l'époque du tout argent public, comme je l?ai expliqué. Les organisateurs doivent déployer des efforts pour multiplier les ressources de financement.

Pourquoi, d?ailleurs, le Ministère de la Culture n'aiderait-il pas ce concours, par exemple, car Paris est aussi Capitale de la France ?

Nous sommes d?autant plus généreux que l?Association percevait une subvention de 370.000 euros pour l'organisation de deux concours en 2000, alors qu'elle perçoit cette année 250.000 euros pour l'organisation d'un seul concours, le concours Rostropovitch.

Je m'étonne dès lors des propos de Claude SAMUEL qui a déclaré à l'A.F.P. ne pas être en mesure d'assurer ce concours cette année.

Or, je tiens à rappeler que le versement de cette subvention, que nous allons voter, je l?espère, avec votre concours également, Madame MACÉ de LÉPINAY, de 250.000 euros d'argent public, donc un montant important, est bien évidemment conditionné à la tenue réelle du concours Rostropovitch.

Les concours de la Ville de Paris ne sont pas la propriété d'une association privée.

Afin qu'ils puissent se renouveler, se moderniser, s'élargir, mieux respirer et en particulier à Paris Métropole, j'ai proposé au Maire de lancer une réflexion dans les mois qui viennent, rapide, sur les concours de la Ville de Paris en lien avec le Conservatoire à rayonnement régional, celui de la rue de Madrid, qui vient de passer un accord dans le cadre et l'esprit de Paris Métropole que nous avons insufflé depuis 2001, avec la Ville de Boulogne-Billancourt, afin que de nouvelles pistes puissent nous être proposées dès 2010.

Je crois qu?il y a là une possibilité et une perspective qui à la fois diversifiera le nombre de concours et le type de concours. Je le dis très amicalement : il n'y a pas de concours de gauche et de concours de droite, il y a des concours d'excellence, mais des concours de la Ville de Paris peuvent très bien grandir.

Je resterai néanmoins très attaché à ce que le concours Etienne Vatelot se tienne, avec 250.000 euros d'argent public, même 200.000 euros, à condition que du mécénat soit levé - en particulier, je crois que vous avez évoqué le groupe PPR, Hermès et Chanel - et que l?on puisse en effet tenir ces concours à Paris.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, l'amendement n° 46 assorti d'un avis défavorable de l'Exécutif ? Sauf si vous le retirez.

M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - C'est exact.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY ne le retirant pas.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

L'amendement n° 46 est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 311.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DAC 311).