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Septembre 2009
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2009, Vœu déposé par Mme Frédérique CALANDRA et les membres du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, relatif à la dénomination d'un lieu ou d'un équipement du 20e en hommage à Willy Ronis, voté à l'unanimité en Conseil du 20e arrondissement.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2009


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Le v?u n° 58 du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés a trait à la dénomination d'un lieu du 20e en hommage à Willy Ronis.

Je donne la parole à M. Julien BARGETON.

M. Julien BARGETON. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, Willy Ronis, l'immense photographe, nous a quittés le 11 septembre, à l'âge de 99 ans. Son ?uvre était particulièrement importante. Il était un tenant de ce que l'on appelait "l'école humaniste". Elle a marqué, du Front populaire jusqu'aux années 2000, la photographie.

Il a rendu célèbre dans le monde entier les quartiers de Belleville et Ménilmontant, avec un ouvrage qui a fait référence et des photographies que vous avez, je pense, tous et toutes en tête.

Il a également participé aux luttes sociales et aux combats sociaux.

Enfin, il avait choisi de vivre, à la fin de sa vie, dans le 20e arrondissement, rue de Lagny.

C?est pourquoi, sur proposition de Frédérique CALANDRA et des élus du 20e arrondissement, nous souhaiterions qu'un équipement ou une rue porte le nom de Willy Ronis.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci.

Je crois qu?il y a une explication de vote de Mme GIBOUDEAUX pour le groupe des Verts.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe. - Le groupe "Les Verts" votera évidemment ce v?u.

Je voulais rappeler aussi que c'était un photographe d'une grande exigence au niveau de son travail, que cette exigence, il l'a payée, son engagement politique aussi pendant le Front populaire.

Je l'ai connu en 1978, j'étais une jeune étudiante en photographie, il venait nous enseigner l?histoire de la photographie. Il n'avait pas loin de 70 ans et en 1978, son travail n'était pas reconnu. On oublie souvent ce parcours difficile. C'est grâce à Jack LANG, il faut le reconnaître, qu'il a eu une reconnaissance de son travail. Un soutien de professeur aussi à Marseille qui l'avait recueilli pour qu'il donne des cours et qu?il puisse vivre.

On oublie souvent que dans le parcours des grands photographes, on peut arriver après 70 ans avec un travail qui n'est pas reconnu, même si on a une grande gloire derrière.

C?est l?hommage à ce beau parcours que je voulais rendre aujourd'hui.

(Applaudissements sur tous les bancs de l'hémicycle).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci beaucoup, Fabienne.

Christophe GIRARD ?

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Je partage l'émotion de Fabienne GIBOUDEAUX.

En effet, le Maire a eu la sage idée d'inviter Willy Ronis pour une très grande rétrospective publique et gratuite à l?Hôtel de Ville, qui a d'ailleurs été prolongée de quelques mois. A cette occasion, nous avons eu la chance d'avoir des visites régulières de Willy Ronis.

J'ai eu le privilège de l'accompagner lors de sa rétrospective à l?Isle-sur-la-Sorgue il y a de cela trois années.

Paris a, en effet, perdu dans cette nuit du 11 au 12 septembre l'un de ses plus grands photographes. Durant plus de 75 ans, cet homme délicat, engagé, exigeant a accompagné l'histoire de Paris avec ses célèbres clichés en noir et blanc pris sur le vif.

Il était à la fois le photographe de la rue Muller à Montmartre en 1934, de la montée du Front populaire en 1936, des grèves pour la défense des droits acquis chez Citroën Javel en 1938, de la pluie place Vendôme en 1947, du passage Julien-Lacroix dans le 20e, en 1947, de la grève d'ouvriers charpentiers en 1950, du bistrot guinguette "Chez Victor", à Belleville, en 1955, des Amoureux de la Bastille en 1957, mais aussi de la station RER Les Halles en 1979, car il était un homme moderne, dont l'oeil ne s'est jamais émoussé puisqu'il aimait son époque et aimait l?avenir.

Willy Ronis nous a transmis une mémoire. Son travail représente un hommage qu?il a rendu à la ville dont il était si familier, une ville qui lui appartenait, dont il était l'un de ses meilleurs amants. C'est maintenant aux Parisiennes et aux Parisiens de lui rendre hommage.

Pour toutes ces raisons, nous sommes évidemment favorables à la proposition faite par Frédérique CALANDRA et Julien, l'adjoint en charge de la culture?

(Réactions dans l'hémicycle).

J?appelle tous les adjoints à la culture par leur prénom. Je suis très comme cela maintenant, on tutoie, on se connaît, etc.

Julien BARGETON, Juju, l?adjoint à la culture du 20e arrondissement?

D?ailleurs, vous pourriez réfléchir à une piste? Le Carré de Baudouin, certes, porte le nom d'un architecte, Baudouin, mais peut-être un lieu de cette importance pourrait porter également le nom de Willy Ronis.

A vous de réfléchir, la balle est dans votre camp !

Merci d?avoir eu cette initiative pour Willy Ronis et pour Paris.

(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci pour cet hommage.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés assorti d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté à l?unanimité. (2009, V. 289).