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Septembre 2009
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Conseil Municipal
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2009, SG 190 - Communication de M. le Maire de Paris sur la rentrée des jeunes Parisiens. Vœu déposé par Mme CALANDRA relatif à un enseignement public de qualité accessible à toutes et tous. Vœu déposé par le PC relatif au projet de loi "Carle".

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2009


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, l'usage veut qu'au Conseil de Paris de septembre, je vous présente une communication sur la rentrée scolaire.

J'attache bien sûr de l'importance à ce moment d'échange sur un sujet essentiel. Car la réussite des jeunes Parisiens, leur épanouissement et la préparation de leur avenir sont évidemment au coeur de nos préoccupations et de notre action.

Mais cette année, j'ai tenu à élargir l'objet de nos débats pour que nous puissions aborder tous les aspects de la rentrée des 350.000 Parisiens de moins de seize ans. Pour eux, il faut en réalité parler des rentrées, au pluriel, dans tous les domaines de la vie familiale, associative, culturel ou citoyenne.

Dans une période de crise qui entraîne une véritable souffrance sociale pour un grand nombre de nos concitoyens, ce point d'étape me paraît nécessaire et important.

Commençons par les plus jeunes. C'est la rentrée pour les 29.000 Parisiens de moins de 3 ans. Sous l'impulsion de Christophe NAJDOVSKI, nous poursuivons pour la petite enfance un double objectif : continuer à privilégier l'accueil collectif, tout en permettant aux familles qui le veulent de recourir à d'autres modes de garde et de le faire plus facilement, par exemple grâce au dispositif de soutien financier dit "Papado".

Plusieurs crèches ouvrent d'ailleurs en cette rentrée dans les 10e, 11e, 15e 17e et 20e arrondissements. Nous veillons particulièrement à l'environnement des tout-petits, notamment à travers la distribution dans toutes les crèches à partir de janvier de biberons sans bisphénol A.

Mais c'est plus largement la rentrée pour toutes les familles parisiennes. Pour elles, la politique municipale est guidée par une idée simple, justement la simplification. Car trop souvent les familles ne savent pas à qui s'adresser. Elles sont très sollicitées et elles manquent de repères et d'information.

Nous allons donc généraliser les "Relais Informations Familles" qui offrent une écoute individualisée et une mise en contact avec les services publics ou associatifs. Deux nouveaux relais ont ouvert en cette rentrée dans les 4e et 11e arrondissements. Deux autres ouvriront en 2010 dans les 2e et 16e arrondissements. Notre objectif est que tout Paris soit couvert à la fin de ce mandat.

Dans le même esprit, nous lançons la carte "Facile Famille" qui a vocation à s'étendre à l'ensemble de Paris et qui présentera un triple avantage. D'abord, elle proposera une facturation unique pour toutes les prestations. D'autre part, elle facilitera les modes de paiement, notamment l'utilisation de la carte bleue. Elle permettra enfin une communication via Internet. Cette innovation simplifiera la vie des parents à Paris.

Septembre, pour toutes les familles, c'est avant tout le mois de la rentrée scolaire sur laquelle nous pouvons tenter un premier bilan. Disons d'abord, en maniant la litote, que le contexte national n'est pas très favorable. Les enseignants de Paris, à qui je dis notre gratitude et notre solidarité, travaillent dans des conditions particulièrement difficiles, aggravées par la suppression de plusieurs milliers de postes, notamment parmi les R.A.S.E.D. qui viennent en aide aux élèves menacés de décrochage, voire d'exclusion.

En dépit de ces réalités, la Ville agit sur tout ce qui est de son ressort, c'est-à-dire essentiellement le patrimoine scolaire et les activités périscolaires.

S'agissant du patrimoine, qui représente un investissement annuel de 130 millions d?euros, deux établissements ont ouvert au début de ce mois, l?école polyvalente de la rue Olivier-Métra, dans le 20e arrondissement et l'école élémentaire de la rue de la Tour d?Auvergne, dans le 9e arrondissement.

Ce sont au total plus d'un millier d'opérations de tous ordres qui ont été menées depuis un an sur notre patrimoine scolaire. La ville a d'autre part fait tout ce qui dépendait d'elle pour que les enfants handicapés de Paris puissent aller à l'école. Ce qui manque aujourd'hui pour que tous puissent être accueillis dans nos établissements, c'est un nombre suffisant de personnels recrutés et formés par l'Etat.

Une fois encore, et avec gravité, je veux insister sur cet enjeu. Quant au périscolaire, nous continuons à privilégier l'accompagnement, c'est-à-dire l'aide apportée aux élèves en difficulté, notamment ceux qui ont du mal à lire ou à écrire.

Je pense aux dispositifs "Coup de Pouce" pour le primaire ou "Action Collégiens" pour le secondaire. La Ville a créé dans les 13e et 18e arrondissement deux nouvelles structures d'accueil pour des collégiens qui ont du mal à s'insérer dans le système scolaire. Ces centres permettent d'assurer la continuité de la prise en charge et d?aider les jeunes à construire un projet personnel et professionnel.

Pour l'ensemble de ces initiatives, je tiens à remercier toute l'équipe municipale, mais d'abord bien sûr Colombe BROSSEL, qui a su gérer cette rentrée scolaire avec beaucoup d'efficacité et d'énergie.

C'est toujours dans le même esprit, celui de la promotion de l'égalité des chances, que nous veillons à ce que la culture et le sport aient toute leur place à l'école, dans le respect des savoirs fondamentaux auxquels ils ne sont d'ailleurs pas étrangers.

Nous développons ainsi de nombreux projets de découverte de la musique, du cinéma ou des arts plastiques. Nous lançons notamment en cette rentrée 2009 un projet de partenariat entre 120 centres de loisir et 10 musées municipaux. Les enfants viendront découvrir les ?uvres des musées et élaboreront leurs propres créations qui seront ensuite exposées au public.

Une autre opération concernera une trentaine d'école, notamment en Z.E.P., en partenariat avec le Fonds municipal d'art contemporain qui mettra à disposition de chaque établissement une ?uvre de sa collection. Autour de cette ?uvre, les élèves seront invités à exprimer leur créativité et leur inspiration.

De même, la médiathèque Marguerite Duras, qui ouvrira cette année dans le 20e arrondissement, a été très largement conçue pour attirer un jeune public. Nous attendons beaucoup de ce lieu de liberté et d'intelligence collective. Au-delà, notamment à travers les 42 sections jeunesse de nos bibliothèques municipales, c'est l'ensemble de notre réseau culturel qui est tourné vers les jeunes Parisiens.

J'insiste donc sur l'effort que nous faisons porter sur l'épanouissement des enfants, et cela passe aussi par la santé, en particulier par la lutte contre un fléau qui se répand chez les plus jeunes : l'obésité.

Un programme de prévention, de dépistage, de suivi appelé "Paris santé nutrition" vient d?être lancé, pour l?instant à titre expérimental dans trois arrondissements, 13e, 15e et 19e, en collaboration avec les caisses des écoles.

Sur ce sujet majeur, nous continuerons à intensifier nos efforts.

Mes chers collègues, un dernier mot.

Cette année, le rendez-vous de la rentrée est teinté d'une inquiétude particulière en raison d'un risque bien identifié, la grippe A, sur laquelle nous avons eu l'occasion de faire un point complet jeudi dernier avec l'ensemble des élus.

Sous le pilotage de l'Etat, dont c'est la responsabilité, notre collectivité est prête à mettre en place tous les dispositifs de prévention qui s'imposeront. Nous avons d'ores et déjà pris les précautions qui nous paraissaient indispensables, notamment l'installation dans les établissements scolaires de Paris des distributeurs de savon liquide et des serviettes en papier.

Je veillerai, Colombe, à ce que cela soit renouvelé dans la durée.

Une campagne de vaccination, pour laquelle la Ville mettra à disposition des gymnases, sera organisée à partir de la deuxième quinzaine d'octobre, sous le contrôle des autorités de l'Etat.

En lien constant avec les services préfectoraux - vous voyez qu?on ne dit pas du mal des préfets ! -, nous continuerons à mettre en ?uvre tout ce qui pourra contribuer à protéger les Parisiens et à garantir la continuité du service public.

Bien entendu, vous serez tenus régulièrement informés de l'évolution de cette pandémie et des mesures d'urgence qui pourraient s'imposer. Nous y sommes prêts, dans la vigilance mais dans la sérénité.

Voilà, mes chers collègues, à toutes et à tous, je souhaite une excellente rentrée.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

Vous avez décidé en conférence d'organisation de l'organisation de notre débat : la parole est d?abord à Mme BERTRAND.

Mme Geneviève BERTRAND. - Merci, Monsieur le Maire.

C'est à un exercice nouveau que vous nous conviez aujourd'hui, nettement plus large que le rituel débat annuel sur la rentrée scolaire des enseignants, des enfants, des parents et des personnels des écoles parisiennes (maternelles, primaires et collèges).

Une vaste synthèse, une fresque même, nous présente la vie et les ?uvres possibles de tous les jeunes Parisiens de 1 mois à 16 ans, où la rencontre de la demande et de l'offre est très large, voire même quelquefois présentée de manière idyllique.

Je ne mettrai que quelques coups de projecteur sur cette communication, sans évoquer, comme vous l?avez déjà fait, Monsieur le Maire, l'ensemble des dispositifs mis à la disposition des familles parisiennes, parce que ceux-ci sont considérables et extrêmement vastes.

Je voudrais seulement faire une petite remarque s'agissant de votre volonté de placer cette communication sous le portemanteau de la famille.

J'ai remarqué, en faisant une petite analyse de sémantique quantitative, qu'en trois pages, le mot "famille" revient 20 fois, ce qui est de nature à rassurer tout le monde, puisque c'est bien la famille qui est le premier lieu de la prise en charge des enfants.

Sur la présentation un peu idyllique, je note en page 3 de la communication que vous préconisez la diversification de l'offre d'accueil en faveur des jeunes enfants comme étant l'un des objectifs majeurs de la Municipalité. Vous dites qu'en matière d'accueil collectif, les familles parisiennes ont la possibilité - la possibilité - de fréquenter des structures gérées par la Ville ou par diverses associations. Elles ont aussi le choix entre différents types de structure : les crèches collectives, les haltes-garderies, les crèches familiales, etc.

C'est du rêve, Monsieur le Maire, quand on sait le manque de places qui existe pour l'ensemble des enfants parisiens qui en auraient besoin et la détresse que nous connaissons, comme élus locaux, lorsque nous sommes en but au refus opposé à certaines familles qui ne savent plus à quel saint se vouer !

Je ressens comme une véritable injustice le non-accès général de tous les enfants aux modes de garde, de crèche ou autres souhaitables parce que c'est dès le départ dans la vie sociale que certains enfants deviennent handicapés. Surtout, lorsque nous le voyons dans les commissions d'attributions de places en crèche, il y aurait comme une prime donnée à certaines familles dont le premier enfant a pu accéder en crèche, donc le deuxième y vient et le troisième. Les familles exclues le sont pour toujours.

C'est vraiment un devoir, mais je sais qu'il y a un vrai souci de multiplier les places et de diversifier les modes d'accueil. Je crois quand même que le projecteur doit être mis sur ce point.

Je note aussi qu'il n'est fait aucunement mention dans la communication du travail mené par la mission d'information et d?évaluation sur l'engagement de la collectivité parisienne auprès des familles en matière d'accueil des jeunes enfants de moins de 3 ans.

Il y a tout de même dans ce travail, qui a associé tous les groupes de notre Assemblée, des préconisations et j'aimerais savoir quelle suite l'Exécutif municipal entend donner à ce travail important qui a été reconnu par tous.

Je ne m'étendrai pas sur l'ensemble, je l?ai déjà dit, de ce qui concerne la vie des jeunes Parisiens à Paris.

J'en viens à la deuxième moitié de votre communication : c'est l'école et la rentrée scolaire proprement dite.

Je pense qu'il ne faut pas là non plus oublier la contribution de l'ensemble des équipes et services du Rectorat de Paris qui travaillent, je pense, dans une véritable coresponsabilité avec la collectivité parisienne, puisqu'il nous semble que la rentrée cette année s'est passée dans des conditions très, très acceptables, la rentrée des 771 écoles et 356 établissements secondaire, qui concernent quand même 173.000 enfants du primaire et plus de 150.000 élèves du secondaire. Le bon fonctionnement de cette grande machine, trop souvent critiquée sur le plan national, doit être souligné, en tout cas sur le plan parisien.

En ce qui concerne l'école proprement dite, là aussi, les dispositifs sont très nombreux, l'offre est extraordinaire pour la plupart des enfants. Je voudrais quand même souligner deux points.

L'école est avant tout le lieu de l?apprentissage des savoirs, le lieu de la transmission des connaissances, qu'il s'agisse de l'histoire, de la géographie, des sciences, des mathématiques, des langues et, en tout premier lieu, du français. Quel bonheur hier d'entendre Ian BROSSAT évoquer les "Caractères" de La Bruyère. C'est magnifique de pouvoir se référer à une culture de fond !

Deuxièmement, l'apprentissage des comportements en société. L'école joue aussi ce rôle à côté des familles, à côté de la famille. Lorsque l'on parle des violences qui se développent dans les écoles ou autour ou à proximité des écoles, je pense qu'il est important de souligner, comme le fait d?ailleurs à un moment la communication, que c'est le lieu de l'apprentissage, de la dignité et du respect de soi et du respect des autres.

Le respect des autres, c'est celui des professeurs, c'est celui des élèves entre eux, c'est celui de tous les personnels.

Je terminerai en vous faisant ce cadeau d'une pensée d'Emmanuel Levinas qui dit quelque part que le respect de l'autre, c'est le respect du mystère de l'autre. Les enfants n'ont pas trop de toute une vie scolaire pour tenter d'approcher le mystère des autres.

Merci, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie beaucoup du cadeau, qui doit être appliqué aux enfants mais aussi aux adultes. C'est très bien. Continuez comme cela, Ian n?est pas là, mais faites qu'il y ait de l'émulation sur la beauté, la culture.

La parole est à Mme Michèle BLUMENTHAL.

Mme Michèle BLUMENTHAL, maire du 12e arrondissement. - Merci.

Monsieur le Maire, en janvier 2002, vous disiez que la place et le rôle qu'une société accorde à l'enfant renvoient à un choix culturel et philosophique. Cet enjeu de civilisation a trop longtemps consisté à gérer la pénurie. C'est donc une action d'ensemble qu'il convient de repenser.

Cette préoccupation est toujours au c?ur de votre action municipale et de la nôtre.

Septembre est pour tous les enfants et les adolescents le mois de la rentrée.

Rentrée à l'école, au collège, certes, mais aussi rentrée à la crèche, inscription à de nouvelles activités. En septembre, tout doit être prêt ; une rentrée se prépare presque un an à l?avance.

Dans l'accueil des enfants et des adolescents, deux éléments interviennent : l'équipe éducative et l'environnement matériel.

Depuis plusieurs années, on constate un désengagement progressif de l'Etat, se traduisant par des suppressions massives de postes (par exemple, diminution du nombre de remplacements, suppression progressive des R.A.S.E.D.), ceci tout en réclamant une participation toujours plus importante des collectivités territoriales. La loi cadre visant au financement par la commune de la scolarisation des enfants dans les écoles privées hors de celle-ci est la dernière en date des attaques contre l?enseignement public.

En effet, une fois adoptée, elle équivaut à favoriser l'évitement scolaire, car le Maire ne peut refuser le départ d'un enfant vers l'enseignement privé hors commune, et favoriser, financer ainsi à parité les deux écoles.

Dans un contexte de crise touchant de plein fouet nombre de nos concitoyens, la Ville réaffirme son engagement auprès des familles pour l'accueil des enfants dans des établissements bien entretenus et équipés. Améliorer la sécurité, le confort des établissements, les moderniser font partie des priorités de la Municipalité. Dans le 12e, 22 opérations sont inscrites dans la programmation d'arrondissement, 17 opérations sur crédits d'urgence, ravalement, 39 opérations ont été réalisées cet été pour un montant dépassant les deux millions d'euros.

Je profite de cette occasion pour remercier la circonscription des affaires scolaires et la section locale d'architecture du 12e, qui comme tous les ans ont réussi à faire aboutir ces travaux et à anticiper les ouvertures de classes en préparant des locaux.

Alors que la répartition des classes se fait à la fin de l'année scolaire, je ne peux que regretter que les ouvertures de classes ne soient annoncées qu'à la rentrée, ce qui met en difficulté bon nombre de personnes, équipes éducatives, parents, Municipalité, responsables de la mise à disposition des moyens matériels. Il serait bien plus pertinent, comme le demandent les représentants de la majorité municipale et la F.C.P.E. à chaque Conseil départemental de l'Education nationale, qu'une séance ait lieu dès juin pour confirmer les premières annonces concernant les mesures de cartes scolaires, afin que les ouvertures soient décidées plus tôt. Car hélas, c'est cette incertitude de juin qui fait que les parents choisissent l'enseignement privé pour être certains de l'accueil de leurs enfants.

Dans le 12e comme dans d'autres arrondissements de l'est parisien, le nombre d'enfants scolarisés augmente, plus de 142 depuis 2008 et pour terminer sur ces aspects, si nous sommes heureux d'obtenir une ouverture de classe, nous constatons que cela reste insuffisant, que la situation devient préoccupante dans certains secteurs. Les remplacements ne pourront plus être satisfaits, ni la continuité pédagogique être assurée, le droit à l'école ne peut pas se résumer au droit à l'accueil. Par conséquent, on constate aussi que l'on n'avance pas sur l'accueil des enfants de moins de 3 ans.

En revanche, des innovations que nous avons initiées parfois dans le 12e ont été généralisées, et montrent bien que les familles ont besoin de transversalité, je pense au Relais informations familles, qui étend de plus en plus son champ d'intervention, permettant ainsi d'offrir un guichet unique à tous ceux qui cherchent un accueil en structure collective (crèche, multi accueil), inscrivent leurs enfants à l'école ou souhaitent leur faire pratiquer une activité hors temps scolaire.

Je pense aussi aux passerelles entre crèches et écoles maternelles, permettant aux très jeunes enfants, par l'intermédiaire des centres de loisirs, de se familiariser dès les vacances de printemps avec l'école.

D'autres innovations sont destinées à faciliter la gestion des paiements des activités des enfants par la mise en place de la facture unique et la diversification des modes de paiement.

Une société digne de ce nom se doit d'accueillir tous les enfants et si dans nos centres de loisirs cela se fait depuis quelques années, comme au centre de loisirs de l'école Gerty Archimède dans le 12e, où sont accueillis ensemble les enfants porteurs de handicap et les enfants valides, j'ai le regret de constater que cela est plus difficile dans le cadre des classes proprement dites, puisque l'Etat tarde parfois à donner les A.V.S. et E.V.S. nécessaires.

Dans le second degré, l'assouplissement de la carte scolaire voulu par le Gouvernement a suscité des inquiétudes. Les effets se font sentir cette année sur la rentrée des classes car les établissements considérés comme moins attractifs subissent une baisse des effectifs et sont confrontés à une baisse de moyens. Début septembre, les parents dont les enfants sont scolarisés au collège Paul Verlaine ont appris la fermeture d'une deuxième sixième en raison d'une baisse d'effectifs. La conséquence : une perte de 28 heures de dotation horaire globale, la modification des emplois du temps, le manque de professeurs dans certaines disciplines. Or implanté sur deux sites séparés d'un quart d'heure, le collège Paul Verlaine perd de plus en plus les heures nécessaires au bon développement qui renforce la perte de ses effectifs.

Pour maintenir l'attractivité des collèges publics, le rééquilibrage des secteurs de recrutement doit se faire combiné à l'augmentation de l'offre des options et à une aide accrue de l'Education nationale.

Le Département de Paris a mis en place des dispositifs d'accompagnement à la scolarité : réussite éducative, actions collégiens qui touchent les établissements classés en politique de la ville, mais qui devraient s'étendre à certains collèges qui sont à la limite de ces quartiers.

En créant deux centres innovants pour lutter contre le décrochage scolaire dans les 13e et 18e arrondissements, afin de créer des espaces accueillant les élèves exclus temporairement de leur établissement, la Ville va au-delà de ses compétences.

Dans le 12e, en signant le contrat local de sécurité, nous avons souhaité replacer au centre des priorités la question de l'absentéisme et la déscolarisation qui peuvent favoriser le rapprochement avec d'autres jeunes.

D'ici 2009, nous lancerons un dispositif coordonné entre les acteurs concernés : mairie, chefs d'établissement, pôle protection des familles, mission de prévention, le parquet mineurs, la cellule de recueil des informations préoccupantes de la DASES, les services sociaux, la DASCO, les clubs de prévention et les centres sociaux.

Cette coordination sera amenée à se réunir tous les deux mois et à échanger sur des situations signalées.

Nous souhaitons mettre en commun tous les moyens pour éviter le décrochage scolaire avant même qu'il ne rentre dans le cadre de l'absentéisme, soit quatre demi-journées par mois selon l'Académie.

Dans un premier temps, nous ciblons la classe de sixième, car c'est souvent à ce niveau scolaire que l'on voit apparaître les premiers signes de décrochage. De même qu'en Afrique, on dit qu'il faut tout un village pour élever un enfant, nous portons une responsabilité collective dans l'éducation et l'épanouissement des générations futures, chacun doit y apporter sa contribution. Préparer le citoyen de demain ne peut se résumer à dispenser une instruction, c'est pourquoi la Ville multiplie les offres sportives, culturelles, favorisant les activités de tous sans que l'absence de moyens financiers soit un facteur d'exclusion.

Cette diversité de l'offre de loisirs, d'accompagnement traduit en actes notre conception du vivre ensemble.

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Jacques BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. En pleine crise environnementale, sociale et économique, la rentrée des jeunes Parisiens se déroule dans un contexte particulier. Les réformes mises en ?uvre par l'Education nationale ne viennent pas réduire les effets de cette crise, bien au contraire, elles tendent à les aggraver.

Suppressions de postes d'enseignant, fermetures de classes, modification du rythme scolaire, remise en cause des assistants de vie scolaire et des R.A.S.E.D., toutes ces mesures ne font que rendre notre système moins efficace et moins humain.

Pour pallier le désengagement de l'Etat et assurer une éducation de qualité destinée à tous les jeunes Parisiens, la Ville met en ?uvre de nombreux dispositifs et le groupe des élus Verts se réjouit que ce secteur soit un secteur prioritaire d'investissement pour notre majorité.

En particulier, "Les Verts" encouragent la Municipalité à poursuivre l'effort de création de nouvelles places en crèche et nous ne doutons pas que l'objectif pour la période 2008-2014 de livrer 4.500 nouveaux berceaux sera atteint.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui !

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. Entre les mois de septembre et octobre, 383 nouvelles places ont été ouvertes. De nombreuses opérations de construction de crèches ont intégré plusieurs critères de la démarche haute qualité environnementale, et à partir de 2010, toutes les crèches livrées seront des crèches HQE à part entière.

Nous nous félicitons de la progression de l'alimentation bio dans les repas servis aux plus jeunes Parisiens. Depuis début 2009, la part du bio s'est accrue significativement dans les crèches pour atteindre 20 %. Nous souhaitons que cet effort soit poursuivi.

Toutefois, la présence de bio dans les écoles maternelles, élémentaires ou au collège n'est pas encore suffisante, 6 % pour les écoles, et 0,5 % pour les collèges. La Ville affiche un retard au regard des objectifs fixés par le plan climat de 15 % en 2008.

Par ailleurs, la Ville a développé des systèmes innovants d'accompagnement des enfants : actions pédagogiques pour la réussite scolaire, ateliers bleus, centres de loisirs, dispositifs actions collégiens. Elle ouvre le champ d'action de ces structures à tous les élèves valides et en situation de handicap. Cette mixité permet une ouverture d'esprit et une plus grande tolérance de la différence.

Nous saluons les efforts de la Ville pour le développement des activités périscolaires, car elles sont indispensables au développement des enfants.

Enfin, nous nous réjouissons que la Ville soit devenue partenaire du projet Agenda 21 des écoles parisiennes, lancé par le Centre régional de documentation pédagogique de Paris, en partenariat avec le Rectorat, l'ADEME et l'Institut de l'écologie en milieu urbain.

Cette démarche a pour objectif d'inciter les écoles à s'engager dans des démarches Agenda 21 à travers l'utilisation d'outils pédagogiques.

Lié à l'éducation à l'environnement, le concept de développement durable peut être présenté dans les écoles. Sept écoles et un collège sont engagés dans cette démarche qui mériterait d'être peu à peu généralisée.

Cependant, malgré tous ces efforts, la Ville ne peut lutter contre les injustices créées par le Gouvernement qui dénature ce qui constitue le fondement même de notre système éducatif : l'égalité républicaine.

En effet, le Gouvernement substitue à la qualité d'enseignement une politique motivée par une simple logique comptable. Les réformes ne sont plus motivées que par une obsession unique : faire des économies. Les besoins des enfants et des enseignants sont très peu pris en compte. Notre système éducatif devient un marché où seuls les résultats scolaires comptent. Les conditions dans lesquelles évoluent les élèves et les enseignants sont négligées.

En effet, alors que 14.000 enfants supplémentaires sont attendus en maternelle et en élémentaire pour cette rentrée 2009, dont près de 1.200 à Paris, le Ministère de l'Education nationale n'hésite pas à supprimer 13.500 postes d'enseignant après en avoir déjà supprimés 11.200 l'an dernier.

La réduction de la semaine scolaire à 4 jours pose problème. Les écoliers français vivent la journée scolaire la plus longue et la semaine la plus courte d'Europe. Le rapport de l'Inspection générale de l'Education nationale publié au mois de juillet fait état d'une situation insatisfaisante.

La fatigue des élèves et des enseignants est de plus en plus importante ; l'aide personnalisée est parfois suspendue ; le temps du dialogue avec les parents réduit.

Le temps scolaire étant une préoccupation centrale de la vie sociale, nous devrions organiser une réflexion avec les acteurs de l'éducation sur un autre temps scolaire moins dense.

De plus, à travers sa logique comptable, le Gouvernement n'a pas hésité à prendre des mesures qui fragilisent davantage les plus faibles. Les inégalités entre les élèves sont accentuées et la concurrence est encouragée.

La suppression de la carte scolaire pour la deuxième année consécutive en est un bon exemple.

En supprimant la sectorisation, l'école devient un marché où chaque parent essaie de placer son enfant dans un établissement, le plus réputé. Cela remet gravement en question la mixité sociale. Dans les établissements les plus convoités, il y a peu d'élèves de conditions modestes, et dans les collèges les plus évités, les catégories aisées ont disparu. Du coup, certaines classes sont surchargées alors que d'autres ferment faute d'élèves inscrits.

Les enfants en situation de handicap ne sont pas non plus épargnés. Les auxiliaires de vie scolaire et les emplois de vie scolaire voient leurs activités menacées après que l'Etat ait décidé de ne pas reconduire plusieurs milliers de contrats. Alors que 175.000 enfants handicapés ont fait leur rentrée en septembre, le nombre d?A.V.S. est encore faible. Du coup, à Paris, du fait des effectifs surchargés dans certaines écoles, la scolarisation des enfants handicapés dans les classes ordinaires est difficile.

Enfin, alors qu'on célébrera le 20e anniversaire de la ratification de la Convention internationale des droits de l?enfant par la France, le Gouvernement vient d'annoncer la suppression du défenseur des droits des enfants. On ne peut que s'inquiéter de cette décision.

Les effets de toutes ces mesures ne font pas de notre système éducatif un modèle. Non seulement, un élève sur cinq sort du primaire sans maîtriser la lecture, mais en outre, 150.000 quittent le collège sans diplôme.

La qualité de vie à l'école n'est pas non plus à la hauteur de ce qu'on pourrait espérer. En 2003, les études comparatives du programme international pour le suivi des acquis des élèves, classent la France en dernière position parmi les 30 pays de l'O.C.D.E. Quand on s'intéresse au plaisir d'être élève, 45 % des jeunes disent se sentir bien en France à l'école quand ils sont en moyenne 81 % dans les autres pays de l'O.C.D.E.

Ponctuée de fermetures de classes, la rentrée est bouleversée par la présence du virus de la grippe A et la Ville est fortement mobilisée pour faire face à ses responsabilités. Confronté à l'étendue du virus, le Gouvernement compte mener une campagne de vaccination massive. Les élus Verts pensent qu?il faut peser les risques d?une telle vaccination. La présence d?adjuvants tels que l?aluminium ou le mercure censés rendre plus efficace le vaccin pourrait avoir des effets secondaires neurologiques graves. Il faut donc avancer sans se précipiter ; le virus de cette grippe n'est pas virulent : il faut s'assurer que ce vaccin ne sera pas plus dangereux que la grippe elle-même.

Je vais aller directement à ma conclusion : je veux laisser un peu de temps à mon collègue et ami René DUTREY.

L'invention de l'école de demain passe par la mise en place d'une pédagogie active, donnant au savoir une autre fonction que celle de faire réussir aux examens : travail sur projet, pratique coopérative et interdisciplinarité devraient être à l'ordre du jour, ce qui remet en cause des habitudes solidement ancrées. Il devrait s'agir pour l?école, non pas de préparer des individus destinés à se vendre au mieux sur le marché du travail et d'être des salariés rentables pour les entreprises, mais de former les citoyens éclairés capables de faire des choix, conscients des enjeux collectifs qui se posent au monde du XXIe siècle.

Je fais un rêve.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Mme Emmanuelle BECKER a la parole.

Mme Emmanuelle BECKER. - La crise économique et la destruction méthodique de nos services publics n'ont pas manqué d'accompagner cette rentrée 2009. La santé, l'hôpital public, La Poste, mais aussi l'éducation.

La casse de l'école publique et des structures de l'éducation pour tous se poursuit.

La surprise de cette période de rentrée est venue de deux rapports publiés par l'O.C.D.E., qui démontrent, comparaison à l?appui, que "la somme dépensée par la France pour l'éducation d'un élève est nettement au-dessous de la moyenne des autres pays". Le financement public pour chaque élève en France en 2006 était, je cite, "de 15 à 25 % en deçà des autres pays".

Pourtant, le Gouvernement, par la voix de ses ministres successifs de l'Education nationale, n'a cessé de nous répéter que l'école publique coûterait trop cher, et d?accuser les fonctionnaires. En réaction à cette analyse erronée de la situation, 13.500 postes d'enseignants ont été détruits pour cette seule rentrée, 60.000 depuis 2003 alors que dans le même temps, les pays de l'O.C.D.E. financent leurs écoles primaire, secondaire et postsecondaire à plus de 90 % par des sources publiques.

Le Gouvernement voudrait nous faire croire qu'il réforme l'école dans l'intérêt général, mais c'est un choix politique qui est fait, celui d'un système libéral où la réussite scolaire de tous n'est pas indispensable. L'objectif poursuivi est de réaliser des économies à court terme, quoi qu'il en coûte en termes d?égalité, d?accès au droit et de progrès social.

Fermetures de classes, effectifs surchargés, rythmes scolaires étouffants, suppressions des postes d'accompagnement des élèves en difficulté et enfin, privatisation des dépenses d'éducation.

L'école maternelle reste malmenée par les Ministres de l'Education et de la Famille, qui y voient une source d'économies à réaliser. L'expérimentation des jardins d'éveil en est une illustration. Cet accueil payant pour les familles moins coûteux pour l'Etat s'inscrit dans ce même programme d'absence d'ambition pour le système public d'éducation.

En cela, les orientations politiques de ce Gouvernement vont pour nous à contre-courant du progrès social et constituent un recul collectif.

Notre ambition en matière d'éducation est effectivement à l'opposé de celle-là, pour les enfants en âge d'être scolarisés comme pour les plus jeunes.

L'état de santé tout au long de la vie et les revenus du travail restent corrélés et liés avec les parcours éducatifs. C'est pourquoi un système public d'éducation doit continuer à porter des ambitions collectives de progrès.

Le premier rapport international relatif au bien-être des enfants, là encore publié en cette rentrée par l'O.C.D.E., invite les gouvernements à investir plus massivement dans l'éducation des moins de 6 ans afin de réduire les inégalités sociales. Nous sommes pour un service public de la petite enfance parce que l'accueil et le développement des tout-petits n'a pas à être commercialisé. Bien au contraire, la petite enfance doit prioritairement sortir de la recherche du profit économique au moindre coût.

Nous sommes pour un service public de la petite enfance parce qu'il y a une nécessité collective à briser les logiques d'exclusion, à garantir le droit à l'éducation pour tous, à garantir le droit à la parentalité pour tous.

A ce titre, Monsieur le Maire, nous accompagnons la politique de développement de l'accueil collectif public mené dans le domaine de la petite enfance par notre Municipalité.

Je tiens également à saluer, en tant qu?élue du 13e arrondissement, l'effort sans précédent déployé par notre majorité dans les quartiers politique de la ville, tant au niveau de la petite enfance que des centres de loisirs ou d'animation.

Il nous semble que la compétence de la Ville dans le domaine du périscolaire doit nous permettre de porter un projet d?excellence.

Je tiens notamment à saluer le travail remarquable mené par la Maison du geste et de l'image, notamment à travers le projet "territoires pluriels", qui suscite les échanges, la mixité chez les jeunes, et leur permet de développer leur propre réflexion. Ce type de projet illustre l'exigence de qualité que le secteur des activités périscolaires peut porter à l'appui d'une coopération renforcée entre nos animateurs, les centres d?animation, les associations et les institutions culturelles, afin de rompre définitivement avec l'image ternie des anciennes garderies.

Ce secteur doit être un vecteur d'émancipation pour les enfants et les jeunes qui en bénéficient. Nous sommes bien là dans le projet politique du Paris pour tous que nous voulons. Il s'agit autant, en l?occurrence, de garantir les droits pour tous que de favoriser l'émancipation des personnes et le bien-être des citoyens. Parce que nous croyons à la pertinence du savoir et de l?éducation quand il s'agit aussi de renforcer la démocratie.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Moi aussi, je vous remercie.

Monsieur MENGUY, vous avez la parole.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues, la rentrée scolaire est un rendez-vous majeur de la vie et du quotidien des familles parisiennes.

Au-delà des enjeux et de l'importance de bien débuter son arrivée à l'école, au collège ou au lycée, au-delà de reprendre un rythme soutenu, parfois fatigant, souvent exaltant, les jeunes Parisiens et leur famille voient dans le moment de la rentrée un temps fort de leur vie.

C?est le cas également, ne l?oublions pas, de toute la communauté éducative. La rentrée est le point d'orgue de leur année professionnelle car c'est à la fois le début d'une nouvelle aventure et la fin d'une attente. Permettez-moi à ce stade de rendre hommage à leur grand professionnalisme et à leur sens du service public.

En matière d'éducation et d'instruction, le quotidien pédagogique s'articule non seulement par son contenu mais également par son contenant. En tant qu?élus parisiens, notre devoir est d'accompagner le premier et d'inventer le second.

Disons-le tout de suite, Monsieur le Maire, votre communication sur la rentrée des jeunes Parisiens sonne creux. Elle est vaste, si vaste qu'on s?y perd, et on se demande bien qui vous a soufflé une telle idée.

Surtout, vous n'avez aucune vision de ce que doit être et peut être la vie éducative de nos enfants. Vous dormez sur vos acquis dans un immobilisme consternant.

A la lecture de votre communication, vous êtes d'ailleurs pris en flagrant délit de pécher par action, et même par omission.

Par action d'abord : de nombreuses lignes portent sur la politique de la petite enfance. N'avez-vous pas noté que notre précédent Conseil de Paris portait déjà sur cette politique, alors recycler vos arguments et vos chiffres pour faire du remplissage, franchement, la ficelle est un peu grosse.

Par omission, ensuite : vous nous parlez des moyens alloués aux familles parisiennes, vous avez tout simplement omis de parler de la hausse record des impôts locaux infligés froidement aux familles et qui impactera immédiatement leur situation financière. Avec Jean-François LAMOUR, les élus U.M.P. vous l?ont rappelé encore hier, ce véritable coup de massue n'est pas acceptable.

J'ajoute que l'on ne peut que s?étonner qu'une délibération sur la caisse des écoles ait été retirée de l'ordre du jour. Il faudra, je le crois certainement, éclaircir une telle manipulation.

Par omission encore, en éludant des débats qui nous semblent importants, vous ne parlez pas de l'assouplissement de la carte scolaire. Nous entendons depuis des mois votre adjointe, Mme BROSSEL, promettre un futur débat sur ce projet. Nous ne voyons rien venir. La vérité est que vous ne voulez pas de ce débat.

L'assouplissement de la carte scolaire à Paris révèle en fait les zones d'où les familles veulent partir parce qu'elles ne s'y sentent plus à l'aise. Ce débat, c'est l'aveu de l'échec de votre politique de mixité sociale à Paris. Vous le savez, et c'est pour cela que vous reportez à chaque fois la discussion.

Par omission toujours, lorsque vous parlez du sport à l'école, Monsieur le Maire, vous omettez de parler des écoles et des élèves qui ne peuvent plus accéder aux infrastructures sportives - on en a parlé hier soir avec le cas typique de Jean Bouin.

Par omission enfin, quand on ne trouve pas un mot sur les étudiants parisiens. Ce sont pourtant de jeunes Parisiens également. Pas un mot du manque de logements étudiants, pas un mot des fonds débloqués par l'Etat et Valérie PÉCRESSE pour les universités parisiennes, et surtout pas un mot du fameux milliard de M. MISSIKA, maintes fois promis et jamais arrivé.

Votre communication est donc le bilan des rendez-vous manqués, Monsieur le Maire. Je ne parlerai pas des erreurs contenues, notamment sur le bilan ouverture et fermeture des classes. Je ne reviendrai pas non plus sur le fait que votre communication ne contient qu'une demi-ligne sur le Conseil parisien de la Jeunesse dont nous avons pourtant débattu hier soir.

Alors, évidemment on retombe dans les travers habituels : politiser l'éducation.

Vous avez fait de l?éducation, Monsieur le Maire, à Paris une propriété privée alors qu?il fallait en faire une priorité publique. L'école ne doit pas être le lieu d'une prise d'otages idéologique. Vous l'avez fait...

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

Oui, Monsieur le Maire, vous l'avez fait cette année avec le S.M.A. en abandonnant les familles à leur propre sort et en refusant aux maires d?arrondissement la faculté de l?organiser.

Vous l'avez fait encore lors des réunions du C.D.E.N. face aux représentants des parents et des enseignants où les postures de vos adjoints ressemblent à de mauvais sketchs.

Vous l'avez fait en laissant vos adjoints faire de la politique au sein même des bulletins de liaison des fonctionnaires de la DASCO qui doivent pourtant rester neutre.

Vous l'avez fait enfin en cautionnant des banderoles politiques sur le fronton des écoles républicaines, laïques et neutres. Qu?aurait-on dit si on avait mis des pancartes avec "Vive SARKOZY" et "Vive DARCOS" ! Encore et toujours politiser l'école.

Monsieur le Maire, nous vous le disons, nous refusons que l?école serve de tribune au sectarisme politique de votre majorité.

Les élus U.M.P. considèrent qu'en matière d?éducation à Paris il n'y a pas de fatalité et nous en apportons la preuve. Nous avons fait le choix de proposer aux familles parisiennes une ambition commune et globale pour nos enfants, un véritable pacte républicain de l?école.

Ce pacte aura pour but unique de répondre à ces trois questions simples mais essentielles : comment redonner aux enfants le goût de l'école ? Comment rassurer leurs parents ? Comment valoriser leurs enseignants ? Voilà notre fil rouge : rendre aux Parisiens leur école. Il faut saluer d?ailleurs le travail du Rectorat et les fonctionnaires de la Ville mobilisés pour cette rentrée scolaire. Grâce à eux, nous pouvons nous réjouir qu'elle se soit passée dans de bonnes conditions.

Mais nous devons aller plus loin et nous devons voir plus loin. C'est pour cela que nous soutenons avec force la modernisation de l'éducation qui en a bien besoin. En la matière, le Gouvernement de François FILLON a pris ses responsabilités, et nous ne pouvons que saluer le travail de Xavier DARCOS et celui aujourd'hui de Luc CHATEL. Contrairement aux tartes à la crème que j?ai pu entendre dans la bouche des orateurs précédents, qui doivent certainement considérer que la Droite ne veut faire de nos enfants que des débiles et des analphabètes. Vraiment, on aura tout entendu.

Mes chers collègues, les nouveaux rythmes scolaires, l'aide aux enfants handicapés, le service minimum d?accueil, l'aide personnalisée, l'accompagnement éducatif, voilà de très bonnes mesures qui fonctionnent. Elles permettent aux enfants, à leurs familles et aux enseignants de travailler concrètement à construire un avenir éducatif serein.

Le seul exemple de l'accompagnement éducatif parle de lui-même : il est gratuit, et donc égalitaire, il est apprécié des familles et les professeurs sont mieux payés grâce aux heures supplémentaires défiscalisées. C'est du gagnant/gagnant et nous proposerons le développement de cet outil sur le plan quantitatif et surtout qualitatif. C?est comme cela que l'on redonne aux enfants le goût de l'école.

L?éducation à Paris ensuite implique que les familles se sentent bien dans leurs écoles et que les parents soient rassurés. Vous avez refusé, Monsieur le Maire, notre proposition de sécurisation des collèges pour des raisons purement idéologiques, alors qu'il est demandé par les familles. Il faut ici saluer le travail remarquable de la Préfecture de police, en matière de prévention des violences à l'école.

Vous avez également refusé nos propositions de créations de nouvelles écoles. Faut-il, par exemple, rappeler que dans le 15e arrondissement, la DASCO a reconnu à plusieurs reprises le besoin de douze nouvelles classes ? Philippe GOUJON et les élus du 15e ne cessent de le demander, vous feignez de ne pas entendre.

Vous refusez encore et toujours de faire des écoles des établissements où il fait bon apprendre. Est-il normal et tolérable que dans certaines écoles, quand il pleut, les enfants soient regroupés dans le hall d?entrée à regarder la télé plutôt que de chercher d?autres endroits à l'abri ? Non, ce n?est pas normal et les exemples malheureusement sont nombreux.

Est-il normal et tolérable, Monsieur le Maire, qu'à Paris aussi peu d?écoles soient parfaitement accessibles aux enfants handicapés ? Lorsqu'on voit la liste arrondissement par arrondissement, on ne peut vraiment qu'être affligé.

Est-il normal que certaines écoles parisiennes soient dans un état de vétusté inouïe ? Non, ce n'est pas normal, cela inquiète les parents et vous n'apportez pas de réponse.

Enfin, nous proposons aux familles parisiennes de changer leur quotidien. Cela passe, par exemple, par l'amélioration des conditions sanitaires comme la lutte contre les poux, ou sur le bien-être à l'école en cherchant à définir les facteurs de phobie scolaire et de l?absentéisme.

Nous voulons aider la communauté éducative à trouver de nouvelles solutions pour rassurer les familles.

En dernier lieu, avoir une vision pour notre éducation, c?est valoriser le travail de la communauté scolaire tout entière. Là encore, c'est silence radio à la Mairie de Paris.

On citera à titre d'exemple la réalisation d'un véritable audit transparent sur le problème des logements de fonction. Vous l'avez refusé, comme on refuse à quelqu'un de marcher sur ces plates-bandes. Pourtant, nier le problème de cette façon démontre votre désintérêt pour améliorer les conditions de travail des personnels de la communauté scolaire. Nous avions une réunion sur l?école 99 Olivier de Serre il y a quelques jours et les directrices de cette école l'ont rappelé également.

Monsieur le Maire, votre communication est une démission manifeste de la Ville de Paris vis-à-vis de la politique scolaire. Victor Hugo disait qu?ouvrir une école, c'est fermer une prison. Alors, Monsieur le Maire, une seule demande : ouvrez les écoles que nous vous demandons et fermez la prison de votre sectarisme.

Ce que nous regrettons, c?est que vous préférez rendre des services à vos amis politiques plutôt que de répondre à cette question simple et pourtant essentielle : comment rendre nos enfants heureux ?

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Bravo, dit M. LAMOUR. Je reconnais que le renouvellement à l'U.M.P. est un signe de renouveau des idées, du style. Bravo. Pour une fois que je vous approuve, Jean-François LAMOUR ! Voilà, bravo.

Merci, même en plus.

Mme Marinette BACHE a la parole.

Mme Marinette BACHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Cette communication de rentrée scolaire a la bonne idée d'associer la rentrée des tout-petits. C'est l'occasion de montrer clairement le sens, la cohérence que donne notre Municipalité au service public de l'accueil de la petite enfance jusqu'à celui de la scolarisation des élèves en maternelle, primaire et collège, en passant par la formidable organisation du secteur périscolaire, bâti ici à Paris grâce au plan ambitieux initié dès 2002 et qui n'a cessé de se développer d'année en année.

Alors que Paris décidait de pleinement s'engager dans la construction d'un grand projet éducatif pour la Capitale, l'Etat, quant à lui, amorçait son désengagement affichant sans fard sa politique de rupture avec l'idée de service public.

De réforme en réforme, de suppressions de postes en suppressions de postes tous azimuts, moins 100.000 emplois tous métiers confondus dans les établissements scolaires depuis sept ans, les gouvernements successifs ont rivalisé d'imagination mêlée aux vieilles recettes pour faire des économies budgétaires, et parfois pour satisfaire leurs orientations idéologiques dans un domaine qui pourtant conditionne l'avenir, celui des jeunes et celui du pays tout entier.

Où sont donc passé les objectifs d'égalité et de culture commune - que soulignait avec justesse et brio Mme BERTRAND - entre tous les citoyens qui fondent l'école publique, lorsqu'on doit faire face comme enseignant, comme parent, comme élu local, aux mauvais coups permanents d'une politique désengageant l'Etat de ses obligations ?

Les exemples ne manquent pas. Prenons la question de la semaine scolaire. On supprime le samedi matin, et dans le même temps on charge encore les programmes. Autrement dit, on augmente les objectifs et on diminue le temps d'enseignement comme le nombre d'enseignants.

Autre exemple, celui de la suppression appelée par euphémisme "assouplissement de la carte scolaire". Elle permet à l'Etat de se dédouaner d'une quelconque obligation de scolariser également tous les enfants. Régression, aggravation des inégalités sociales et scolaires !

Je ne reviendrai pas, troisième exemple, sur la question des jardins d?éveil opposés à notre école maternelle.

C'est une politique injuste qui menace la réussite pour tous, qui pénalise les familles les plus défavorisées, les plus modestes, qui n'ont pas les moyens de soutenir au-delà la scolarité de leurs enfants. C'est une politique qui dualise ; il y a les familles qui pourront et celles qui peineront, faute de moyens.

Ce qu'il faut dans notre pays, ce n'est pas moins d'écoles, moins d'Etat, c'est plus de puissance et d'argent publics, pas des coupes sombres à la Xavier DARCOS ou à la Luc CHATEL.

Paris, comme l'ensemble des collectivités locales et territoriales, subit gravement ce désengagement. Il faut rendre hommage à notre Municipalité qui, depuis 2001, se bat pour maintenir et développer un haut niveau de service public dans le domaine de l'éducation.

Nous avons, depuis neuf ans, parcouru beaucoup de chemin dans la lutte contre les inégalités sociales et l'échec scolaire. Il en reste évidemment encore beaucoup à parcourir et les mesures annoncées dans le cadre du projet "Facile Famille" ou encore celles en faveur des nouvelles technologies pour réduire la fracture numérique, le développement des centres de loisirs collégiens, les initiatives culturelles vont incontestablement dans le bon sens.

Au nom de mon groupe, je salue d?ailleurs rapidement la mise en place des relais "Info famille". Je salue également l'ouverture de plusieurs crèches, dont une dans le 20e. La Ville continue ainsi sa politique pour la petite enfance entamée il y a huit ans, rattrapant ainsi le retard que nous avons trouvé à notre arrivée, particulièrement dans les arrondissements populaires.

Je salue l'ouverture de deux écoles, dont une aussi dans le 20e, et je suivrai avec attention les structures d'accueil pour les collégiens en difficulté. La lutte contre l'échec scolaire reste, en effet, un objectif premier.

Vous le savez, nous sommes également, Mme TAÏEB l?a rappelé hier, attachés à ce que les jeunes élèves porteurs de handicap puissent suivre une scolarité normale.

La Ville fait ce qui est de sa compétence, mais les problèmes de personnel, comme pour les enseignants, relèvent de l'Etat. A ce sujet, on se dit que les leçons de M. MENGUY ne manquent pas - excusez l?expression - de culot quand on supprime des milliers de contrats d'accompagnants scolaires.

Au-delà de l'opération "Paris santé nutrition" que nous suivrons avec intérêt également, nous attendons beaucoup aussi de l?harmonisation de la tarification des prix des cantines de la maternelle au collège. C'est une tâche difficile pour y parvenir, en résistant à toutes sortes de groupes de pression nuisibles au bon déroulement des concertations et surtout à l'égalité et à la solidarité qui, avec le progrès social, doivent être le moteur de notre action.

Voilà ce qu'au nom du groupe M.R.C., je souhaitais dire. Ce groupe sera toujours à vos côtés dans ce bon combat qui est celui de l'école laïque, l'école publique, l'école républicaine.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen, socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je n'en doute pas et ce soutien est précieux.

M. Patrick KLUGMAN a la parole.

M. Patrick KLUGMAN. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, si je devais résumer la politique municipale en matière scolaire, je dirais simplement qu'il s'agit de ne pas faire supporter aux plus jeunes de nos usagers les conséquences d'une politique et d'une économie qu'ils n'ont pas choisies.

Pourtant, malgré les mesures ambitieuses et généreuses conduites par vos adjoints, Colombe BROSSEL, Christophe NAJDOVSKI, et mise en place par la DASCO sous l?égide de sa nouvelle directrice, nos services ne peuvent qu'atténuer sans les faire disparaître toutes les conséquences néfastes du tableau noir de la politique scolaire au plan national.

En effet, s'agissant de la rentrée, le slogan choisi par le Gouvernement semble être "par ici la sortie !" On pourrait parler d'un désengagement, mais, en fait, il s'agit plutôt d'une désertion.

Que l?on en juge : 13.500 postes supprimés alors qu'il y aura 15.310 élèves de plus l'an prochain. Notez que cela ne fait que s'ajouter ou plutôt se soustraire aux 11.120 postes déjà supprimés en 2008.

A Paris, alors que les élèves en âge d?être scolarisés dans les écoles maternelles et élémentaires nécessiteraient l'ouverture de 46 classes supplémentaires, il n'y en aura, en décomptant les fermetures, que 7.

La Droite semble, à sa manière, s'être convertie à l'égalitarisme, car la maltraitance s'est généralisée et s?étend aussi aux plus grands. Par exemple, 39 lycéens dans chaque classe de seconde au lycée Condorcet.

D?ailleurs, le Rectorat est tellement satisfait de son bilan qu'il préfère taire les chiffres précis en ce qui concerne Paris.

Si nous désapprouvons son silence, nous comprenons sa honte. Egalitarisme, avec des coupes claires qui frappent sans discernement, mais également des mesures ciblées qui visent les plus faibles.

Cette année, nous compterons donc 36 postes de moins pour les R.A.S.E.D. qui aident les élèves en difficulté, 20 postes supprimés à l?A.S.H. qui pourvoit à la scolarisation des enfants handicapés.

Le Gouvernement, qui a décidément de grandes ambitions pour Paris, a fait également en sorte que nous perdions encore 90 professeurs au titre de la réaffectation des maîtres spécialisés.

Quant à l'assouplissement de la sectorisation scolaire, Frédérique CALANDRA soumet à notre Assemblée un v?u que je vous encourage à voter.

Voilà, mes chers collègues, le triste bilan de la rentrée 2009 en France : plus d'élèves, moins de professeurs, plus de besoins, moins de classes.

Un bref regard sur l'Education nationale éclaire le débat sur le Grand Paris que nous avions hier. L'Etat, qui n?est pas capable d?assumer ses missions, nous explique qu'il serait mieux à même d'exercer nos prérogatives.

Chers collègues, lui peut rêver de profiter de nos efforts. Hélas, nous ne pouvons pas suppléer sa défaillance.

Je comprends les impératifs budgétaires qui grèvent les comptes publics, mais puisque Mme la Ministre des Finances est théoriquement membre de notre Assemblée et puisque, Monsieur MENGUY, vous voulez vous faire ici l?aboyeur du Gouvernement, je voudrais simplement que vous lui fassiez part de cette phrase d'Abraham Lincoln : "Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance".

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

(M. François DAGNAUD, adjoint, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Patrick KLUGMAN.

Je donne la parole à René DUTREY.

M. René DUTREY. - En deux minutes, j'aurais voulu aborder de nombreux sujets, je n?en aborderai qu?un seul ce matin en posant une question. C?est la communication sur la rentrée scolaire. Comment, aujourd'hui, imaginer que de nombreuses écoles, collèges, crèches ne disposent pas de diagnostic technique amiante, alors que la loi l'oblige depuis 2005 ?

Cela fait maintenant quatre ans que je suis ce sujet de l'amiante à la Ville de Paris. Cela fait quatre ans que par la voix de différents interlocuteurs, dont vous, Monsieur DAGNAUD, à une époque, en 2005, tout le monde me dit : "Il n'y a pas de problème ; circulez, il n'y a rien à voir !"

Depuis trois mois, les choses ont un peu changé, puisque j?ai découvert et on a enfin accepté de me donner cette liste de 420 bâtiments n'ayant pas fait de diagnostic technique amiante. Ces bâtiments sont principalement des écoles, des collèges, des crèches et des universités. Je suis atterré de pouvoir penser qu'une collectivité comme Paris ne respecte pas la loi en matière d'amiante depuis quatre ans.

Après, je veux bien me projeter vers l'avenir, bien que je considère m?être fait "balader", ce qui n'est pas honnête envers un conseiller de Paris, pendant quatre ans, et je trouve que la Ville de Paris ne prend absolument pas la mesure du problème et du scandale à venir de l'amiante dans les différents bâtiments dont elle est propriétaire.

Très concrètement, et on aura l?occasion d?y revenir cet après-midi, mais je souhaitais intervenir dès ce matin, je souhaite que, premièrement, on comprenne comment une collectivité riche comme Paris - ce n'est pas un problème financier -, efficace - les services sont compétents et sont précis -, puisse se retrouver dans une situation, en 2009, où elle n'a pas fait ses diagnostics amiante.

J'aimerais comprendre le rôle à la Préfecture de Paris de la cellule amiante qui est censée vérifier l?obtention des D.T.A. pour les bâtiments publics et qui, apparemment, est en légère carence sur sa vérification.

J'aimerais comprendre comment des entreprises qui, légalement, doivent disposer de diagnostics techniques amiante pour intervenir dans une école ou dans un bâtiment, sont intervenues sans avoir de diagnostic technique amiante, exposant leurs ouvriers à des problèmes de santé.

L'amiante non friable - nous parlons d?amiante non friable aujourd?hui - pose problème si vous y touchez ou si elle se dégrade. Vu que les bâtiments atteignent maintenant un certain âge, que l?amiante a été interdite depuis 1997, cette amiante commence à se dégrader. Si des entreprises sont allées intervenir, et c?est évident que sur 420 bâtiments, il y a eu de nombreux travaux d?entretien réalisés depuis quatre ans, des entreprises sont donc allées sans D.T.A. exposer leurs salariés, la Ville fermant les yeux et la cellule amiante de la Préfecture regardant ailleurs.

Je ne comprends pas comment il a pu y avoir autant de dysfonctionnements.

Pour me tourner vers l?avenir et pour finir mon intervention, j'aimerais, premièrement, comprendre ce qui s'est passé et, deuxièmement, que, sérieusement, une étude épidémiologique soit lancée à la Ville de Paris pour que, demain, nous soyons parfaitement au clair par rapport aux éventuelles victimes de l'amiante en son sein.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Monsieur DUTREY.

Je suis un peu embarrassé, parce que ce n'est pas la première fois que vous me mettez en cause assez directement et la place où je suis ce matin me donne la possibilité de vous répondre en deux secondes.

Sur le sujet que vous avez tenu à évoquer dans le cadre de cette communication, Colombe BROSSEL et Maïté ERRECART vous répondront largement. Je voulais néanmoins vous faire deux remarques.

D?abord, c?est peu élégant, pour ne pas dire un peu facile, de passer son temps à mettre en cause les autres et c?est toujours plus facile de commenter le travail des autres que d?agir par soi-même.

Deuxième élément, vous faites référence à une réponse qu?en tant qu'adjoint chargé des ressources humaines, je vous ai effectivement faite en 2005. Je vous confirme que la réponse qui vous a été donnée en 2005 était parfaitement exacte et je vous demande d?arrêter de laisser entendre qu'on vous aurait "baladé"'. Les éléments qui étaient à notre disposition en 2005 vous ont été communiqués.

Accessoirement, permettez-moi de m'étonner à mon tour que l'élu extrêmement vigilant que vous êtes s?est manifestement désintéressé du sujet de 2005 à 2008 !

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, si certains d'entre nous étaient tentés de croire que le clivage droite/gauche était dépassé, eh bien, un bon débat sur l?école, visiblement, cela remet les pendules à l?heure !

Tout à l'heure, dans son intervention, Emmanuelle BECKER rappelait la casse méthodique de l'Education nationale orchestrée par le Gouvernement et je souhaiterais, à Paris, montrer comment l?offensive libérale, les atteintes à la laïcité, la remise en cause des missions émancipatrices de l'école républicaine ont des traductions hélas bien concrètes.

Que la Droite, une fois n'est pas coutume, soit ravie ! Nous n'avons pas peur d'aborder le débat sur la carte scolaire et je commencerai par là.

La carte scolaire, c'est l'un des exemples les plus évidents de cette guerre de harcèlement menée contre le service public de l?Education nationale par le Gouvernement. La suppression de la carte scolaire, l'acceptation par le Rectorat de toutes les dérogations aggravent les inégalités sociales et scolaires entre les établissements.

Pour certains d'entre eux, les conséquences sont catastrophiques et vont jusqu'à la ghettoïsation. Cela n'a pas l'air de déranger le Rectorat. Au contraire, il en profite et, à la vue des baisses des effectifs, il en profite pour diminuer la dotation horaire globale, voire supprimer des classes. L'image même de ces collèges à qui l'on diminue les moyens se détériore d'autant et l'exode scolaire en est encouragée. C?est un cercle particulièrement vicieux !

En poussant cette logique, c'est la fermeture de certains collèges qui est probable. Probable ou programmée, sachez que l'on se le demande !

A cet endroit, je tiens à saluer la belle mobilisation victorieuse des enseignants, des parents d'élèves et des élus du 20e arrondissement, contre la suppression d'une classe de 6e dans le collège Robert Doisneau. Le rapport de force, c'est bien souvent le langage le plus efficace pour se faire entendre.

Mais, pendant ce temps, les établissements qui, entre guillemets, "profitent" d'une augmentation des dérogations souffrent des sureffectifs.

Cette politique est en vérité aussi absurde que dangereuse, démagogique vis-à-vis des familles et contraire à l'intérêt général. Elle privilégie les intérêts particuliers de ceux qui ont les moyens de leur stratégie d?évitement scolaire. Elle va à l'encontre de la mixité sociale. Elle encourage la mise en concurrence des établissements et le Gouvernement s'en sert pour justifier de nouvelles suppressions de poste dans le cadre du plus terrible des plans sociaux de ces dernières années.

Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? La Droite prépare déjà l'étape suivante et, en l'espèce, la loi cadre qui sera bientôt votée à l'Assemblée nationale est inacceptable. Cette loi instaurera, si elle est adoptée, une obligation pour les communes de financer les écoles privées qui accueillent des enfants qui résident sur leur territoire, par le biais d'un chèque éducation. C'est donc le droit pour les familles d'imposer un financement public de leur choix de scolarisation dans le privé. Le chèque éducation, utilisable hors commune de résidence, privilégie les intérêts particuliers contre l'intérêt général. Cette loi constitue une grave atteinte à la laïcité et le risque de fermeture d?écoles publiques en zone rurale est réel. Elle nous ramène, mes chers collègues, à 1910, quand Jaurès, dans un célèbre discours, avait dû batailler contre le parti clérical qui voulait instituer la répartition proportionnelle scolaire, c'est-à-dire le financement public des scolarisations dans le privé.

Alors, quant nationalement 13.500 postes - cela a été rappelé - ont été supprimés en 2009, 40.000 sur les trois dernières années, 15.000 à 17.000 prévus en 2010, à Paris, on en voit les conséquences.

Sur Paris, nous sommes face à une suppression de 72 postes R.A.S.E.D. et 26 postes de brigade de remplacement ont été supprimés dans le premier degré. Le Gouvernement instaure un plan d?urgence contre la grippe A d?un côté, mais va se retrouver dans l'incapacité de remplacer les enseignants malades. Tout cela marche sur la tête !

Plusieurs conseillers de Paris sont d?ailleurs intervenus aussi hier sur les suppressions des postes d'A.V.S. Nous sommes de plus en plus interpellés dans nos permanences par des familles qui, faute d'A.V.S., ne peuvent plus scolariser leurs enfants en situation de handicap. Cette rupture de l'égalité républicaine est intolérable !

Autre exemple des conséquences des suppressions de poste : le lycée Colbert. En juin, on ferme une 2nde ; en septembre, on la rouvre mais sans les postes. Elle sera donc assurée en totalité par des titulaires zone de remplacement, le plus souvent affectés sur plusieurs établissements !

Ces suppressions de poste s?accompagnent par ailleurs d?une baisse du choix des options, mais le Gouvernement privilégie une vision minimaliste et utilitariste des savoirs, comme il nous l?a démontré, à travers le projet de réforme des lycées.

Attention, celui-ci n'a pas été abandonné mais seulement retardé. Il sera donc à nouveau présenté cette année, avec son cortège de mesures libérales, dans l?esprit de la loi L.R.U. pour l?université : autonomie et mise en concurrence des établissements, savoir au rabais.

Pour nous, rappelons-le, les savoirs construisent et émancipent les individus. Quoi qu'il en soit, visiblement, il coûte cher de le revendiquer un peu trop fort.

Tristan SADEGHI, par exemple, jeune lycéen du 20e arrondissement, a vu son proviseur dans le lycée Ravel refuser sa réinscription en Terminale parce qu'il ne voulait pas s'engager par écrit à ne plus participer à des actions de blocage. Il aura fallu une forte mobilisation, malgré la période estivale, pour obtenir sa réinscription sans conditions.

Rappelez-vous, la mission de l'école, c'est aussi la formation du citoyen, mais cela, visiblement, cela fait partie encore d'un désaccord de plus !

L'enseignement professionnel est également aujourd'hui très malmené. Le Gouvernement s'obstine à valoriser l'apprentissage, sans se soucier une seule seconde du nombre croissant de jeunes, souvent issus des milieux les plus populaires, qui ne trouvent pas d'employeur. Dans le même temps, de nombreux jeunes en cette rentrée n'ont pas obtenu l'affectation dans la spécialité du Bac Pro de leur choix. Le nouveau cursus du Bac Pro en trois ans pose par ailleurs de nombreux problèmes, dont le non-accès au diplôme du BEP n?est pas le moindre.

En vérité, c'est l'entrée dans le monde du travail de toute une génération qu?on fragilise.

Point d?orgue de cette casse méthodique de l?Education nationale : l?orientation scolaire. Il s?agit pour le Gouvernement de l?externaliser avec la fusion des missions locales, des points Information Jeunesse, des C.I.O., des C.I.D.J., des O.N.I.S.E.P., en vérité, il s?agit de privilégier uniquement l'insertion en abandonnant toute ambition de contribuer à la réussite de tous et de lutter contre les échecs scolaires.

Le développement de l?adolescent, ses centres d?intérêt, son rapport au savoir, son estime de soi, souvent brisée en cas d'échec, tout cela n?est plus vraiment le problème. La seule chose qui compte, c'est son employabilité future.

Juste pour finir, face aux marchandisations qui se développent sur l?orientation, face à toute cette casse du service public de l?Education nationale, comprenons qu'il ne s'agit ni plus ni moins d'une attaque contre le droit à l'émancipation des jeunes Parisiennes et des jeunes Parisiens.

Je vous en remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme DATI.

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Juste un petit mot avant de commencer mon intervention.

M. le Maire félicitait l'opposition pour son renouvellement, son ouverture. Je voulais le remercier.

A entendre les interventions de la majorité, le sectarisme, le côté un peu réac et conservateur n?est pas de notre côté, il est bien de votre côté. On entend toujours les mêmes rengaines depuis 20 ans et on a vu le résultat sur les jeunes aujourd'hui. Je tenais quand même à le dire.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Aujourd'hui, plus de 300.000 jeunes Parisiens ont fait leur rentrée les 2 et 3 septembre. Si la rentrée s'était si mal passée que cela, je pense qu?on en aurait entendu parler, y compris dans cette Assemblée.

J'ai lu attentivement la communication et je m'étonne de certains constats, puisque près de 1.200 enfants en plus dans 661 écoles publiques, maternelles et élémentaires, cela ne fait pas 46 classes en plus ; cela fait à peine 2 enfants de plus par école. Alors, arrêtez de manipuler et les chiffres et les parents !

Voilà la réalité.

Ce que nous retenons de cette rentrée, ce sont les efforts consentis pour l'égalité des chances. Je ne crois pas que ce soit la majorité municipale qui ait beaucoup fait en ce sens. On voit comment, nous, dans l'opposition, on se bat pour favoriser et mettre en ?uvre tous les dispositifs d'égalité des chances souhaités et préconisés par le Gouvernement.

Il y a un domaine où la Ville peut faire plus, c'est notamment aider au développement d'internats. Je suis désolée, ce sont des sujets sur lesquels on travaille depuis des années. Je ne comprends pas pourquoi Paris ne contribue pas à la création de ces internats d'excellence. Rien n'est fait pour les enfants les plus méritants et qui ont besoin d'être soutenus, notamment par la Ville. Je n'ai rien entendu.

Quand on demande : "quelles sont les actions faites par la Mairie pour la jeunesse ?", on me répond : "le chèque Paris Vacances". Quelle ambition ! C'est génial pour les enfants ! Notamment pour les jeunes filles et les élèves boursiers, on n'a pas vu grand-chose en ce sens.

J'entends en face que l'on critique l'assouplissement de la carte scolaire. Mais je crois que, la carte scolaire, on a vu les résultats, d?avoir un cumul de difficultés, c'est-à-dire que l'on retrouve les mêmes difficultés d'un quartier dans la même école. Je ne crois pas que cela aide à l'égalité des chances et à l'ascenseur social. Nous, on est contre la reproduction sociale, on est pour la promotion sociale. On a vu que, pendant des années, cela a été bloqué.

Je comprends que vous ayez uniquement envie de vous reproduire, on le comprend, puisque vous avez des difficultés aujourd'hui à vous pérenniser un peu.

On est contre l'égalitarisme, on est contre le nivellement parce que tout cela a conduit au repli de toute une génération, voire abouti au communautarisme. Nous sommes contre cela.

Nous vous faisons deux propositions. Développons les internats, on vous attend sur ce sujet et on verra au bout de la mandature. On vous attend sur ce sujet. Mon collègue François LEBEL a un projet dans le 8e à proximité du lycée Chaptal. Je vous demande de le soutenir. L'enseignement privé sous contrat a également un projet dans le 7e arrondissement que vous ne souhaitez pas soutenir.

J'appelle de mes v?ux à ce que nous soutenions les enfants les plus en difficulté pour qu?ils puissent bénéficier des mêmes conditions de scolarité que les autres élèves qui sont un peu plus favorisés.

Soutenons ces projets, aidons-les. Il y a des financements Etat, notamment dans le cadre de la politique de la ville. Nous demandons simplement que vous puissiez les appuyer.

Nous souhaitons également favoriser les rencontres entre les jeunes et le monde de l?entreprise. Ce n?est pas un gros mot que de pouvoir le dire. Il faut valoriser les filières qui à la fois sont pourvoyeuses d'emploi et constituent une réponse à l'échec scolaire. Nous connaissons trop de jeunes qui se retrouvent en situation d'échec scolaire parce qu?ils n?ont pas osé suivre la voie dans laquelle ils pouvaient exceller ou, parfois, parce que découragés par certains qui ne souhaitent pas que certains bénéficient d'une certaine promotion sociale.

D?ailleurs, la proposition du Président de la République va tout à fait dans ce sens en disant que les entreprises pourraient financer les études de certains enfants.

Dans le 7e arrondissement, nous avons pu, malgré certaines résistances de la Mairie centrale, grâce à un grand groupe français, offrir des plages d'activité sportive à l'ensemble des scolaires du 7e arrondissement. Moi, j'ai la conviction qu'il faut développer les initiatives avec les entreprises dans d'autres arrondissements, à l'échelle de tout Paris.

Les actions en faveur de la formation professionnelle offriront des perspectives à ceux qui quittent le système scolaire sans diplôme et sans qualification.

Paris peut être à la pointe et montrer la voie. J'attends des actions de votre part et surtout que vous nous souteniez sur ce genre de sujet. On a tous intérêt à montrer la voie.

Par ailleurs, le Président de la République vous donne aujourd'hui la possibilité et la facilité de mettre en ?uvre un programme ambitieux pour la jeunesse par les propositions qu'il a faites hier, parce que nous considérons que la jeunesse, toute la jeunesse sans distinction d'origine, ni de catégorie sociale, c'est une véritable chance pour Paris et non pas un problème. La Municipalité a traité la jeunesse parisienne pendant trop longtemps comme étant un problème. Cela n'est pas notre perception de la jeunesse aujourd'hui.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Madame.

Nous terminons avec Mme Laurence GOLDGRAB à qui il reste 5 minutes de temps de parole.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, Mme Rachida DATI qui se veut l?apôtre de la nouveauté est curieusement muette sur l'éducation artistique en direction des jeunes et il est vrai que cela n'est pas une priorité du Gouvernement, c'est le moins que l'on puisse dire.

Quant à moi je souhaite m?attarder un instant...

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - Facile quand on n'a rien fait !

Mme Laurence GOLDGRAB. - ? un instant sur la communication du Maire en ce domaine. Comme il l?a rappelé, la Ville a fait de l'éducation artistique l'une des priorités de cette mandature. De quoi s'agit-il ? Le rôle de l'éducation artistique et culturelle dans la formation des jeunes n'est pas contestable. L'éducation artistique va de pair avec l'apprentissage de l'esprit critique.

Au-delà des effets bénéfiques personnels que peut en retirer l'enfant du point de vue de son identité, l'éducation artistique réduit les inégalités entre les enfants favorisés et défavorisés et permet l'ouverture de chacun sur les autres cultures, ce qui est indispensable pour mieux vivre ensemble.

Au nom du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, je voudrais encore souligner la nécessité qu'au sein de l'école mais également en dehors de l'école, les enfants et les jeunes puissent échapper au matraquage publicitaire, à la standardisation des formes, à la banalisation des contenus qui sont la conséquence d'un excès de marketing, des industries de programme dominées par les majors du disque, du cinéma et de la télévision. Evidemment, je ne parle pas des producteurs indépendants.

Je vais y aller de ma citation puisque chacun ce matin a cité quelqu?un. Je vais citer Manuel VALLON, professeur de sociologie politique à Nanterre, qui observait que ces industries de programme ont pour cible privilégiée la jeunesse et qu?elles fonctionnent sur la rareté, la répétition de quelques ?uvres et non sur la profusion. C'est pourquoi les efforts du Gouvernement pour que ces industries conservent leur position dominante sur ce modèle économique désuet sont voués à l'échec.

A l'heure d'Internet et alors que tout indique que nous nous dirigeons vers une société de partage, faut-il s'en plaindre ? Nous devons éduquer les enfants à la diversité des cultures afin qu'ils résistent à l'uniformisation et au formatage induits par le modèle économique précité et développent leur liberté de pensée.

C'est pourquoi la Ville de Paris a engagé une multitude d'actions dans le domaine de l'Education artistique.

Dans le temps qui m'est imparti, je n'ai évidemment pas le temps d'être exhaustive et je ne vais pas m'attarder sur le contenu des projets, mais je vais citer quelques chiffres et quelques nouveautés.

Je voudrais d?abord rappeler que 92.000 scolaires participent chaque année dans les musées municipaux à des visites et des ateliers où une programmation spécifique leur est proposée.

81.600 élèves, près de 4.000 places, sont régulièrement accueillis avec leurs professeurs dans 42 sections Jeunesse des 59 bibliothèques municipales. 2.500 à 3.000 élèves, soit pas moins de 25 classes dans 24 établissements scolaires de Paris, bénéficient chaque année des partenariats avec des institutions culturelles de la Ville (théâtre, danse ou cirque). 7.592 élèves profitent chaque année d'un partenariat avec un artiste ou une institution dans le cadre du dispositif classe APAC qui veut dire "A Projet Artistique et Culturel", 200 écoles et 40 collèges de quartiers "politique de la ville" participent tous les ans à des projets artistiques et culturels que la Ville finance dans le cadre du dispositif de la réussite éducative.

Le Maire a évidemment rappelé l'effort important de la Ville dans le domaine de l'enseignement de la musique et des arts plastiques dont bénéficient 75.000 élèves, le nombre croissant des "Ateliers bleus" (844 à l'heure actuelle) et le réseau très dense des 17 conservatoires municipaux. Je vais insister également sur les nouveaux équipements qui, suite au rééquilibrage culturel opéré dans le Nord-Est parisien, pratiquent aussi l'éducation artistique et je pense notamment au 104, aux Trois Baudets et à la Maison des métallos qui développent des collaborations avec le milieu scolaire.

Un mot également sur l'éducation à l'image. 55.000 élèves ont la possibilité de voir des films contemporains ou de patrimoine dans les salles, en lien avec l'Association des cinémas indépendants, partenaire des opérations "Mon premier cinéma", "Ecole et cinéma" et "Collège au cinéma". Je vous signale à ce titre que deux délibérations seront soumises au vote en 9e Commission tout à l'heure.

Par ailleurs, la première édition du Festival du film scolaire et périscolaire qui a eu lieu sur l?année 2008/2009 a connu un grand succès. Il est donc prévu de renouveler l'opération cette année.

Ce festival qui, je le souligne, est original et novateur, s'adresse à tous les élèves, pas seulement aux filières des cinémas.

En proposant des outils interactifs et des espaces dédiés à l'éducation à l'image, le Forum des images, la Maison du geste et de l'image, la cinémathèque Robert-Lynen et l'Ecole du regard sont également des partenaires privilégiés.

Un mot encore, et je termine par-là mais je pense que le Maire y reviendra très prochainement, parmi les nouveautés de cette rentrée, les enfants de 120 centres de loisirs répartis sur tout le territoire vont travailler dans 10 musées de la Ville. Les travaux des enfants autour d'une ?uvre d'un artiste, d'un lieu ou d'une technique feront l'objet non seulement d'une présentation dans le musée choisi, mais également, pour les meilleurs d'entre eux, d'une véritable exposition au Petit Palais.

Permettez-moi quand même de saluer l'action à ce titre de Colombe BROSSEL, Christophe GIRARD bien évidemment, mais également Gisèle STIEVENARD et Danièle POURTAUD.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Voilà, la transition est toute trouvée, la parole est à Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire, merci mes chers collègues, merci pour vos interventions, merci à l'ensemble des intervenants des groupes de la majorité pour leur soutien à la politique municipale. Merci, Madame Geneviève BERTRAND, pour vos commentaires et vos questionnements qui nous poussent à être toujours meilleurs.

Je voudrais peut-être rappeler un préambule qui a manifestement échappé à nos collègues de l'U.M.P. Parlons d'éducation, parlons pédagogie et apprenons encore tous ensemble ce matin.

La Ville de Paris n'est pas le Ministère de l'Education nationale. Non, la Ville a une compétence obligatoire qui est l'entretien des bâtiments accueillant les enfants, que ce soit dans le premier ou le second degré, et une compétence qui n'est pas obligatoire et qu'elle a développée, à savoir le champ du péri et de l'extra scolaire dont un certain nombre d'entre vous ont parlé.

Sur le reste des sujets, je suis absolument désolée de devoir vous rappeler à cette heure de la matinée une évidence, c'est le Ministère de l'Education nationale, c'est donc l'Etat, qui a un certain nombre de responsabilités dans le cadre de l'Education nationale.

Reprochez nous des choses mais reprochez nous ce que nous faisons ou ce que nous ne faisons pas dans le champ de compétence qui est le nôtre.

La rentrée s'est passée dans un contexte particulier, qui est un contexte de crise économique et sociale. A l'évidence, les habitants de Paris, les habitants d'un certain nombre de nos quartiers souffrent, souffrent déjà et vont continuer à souffrir des effets de la crise. Cette communication, nous l'avons souhaitée, nous l'avons voulue aussi comme illustrant la réponse, les réponses dans leur diversité qu'apporte la Ville de Paris à la crise, parce qu'il est hors de question qu'un seul des enfants de Paris soit privé de l'accès aux loisirs, de l'accès à la culture, de l'accès aux nouvelles technologies, parce que ses parents seraient soumis à une pression économique et sociale qui ferait renoncer sa famille à un certain nombre de projets en la matière.

Oui, la Ville s'engage dans ce contexte de crise économique et sociale pour que les petits Parisiens puissent continuer à rêver, à devenir des citoyens éclairés.

Ce contexte d'effort particulier, intense de la Ville intervient dans un contexte qui est une évidence, un certain nombre de mes collègues l'ont rappelé, oui l'entreprise de démantèlement et de casse de l'Education nationale et de l'école publique est menée tambour battant par le Gouvernement depuis un certain nombre d'années et elle continue : 13.500 postes en moins cette année ! Mon collègue Patrick KLUGMAN le rappelait, des classes surchargées, oui il y a des classes en CP à 30 élèves dans notre ville. Oui, les classes de collèges sont à 32, 33, voire 35 gamins dans un certain nombre de collèges. Oui on est 39 au lycée Condorcet. Vous pouvez refuser cette réalité, mais cette réalité est celle que vivent nos enfants, les enfants de Paris et qui ne leur permet pas des conditions d'éducation satisfaisante. Oui, nous en avons parlé hier, les enfants porteurs de handicap ne sont aujourd'hui pas accueillis décemment à l'école et pas parce que la Ville refuse de les accueillir, parce que les postes d'A.V.S. et d'E.V.S ne sont pas là, et c'est vous, le groupe U.M.P., qui avez refusé de vous associer à un v?u sur ce sujet avant l'été. Vous n'êtes même pas capables d'assumer la politique que mène le Gouvernement.

Aujourd'hui, nous recevons tous les jours des mails de parents qui menacent de déscolariser leurs enfants, parce que leurs enfants ne peuvent pas suivre des études. C'est le Gouvernement qui doit assumer ceci, c'est Luc CHATEL qui doit assumer aujourd'hui que des parents d'élèves menacent de déscolariser leurs enfants. C'est votre responsabilité.

Oui, aujourd'hui, la réalité? Et là aussi il faut savoir travailler ses dossiers, on ne peut pas faire des effets de manche, la réalité aujourd'hui, ce sont 327 enfants de moins de 3 ans accueillis dans les écoles parisiennes !

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Monsieur LAMOUR, la réalité, c'est qu'aujourd'hui, à Paris, il y a 327 enfants de moins de 3 ans accueillis dans les écoles, ils étaient 438 l'année dernière. "Que faites-vous ?", dit M. François LEBEL. Je vous redonne un cours primaire d'Education nationale, c'est la responsabilité du Ministère de l'éducation que d'accueillir les enfants de moins de 3 ans à l'école. Telle est la réalité aujourd'hui : 327 enfants de moins de 3 ans accueillis dans les écoles à Paris.

La réalité est effectivement que la réforme des lycées professionnels a laissé sur le carreau, et là non plus ce n'est pas de la compétence de la Ville de Paris, des dizaines, des centaines de jeunes qui demandaient à pouvoir accéder à la filière professionnelle en plomberie et qui se retrouvent aujourd'hui affectés dans un lycée en secrétariat comptabilité. Vous me laisserez penser qu'en termes d'orientation professionnelle et de responsabilité de l'Education nationale, il y a un tout petit dysfonctionnement.

C'est aujourd'hui la réalité.

Tout comme la politique de destruction de la carte scolaire a affaibli les collèges d'un certain nombre de nos quartiers. Je l'ai dit, je le redirai et je continuerai à mener ce combat, parce que l'acceptation d'un nombre absolument scandaleux de dérogations a mis un certain nombre de nos collèges en difficulté, et aujourd'hui, ce sont nos enfants qui le paient et personne d'autre.

Au-delà de ce contexte, et je remercie les intervenants qui l'ont fait, la Ville travaille, fournit un effort intense et nous avons choisi, au-delà de ce que nous avons initié comme action depuis un certain nombre d'années, de mettre l'accent, cette année, dans les réalisations sur deux des engagements du Maire de Paris au cours de sa campagne en 2008, qui sont l'accès à la culture, aux pratiques artistiques et culturelles, et merci à Laurence GOLDGRAB d'avoir rappelé l'exhaustivité de ce qui a été fait.

De même que nous avons souhaité mettre l'accent sur la question des adolescents, parce qu'il nous semblait que c'était une question primordiale. La question de l'augmentation des violences dans les établissements interpelle l'ensemble des communautés éducatives, mais la Ville aussi, et c'est pour cela que nous avons multiplié un certain nombre de dispositifs en la matière.

Pour répondre à René DUTREY, même si je sais que Maïté ERRECART fournira une réponse bien plus exhaustive et fournie, sur la question des D.T.A. amiante, cette obligation qui s'applique aux écoles construites avant 1997 a été remplie par la Ville puisque lors de la dernière campagne de D.T.A., 663 diagnostics ont été faits avec une date d'arrêt en janvier 2009, 90 écoles dans lesquelles il y avait de l'amiante ont été désamiantées pour un coût de 2,2 millions d'euros. Pour les collèges, et je parlerai uniquement des collèges autonomes, pour lesquels la responsabilité de réaliser les D.T.A. relève exclusivement du Département de Paris, cela a été fait pour 75 d'entre eux, 5 sont programmés, 1 seul avait des travaux à effectuer. Les travaux sont programmés mais je laisserai Maïté ERRECART vous répondre.

Je souhaite répondre à quelques-unes des interrogations posées.

Monsieur MENGUY, le fait d'être un jeune élu n'exonère pas du fait de devoir assumer le passé, et je pense vous avoir démontré que vous aviez un peu de mal à assumer les contradictions du Gouvernement que vous soutenez.

Vous avez été élu en 2008, vous ne souhaitez pas assumer le passé, mais je vais vous rappeler quel a été le passé dans cette ville, parce que moi j'ai fait une campagne électorale en 2001, moi j'habite le 19e, et ce depuis avant 2001, et je peux vous raconter ce qu'était réellement la vie dans les écoles du Nord-Est parisien, dans ces arrondissements qui avaient mal voté et dont il fallait punir les habitants.

J'ai vu des écoles avec des fenêtres cassées et pas remplacées pendant des années. Cela ne vous plaît pas qu'on vous le rappelle, or c'était cela la réalité de l'entretien du patrimoine scolaire. C'était la réalité dans le 18e, dans le 19e, dans le 20e. C'étaient des gamins qui étaient à l'intérieur. Vous ne souhaitez pas assumer ce passé, je l'assume. S'il y a bien une chose dont je suis fière, c'est que la politique menée par Bertrand DELANOË depuis 2001 est une politique au service des enfants et des familles, et pas d'intérêts politiciens et on n'a jamais demandé la carte d'électeur des enfants dont on assure la protection et à qui on permet d'étudier.

Vous nous reprochez des choses fantastiques et vous avez du mal à assumer vos propres contradictions. Eh oui, vous avez demandé d'installer des portiques dans les collèges, eh oui nous l'avons refusé.

C'est aujourd'hui M. CHATEL, nouveau Ministre de l'Education nationale, qui reconnaît l'inutilité de cette proposition.

Je suis très satisfaite que la majorité municipale ait en son temps rejeté cette proposition et pour le coup, j'ai un point d'accord avec M. CHATEL contre vous, Monsieur MENGUY, j'en suis absolument désolée.

De la même façon, vous nous reprochez de laisser des banderoles au fronton des écoles, oui nous l'assumons, oui l'école publique est un lieu de débat citoyen et doit le rester. Elle doit permettre d'associer l'ensemble de la communauté éducative. Oui, avant 2001 là aussi, parce que, pardon d'avoir un peu plus d'ancienneté que vous, monsieur MENGUY, le simple citoyen n'avait pas le droit de rentrer à l'Hôtel de ville. Depuis 2001, cette maison est devenue la maison de tous les Parisiens !

Eh ! Bien, c?est la même chose dans les écoles : le débat politique et citoyen s?y invite, et nous avons bien raison !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Jérôme DUBUS. - Mensonges !

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - J?invite les élus du groupe U.M.P. à respecter la parole de l'Exécutif.

Vous avez tenu des propos extrêmement virulents.

Madame ONGHENA, les vociférations ne sont pas une façon de s?exprimer dans cette enceinte.

Vous avez tenu, les uns et les autres, sans peut-être vous en rendre compte, des propos d'une virulence, pour ne pas dire d'une violence, extrêmement importante. Acceptez qu'il vous soit répondu avec la passion, la conviction qui caractérise Colombe BROSSEL.

M. Jean-François LAMOUR. - C'est une présidence partiale ! Ce n'est pas la première fois, Monsieur DAGNAUD !

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Calmez-vous. Je n?interromps personne ! C?est vous qui interrompez Mme BROSSEL, Monsieur LAMOUR ! Vous plaisantez ? Je demande aux élus de l'U.M.P. d'accepter la démocratie, en l'occurrence de laisser Mme BROSSEL répondre.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, rapporteure. - Je terminerai par un seul mot? Je terminerai par un seul mot?

M. Jean-François LAMOUR. - Je demande la parole, Monsieur le Maire !

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Vous n'avez pas la parole. Je vous la donnerai après.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, rapporteure. - Je termine d'une phrase mon intervention : Mme DATI, qui s'en va, est contre l'égalitarisme. Moi, j'assume, Madame DATI, d'être pour une seule chose, c'est la devise qui est inscrite au fronton de nos écoles et qui s'appelle : liberté, égalité fraternité. Il n?est pas totalement anecdotique, de mon point de vue, que cette devise ait été inscrite au fronton des écoles et qu'une campagne de réinscription de ces devises ait été initiée par une majorité de gauche.

Alors, oui, c?est cette devise qui nous guide en permanence dans ce que nous faisons à l'école. Je crois que c'est tout à notre honneur.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

(Le groupe U.M.P.P.A. quitte l?hémicycle).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Maintenant que vous avez terminé votre intervention, je me retourne vers le président LAMOUR qui a demandé la parole : président LAMOUR, vous avez la parole.

(Rires : le président LAMOUR a quitté l?hémicycle).

Je connais la courtoisie du président LAMOUR : il ne peut pas demander à intervenir au milieu de l'intervention de Mme BROSSEL.

Mme BROSSEL ayant terminé son intervention, je constate que le président LAMOUR ne souhaite plus prendre la parole, et nous passons à la suite.

M. Christophe NAJDOVSKI a la parole.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Je réponds aux orateurs qui se sont exprimés sur l'accueil de la petite enfance à commencer par Mme BERTRAND, qui a évoqué les difficultés que connaissent encore aujourd'hui les parents pour l'accueil de leur enfant, pour lui dire que l'effort qui a été fait par la Ville de Paris depuis 2001 est extrêmement conséquent et vous le savez. En effet, nous avons créé 5.800 places d'accueil de la petite enfance dans la mandature précédente et nous réaliserons 4.500 places d?accueil nouvelles dans cette mandature, ce qui portera à plus de 10.000 places nouvelles d'accueil l'effort réalisé par la collectivité parisienne sur ces deux mandatures. C'est extrêmement important.

Aujourd'hui, nous avons 30.000 enfants accueillis en structure collective à Paris, plus 16.000 enfants accueillis au domicile des parents. Nous avons donc une offre d'accueil en matière collective de loin supérieure à la moyenne nationale, mais vous avez raison d'insister sur le fait que cet effort doit être poursuivi : c'est ce que nous faisons.

Je mettrai cet effort en regard du droit à la garde opposable qui avait été annoncé par le Président de la République lorsqu'il a été élu en 2007, et qui a été abandonné en cours de route. Le Gouvernement et le Président de la République ne parlent plus du droit de garde opposable. Il faut dire que les prévisions qui avaient été faites par la C.A.F. montraient que pour répondre à ce droit de garde opposable, il fallait créer au bas mot 400.000 places d'accueil de la petite enfance. Or, le Gouvernement s'est engagé à la réalisation de 200.000 places d'accueil, dont 100.000 en collectif. On voit que l'on est très loin de cet objectif.

Par ailleurs, je vous dirai également, Madame BERTRAND, que l'effort de la Ville de Paris est aussi tributaire des efforts de l'Etat puisque nous sommes liés à la C.A.F. Force est de constater là aussi qu'il y a eu ces dernières années un désengagement de l'Etat à travers la dégressivité de la prestation de service enfance jeunesse versée à certains établissements. La Ville doit pallier ce désengagement.

Nous développons l'offre d'accueil collectif avec la formation au métier d'auxiliaire parental que nous allons développer avec mon collègue Christian SAUTTER, qui permet aussi le retour à l'emploi de personnes en parcours d'insertion. Nous professionnalisons également les assistantes maternelles avec le développement de relais assistante maternelle et enfin, j'évoquerai également le fait que la Ville de Paris, depuis 2004, a mis en place l?allocation "PAPADO" - Paris accueil à domicile - qui vient compléter la prestation d'accueil du jeune enfant et qui est un dispositif gouvernemental.

Vous avez également posé la question, Madame BERTRAND, de la suite que nous souhaitions donner aux préconisations du rapport qui a été remis en juillet dernier par la Mission d'information et d?évaluation sur la petite enfance.

Bien entendu, nous mettrons en ?uvre ces préconisations. Elles concernent notamment les commissions d'attribution des arrondissements. Par exemple, dans le 6e arrondissement, il avait été relevé le fait que ces commissions ne se réunissaient pas assez souvent et qu'il n'y avait pas de liste d'attente. J'entends bien rappeler aux 20 adjoints d'arrondissement et aux maires, je vais donc réunir les 20 adjoints d'ici le mois prochain, que nous devons faire aussi un effort collectif en matière de mise en ?uvre de ces préconisations.

Par ailleurs, je réunirai également d'ici la fin de l'année le Comité de suivi des places d'accueil, qui regroupe l'ensemble des groupes politiques du Conseil ; nous ferons ainsi le bilan de la création des places d'accueil sur les années 2008 et 2009 en toute transparence.

Nous généraliserons également les relais information famille d'ici la fin de la mandature, les conseils de parents. Tout cela fait partie de la mise en ?uvre des préconisations de la mission.

M. BOUTAULT a évoqué la question de l'objectif des 4.500 places, et je lui dis que cet objectif sera bien atteint. Nous livrerons ainsi 987 places en 2010, et la priorité sera donnée aux arrondissements qui ont le taux de service le plus bas, c'est-àdire ceux qui en ont le plus besoin.

Vous avez également évoqué, Monsieur BOUTAULT, la question de l'alimentation biologique. Aujourd'hui, en 2010, 20 % des aliments qui seront fournis dans les crèches seront d'origine bio, et ce pourcentage atteindra 30 % en 2014, conformément aux engagements pris par la Municipalité.

(Le groupe U.M.P.P.A. réintègre l?hémicycle).

Mmes BECKER et BACHE ont parlé des jardins d'éveil, et du coup porté à l'accueil des enfants de 2 à 3 ans par ce projet gouvernemental.

Pourquoi ces jardins d'éveil sont-ils une mauvaise chose ? Ce n'est pas une mauvaise idée en soi que d'avoir une réflexion sur l'accueil des 2 à 3 ans. Nous le faisons d'ailleurs aujourd'hui, dans les structures d'accueil collectif où, hélas comme l?a rappelé Colombe BROSSEL, 300 enfants seulement sont accueillis à Paris.

Ces jardins d'éveil, par rapport à l'accueil en crèche, ce sont des normes d'encadrement au rabais puisque c?est 1 adulte pour 12 enfants alors que dans les structures d'accueil de la petite enfance, nous sommes à une norme de 1 pour 8, ce qui signifie tout simplement 50 % d'enfants supplémentaires par adulte. Vous imaginez la charge de travail supplémentaire que cela représente. Comment ne pas penser non plus que ces jardins d'éveil sont une sorte de cheval de Troie contre la scolarisation des enfants de moins de 3 ans ?

Vous avez également évoqué, Madame BECKER, la question du service public de la petite enfance. Nous partageons cet objectif. Je voudrais simplement vous donner une idée de l'effort financier extrêmement important que consent la Ville de Paris pour atteindre cet objectif dans la durée : ce seront 400 millions d'euros qui seront investis dans cette mandature dans le secteur de la petite enfance, afin de développer notamment l'offre d'accueil collectif. A Paris, l'effort est très important. Nous avons donc cet objectif à terme et dans la durée.

Je voudrais également rappeler que M. MENGUY s?est peu préoccupé des questions de petite enfance. Il s'est borné à rappeler que nous avions eu une discussion en juillet et une communication en septembre. Je voudrais simplement lui faire remarquer que le rapport de la mission et la communication d'aujourd'hui n?ont pas le même objet.

Cette mission était tout à fait indépendante de l'Exécutif. Elle a remis un rapport qui a été adopté à l'unanimité de l'ensemble des membres qui composaient cette mission. Aujourd'hui, c'est une communication de l'Exécutif municipal qui fait un point d'étape, dix-huit mois après le début de la mandature, sur le secteur de la petite enfance et celui des affaires scolaires.

Ce bilan d'étape nous permet de vous préciser, Monsieur MENGUY, que nous livrerons la millième place d'accueil de cette mandature avant la fin de l'année 2009, et nous ouvrirons des crèches à cette rentrée dans les 10e, 11e, 15e, 17e et 20e arrondissements.

En conclusion, je vous dirai, Monsieur le Maire, que nous gardons le cap de la création de nouvelles structures d'accueil collectif des jeunes enfants. Nous développons et professionnalisons l'offre d'accueil à domicile, avec comme objectif l'instauration d'un véritable service public d'accueil de la petite enfance qui offre à chaque famille, chaque parent, une solution d'accueil pour leur enfant.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Avant de passer aux opérations de vote sur les deux v?ux qui sont soumis, je donne la parole au président LAMOUR qui a demandé à prendre la parole.

M. Jean-François LAMOUR. - Bien volontiers, après plusieurs essais, Monsieur le Maire, puisque j'ai demandé à plusieurs reprises à prendre la parole, pour dire d'une part, Monsieur le Maire, que les propos de Mme BROSSEL sont inacceptables. On peut effectivement débattre, même avec beaucoup de détermination, vous l'avez dit, beaucoup d'allant ; nous le faisons bien volontiers et c'est l'objet de ces séances du Conseil de Paris.

Ce qui est inacceptable, Madame BROSSEL, c'est que vous ayez remis en cause l'aspect démocratique de la gestion de la Ville avant 2001, en disant que l'Hôtel de Ville était fermé à une partie de la population parisienne !

Madame BROSSEL, c'est vous qui fermez l'Hôtel de Ville et les établissements publics à une partie de la population parisienne. C'est vous qui passez votre temps à politiser l'enjeu scolaire à Paris. Alors, les leçons, vous les gardez pour vous. Votre expérience, vous la gardez pour vous. Et je trouve particulièrement inacceptable, Monsieur le Maire - je vous en fais le reproche - que vous n'ayez pas à ce moment demandé à Mme BROSSEL de se calmer et de faire en sorte que son propos soit plus objectif.

Alors, Monsieur le Maire, je demande une suspension de séance.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Elle est de droit, il n?y a pas de problèmes, pour deux minutes.