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Septembre 2009
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2009, Les Verts 2 - Abandon du projet de la démolition puis reconstruction du stade Jean Bouin avec création d'un parc de stationnement et de locaux d'activités économiques, 20 à 40 avenue du Général Sarrail (16e) (suite).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2009


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Monsieur le Président GAREL, vous avez à nouveau la parole et je vous demande de ne pas en abuser.

M. Sylvain GAREL. - Je termine ce que j'avais à dire.

Ces lycéens, on leur propose d'aller à Bagatelles, situé à 20 minutes en car de leur lycée, ce qui veut dire que sur les 2 heures de sport, ils vont perdre 40 minutes dans les transports. Les 2 heures se transformeront en une heure et quelques minutes de sport. Ce n'est pas raisonnable lorsqu'on veut défendre la pratique sportive.

Deuxième problème, ce seront des centaines de cars qui chaque semaine vont traverser le bois de Boulogne, ce qui d'un point de vue économique, écologique et d'organisation n'est pas formidable. Vous allez tous le reconnaître.

Je passe sur un certain nombre d'autres raisons pour lesquelles il faut s'opposer à ce stade, mais je pense que d'un point de vue environnemental, tout le monde reconnaîtra, sans juger le projet architectural, qu'une nouvelle montagne de béton va s'élever derrière le Parc des Princes et que plusieurs dizaines d'arbres vont être abattus pour construire cette muraille de béton tout autour du stade actuel.

Venons en au tramway, puisque la proposition c'est de supprimer une grande partie de cette somme prévue pour Jean Bouin, pour faire le tramway. Le tramway T3 qui fonctionne depuis plusieurs années dans le sud de Paris, presque tout le monde en est très content. C'est une réussite à la fois en termes de transport mais aussi en termes de requalification des quartiers qu'il traverse. Son prolongement jusqu'à la porte de la Chapelle est l'une des mesures pertinentes prises par notre Municipalité depuis le début de cette mandature et nous nous en réjouissons.

Dans le programme des Verts, comme celui du P.S., P.C. et M.R.C., était promis la poursuite jusqu'à la porte d'Asnières.

Je vais vous citer le programme de Daniel VAILLANT et Bertrand DELANOË dans le 18e : "Nous proposons la refonte totale du boulevard Ney et la suppression des trémies entraînées par l'arrivée dès 2012 du tramway porte de la Chapelle et son extension jusqu'à la porte d'Asnières". Il n'y a aucune condition mise à cette extension. La promesse était très claire.

On sait très bien que ce prolongement est absolument nécessaire dans l'un des secteurs les plus déshérités de la Capitale. Il sera utile aux habitants du Nord du 18e et du 17e mais aussi aux habitants des villes limitrophes de Seine-Saint-Denis. Et d'ailleurs, plusieurs maires de Seine-Saint-Denis étaient venus nous dire, lors d'une réunion dans le 18e, leur attente par rapport à ce prolongement jusqu'à la porte d'Asnières.

C'est aussi un des moyens de soulager la ligne 13, qui est la pire ligne de métro de la Capitale. Ce sera également un moyen de requalifier les portes Nord de Paris et de supprimer les trémies si dangereuses du boulevard Ney, un des secteurs les plus accidentogènes de Paris. Les habitants de ce secteur sont demandeurs et ne comprendraient pas que nous ne respections pas cet engagement.

Vous dites que vous ne pouvez pas le faire, car nous n'aurions pas l'argent et que l'Etat ne veut pas cofinancer ce projet. Il y a l'argent puisqu'on va dépenser près de 200 millions en tout pour Jean Bouin, et nous pensons donc que sur ces 200 millions on peut en récupérer 150 tout en allouant 40 millions, ce qui était prévu dans le premier projet, pour le prolongement du T3.

Sur la participation de l'Etat, il est totalement scandaleux comme le dit le maire et toute la majorité que l'Etat ne participe pas au financement du tramway, puisqu'il participe à celui de Marseille et de Bordeaux. Ce n'est pas une surprise puisqu'il ne participe déjà pas au prolongement jusqu'à la porte de la Chapelle.

Pourquoi cet argument est-il utilisé uniquement pour le tramway et pas pour Jean Bouin ? Pourquoi ne diton pas, qu'on ne peut pas faire Jean Bouin, puisque l'Etat n'y participe pas. On choisit de faire l'un parce que l'Etat n'y participe pas mais on fait l'autre même si l'Etat ni participe pas.

En période de crise, préfère-t-on financer un équipement sportif de prestige qui sera utilisé quelques jours par an et qui est rejeté par une grande majorité des riverains et des scolaires du quartier ou veut-on financer un moyen de transport moderne, efficace, confortable et écologique qui pourra être utilisé chaque jour pendant des dizaines d'années par des milliers de personnes ?

Le choix est simple surtout lorsqu'on se dit de gauche !

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Valérie SACHS.

Mme Valérie SACHS. - Mes chers collègues, le projet d'un nouveau Jean Bouin est en train de devenir le véritable serpent de mer de cette mandature. Il fait l'objet de tellement de polémiques qu'il en vient à diviser votre majorité et ce projet de délibération en est la preuve.

Dans mon arrondissement, le 16e, les réactions sont vives et depuis le début du dossier je tente de me faire le relais de l'inquiétude de mes concitoyens. Le problème de ce projet au-delà de son coût pharaonique, alors que la Ville fait exploser les impôts locaux, c'est son déséquilibre au détriment du sport associatif et scolaire.

Certes nous aimons le rugby autant que vous, et le stade français est un club qui porte haut les couleurs de Paris, mais le rugby est aussi un sport éducatif, une école de la vie comme le dit le slogan de la fédération. Il est difficile d'expliquer aux amateurs de ce jeu que non, désormais Jean Bouin sera réservé à l'élite professionnelle et les groupes scolaires devront se débrouiller pour trouver de la place ailleurs, loin et en car. Où est le sport de proximité ?

La seconde raison qui nous contraint à nous opposer à ce projet, c'est son modèle économique. Il n'est pas du tout adapté à l'évolution de l'économie du monde sportif. Les clubs professionnels ont compris que c'est en étant propriétaires de leur stade qu'ils pourraient accroître leur rentabilité. C'est déjà largement le cas dans le monde du football.

Le Racing métro, l'autre grand club de la région capitale, lui aussi dirigé par un mécène et qui joue encore dans le mythique mais vétuste stade Yves du Manoir de Colombes va construire d'ici 4 ans son propre stade à Nanterre. Le but avoué : acquérir son propre outil financier avec une enceinte de 30.000 places dont il pourrait dégager des bénéfices par la vente des billets et l'exploitation de l'infrastructure commerciale.

On est là exactement dans la même configuration que pour le stade Jean Bouin. Un club de rugby, un mécène, le besoin d'un nouveau stade. Pourtant, c'est le choix inverse que la Mairie de Paris a fait. La Fédération de rugby remet elle-même en question les conditions d'utilisation du Stade de France, qui ne lui paraissent pas satisfaisante financièrement pour les matchs de l'équipe nationale.

Elle envisage aussi sérieusement de construire son propre stade pour en tirer les rentrées financières à l'image de Twickenham.

Le groupe Centre et Indépendants votera le projet de délibération présenté par nos collègues "Verts", car la formation sportive des enfants d'aujourd'hui, c'est le sport de haut niveau français de demain.

Un nouveau projet inspiré de celui élaboré pour les Jeux olympiques de 2012 pourrait répondre à nos attentes. Encore un effort, Monsieur le Maire !

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - La parole est à Mme Liliane CAPELLE.

Mme Liliane CAPELLE, adjointe. - Jamais deux sans trois dit-on, alors nous voici dans le troisième round de ce projet qui a déjà vu par deux fois notre Assemblée lui donner un avis favorable.

C'est d'ailleurs ce qui est écrit dans la proposition de délibération qui nous est présentée aujourd'hui.

Permettez-moi d'être étonnée de devoir une nouvelle fois intervenir pour soutenir la construction d'un nouveau stade Jean Bouin, entièrement dédié au rugby. Je serai très brève sur cet aspect du dossier puisque les arguments sont connus de tous, Paris doit avoir un stade digne de la capitale, digne du rugby et digne de son équipe, le Stade français Paris.

Trouvez-vous normal que Montpellier dispose d'un stade de foot et d'un stade de rugby pour que ses deux équipes qui évoluent en ligue 1 puissent le faire dans de bonnes conditions pour les joueurs et pour les publics et pas la ville capitale ? Je ne parlerai pas de Toulouse qui est dans le même cas, ni même de Toulon qui dispose d'un stade municipal.

Je reprends le fil de la délibération pour vous dire que s'agissant de la création d'un stade pour le Racing métro dans les Hauts-de-Seine, vous êtes péremptoires dans vos annonces. Pour l'instant, et pour autant que je le sache, un projet est plus avancé qu'un autre, c'est un stade de 30.000 places du côté de Nanterre.

En ce qui concerne Charléty, et vous le savez, il faudrait engager des travaux importants et fort coûteux pour qu'il puisse être un stade de rugby et enfin, il faudrait reconstruire une enceinte pour l'athlétisme.

Je ne reviendrai pas sur le Parc des Princes : tout a été dit à ce sujet.

Arrivons-en à une réalité : la crise économique et sociale. Vous dites que l'argent qui va être investi pourrait servir à d'autres projets. Là encore, je m'inscris en faux. D'abord, cette construction permettra à de nombreux chômeurs de trouver un emploi et de plus, le fonctionnement de cet équipement sera générateur de rentrées financières pour la Ville et, vous le savez bien, c'est une manière de participer au plan de relance.

Enfin, aucun projet, et je me tourne vers mes différents collègues adjoints au Maire de Paris ou maires d'arrondissements n?est remis en cause. Nous ferons les logements sociaux, les crèches, les E.H.P.A.D. et l'allocation "Paris logement", que nous avons votée cet après-midi. Tout ce qui était prévu dans notre contrat de mandature, nous le ferons. Nous ferons le tramway, comme nous l?avons proposé aux Parisiens, et Jean Bouin ou pas, le constat reste le même, c'est à l'Etat, c'est à ce Gouvernement de participer au financement, comme il le fait à Marseille et à Bordeaux. Paris, comme nous l?évoquions ce matin, a droit à un traitement très particulier !

Juste un mot aussi, pour me souvenir et rappeler à tous les donneurs de leçons de solidarité qu'il aura fallu une alliance extraordinaire pour que d'un trait de plume soient rayés plusieurs dizaines de logements destinés aux infirmiers et infirmières de l'A.P.-H.P. dans le 16e arrondissement !

Sur le reproche maintenant fait de "sport paillettes", je répondrai sport populaire dans sa plus noble dénomination.

Je remercie le Stade Français, son président, Max GUAZZINI, et son staff, de permettre à des familles de venir voir un spectacle et un match de rugby pour 5 euros.

Je les remercie de faire défiler les jeunes sportifs arborant fièrement le drapeau de leur club.

Je les remercie de partager avec des associations, par exemple le SAMU social, "un maillot pour la vie", "les enfants de Biemassy", "Sport sans frontières" et des clubs amateurs, le produit de la vente des calendriers.

Je les remercie de prendre en charge la formation, l'avenir et le devenir des joueurs.

Je les remercie de nous faire partager ces moments de convivialité et de respect que sont les matchs de rugby.

D'ailleurs, mon cher Sylvain GAREL, vous avez pu le constater en assistant à une rencontre entre le Stade Français et Perpignan : pas de haine, pas de bagarre, juste du bonheur.

Les arguments disant que si Jean Bouin accueillait plus de spectateurs, ce serait des nuisances en plus tombent donc d?eux-mêmes.

Je ne sais pas si je vais parvenir à vous convaincre, mes chers collègues, de soutenir la construction du nouveau Jean Bouin avec les arguments que je viens d'employer. Peut-être aurais-je plus de chance en vous disant que le projet porté par l'un des plus grands architectes du monde, Rudy RICCIOTTI, et est aussi le plus écologique qui soit.

Demeure un sujet réel, et auquel Anne HIDALGO et Jean VUILLERMOZ ont réfléchi en concertation avec les enseignants et les parents d'élèves, il s'agit des activités sportives, plus particulièrement de l'athlétisme des scolaires. Je sais l'attention que vous y portez, Monsieur le Maire, et qu'en liaison avec le Rectorat de Paris, des propositions certainement satisfaisantes seront faites.

Un rappel pour nos collègues du 16e arrondissement : savez-vous que les scolaires du centre de Paris n'ont pas la chance d'avoir des équipements sportifs de proximité ? Les élèves du lycée Voltaire, dans le 11e, allaient et continuent d'aller au polygone de Vincennes pour pratiquer l'athlétisme dans le cadre scolaire. D?ailleurs, si les heures de sport diminuent, ce n'est pas le transport qui en est responsable, mais encore une fois le Gouvernement, qui diminue les horaires scolaires et sacrifie donc le sport et les activités d?éveil.

Pour conclure, et croyez-moi, j'aurais pu développer pendant de très longues minutes encore, donnez une chance à Paris d'avoir un stade de rugby à la hauteur des enjeux, donnez une chance à ce sport qui est, vous le savez, une leçon de vie par les valeurs de courage, de solidarité et de respect qu'il véhicule de se développer, de toucher plus encore de public et en particulier de jeunes. Rappelez-vous simplement, au moment de voter, que c'est un sport où les vainqueurs applaudissent d'abord les vaincus, où il y a compétition mais ce n'est pas la loi du plus fort sur le plus faible au mépris de toutes les règles. Les règles du rugby sont présentes, jusque et surtout dans l'application des décisions arbitrales. Venez au moins une fois voir un match à Jean Bouin et vous entendrez le silence quand le buteur de l?équipe adverse tape une pénalité ou une transformation.

Vous comprendrez peut-être, à ce moment-là, pourquoi il faut un nouveau Jean Bouin pour le rugby à Paris, pour le Stade Français ou éventuellement pour une autre équipe : on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve, mais au moins pour pérenniser ce sport.

J?en aurai fini, Monsieur le Maire, mais si vous le permettez, je voulais adresser un message d'amitié envers Christophe DOMINICI et dire à Mathieu BASTAREAUD qu?il faut qu?il tire le meilleur bénéfice des mesures d?intérêt général auxquelles il doit se soumettre : le club a besoin de lui, l'équipe de France aussi, et je leur donne rendez-vous à l'Hôtel de Ville à la fin mai avec le Bouclier de Brennus !

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen, socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, et "Les Verts").

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci pour cet enthousiasme communicatif.

La parole est à M. le Président Ian BROSSAT, dont je ne doute pas qu?il ait lui-même un enthousiasme non moins communicatif.

M. Ian BROSSAT. - Depuis plusieurs mois, le projet relatif au stade Jean Bouin focalise un grand nombre de doutes, d?hésitations et de vitupérations diverses. L'acharnement fiévreux du maire du 16e arrondissement n'y est certainement pas pour rien, mais voici que maintenant, dans le cadre d'une alliance "turquoise" prônée par Pierre-Yves BOURNAZEL à laquelle je m'efforce toujours de ne pas croire, le groupe "Les Verts" lui prête main-forte avec cette délibération.

De notre côté, nous avons choisi d'autres partenaires politiques, et mon ami Jean VUILLERMOZ défend ici un projet initié par son prédécesseur Pascal CHERKI avec autant d'enthousiasme que si c'était le sien.

Parmi, si vous me permettez de continuer, chère Danielle FOURNIER, parmi les arguments qui se trouvent en faveur de cette reconstruction du stade Jean Bouin, il en est quelques-uns que je voudrais évoquer pour que ce débat soit complet, au moins autant qu'il est incomplet à la lecture du projet de délibération qui nous est proposé.

Pourtant, tout commence bien dans ce projet de délibération proposé par mes amis Verts, qui commencent par dire, je cite : "Depuis bientôt trois ans, le Maire de Paris poursuit le projet de doter le club parisien de rugby du Stade Français d'un nouveau stade de 20.000 places". Au fond, entêtement ou constance, telle est la question.

Il n'est pourtant pas discutable qu'il est anormal qu'un club de l'importance du Stade Français, l'un des tous premiers en France et en Europe, ne puisse pas disposer d'un stade digne de ce nom malgré toute l'affection que l'on peut avoir pour les petites tribunes champêtres de l'actuel Jean Bouin.

L'engouement croissant des Parisiens pour le rugby depuis plusieurs années ne fait pas de doute et l'on sait bien que lorsque le club se déplace au stade de France pour un événement exceptionnel, il fait recette. En un peu plus de 15 ans, le rugby est devenu l'un des sports les plus populaires de la région parisienne, en grande partie grâce au Stade Français, d'une part en vertu d'une exceptionnelle réussite sportive, d'autre part au moyen d'une politique tarifaire audacieuse. Ce sport draine des dizaines de milliers d'amateurs et de supporters dans notre ville.

Notre ville a toujours considéré le sport à pratiquer et à voir comme un élément essentiel du bien-être des Parisiennes et des Parisiens. Au fond, pour nous, l'accès au sport est un droit. Je ne crois pas que nous aurions cette discussion, quoi que vous puissiez dire, cher Sylvain GAREL, s'il s'agissait d'un théâtre ou d'une salle de concerts.

Je trouve dommage que certains considèrent que l'amour du sport n'a pas la même valeur que la passion du théâtre ou le goût de la musique. C'est le signe?, cela vous agace mais c'est la réalité ! C?est le signe d'une froideur étrange.

Au fond, ce mépris, c'est le signe d'une froideur étrange en ce qui concerne un plaisir populaire. Doit-on conclure que c'est le mot populaire qui, au fond, sonne si mal à vos oreilles ?

(Applaudissements sur les bancs des groupes Communiste et élus du Parti de Gauche, socialiste, radical de gauche et apparentés et du Mouvement républicain et citoyen).

Dans la délibération proposée par le groupe "Les Verts", je remarque plusieurs incohérences et quelques fantaisies sur lesquelles je voudrais m'arrêter rapidement.

L'incohérence, d'abord, en opposant la poursuite de la construction du tramway de la porte de la Chapelle à la porte d'Asnières à la reconstruction de Jean Bouin, cette délibération nous renvoie à un calcul ou un marchandage d'une simplicité trompeuse.

La Ville de Paris fera Jean Bouin et fera le tramway sans que l'on ait besoin d'opposer l'un à l'autre. La question du prolongement du tramway n?a rien à voir. Ce que la Ville regrette ici, c'est qu'une fois encore l'Etat se défausse sur nous et ne veuille pas mettre la main à la poche pour le prolongement du tramway.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Communiste et élus du Parti de Gauche, socialiste, radical de gauche et apparentés et, du Mouvement républicain et citoyen).

Au fond, regardez-les en face de nous, ce n'est pas un hasard si la Droite regarde cette proposition de délibération d'un si bon ?il ! Ce soir, la Droite vous dit merci, à vous qui siégez dans la même majorité que nous et cela devrait vous faire réfléchir.

Cette majorité municipale fera l'ensemble des engagements en matière d'investissements sur lesquels elle a été élue. Nous ferons Jean Bouin et nous ferons le tramway jusqu'à la porte d'Asnières. Nous ferons Jean Bouin et nous ferons les 40.000 logements sociaux. Nous ferons Jean Bouin et nous ferons les 4.500 places en crèche sur lesquelles nous nous sommes engagés.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Communiste et élus du Parti de Gauche, socialiste, radical de gauche et apparentés et du Mouvement républicain et citoyen).

Et j?ai envie de l?ajouter parce que je vois en face de moi mon ami Jean VUILLERMOZ : nous ferons Jean Bouin et nous ferons l'ensemble des investissements pour le sport de proximité. Nous allons réhabiliter 17 gymnases au cours de cette mandature. Nous allons aménager 12 piscines pour les Parisiennes et les Parisiens. C?est cela le travail que nous menons avec Jean VUILLERMOZ.

Voilà pour les incohérences.

Quelques mots sur les fantaisies.

Je remarque une étrange conception de Paris Métropole dans cette proposition de délibération.

Vous ne cessez, dans cette proposition de délibération, d'appuyer sur les désagréments qu'engendrent Jean Bouin et, par un coup de baguette magique, vous vous proposez de le délocaliser hors de Paris ; je cite : en d'autres lieux que le c?ur si riche et si concentré de la Capitale.

Pour résumer, ce qui vous gêne, vous le déplacez ailleurs, chez les autres. Et cela me rappelle curieusement des raisonnements que l'on entend si souvent de l'autre côté de cet hémicycle. Là aussi, cela devrait vous faire réfléchir !

(Applaudissements sur les bancs des groupes Communiste et élus du Parti de Gauche, socialiste, radical de gauche et apparentés et du Mouvement républicain et citoyen).

Alors, pour toutes ces raisons, et avec enthousiasme, vous avez raison, Bernard GAUDILLÈRE, avec enthousiasme, nous voterons contre cette délibération et nous soutenons le projet de Jean Bouin.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Communiste et élus du Parti de Gauche, socialiste, radical de gauche et apparentés et du Mouvement républicain et citoyen).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président.

La parole est à M. Claude GOASGUEN.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Si vous le permettez, j'interviendrai tout à l'heure comme maire du 16e arrondissement, car nous sommes concernés, et j'interviendrai aussi en explication de vote.

Le débat continue parce qu'il me paraît très intéressant.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Monsieur le Maire, en principe, les orateurs parlent dans l'ordre de l'inscription.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. En fonction du règlement, un maire d'arrondissement a le droit de demander la parole sur un dossier qui le concerne, à tout moment du débat.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Non, justement, c?est plus compliqué. Le Maire d'arrondissement ne doit pas demander la parole à n'importe quel moment.

Je vais vous citer le règlement :

"Les maires d'arrondissement peuvent intervenir, après accord du Maire ou du Président de séance, pour 5 minutes maximum sur les projets de délibération concernant exclusivement leur arrondissement."

Vous voyez, il n'est dit à aucun moment que les maires d'arrondissement peuvent intervenir au moment qu'ils ont choisi.

Cela dit, nous n'allons pas en faire un drame. Si vous voulez parler après, cela ne me paraît pas le justifier, mais ce n'est pas écrit, contrairement à ce que vous disiez, dans le règlement.

Nous allons donner la parole maintenant à M. David ALPHAND.

M. David ALPHAND. - Je souhaiterais tout d'abord faire un préambule, car ce soir, les esprits se sont échauffés. Dans le domaine sportif, cela vaudrait probablement un carton jaune virant au carton rouge.

M. GAREL et "Les Verts" ont le droit de s'exprimer dans cette enceinte, même si la majorité municipale n'entend pas ou ne veut pas entendre leurs propos et leurs projets de délibération.

Tout à l'heure, à l'occasion de la suspension de séance, l'attroupement autour de M. GAREL de la part de nombreux membres du Parti Socialiste?

On se demande quelle pression, quel acte de déstabilisation on voulait mener par là !

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de gauche et du Mouvement républicain et citoyen).

? aurait mérité un avertissement de l?arbitre sur un stade !

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de gauche et du Mouvement républicain et citoyen).

Ce soir, c'est une opération vérité, une opération de transparence.

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et du Mouvement républicain et citoyen).

Ce stade est celui des hypocrisies, celui des mensonges et celui des promesses non tenues.

Promesses non tenues à l'égard des scolaires, je ne reviendrai pas sur ce point-là, M. GAREL l'a parfaitement bien exprimé.

Stade des mensonges, un double mensonge et mettons les choses sur la table ce soir : que l'Exécutif s'explique sur ce stade et nous donne les raisons de son choix !

Mensonge financier : on nous explique que ce stade va coûter 146 millions d'euros. Mais là, il y a un problème de calculatrice, ce n'est pas 146 millions d'euros, cela, c'est pour la réfection de Jean Bouin, mais il y a les 36 millions d'euros du côté de l'hippodrome d'Auteuil plus la réfection du stade Charléty. Vous avez tendance à l'oublier parce que, quand le Stade Jean Bouin ne sera pas utilisable, le Stade Français va aller jouer à Charléty. Et on voit, lors de nos dernières séances du Conseil de Paris, passer toute une série de délibérations pour rénover le stade Charléty où après, par ailleurs, l'Exécutif nous explique qu'on ne peut pas jouer au rugby. Il y a là quelques incohérences.

Sur le coût financier, je rappelle que 200 millions d'euros, quand on augmente les impôts de 9 %, on pourrait peut-être s?en passer, de cette dépense-là.

Mensonge également sur le Parc des Princes et, là, je le dis immédiatement à l'Exécutif, nous attendons des réponses claires.

On nous explique qu'on ne peut pas jouer au rugby au Parc des Princes, mais pardon ! Paris serait donc la seule ville en Europe où on ne pourrait pas jouer à la fois au foot et au rugby sur un stade. A Aston Villa, en Angleterre, on peut le faire. Dans de nombreux stades anglais, allemands et par ailleurs, on peut jouer à la fois au foot et au rugby. Et à Paris, on ne pourrait pas le faire ?

L'Euro 2016 va être l'occasion de rénover le Parc des Princes. La Ville de Paris doit profiter de cette opportunité pour enfin permettre cette double utilisation du Parc des Princes.

Quand je parle de mensonge et d'hypocrisie, il y a quand même un petit jeu d'acteur sur lequel l'Exécutif doit s'expliquer.

On nous explique que le concessionnaire du Parc des Princes ne veut pas du rugby au Parc des Princes, pourtant cela lui ferait une redevance de plus, cela améliorerait la rentabilité de sa concession au Parc des Princes. Je n'ai jamais entendu le concessionnaire refuser le rugby sur son stade.

Par ailleurs, quand bien même resterait-il silencieux, est-ce que vous trouvez véritablement que ce silence serait sincère ?

Bien sûr, le concessionnaire a envie de voir renouveler sa concession au tournant 2012-2013. Il y a là quand même un jeu très pernicieux à l'égard du concessionnaire du Parc des Princes aujourd'hui, sur lequel le Maire de Paris insiste tout particulièrement.

On nous dit que des études techniques prouvent qu'on ne peut pas utiliser le Parc des Princes. Que l'Exécutif les montre et les mette sur la table ce soir !

Nous attendons des réponses, car ce stade, à ce rythme-là, sera l'un des plus grands mensonges de la mandature de Bertrand DELANOË !

En conclusion, je voudrais rajouter un PS, mais pas comme celui qui est sur la gauche de l?hémicycle, un PS qui s?écrit "Post Scriptum". Le MoDem a annoncé à grands renforts de publicité médiatique qu?il s?opposerait au stade Jean Bouin et qu'il voterait le projet de délibération des "Verts".

Où est Mme de SARNEZ ? Où est le MoDem ?

C'est cela, la façon de faire autrement de la politique ?

Il y a là aussi une profonde hypocrisie, les Parisiens doivent le savoir !

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de gauche et du Mouvement républicain et citoyen. - Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur ALPHAND.

La parole est maintenant pour cinq minutes à M. Pierre-Yves BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire.

Je veux intervenir en tant qu'élu du 18e arrondissement. Nous ne voulons pas Jean Bouin dans le 18e arrondissement, je vous rassure tout de suite.

Franchement, je trouve d'abord sur la forme que nous avons ce soir un débat politique, et qu'il serait bien que notre hémicycle donne l'exemple. Nous avons le droit chacun d'avoir nos idées sur Jean Bouin. Ce que je demande à la majorité, c?est de respecter l'ensemble des élus. Il n'y a pas des gens qui pensent bien ici et des gens qui pensent mal. Vivez la vie politique de manière plus décrispée et un peu plus ouverte, parce que franchement ce n?est pas acceptable, ce n'est pas rien d'être une opposition dans un hémicycle !

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Le sujet de fond, c'est...

M. Pierre AIDENBAUM, maire du 3e arrondissement. - Où est votre président ?

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Où est le Maire de Paris ?

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et du Mouvement républicain et citoyen).

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Le sujet de fond, Monsieur AIDENBAUM. Soyez serein, Monsieur AIDENBAUM. Détendez-vous.

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et du Mouvement républicain et citoyen).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Mes chers collègues, il serait raisonnable pour tout le monde que chacun des orateurs qui restent soit écouté, quel que soit son groupe, quel que soit ses arguments, avec une certaine sérénité.

Monsieur BOURNAZEL, j?espère que le climat est redevenu plus serein et vous pouvez reprendre la parole.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire.

Je pense que le débat mérite un peu plus de sérénité. Ces énervements montrent une certaine crispation de la majorité et franchement...

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et du Mouvement républicain et citoyen).

Mais détendez-vous ! Franchement, je pense que le débat mérite mieux.

M. GAREL avait raison. Il a été floué, puisqu'il avait signé un contrat de mandature avec M. DELANOË et M. VAILLANT prévoyant le tramway jusqu'à la porte d'Asnières. Malheureusement, vous ne ferez pas le tramway jusqu'à la porte d'Asnières.

On peut n'avoir de cesse de crier sur sa chaise, comme le fait M. DELANOË depuis de nombreuses années : "développement durable, développement durable" ! Mais lorsqu'il faut faire des choix en matière budgétaire, au moment où la Ville a des difficultés financières, au moment où vous augmentez la pression fiscale sur l'ensemble des Parisiens, vous choisissez la rénovation de Jean Bouin et le bétonnage au détriment du développement durable et d?un vrai projet que constitue le tramway.

C?est la raison pour laquelle nous voterons cette proposition de délibération. C?est la raison pour laquelle nous nous engageons fortement derrière le projet du tramway. Nous souhaitons même que ce projet puisse se réaliser à terme jusqu'à la porte Maillot. En tout cas, nous souhaitons dans le 18e arrondissement que l'ensemble des portes puisse être couvertes par le tramway. C'était un engagement de Daniel VAILLANT et nous saurons rappeler aux électeurs du 18e arrondissement que cet engagement ne sera pas tenu parce que vous avez préféré financer le stade Jean Bouin.

Enfin, et c?est ma conclusion, quand on est Maire de Paris, élu du 18e arrondissement, ce 18e qui a tant donné à M. DELANOË depuis 1977, depuis trente-deux ans de mandat, il serait bon que le 18e arrondissement puisse avoir un retour sur investissement !

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - La parole est à François VAUGLIN pour cinq minutes.

M. François VAUGLIN. - Mes chers collègues, je voudrais tranquillement rappeler quelques éléments pour que ce débat, qui me semble d'importance, puisse retrouver la sérénité qu'il mérite.

Nous ne pourrons pas voter ce texte, et pas seulement parce que notre Conseil a déjà délibéré et tranché par un vote. Nous ne pouvons sans cesse décider une chose pour ensuite revenir sur notre décision, même si on peut goûter le plaisir du comique de répétition. Sans compter que ce projet faisait clairement partie du contrat de mandature pour lequel les électeurs se sont prononcés à une large majorité en mars 2008. Voilà un fait qui nous engage tous, la majorité en tout cas, qu?il me semble important de rappeler.

Sur le fond, je vais expliquer pourquoi notre groupe soutient le projet pour Jean Bouin. Cela a été rappelé : le rugby est un sport de plus en plus populaire dans notre pays, à Paris en particulier, où on a la chance d'avoir une équipe de rang européen.

Par ailleurs, c'est un sport dont le public est très varié, souvent familial. Le spectacle reste en général bon enfant, sans les débordements incontrôlés, voire dégradants que l'on observe malheureusement ailleurs dans d'autres types de rassemblements sportifs. Il me semble important de le souligner aussi.

Aujourd'hui pourtant, le stade Jean Bouin n'est pas à la hauteur de l'engouement pour ce sport : manque de places assises, manque de places protégées de la pluie. Il est extraordinaire que Paris soit la seule ville du Top 14 dont le stade laisse ses spectateurs sous la pluie et dont les handicapés ne sont pas accueillis dans des conditions dignes. C'est la réalité aujourd'hui de ce stade.

Il suffit de voir le niveau d'équipement des grands clubs français et européens pour s'en rendre compte. Au nom de quoi Paris n'aurait pas un stade de rugby digne de ce nom, comme toutes les grandes métropoles de France et d'Europe ?

Le nouveau stade Jean Bouin est un service rendu à Paris et aux Parisiens. Il contribuera à l'image et au rayonnement de Paris. C'est un investissement d'intérêt général. Et c?est une chance d'avoir l'architecte de rang international Rudy RICCIOTTI sur ce projet. Il a conçu une très belle ?uvre architecturale, qui va offrir au paysage urbain de ce quartier un visage de modernité et de finesse.

Je ne mentionne pas la démarche environnementale - oui, Monsieur BOURNAZEL, la démarche environnementale ! avec les panneaux solaires, ni le partage des places de parking pour que les riverains en bénéficient, car ce sont des démarches qui aujourd'hui sont normales.

Je ne veux pas faire abstraction non plus de l'existence de quelques inconvénients, comme pour tout grand projet, mais tous les arrondissements parisiens, notamment périphériques, car ils ont des opportunités foncières qui n?existent pas ailleurs, portent des projets d?intérêt général : le garage du tramway dans le 19e, la préfourrière à la porte Pouchet, un centre de tri qui sera créé dans le 12e arrondissement. Je m?arrête là car la liste pourrait être longue.

Il faut donc que chaque arrondissement périphérique au Nord, au Sud, à l'Est et même à l'Ouest, accepte d'accueillir ce qui ne peut être implanté ailleurs, car ce sont des services d'intérêt général pour les Parisiens.

Un mot sur la polémique Parc des Princes et Charléty. Le Parc des Princes est un stade dédié au foot. Comment faire jouer dans une même enceinte deux clubs d?élite qui jouent plusieurs compétitions en même temps et dont les compétitions sont européennes ? C'est ingérable. Qui plus est, le Parc des Princes va s'engager dans l'Euro 2016. Les travaux de mise aux normes vont être compliqués à gérer avec un seul club. Imaginez avec deux !

Charléty, stade d'athlétisme, est déjà très utilisé par les clubs de foot, de volley ou pour des manifestations populaires, telles que Charléty sur neige. Mauvaise solution également.

Et sur le fond, est-il choquant qu?une ville de 2,2 millions d'habitants ait trois stades ? La plupart des agglomérations de 300 ou 400.000 habitants ont déjà deux stades. Cela a été rappelé : Toulouse en a deux, Bordeaux et Lyon veulent un deuxième stade et y travaillent. Paris qui comporte deux, voire trois fois plus d'habitants, ne pourrait pas avoir trois stades ?

Enfin, un mot sur les scolaires qui ont aussi été évoqués. Une solution de relogement définitif est prévue par la Ville de longue date. Le projet d'aménagement des pelouses d'Auteuil est prêt depuis mai dernier. La Ville a demandé au Préfet de convoquer une Commission des sites. Je connais le sujet, j'y siège. Depuis, silence radio. On a connu pourtant le Préfet plus allant quand il s'agissait de présenter le projet d'extension de l?I.N.S.E.P. dans le bois de Vincennes. Projet porté avec enthousiasme par le Présidant LAMOUR, alors Ministre des Sports et qui était beaucoup moins gêné à l?époque pour défendre le sport professionnel à Paris.

C'est un investissement utile aux Parisiens qui générera de l'animation, du commerce, des emplois et des recettes. Il faut le faire et avec mon groupe nous faisons confiance à Anne HIDALGO et Jean VUILLERMOZ pour le mettre en ?uvre.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur VAUGLIN.

La parole est à Claude GOASGUEN.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Merci, Monsieur le Maire.

Pour être bref, tout a été dit dans ce débat et bien dit.

En réalité, vous vous entêtez sur un dossier qui est très difficile et il y aura, après le troisième round, dont parlait Mme CAPELLE, probablement un quatrième round, car on sait bien que la décision ultime qui permettrait de passer facilement le dossier est en réalité dans les mains de la Commission des sites qui sera convoquée dans les mois qui viennent.

Que dira la Commission des sites ? Permettez-moi de vous dire que rien n'est moins sûr quant à sa réponse. Vous la présumez positive, il est possible qu'elle soit négative. Eh bien, si elle est négative, vous serez mis devant une situation qui est la situation la pire, c'est-à-dire que si vous persistez, vous serez obligés de passer en force.

Alors, cette erreur que vous faites depuis le début qui devient une faute politique tournera véritablement à l'affrontement. Pourquoi ? Vous avez refusé la construction d'un stade de 15.000 places qui était accepté par tout le monde au moment des Jeux olympiques. On aurait pu se limiter à ce stade de 15.000 places. Tout le monde était d'accord. Vous avez abandonné ce projet.

Vous avez négligé le fait que Charléty a été construit pour le PUC, je vous rappelle, qui à l'époque était en première division, qui jouait au rugby et qui n'était pas particulièrement un club d'athlétisme ; je sais qu'il y a des courants d'air, mais on pourrait boucher les courants d'air, cela coûterait moins de 200 millions.

Vous avez négligé Charléty, très bien. Et puis, vous avez surtout négligé le remplacement du sport amateur, du sport de proximité, du sport scolaire qui se déroule sur Jean Bouin.

Tout cela, nous l'avons rappelé, vous nous avez opposé à cette époque que c'était une attitude du 16e arrondissement qui défendait ses privilèges. Après, vous nous avez même dit - je trouve cela savoureux quand même lorsque je regarde les membres de l'Assemblée - que nous n'aimions pas le rugby. Surtout pour s'adresser à moi, je trouve cela plutôt cocasse.

Eh bien, ce n'est pas le problème du 16e et ce n'est pas un problème d'hostilité au rugby. J'aime le rugby. Je trouve que le Stade Français est un grand club de rugby et qu'il mérite des installations suffisantes, mais je tiens à vous dire que ce n'est pas non plus le problème du 16e arrondissement parce qu'il n'y a pas d'élus Verts dans le Conseil du 16e arrondissement. Et je m'aperçois qu'en réalité, sur tous les bancs, aussi bien au Nouveau centre, qu'au Modem, que chez Les Verts, qu'à l'U.M.P., dans sa diversité, tout le monde commence à prendre conscience qu'il y a eu là une erreur d'analyse de départ.

Cette erreur, vous l'avez confirmée en faisant cette fois plusieurs fautes. La première, c'est que vous avez sous-évalué le coût. Anne HIDALGO a reconnu devant le Conseil du 16e arrondissement que le coût de la construction était de 148 millions. C?est effectivement le coût de la construction mais, bien entendu, vous étiez obligés de faire des travaux de remplacement, cela a été rappelé tout à l?heure. Et, en réalité, vous savez très bien que si nous ajoutons les réparations de Charléty, la mise aux normes de l'hippodrome d'Auteuil et divers travaux qui sont déjà commencés, on avoisinera les 200 millions d?euros.

A quoi vont servir les 200 millions d?euros ? C?est là que je me permets d'intervenir parce qu'il faut connaître la manière dont se déroule le Championnat de rugby. Celui de première division oppose 13 équipes. 13 équipes, cela signifie, avec les matchs aller/retour, qu'il y a 13 matchs à domicile et 13 matchs à l'extérieur.

Sur les matchs qui se déroulent à domicile, il est clair que le Stade Français, avec beaucoup de succès, lorsqu'il s'agit de rencontrer les grandes équipes, Toulouse, Perpignan, Clermont-Ferrand, peut-être d'autres, j'espère Toulon, préfère, à juste titre, parce qu'il veut faire des bénéfices, aller au Grand Stade.

Ce qui veut dire qu'en réalité, si je fais la comptabilité des stades, et encore, je vous dit, il y aura probablement, parce que le top 14 a remonté son niveau, de plus en plus de personnes, nous aurons 10 matchs de rugby au maximum, qui se dérouleront à Jean Bouin.

Je vous dis franchement que dépenser 200 millions d?euros pour 10 matchs de rugby par saison, cela fait cher dans la période que nous connaissons. S'il n'y avait que cet aspect technique, qui est quand même un aspect important, mais si en plus vous ajoutez la désorganisation profonde que cela va provoquer dans l'exercice du sport scolaire et associatif, alors je vous dis : ne perdez pas votre temps, la faute est une grosse faute. J'ai peur que cette faute ne vous soit imputée comme une des principales fautes de votre mandature, je l?ai dit depuis le départ au Maire de Paris, et je le dis sans animosité, ce n'est plus le problème du 16e, c'est véritablement le problème d'une faute de gestion qui est très grave dans une période difficile de pression fiscale forte.

L'U.M.P., cette fois, ce n'est plus le maire du 16e, mais l?U.M.P., ne peut pas suivre sur ce terrain. Malgré toute l'affection que nous portons au rugby, au Stade Français, au sport populaire, sur lequel j'aime jouer, comme peut-être d'autres ici, je vous dis : ne vous trompez pas.

Cette affaire aura encore des prolongements, vous avez commis une erreur, c'est devenu une faute ; essayez de ne pas en faire un scandale. C'est la raison pour laquelle nous voterons avec nos adversaires, "Les Verts", la délibération qu'ils proposent.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Pour répondre, la parole est à M. Jean VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, au lieu et place de Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 8e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Permettez-moi dans un premier temps, et vous le comprendrez, de remercier chaleureusement mon ami Ian BROSSAT, François VAUGLIN et Liliane CAPELLE, grande supportrice du rugby en général. Pour le reste, permettez-moi de vous dire, peut-être qu?il n'y a que Claude GOASGUEN qui me comprendra, mais "la boîte à baffes a été ouverte". C?est évidemment une métaphore rugbystique.

Pour ce qui concerne nos collègues du groupe "Les Verts", pas de surprise, ils sont constants dans leur opposition au sport de haut niveau. Ils l'avaient été et ils l'avaient déjà démontré lors de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2012 où, déjà, ils s'étaient opposés au fait que Paris pouvait obtenir les Jeux olympiques et à cause de cela, évidemment, je pense qu'une grande partie des sportifs parisiens, et beaucoup plus loin que cela, leur en veut encore.

Ils lâchent donc une nouvelle fois les sportifs parisiens et franciliens. Le droit au sport, sa pratique et surtout l'engouement qu'il suscite - parce que, quand même, les stades sont pleins sont pour eux de véritables suppléments d'âme sans intérêt.

Rien de nouveau donc dans cette démarche. Si, tout de même, une donnée supplémentaire que je relève et Claude GOASGUEN doit être pleinement satisfait - d?ailleurs, il vient de le dire - de retrouver exactement ses arguments dans ce projet de délibération. Il y a là des alliances politiciennes auxquelles nos amis "Les Verts" ne répugnent pas, et ce n'est pas la première fois, allant même jusqu'à prévoir de manifester contre Jean Bouin avec la Droite parisienne et le Député-maire de Boulogne dans les prochaines semaines.

Est-ce qu'on peut appeler cela le cartel des conservatismes ?

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P.P.A., Centre et Indépendants et "Les Verts").

Chacun appréciera, en plus, leur fidélité aux engagements parce que, je le rappelle, c'était un engagement du Maire de Paris et de la majorité municipale devant les électeurs, au premier comme au second tour des Municipales.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et du Mouvement républicain et citoyen).

Mon objectif, ce soir, c'est avant tout de rétablir la vérité. Oui, Monsieur ALPHAND, rétablissons la vérité !

Quant à M. BOURNAZEL, je pense avoir toujours été respectueux de l'avis des élus dans cette Assemblée comme ailleurs, mais ce n'est pas parce que je suis respectueux que je serai d?accord avec vous. Nous n'en sommes d'ailleurs pas à notre premier débat sur ce dossier dans cet hémicycle, mais permettez-moi quand même de revenir rapidement sur les points essentiels.

Premier point et cela m'apparaît comme étant le point le plus important : pourquoi faut-il un grand stade de rugby à Paris ? Notre ville capitale est la seule ayant une équipe dans le top 14 à ne pas avoir un stade de rugby digne de ce nom. Vous ne pouvez pas dire le contraire, Monsieur GOASGUEN. Allez demander aux passionnés de rugby, si c?est sympa de venir soutenir leur équipe sous la pluie. Ils sont là, fidèles aux valeurs du rugby, mais accueillis dans des conditions épouvantables.

A Paris, les amoureux du sport devraient bénéficier de conditions d'accueil exemplaires. Le projet de l'architecte RICCIOTTI est exemplaire, y compris sur le plan environnemental. Je n?y reviens pas, nous en avons longuement déjà parlé. De plus, ce nouveau stade sera le premier équipement sportif de cette envergure à être entrepris depuis plus de 20 ans dans la capitale, et vous nous le reprochez alors même que nous manquons cruellement d'équipements aux standards européens, vous le savez. Un équipement sportif depuis 20 ans et c'est encore de trop ?

J'y vois vraiment beaucoup de mépris pour les sportifs.

Alors selon vous, deuxième point, il y aurait deux alternatives, le Parc des Princes et Charléty.

Premièrement, le Parc des Princes. Ce que vous nous proposez est, de mon point de vue, une ineptie totale et en plus très onéreux.

Si nous voulons que le Parc des Princes puisse accueillir l'Euro 2016, les travaux qui seront engagés par l'exploitant seront très importants. Si nous vous suivons, il faudrait donc créer une deuxième pelouse. Or, la configuration du Parc des Princes obligerait à ce qu'elle soit rétractable et de surcroît de plusieurs tenants car la conception du parc repose sur des piliers très peu espacés. Cette solution nécessiterait des coûts d'entretien élevés et une manutention très difficile à entreprendre - chaque semaine, et à condition évidemment que les calendriers du foot et du rugby soient compatibles -. Or vous savez qu'à l'heure actuelle, des matchs peuvent se dérouler tous les trois jours et dans ces conditions la pelouse ne tiendra pas longtemps.

Quant à Charléty, Monsieur GOASGUEN, quand même, vous le savez, ce que vous proposez est complètement dépassé. Vous parlez du PUC, mais cela fait depuis combien de temps ? Et depuis le PUC, tout de même, le rugby a évolué, on est maintenant dans un rugby complètement professionnel et à partir de là il faut des conditions complètement différentes de celles qui existaient à cette époque.

Charléty, c'est le deuxième grand stade de la Capitale.

Je rappelle qu'il accueille un club résidant de football, le PFC, et a la particularité de posséder une piste d'athlétisme où des compétitions d'envergure internationale se déroulent.

Dédier Charléty au rugby, cela revient objectivement à casser la piste d'athlétisme et donc à créer un nouveau stade pour maintenir l'athlétisme de compétition. A moins que vous nous disiez, et il faut le dire, que l'athlétisme n'a pas sa place à Paris et qu'il est grand temps que les Parisiens cessent de pratiquer ce sport.

Je rajoute par rapport à ce que disait M. GOASGUEN, qu'il est différent de jouer pendant un laps de temps de trois ans alors qu'on sait que l'on aura un stade qui sera dédié au rugby et dans lequel les spectateurs auront vraiment une vision de près de ce qui se passera sur le terrain, ce qui n'est évidemment pas le cas à Charléty. Allez dans les virages à Charléty pour regarder un match de rugby, et vous me direz si vous y voyez grand-chose. Vos solutions alternatives sont de fausses solutions, catastrophiques pour le sport parisien et l'attractivité de notre Capitale.

Troisième chose, je reviens sur le coût du stade.

Franchement, que ce soit M. Claude GOASGUEN ou le président du groupe "Verts", vous ne pouvez pas additionner les carottes et les poireaux. Parce qu'il y a d'un côté le stade Jean Bouin et de l'autre des équipements qui de toute façon serviront aux Parisiennes et aux Parisiens et surtout aux écoliers, car quand on va faire, j'y reviendrai, les pelouses d'Auteuil, cela servira en premier aux jeunes gamins du 16e arrondissement. Quand on va faire Charléty, cela servira à l'ensemble de ceux qui iront à Charléty, que ce soit pour jouer au football ou pour faire de l'athlétisme ou quelque autre sport que ce soit.

D'un côté vous avez Jean Bouin, et de l'autre côté vous avez tout ce qui est fait pour le sport de proximité à Paris.

Encore une fois, le groupe des Verts n'hésite pas avancer des chiffres aussi farfelus que nos collègues de l'opposition.

Alors pour la énième fois, le coût global du projet approuvé par le Conseil de Paris en décembre 2007 était d'environ 120 millions d'euros. C'est une valeur évidemment 2006 comprenant non seulement le stade, qui coûte moins de 80 millions d'euros, et vous savez qu'à Montpellier le stade pour 15.000 places a coûté pratiquement aussi cher, donc le stade de 20.000 places à Jean Bouin n'est pas cher. Mais c'est aussi le parking, en gros 24 millions d'euros, et les surfaces commerciales 18 millions d'euros.

Et aussi bien le parking, que les surfaces commerciales rapporteront des recettes à la Ville et permettront un retour sur investissement utile aux Parisiens.

Je ne sais plus qui me posait la question, je crois que c'est M. ALPHAND qui confond beaucoup de choses : oui évidemment, celui qui sera destinataire de ce stade paiera forcément une redevance, et donc, si on ajoute tout cela on peut estimer que le retour sur investissement pour ce stade se fera très rapidement, donc ce n'est pas le coût que vous dites mais un coût qui est relativement modeste, en gros de 146 millions d'euros avec un retour d'investissement très important et très rapide.

Quatrièmement, s'agissant des scolaires et des associations qui seraient abandonnés à leur sort, là encore vous le savez, Monsieur GOASGUEN, mon action à Paris pour le sport vise prioritairement à répondre à la demande des scolaires et des associations sportives de quartier.

Je ne vais donc pas abandonner les scolaires du 16e arrondissement à leur sort. La relocalisation définitive prévue sur les pelouses d'Auteuil permettra non seulement de recréer toutes les activités sportives actuellement pratiquées sur Jean Bouin, mais elles le seront sur un site d'une beauté exceptionnelle.

Monsieur GOASGUEN, écoutez, je vais vous apporter une réponse. La Ville est prête sur Auteuil, la Commission des sites pouvait statuer sur le projet depuis juin dernier, comme la Municipalité l'exprimait lors d'un courrier au Préfet de Paris en avril dernier.

Je tiens à rappeler d'ailleurs que lors de la présentation du projet à la Commission départementale des sites en décembre 2007, les membres de la Commission s'étaient tous exprimés de façon positive sur ce sujet.

Le projet d'Auteuil a été présenté le 3 septembre dernier lors d'une réunion publique en mairie du 16e arrondissement, et nous avons reçu la communauté scolaire le 16 septembre à l'Hôtel de Ville avec Anne HIDALGO.

Alors, Monsieur GOASGUEN, sortez vraiment du débat politicien.

Oui, c'est la première fois depuis longtemps que la Ville de Paris propose de construire deux terrains de grands jeux et une piste d'athlétisme et cela évidemment pour les Parisiennes et les Parisiens, mais ces équipements seront principalement utilisés par les scolaires du 16e arrondissement.

Alors pourquoi, si vous êtes tellement les défenseurs du sport de proximité, comme vous le dites, vous ne défendez pas le projet avec nous devant le Gouvernement qui via la Commission des sites ne cesse de tergiverser ?

Vous avez là l'occasion, justement, d'exprimer, pour les habitants du 16e, votre volonté de créer des équipements de proximité et malheureusement, pour des raisons strictement politiciennes, vous ne le faites pas.

Enfin, dernière remarque sur Auteuil, et je m'adresse là à nos collègues Verts, vous nous reprochez de proposer aux Parisiens des terrains de sport souvent situés en bordure du périphérique avec des taux de pollution élevés. Pourquoi, quand nous proposons d'en créer un sur un des poumons verts de Paris qu'est le bois de Boulogne, cela devient-il impossible pour vous ? Expliquez moi si ce ne sont pas là des raisons politiciennes.

La Commission des sites, n'ayant toujours pas statué, il a bien fallu trouver des solutions temporaires de relogement. Elles ont toutes été présentées à la communauté scolaire par Anne HIDALGO et moi-même, le 16 septembre dernier, en présence du Rectorat, qui a été évidemment étroitement associé pour que les relogements soient de qualité et ne soient pas trop éloignés du site actuel de Jean Bouin.

Arrêtez donc d'alimenter la désinformation sur ce sujet : pas plus de 15 minutes en car, qu'il s'agisse de Bagatelle, où nous allons rénover les vestiaires et aménager une piste d'athlétisme, ou de Lenglen, juste de l'autre côté de la Seine et enfin, Monsieur GOASGUEN, vous le savez, sur des équipements du 16e où des créneaux sont libres.

Monsieur le Maire du 15e arrondissement, si nous proposons Lenglen, c'est parce que nous avons remarqué au niveau de la matinée et de l'après-midi que des créneaux sont libres et qu'is peuvent être utilisés.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. C'est vous qui le dites !

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, au lieu et place de Mme Anne HIDALGO, première adjointe, rapporteure. - Ce n'est pas nous qui le disons, c'est aussi le Rectorat. Je suis étonné de ne pas avoir entendu les mêmes critiques quand il s?est agi de reloger temporairement les scolaires du stade Ladoumègue dans le 19e arrondissement. Pour des raisons de travaux sur le tramway, ils sont actuellement hébergés à Bobigny et à Saint Denis et des cars sont mis à leur disposition. Ce qui n'est pas un problème pour les collégiens et les lycéens du 19e le devient pour ceux du 16e arrondissement ! Enfin !

(Applaudissements sur les bancs des groupes Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et socialiste, radical de gauche et apparentés).

Arrêtez les positions de classe !

Enfin, et ce sera mon dernier point, sur les priorités municipales et le tramway. Permettez-moi de vous rappeler, chers collègues du groupe les Verts, que toutes les priorités du programme municipal de Bertrand DELANOË en matière d'investissement seront respectées. Le nouveau stade Jean Bouin, comme le tramway, seront réalisés, tout comme les logements sociaux, les places en crèche, les écoles et collèges.

Et bien entendu, les investissements pour le sport de proximité, et Ian BROSSAT l'a très justement rappelé, qui doubleront par rapport à la précédente mandature et qui quadrupleront, Monsieur GOASGUEN, par rapport à avant 2001, quand vous étiez adjoint au Maire de Paris. Voilà, Monsieur BOURNAZEL, le retour sur investissement, aussi, pour le 18e arrondissement.

Nous pouvons donc nous honorer de mener à bien ces projets, sur lesquels nous avons été élus par les Parisiens. Ils savent qu'ils peuvent compter sur notre détermination et notre volonté de ne pas les priver des améliorations qu?ils attendent, alors même qu'au niveau national, ils sont les premières victimes des décisions gouvernementales.

Enfin, sur le tramway, j'ai envie de dire cela : arrêtez, mes amis les Verts, de vous mettre à genoux devant le Gouvernement ! Paris est la seule ville de France où l?Etat refuse d?investir ! Et vous voudriez cautionner cela ?!

(Applaudissements sur les bancs des groupes Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et socialiste, radical de gauche et apparentés).

Certainement pas ! Nous, nous ne le cautionnerons pas, et nous continuerons à nous battre pour que le tramway à Paris, et son prolongement jusqu?à la porte d'Asnières soit aussi de la responsabilité de l?État.

Ce que les Parisiens peuvent constater, c?est que malgré le refus politicien de l'Etat de nous accompagner dans cet investissement utile pour l'environnement, utile pour décongestionner les lignes de métros, utile pour faire diminuer l?utilisation de la voiture, malgré ce refus, les Parisiens ont vu la Municipalité à l'?uvre !

Nous avançons, et encore aujourd'hui, nous venons d'engager un prêt de 500 millions d'euros pour financer l'extension du T3 sur la porte de la Chapelle.

Alors, vous l'aurez compris, oui, assurément, et avec volontarisme, nous ambitionnons de réaliser le nouveau stade Jean Bouin. Vous vous grandiriez, chers collègues Verts, à retirer cette délibération. Dans le cas contraire, au nom de l?Exécutif municipal, évidemment, j'appellerai à voter contre.

Et vous, chers collègues de l'opposition, M. LAMOUR, quand même, quand on a été Ministre des Sports - je ne veux pas parler de M. LAPORTE : il n'est pas élu -, ne suivez pas, chers collègues de droite, ne suivez pas les mauvais choix strictement politiciens de Claude GOASGUEN, et votez contre cette proposition de délibération.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et socialiste, radical de gauche et apparentés).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur VUILLERMOZ.

M. GAREL souhaitait faire une intervention de procédure.

M. Sylvain GAREL. - Comme le règlement le propose, je demande un vote à bulletin secret.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je rappelle ce que prévoit l'article 4 de notre règlement sur le scrutin secret. Le scrutin secret n'a lieu que lorsqu'un tiers des membres présents le réclame.

Je vais donc demander à ceux qui souhaitent un scrutin secret, sur proposition du Président GAREL, de lever la main. Nous allons les compter et ensuite, dans un deuxième temps, nous compterons l'ensemble des conseillers de Paris présents.

Le résultat des comptages qui viennent d'être effectués par le Secrétariat général du Conseil est le suivant : 48 conseillers de Paris ont demandé un vote secret, et nous sommes actuellement 105 présents en séance. La proportion du tiers prévue par l'article 4 étant atteinte, nous allons procéder à un scrutin secret.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A., Centre et Indépendants et "Les Verts").

La séance est suspendue.