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Septembre 2009
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2009, SGRI 61 - Acceptation de la donation par le Land de Berlin d'un pan du Mur de Berlin.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2009


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous examinons le projet de délibération SGRI 61. Il s'agit de l'acceptation de la donation par le Land de Berlin d'un pan du mur de Berlin.

Monsieur Philippe GOUJON, vous avez la parole.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Un petit retour en arrière pour m'associer à mon tour à cet immense artiste qu'était Willy Ronis, dont la mémoire sera honorée ce soir à l'occasion du vernissage de la biennale de la photographie qui a lieu en mairie du 15e.

Un retour en arrière plus important, concernant ce projet de délibération, puisque l'histoire toute entière de notre pays et de notre ville depuis le siècle des lumières est tournée vers la conquête des libertés pour la France et pour le monde. Comment pouvait-on justifier qu'un événement aussi considérable que la délivrance de centaines de millions de concitoyens européens, symbolisée par la destruction d'une hideuse barrière hérissée de barbelés et de miradors séparant les familles et les communautés, écrasant les libertés sous un joug implacable, réduisant en esclavage des peuples trop longtemps martyrisés ne soit pas consacrée par la dénomination d'un haut lieu parisien. Ce mur érigé en 1961 est devenu le symbole d'un régime d'oppression.

Durant ces 28 ans d'existence, le mur comme chacun le sait a provoqué de nombreux drames, a fait au moins 239 victimes abattues par les gardes, noyées dans les eaux des lacs, tuées en sautant des maisons. L'ultime victime fut Winfried Freuderberg qui, à bord d'un ballon de sa confection, s'écrasa le 8 mai 1989. Quelques mois plus tard, des centaines de milliers de Berlinois se soulevaient sur l'Alexanderplatz et se libéraient.

En hommage à toutes ces victimes, en mémoire du symbole de libération que fut la chute du mur de Berlin pour l'ensemble des populations de l'Europe de l'Est, Paris se devait de rappeler notamment aux plus jeunes qu'en matière de liberté rien n'est jamais acquis, que la liberté est toujours à défendre et trop souvent encore à conquérir.

L'oubli fut heureusement réparé mais 14 ans plus tard, par l'adoption à l'unanimité d'un v?u que j'avais déposé au Conseil de Paris en octobre 2003, proposant d'ériger une esplanade du 9 novembre 1989 - chute du mur de Berlin, première place au monde d'ailleurs à porter ce nom.

C'est après avoir proposé que cette place soit celle de la porte de Versailles, entrée majeure de Paris, et surtout face au parc des expositions, lieu fréquenté annuellement par des millions de visiteurs, tant français qu'étrangers, que nous avons pu l'inaugurer le 30 octobre 2007, en présence du Maire de Berlin, à l'occasion du 20e anniversaire du pacte d'amitié entre nos deux capitales. N'étant pas encore maire de cet arrondissement à l'époque, j'ai d'autant mieux apprécié que le Maire de Paris réponde favorablement à toutes mes propositions. La plus audacieuse était certainement l'implantation d'un pan de ce mur au pouvoir d'évocation si puissant. Je remarque d?ailleurs qu'avec le Maire de Paris, nous avons choisi le même pan de mur : il peut donc nous arriver d?être d'accord.

Il faut également remercier M. le Maire de Berlin et le "Land" de Berlin pour avoir offert à la Ville de Paris ce bloc imposant, tant nous devons être intransigeants avec la défense des libertés et exercer résolument le devoir de mémoire.

Ces symboles, c?est vrai, sont peut-être peu de choses en soi, mais ils donnent aux peuples, je crois, la force de déplacer des montagnes.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs de l'opposition municipale).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Monsieur Pierre SCHAPIRA, vous avez la parole.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Merci, Monsieur le Maire, Philippe GOUJON.

Effectivement, vous aviez déposé un v?u et nous avons répondu à l'unanimité pour que cette place existe et, nous avons accepté la proposition du Maire de Berlin de nous offrir ce pan de mur.

Tout ce que vous avez dit sur l'histoire de ce mur est très bien résumé ce soir dans la page 2 du "Monde" : avec le mur, disparaissait l'Europe de Jean Monnet. A partir de 1989, une nouvelle ère s'est ouverte pour la liberté des peuples.

Je n'ai pas grand-chose à ajouter, simplement que le maire de Berlin est venu puisque nous avons un lien particulier de coopération avec la Ville de Berlin. Klaus WOWEREIT est venu et le Maire de Paris, vraisemblablement, se rendra à Berlin pour le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin.

Je n'ai rien à ajouter sinon que c'est vrai que nous sommes tous tombés d'accord, je dois le dire, le Maire de Paris, du côté de l?Exécutif, Mme HIDALGO, première adjointe, moi-même, et vous-même, sur le choix du mur. Sans nous concerter, nous avions choisi le même morceau de mur.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci beaucoup, Pierre SCHAPIRA.

Une explication de vote du président Ian BROSSAT.

M. Ian BROSSAT. - Nous voterons évidemment ce projet de délibération.

Je voudrais revenir sur une phrase prononcée tout à l'heure par Philippe GOUJON, à laquelle j'adhère pleinement. Il disait tout à l'heure : en matière de liberté, rien n'est jamais acquis.

Il est vrai que dans la période que nous vivons en ce moment, le moins que l'on puisse dire est que cette phrase est tout à fait juste, et vous pouvez d'ailleurs compter sur la combativité de mon groupe pour défendre les libertés, toutes les libertés, y compris quand c'est vous qui les remettez en cause.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Ian BROSSAT, pour cette explication de vote.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération SGRI 61.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, SGRI 61).