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Septembre 2009
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2009, DDEE 237 - Réforme de la tarification applicable aux artistes de la Place du Tertre (18e). Vœu déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2009


 

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DDEE 237, sur lequel le groupe "Les Verts" a déposé l'amendement n° 69 et le groupe Communiste et des élus du Parti de Gauche de M. CORBIÈRE le v?u n° 70 : "réforme de la tarification applicable aux artistes de la Place du Tertre".

La parole est à Mme FOURNIER et je me permettrai, évidemment, un commentaire.

Mme Danielle FOURNIER. - Merci.

Nous avons souhaité apporter un amendement au projet de délibération qui préconise la modification de la tarification applicable aux artistes de la Place du Tertre pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, la méthode, c'est-à-dire que l'on a appris aux artistes qu?il y avait une augmentation de 350 % sans qu'ils aient été associés à cette décision, ni même prévenus.

Il nous semble que la discussion est un préalable quand il s'agit de mettre en ?uvre l'évolution d'un dispositif, ce qui est le cas.

C?est vrai que depuis 26 ans, la redevance n'avait pas augmenté, mais est-ce une raison pour agir brutalement et sans concertation ?

L'autre élément, c'est que l'augmentation est de 350 % cette année et que la révision pourra se faire chaque année, donc une autre augmentation est à prévoir l'an prochain si l'on reste dans le dispositif prévu.

A cet égard, il faut savoir que le tarif actuel s'appuie sur des catégories qui tiennent compte de l'attractivité commerciale du lieu et non du type d?activité. Ce qui est absurde, c?est que les artistes ne sont pas reconnus en tant que tels, mais sont assimilés à ceux qui proposent des manifestations commerciales, publicitaires ou promotionnelles sur la voie publique, c'est-à-dire à des commerçants.

Or, les artistes de la Place du Tertre vendent leurs ?uvres, certes, mais leur activité est très encadrée. Ils doivent réaliser dessins, portraits, caricatures et tableaux sur place. Ils ne sauraient être assimilés à de simples vendeurs. D'autant que leur présence est un élément d'attractivité pour les touristes et qu'ils génèrent de manière indirecte des emplois et des recettes dans les commerces qui sont installés autour de la Place du Tertre.

Il serait peut-être souhaitable, d'ailleurs - et c'est très heureux que ce soit Christophe GIRARD qui dirige la séance - que ce ne soit pas la direction du commerce et de l'artisanat, mais celle de la culture qui gère ce carré et ses règles de fonctionnement. En tout cas, c'est une proposition que nous faisons.

Enfin, il y a un côté ridicule, sinon aberrant, à s'en prendre - c'est un peu l'impression que cela donne - aux artistes pour au final faire payer à chacun 200 euros de plus. On se demande s'il y a un signe derrière cette décision d'augmentation. Pour ma part, je préfère penser qu'il s'agit plutôt d'une zone d?ombre de la tarification, qui pourrait être corrigée en retenant notre proposition de modifier la catégorie de référence, donc de retenir la catégorie 4, et de baser la redevance sur le tarif de un euro par mètre carré, étant entendu que chaque mètre carré est partagé par deux artistes.

Notre proposition en deux mots : c?est un euro le mètre carré par emplacement et à terme changer de direction de tutelle.

Je vous remercie.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Maintenant le sémillant M. Pierre-Yves BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire.

J'interviendrai en plusieurs points, en disant d'abord que l'on parle d'un sujet de fond mais il y a d'abord un problème de forme.

Le problème de forme est que régulièrement les associations d'artistes de la Place du Tertre sont réunies dans une Commission dans laquelle il n'y a pas eu de débat sur cette augmentation. La méthode est donc choquante, elle est même brutale, puisque c'est plus de 250 % d'augmentation d'un coup que l'on veut infliger à des artistes.

Je l'ai dit à plusieurs reprises, c'est une mesure qui est socialement injuste, au moment où la crise sévit et au moment où les acheteurs se font de plus en plus rares Place du Tertre. C'est une mesure économiquement inefficace, qui ne rapportera rien à la Ville de Paris. C'est une mesure culturellement absurde quand on sait que les vendeurs à la sauvette, qui vendent des produits venant de Taiwan ou de Chine, des pseudo artistes, eux, ne sont pas inquiétés et ne paient pas de redevance. C'est incroyable que de frapper une nouvelle fois les artistes de la Place du Tertre.

D'ailleurs, lorsqu'ils déclarent leurs impôts sur le revenu, ces artistes les déclarent comme bénéfices non commerciaux. Je suis d'accord pour dire avec Mme FOURNIER que je ne comprends pas pourquoi c'est Mme Lyne COHEN-SOLAL qui doit traiter une question qui touche à la Culture, avec un grand C.

Je rappelle que la Place du Tertre, dans ce quartier de Montmartre, ce sont douze millions de visiteurs par an, c'est une vitrine pour notre Capitale. Je crois qu'il n'est pas acceptable aujourd'hui de s'attaquer de cette manière aux artistes.

Au Conseil d'arrondissement, nous avons eu un long débat. J'ai demandé solennellement le retrait de ce projet de délibération. Je crois qu'il serait sage que la Ville de Paris, Mme COHEN-SOLAL avec M. GIRARD, adjoint à la Culture et qui s?intéresse aux artistes, puissent réunir avec la mairie du 18e l'ensemble des artistes pour dialoguer et discuter de leurs statuts et de leurs situations, car nous ne pouvons plus accepter de telles méthodes qui consistent à augmenter de manière arbitraire une redevance.

L'histoire et l'esprit de Montmartre sans les artistes, ce n'est rien. Ces artistes ont des difficultés en ce moment, qui sont économiques, financières, tout le monde le sait, victimes des vendeurs à la sauvette. Il serait temps de les entendre.

Bien sûr, certains disent : et les droits de terrasse pour les commerçants ? Mais ils ne sont pas commerçants, ils sont artistes ! C'est quand même une sacrée différence, parce qu?ils ne travaillent pas toute l'année et ils sont sujets aussi à la situation économique. Avec la parité, par exemple, euro et dollar, qui est très défavorable aux acheteurs américains, c'est plus de 50 % des acheteurs américains en moins en cinq à six ans pour les artistes de la Place du Tertre. Avec la crise économique aujourd'hui très forte, les acheteurs européens sont aussi moins nombreux. C?est donc une double peine que vous leur infligez en augmentant cette redevance.

Alors, sereinement et très calmement, je pense que si ce Conseil respecte l'histoire, l'esprit de Montmartre, respecte ces artistes, il serait sage de retirer ce projet de délibération unanimement et courageusement, et d'engager dès demain une concertation et un dialogue avec les artistes et de décider ensemble de leur avenir et de leurs statuts.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - La parole est à Mme Claudine BOUYGUES, élue du 18e arrondissement, et qui aime les artistes aussi, étant elle-même une native du 18e arrondissement.

Mme Claudine BOUYGUES. - Chers collègues, effectivement dans le 18e arrondissement, on aime beaucoup les artistes et tous les artistes.

Si j'ai souhaité m'inscrire aujourd'hui sur ce projet de délibération relatif à la tarification applicable aux artistes de la Place du Tertre dans le 18e arrondissement, c'est aussi pour rétablir un certain nombre de vérités. Je crois que c'est cela le courage, dans un débat très animé, un peu médiatisé comme il nous arrive parfois d'en connaître sur les hauteurs de la butte Montmartre.

Notre Conseil du 18e arrondissement n'a d'ailleurs pas été épargné. M BOURNAZEL l?a rappelé tout à l'heure, et après son intervention et celle de ma collègue Danielle FOURNIER du groupe "Les Verts", je constate que notre séance de ce soir pourrait prendre le même chemin. Mais enfin de quoi s'agit-il réellement ?

Eh bien ! il est demandé aux peintres et portraitistes ou caricaturistes installés sur ce qu?on appelle le carré aux artistes de la Place de Tertre, de s?acquitter d?une redevance annuelle de 80 euros pour travailler dans un périmètre où ils sont sûrs d'avoir un emplacement réservé.

Il faut ici rappeler que depuis que des règles d'occupation du domaine public ont été fixées, les artistes installés sur le carré central travaillent dans des conditions que beaucoup de leurs collègues leur envient.

Vous conviendrez de la faiblesse d'un tel tarif quand on sait qu?une personne qui souhaite installer un stand de brocante en bas du Sacré C?ur doit payer 777 euros le mètre carré par an, il y a tout de même de quoi s'interroger sur le niveau de cette redevance.

Dans ce contexte, il nous est proposé de passer cette redevance, qui je vous le rappelle n'a pas augmenté depuis pas mal d?années, de 80 à 227,40 euros par artiste et par an. Autrement dit, nous considérons que c'est une mesure juste et équitable pour des artistes qui ont un statut privilégié, par rapport à la fréquentation du lieu sur lequel ils exercent. Ce site touristique est quand même parmi les plus fréquentés du monde, puisqu?on sait que Montmartre accueille plus de 10 millions de touristes chaque année, comme Mme FOURNIER et M. BOURNAZEL l'ont rappelé.

Tous ces éléments me font dire que c?est à la fois pour des raisons de justice et des raisons d'équité, par rapport aux autres artistes qui aimeraient bien venir eux aussi sur le carré de la Place du Tertre, qu?il convient d?augmenter cette redevance dont le produit sert aussi à financer, et vous le savez parfaitement, des aménagements dans le secteur.

En plus, cette augmentation est modique puisqu'il suffit d'un simple calcul pour savoir que chaque artiste devra payer pour exercer, dans les conditions que j'évoquais à l'instant, 23,12 par mois, soit 5,75 euros par semaine, et 0,82 euros par jour.

C?est vrai que quand Danielle FOURNIER nous parle d?une augmentation de 350 %, M. BOURNAZEL, lui en est à 250 %, je vous demande d'apprécier objectivement les choses.

Certes, il est difficile d?évaluer le chiffre d?affaires moyen de ces artistes, mais il suffit de jeter un coup d??il aux guides touristiques sur Montmartre pour prendre conscience du fait que le montant de cette redevance est très rapidement amorti. De 5 à 50 euros pour une simple caricature au crayon, plusieurs centaines d'euros pour les toiles.

Bien sûr, nous savons que les revenus ne sont pas identiques et qu?il existe des artistes dont la situation sociale est difficile. C'est pourquoi, lors de la dernière Commission de la place du Tertre, le 18 septembre, la Ville s'est engagée à prendre en compte ces difficultés en les traitant au cas par cas. Cela va d'ailleurs dans le sens du v?u que nos amis communistes ont déposé.

Au moment où notre Assemblée vient de décider de la création d'un Carré aux Biffins pour tenter d'apporter une réponse à la question des marchés de la misère?, d'ailleurs je peux le dire, sous l'impulsion des élus communistes du 18e arrondissement.

Nous n'acceptons pas les leçons de M. BOURNAZEL et du groupe "Les Verts" sur la non prise ne compte des difficultés sociales de la Place du Tertre.

Je conseille d'ailleurs à mes collègues de descendre dans les autres quartiers du 18e, comme la porte Montmartre, la Chapelle ou la Goutte d?Or?

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - N'opposez pas les gens les uns aux autres : ce n'est pas bien !

Mme Claudine BOUYGUES. - ? pour appréhender concrètement les difficultés sociales.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - C'est le dernier argument que vous devriez utiliser, c?est honteux !

Mme Claudine BOUYGUES. - Ils soigneront de façon très efficace le mal des montagnes qu?ils auraient pu contracter à Montmartre !

Chers collègue, c?est bien au nom de la justice et de l'équité que je vous appelle à voter ce projet de délibération.

Je vous remercie.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Gardons raison : nous aimons tous les artistes. Nous allons écouter M. BROSSAT.

Je voudrais faire une remarque ; j'espère que ce débat mis sur la place publique n'entraînera pas de la part des services fiscaux des contrôles fiscaux sur les revenus en espèces de beaucoup de ces artistes qui sont sur la place.

J'espère que vous n'aurez pas provoqué...

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Ce n'est pas bien !

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - C'est périlleux d'en faire un enjeu politique. Il faut être très prudent, et 5 euros par jour ne me paraît pas être une somme indécente, très honnêtement.

J'ai le droit d'avoir une opinion.

Monsieur BROSSAT ?

M. Ian BROSSAT. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Je voudrais d'abord remercier Claudine BOUYGUES pour le bel hommage qu?elle a rendu au travail des élus communistes parisiens, en particulier de ceux du 18e.

Je serai bref parce que pour l'essentiel, Pierre-Yves BOURNAZEL et Danielle FOURNIER ont dit des choses avec lesquelles je suis d'accord sur ce dossier.

Les artistes de la Place du Tertre nous ont en effet fait part des très fortes inquiétudes qu'a suscité parmi eux ce projet de délibération qui entraîne une hausse de leur redevance d'occupation de 342 %, passant brutalement de 80 euros à 277 euros.

Ces artistes, parce que ce sont bien des artistes, ne comprennent pas cette augmentation, particulièrement brutale, même s'ils sont ouverts à l'idée que cette redevance puisse être ajustée, par exemple en fonction d'indicateurs comme l'inflation, avec un taux d'augmentation plus raisonnable.

N'oublions pas que les conditions de travail de ces artistes de Montmartre ne sont pas simples : chacun partage un mètre carré avec un autre artiste. La concurrence est rude. Certains d'entre eux sont dans une situation difficile et ne pourront pas supporter une telle hausse de redevance d'occupation. Certaines situations individuelles doivent être prises en considération de manière sérieuse.

La crise est là : elle n'épargne pas ces artistes et leurs clients potentiels. C'est sans doute le moment, comme ils le demandent, de mettre en place une réflexion collective sur le devenir du carré des artistes, réflexion à laquelle ils seraient associés, et qui ne concernerait pas seulement les aspects économiques et commerciaux mais prendrait en compte la spécificité et l'intérêt culturel de cette place de renommée mondiale et des artistes qui la font vivre.

C'est donc le sens de notre v?u, qui vise à ce que l'on rassure les artistes qui aujourd'hui s'inquiètent, et je dois dire que je pense aussi, comme mes collègues ont pu le proposer tout à l'heure, que nous gagnerions à nous donner le temps de la réflexion, de la concertation, du dialogue sur ce dossier.

Je vous remercie.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour répondre, la parole est à Mme Lyne COHEN-SOLAL.

J'ai une question à vous poser : qui attribue, une commission attribue-t-elle ces espaces ? Je sais que beaucoup d'artistes rêvent de pouvoir vivre de leur art en étant installés sur la Place du Tertre.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, au nom de la 2e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

D?abord, permettez-moi de saluer les artistes de la Place du Tertre qui se trouvent parmi nous dans le public. Je voudrais leur dire que nous sommes heureux de délibérer sous leur regard et combien nous respectons leur travail, combien nous respectons leur personne, et combien, bien entendu, ce que fait et continue de faire la Ville de Paris pour qu'ils travaillent dans de bonnes conditions dans ce lieu exceptionnel doit être pris en compte.

J'ai entendu les interventions de mes collègues. Je voudrais remettre les choses à leur place et à leur mesure.

D'abord, si vous le permettez, je voudrais rappeler ce qui existe au carré des artistes de la Place du Tertre, c'est-à-dire qu'un certain nombre d'artistes - 298 exactement -, qui sont connus par la Ville, dont les noms sont enregistrés, leurs dossiers existent, des cartes leur sont attribuées. Maintenant, sur la Place du Tertre, la place des artistes n'est plus une zone de non droit : chacun a sa place. Ces places sont bien précisées, nettoyées, entretenues, et il existe une Commission d'affectation de ces places, une commission transparente et pluraliste, dans laquelle siège ma collègue Claudine BOUYGUES et d'autres.

Bref, la Ville a fait en sorte qu'ils travaillent dans les meilleures conditions, même si c?est vrai que travailler en extérieur dans de petits espaces est plus difficile que de travailler dans des endroits plus confortables.

Il est vrai aussi que ces artistes participent de l'attraction touristique de la place du Tertre. Nous n'avons aucunement l'intention de mettre qui que ce soit dehors, je vous rassure, Monsieur BROSSAT. Au contraire, nous voudrions que ces artistes se trouvent mieux là.

Naturellement, je prends l'engagement, en tout cas, personnellement, qu?aucun artiste ne sera défavorisé ou mis dehors par le fait que les tarifs sont en train d'évoluer.

Car nous faisons évoluer les tarifs qu'ils ont à payer sur la Place du Tertre.

Je sais qu'ils sont tout à fait conscients que ces tarifs ne peuvent pas rester immobiles et stables. Eux-mêmes, d'ailleurs, je crois, font évoluer les tarifs de leur travail sur la Place du Tertre. Ils n'appliquent pas le même tarif aujourd'hui qu'il y a quatre ou cinq ans ; je le sais parfaitement.

Nous arrivons au prix qui est celui de 75 centimes d'euros par jour pour chacun d'entre eux, ce qui fait 23 euros par mois pour chacun d'eux. Je voudrais juste rappeler d'autres tarifs, par exemple à Saint-Tropez, où un certain nombre d'artistes exercent aussi. Le prix est de 200 euros par mois au lieu de 23 euros par mois, qui sera le prix où nous arriverons après l'augmentation des tarifs à Paris. Nous sommes de 1 à 10 en ce qui concerne les niveaux de prix !

Il existe d'autres endroits où la Ville de Paris permet à des artistes de travailler et de vendre leur production sur les marchés de la création qui existent dans les 14e et 11e arrondissements. Les tarifs y sont de 4 euros par mètre et par jour au lieu de 75 centimes d?euros Place du Tertre.

Vous le voyez, je comprends que pour certains d'entre eux, l'annonce d'une augmentation ait pu être très désagréable, mais on reste dans des domaines qui sont raisonnables, disons même qu'il est normal d'appliquer des augmentations de ce genre, car il s'agit d'artistes. C?est bien parce qu?il s?agit d?artistes que nous n'allons pas essayer de les attaquer? je ne sais pas ce que vous inventez, Monsieur BOURNAZEL : je n'attaque aucun artiste, ni l'esprit de Montmartre, au contraire, je les respecte et j'essaie de travailler avec eux de manière partenariale.

Nous respectons leur travail, leur personne et leur lieu de travail et naturellement, il s'agit aussi de respecter leur avenir.

Je voudrais d'abord dire aux Verts que si nous prenons la peine et le risque, il est vrai, d'augmenter les tarifs, ce n'est pas pour les augmenter encore après. Nous ne prenons pas l'engagement d?augmenter tous les ans de la même façon les tarifs. Ce n?est pas du tout ce qui est écrit dans ce projet de délibération : il faut le lire entièrement, au contraire !

Evidemment, je prends là aussi l'engagement devant le Conseil de Paris que cette augmentation est une augmentation d'une fois et qu'ensuite, on augmentera de 1 % par an.

D'autre part, je suis tout à fait fière d'avoir à m'occuper avec les services de la DDEE de l'avenir de ce carré des artistes de la place Montmartre, et je ne crois pas que mon collègue Christophe GIRARD, avec qui je travaille en excellente intelligence, sera inquiet qu'un service qui s'occupe de commerce ou d'activité sur la voie publique puisse s'occuper d'artistes. Il s'agit quand même d'une activité lucrative, s'il ne s?agit pas de commerce proprement dit.

Je voudrais répondre de manière plus précise à M. Ian BROSSAT.

Je comprends tout à fait l'inquiétude qu'il a exprimée sur le fait que certains de ces artistes, sur les près de 300 artistes qui ont le droit de travailler sur la Place du Tertre, sont des artistes qui ont des difficultés financières, des difficultés de vie. Cela, bien entendu, nous le comprenons très, très bien.

Mais vous le savez, d'abord, la Ville de Paris - et mon collègue Christophe GIRARD est bien placé pour le dire - prend des mesures pour aider les artistes en difficulté. Vous savez qu'il y a, pour soutenir les artistes allocataires du R.S.A. une plateforme d'appui aux artistes où siégent mes collègues GIRARD, TROSTIANSKY, Seybah DAGOMA et Christian SAUTTER. Il existe un comité d?orientation, présidé par notre collègue Philippe TORRETON, qui travaille sur cette orientation.

Nous sommes extrêmement soucieux que tous ces artistes vivent normalement et confortablement sur la place de Paris, qu'ils continuent à travailler sur la Place du Tertre et à participer à l'attraction touristique de la Place du Tertre. Nous le savons, 10 à 12 millions de visiteurs par an visitent cette place.

Vous le savez, d'ailleurs, Monsieur BROSSAT, vous êtes assez intéressé par le travail des artistes sur Paris pour savoir que près de 5 millions d'euros sur quatre ans ont été prévus pour les structures qui accompagnent les artistes. Ces artistes, qui travaillent sur la place du Tertre, font partie des artistes que nous devons aider, que nous devons accompagner. Naturellement, vous le savez, la mairie du 18e a mis en place aussi un accueil pour ces artistes.

En ce qui concerne le devenir de ce Carré des Artistes, je suis prête à en parler avec eux, personnellement et je suis prête, puisqu'ils me connaissent, à les recevoir pour parler du devenir de ce lieu, exceptionnel à Paris et dans le monde, qui s?appelle le Carré des Artistes de la Place du Tertre.

Vous le voyez, il n'y a là aucune raison de dramatiser les choses et je pense que nous pouvons accepter le v?u du groupe Communiste, puisqu'il s'agit d'aider ceux qui sont en difficulté.

Je suis désolée, mais je donnerai un avis défavorable au v?u du groupe "Les Verts" puisqu?ils nous proposent de mettre à 1 euro par mètre carré et par jour le prix d'une place. Je propose que le prix par artiste soit de 80 centimes d?euro par mètre carré et par jour.

Je vous demande soit de retirer ce v?u, soit je donnerai un avis défavorable, et je serais désolée de le faire, Madame FOURNIER.

Merci.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Avant de donner la parole au président POZZO di BORGO, je voudrais juste apporter aussi un précision, en complément de Mme Lyne COHEN-SOLAL, puisqu?il s'agit des artistes.

Je crois que la dimension psychologique, humaine est évidemment importante. La Ville doit bien gérer et avec équité l'utilisation de l'espace public. Là, en effet, la somme que vous indiquez ne semble pas une somme démesurée, puisqu?il s'agit de 25 euros par mois.

Néanmoins, je crois qu?il est important, comme vous l'avez dit, de rassurer les artistes dans la durée. Vous avez indiqué une augmentation, je crois, de 1 % par an, mais il serait bon que lors d?une réunion, où les élus sont les bienvenus, aussi bien ceux de l'arrondissement que ceux en charge de cette délégation, que ce soit le commerce, l'artisanat mais également la culture, reçoivent une délégation des artistes du Carré des Artistes de la Place du Tertre, ce qui est la moindre des choses et ce que nous ferons avec beaucoup de respect et beaucoup de plaisir, dans l'esprit de Montmartre.

Monsieur POZZO di BORGO, vous vouliez faire un commentaire.

Ensuite, nous passerons au vote.

M. Yves POZZO di BORGO. - La situation financière de la Ville est telle - évidemment, on a eu le débat tout à l'heure - que nous sommes obligés d?augmenter de façon assez forte les impôts.

Mais, de façon annexe, on se rend compte que, dans beaucoup de domaines, on fait les poches de tous les Parisiens, et notamment la délégation de Mme COHENSOLAL sur beaucoup de choses, les terrasses et autres. On est vraiment chargé, on a une sorte de mission, vous savez.

M. GAUDILLÈRE dit : "Oh là là ! On est vraiment en difficulté, on a trop dépensé d?argent, on gère mal cette ville, elle va nous exploser par la gueule sa situation financière ! Eh bien, Madame COHEN-SOLAL, vous qui avez quand même une action sur des situations dans les rues de Paris, essayez de grignoter le maximum de choses !"

Et Mme COHEN-SOLAL fait les poches ! Elle ramasse !

Je veux bien?

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, du Mouvement républicain et citoyen, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

Excusez-moi ! Je suis désolé ! Cela devient comme cela dans beaucoup de domaines.

Sur cette affaire de la Place du Tertre, je comprends que l'on puisse augmenter les artistes un peu, en concertation avec eux, mais qu'on le fasse de façon raisonnable ! Enfin, écoutez, vous arrivez, vous les augmentez presque de 300 % !

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, du Mouvement républicain et citoyen, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

Ecoutez, ce n'est pas sérieux !

Vous avez M. BROSSAT qui se rend compte que c'est vraiment une folie. Il n?ose pas le dire. Alors, dans son v?u, il dit : "la majorité présidentielle", il est obligé d?avoir la langue de bois !

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, du Mouvement républicain et citoyen, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

Pardon ! "La majorité municipale" !

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Monsieur le Président POZZO di BORGO !

M. Yves POZZO di BORGO. - Je termine. Il est obligé d?avoir la langue de bois ! Il dit : "On s'occupe de ceux qui sont en difficulté."

Ecoutez, ce n?est pas sérieux !

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Ne qualifiez pas les propos des autres présidents !

M. Yves POZZO di BORGO. - Voilà, ce n?est pas sérieux ! Donc, nous ne voterons pas ces v?ux-là. A la rigueur, l?amendement des Verts.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Monsieur POZZO di BORGO, je trouve, en revanche, gênant dans vos propos que vous puissiez dire que Mme Lyne COHEN-SOLAL fait les poches !

Mme Lyne COHEN-SOLAL est adjointe en charge du commerce. Elle essaie, avec beaucoup de difficulté...

M. Yves POZZO di BORGO. - Vous n'avez pas à faire de remarques sur le contenu des intervenants.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Si, j?ai le droit de faire des remarques.

M. Yves POZZO di BORGO. - Vous êtes le Maire et vous n'avez pas à faire de remarque sur le contenu des intervenants.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - J'ai tout à fait le droit de réagir librement.

M. Yves POZZO di BORGO. - Vous devez présider, assurer la parole mais pas faire de remarques sur le contenu de ce qui se dit.

Je vous en prie, c?est une façon de s'exprimer comme cela ! Je l'ai fait et je le maintiens.

Vous-même, vous n'avez pas à faire de remarque là-dessus.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Madame Lyne COHEN-SOLAL, répondez puisque nous n?avons pas le droit de commenter.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, rapporteure. Monsieur POZZO di BORGO, vous employez les mots que vous voulez et nous sommes libres de vous juger aussi, d?ailleurs, au passage. Par les mots que vous employez, vous vous dévoilez !

Je dois dire que je voudrais savoir comment vous pouvez vous permettre de dire ce que vous dites. Le prix des terrasses n'a pas augmenté depuis 2003 et 2004. Je le sais parfaitement, c?est moi qui les ai fait voter, les augmentations des terrasses ! Alors, ne racontez pas n?importe quoi, ce n'est pas la peine !

D'autre part, ce que nous faisons, Monsieur POZZO di BORGO, c'est aussi quelque part moraliser ce que nous avons trouvé sur le territoire de la Ville de Paris...

M. Yves POZZO di BORGO. - Les marchés et les terrasses.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, rapporteure. - Oui, effectivement, on réévalue les prix de la Ville de Paris. Qui aujourd'hui n'indexe pas les prix ?

Aujourd'hui, les commerçants les premiers, et je ne parle pas des artistes de la place Montmartre, je ne les confonds pas.

Ce serait la Ville qui, seule, n'a pas révisé ses prix.

Nous continuons tranquillement à faire ce que nous avons à faire, avec doigté, avec raison et naturellement avec maîtrise.

Je voudrais dire que tout cela s'accompagne aussi par des services rendus à ceux qui travaillent sur la voie publique et aussi une forme d'organisation parce que, tout à l'heure, M. BOURNAZEL, je crois, parlait des sauvettes : j'aimerais bien que la Préfecture de police nous aide à mettre fin aux sauvettes. C?est son travail, ce n'est pas le travail de la Ville.

Quand les sauvettes sont de plus en plus nombreuses autour de ceux qui travaillent légalement, régulièrement, c'est un handicap pour eux, mais ce n'est pas à la Ville de Paris de mettre fin aux sauvettes, c?est à la Police de le faire.

Et j?aimerais bien qu?elle nous aide à le faire, c?est sa responsabilité, le maintien de l'ordre.

Voilà ce que je voulais dire, Monsieur POZZO di BORGO !

Je n'ai pas l'habitude de faire les poches de qui que ce soit ! En actualisant les tarifs, la Ville moralise des pratiques qui en avaient bien besoin, c'est ce que nous faisons depuis 2001, et je préfère travailler en toute transparence ainsi

(Applaudissements sur les bancs de la majorité municipale).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Comme nous ne sommes pas à l'Assemblée nationale, néanmoins M. BOURNAZEL souhaite réintervenir ! Donc, très brièvement, pour une explication de vote.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Quand on met en cause des gens, il est normal qu?ils puissent répondre.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Il faut savoir si l?on préside comme une potiche?

Qu?est-ce qu?on peut faire ?

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Si, cela vaut la peine d?en discuter. Pour vous, c'est peut-être un non-sujet ; pour moi, c'en est un.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Monsieur BOURNAZEL, en une minute, pour qu?on puisse conclure le débat.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Ce que je note, c'est que vous proposez une concertation. Quand on propose une concertation, on ne peut pas avoir décidé avant.

Donc si vous voulez discuter et dialoguer avec les artistes, reportez ce projet de délibération, discutez avec eux et ensuite re-proposez un nouveau projet de délibération.

Parce que, avec Mme COHEN-SOLAL, c'est : je décide, vous exécutez et ensuite on dialogue !

Non, ce n'est pas ainsi que marche la politique, ce n?est pas ainsi que marchent la concertation et le dialogue.

Franchement, ce n'est pas comme cela que je conçois le dialogue.

Je pense que...

(Brouhaha sur les bancs de la majorité municipale).

Vous pouvez faire respecter le silence ? Je n?ai pas fini !

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Attendez ! Pardon.

(Brouhaha sur les bancs de la majorité municipale).

Pardon, mais je préside la séance, donc vous avez débattu.

Je crois que les Parisiens entendront la caricature à laquelle ils ont pu assister.

Nous allons passer au vote?

L'amendement n° 69, avec un avis défavorable de l?Exécutif, n'est-ce pas, Madame COHEN-SOLAL ?

Qui est pour ?

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Je veux une explication de vote.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Monsieur BOURNAZEL, vous ne présidez pas la séance. Je vous ai redonné la parole, n'abusez pas, c'est bon !

Mme Laurence DOUVIN. - Il y a quelque chose qui ne va pas.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Cela va très bien.

Mme Danielle FOURNIER. - Cet amendement prend en compte le fait qu'il va falloir penser à une augmentation évidemment, mais à une progressivité de l'augmentation.

Mme Laurence DOUVIN. - On demande une explication de vote.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - On vote déjà sur l'amendement.

Une explication de vote mais à une seule voix, mais pas un commentaire comme vous l'avez fait tout à l'heure.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - On a le droit de donner des explications de vote.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Allez-y.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - J'ai une minute ?

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Oui.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Je la donne.

Le débat n'est pas au niveau, les invectives ce n'est pas le sujet. Le sujet... J'ai une minute je dis ce que je veux.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Une explication de vote.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Vous voulez passer en force et vous voulez dialoguer après avoir décidé. L'amendement de Mme FOURNIER, c'est très bien, mais nous ne le votons pas tout comme nous ne voterons pas le v?u communiste car nous demandons le retrait du projet de délibération, afin qu'un dialogue puisse s'engager. Cela n'est pas acceptable.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons au vote.

Je mets aux voix, à main levée, l'amendement n° 69 déposé par le groupe "Les Verts" assorti d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

L'amendement n° 69 est donc repoussé.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche assorti d'un avis favorable de Mme Lyne COHEN-SOLAL pour l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2009, V. 293).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEE 237.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DDEE 237).