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Septembre 2009
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Conseil Municipal
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2009, Les Verts 2 - Abandon du projet de la démolition puis reconstruction du stade Jean Bouin avec création d'un parc de stationnement et de locaux d'activités économiques, 20 à 40 avenue du Général Sarrail (16e).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2009


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous examinons la proposition du groupe "Les Verts" n° 2, dont le sujet est : abandon du projet de la démolition puis reconstruction du stade Jean Bouin avec création d'un parc de stationnement et de locaux d'activités économiques, 20 à 40, avenue du Général Sarrail, 16e arrondissement.

La parole est à M. le Président GAREL, pour cinq minutes.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire et merci au Maire de Paris d'avoir mis cette proposition de délibération, déposée par notre groupe, à l'ordre du jour du Conseil suivant son dépôt. C'est rare, c'est même la première fois. Cela prouve que, 1) vous prenez cette affaire très au sérieux et 2) que les propositions des "Verts" vous intéressent surtout quand elles sont pertinentes et celle-ci l?est.

De quoi s?agit-il ? Il s'agit de réaffecter, via l'annulation d'une décision de notre Conseil, la somme prévue pour la reconstruction du stade Jean Bouin dans le 16e arrondissement, au prolongement du tramway T3, de la porte de la Chapelle à la porte d?Asnières.

Première précision : le coût annoncé, je reprends les chiffres qu?Anne HIDALGO a cité lors de la réunion à la mairie du 16e arrondissement, soit un coût global du stade de 147 millions d'euros et 36 millions d'euros pour aménager l'hippodrome d'Auteuil, afin que les scolaires puissent s'entraîner dans un autre endroit que le stade Jean Bouin. Si je fais les calculs, cela fait 183 millions d?euros. Donc, lorsqu'on annonce un coût de près de 200 millions d?euros, on est tout à fait dans la réalité.

Commençons par le stade. Je reviendrai au tramway par la suite. Pour éviter tout malentendu, "Les Verts" n'ont rien contre le sport et, tout au contraire, nous sommes favorables au développement des pratiques sportives et à l'augmentation des subventions pour les clubs sportifs amateurs. Nous l'avons toujours défendu et nous continuerons à le faire. Nous réagirions de la même façon s'il s'agissait de construire un opéra ou une salle de cinéma inutile.

Deuxièmement, nous ne pensons que Jean Bouin ne nécessite pas une rénovation. Un projet était prévu lors des J.O. 2012 et ce projet concernait essentiellement la création d'une tribune supplémentaire qui était contre celle du Parc des Princes, qui permettait aussi de la cacher et de passer de 10.000 à 15.000 spectateurs pour ce stade. Cela pour un coût estimé à l?époque de 40 millions d?euros. Ce projet nous semble tout à fait défendable et intéressant.

Pourquoi sommes-nous opposés à celui qui est proposé par le Maire de Paris ? D'abord à cause de son coût : 183 millions. 40, 183, on n'est pas du tout dans les mêmes eaux. Deuxièmement, on pense qu'il y a d'autres possibilités, celle d'une rénovation plus légère ou celle de faire jouer le Stade français dans d'autres lieux, dans d'autres stades.

Plusieurs possibilités s'offrent au stade français, le stade de Charléty qui a déjà accueilli des matchs du stade français, le Parc des Princes qui est limitrophe et qui, d'après les spécialistes, est un stade idéal pour jouer au rugby et qui pourrait servir une semaine pour le foot et une semaine pour le rugby, puisque les équipes sont une semaine sur deux en déplacement.

Il y a une possibilité, nous a-t-on dit, de faire des changements de pelouse, ce qui permettrait aux deux sports de jouer. Oui, cela implique des contraintes mais nous sommes en période de crise, il faut partager un stade, qu'au lieu de servir un dimanche ou un samedi tous les 15 jours, il serve un samedi toutes les semaines. Cela entraîne quelques contraintes, mais ce doit être possible.

Il y a aussi la possibilité de jouer au Stade de France, ce que fait déjà le Stade français plusieurs fois par an. On me dit : si on fait cela, le problème, c'est que le stade ne sera pas toujours plein. Oui, le stade ne sera pas toujours plein, mais cela coûtera sans doute beaucoup moins cher que de dépenser 183 millions pour faire un nouveau stade.

Vous voyez donc qu?il y a d'autres possibilités qui coûteraient beaucoup moins cher à la Ville, et beaucoup moins cher au Stade français que ce qui est proposé.

Nous pouvons aussi envisager, comme nous l'avons évoqué dans notre proposition, que ce stade ne soit pas forcément à Paris. On a vu que le Stade de France qui a été installé en banlieue proche a permis de requalifier un quartier qui était un peu déshérité et que donc nous pourrions faire, avec d'autres communes, avec la Région, une réalisation du même ordre dans une commune limitrophe qui serait sans doute très contente d'accueillir un stade de prestige et qui pourrait ainsi, peut-être, développer certains quartiers qui le sont très mal. Cela permettrait aussi de montrer que Paris Métropole ou Grand Paris ne sont pas des vains mots.

C'est la première partie du problème que pose Jean Bouin. La seconde partie, c'est le problème des scolaires. En effet, près de 6.000 lycéens utilisent actuellement le stade Jean Bouin pour des pratiques sportives. Il avait été promis que rien ne serait fait à Jean Bouin avant que ces jeunes puissent faire du sport sur les pelouses d'Auteuil mais, malheureusement, le projet des pelouses d'Auteuil, pour l?instant, est bloqué et cette solution ne sera pas opérante lorsque les travaux devront commencer au début de l'année prochaine pour Jean Bouin.

De ce fait, on propose maintenant que ces lycéens...

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Monsieur le Président, vous avez atteint les cinq minutes !

M. Sylvain GAREL. - C'est un sujet d'importance. Je vais finir mon intervention.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - C?est un sujet important, mais il y a beaucoup d'inscrits, Monsieur le Président.

Essayez de conclure.

M. Sylvain GAREL. - Non, je ne conclus pas. Je parle du tramway ensuite. Sinon, on demande une suspension de séance. Si vous voulez jouer la montre... Je rapporte un projet de délibération, quand un adjoint rapporte une délibération, on ne l'interrompt pas. Je ne suis pas un inscrit normal. Je rapporte le projet de délibération.

Si vous voulez, on fait suspension de séance, sur suspension de séance. Nous, on peut y passer la nuit, si vous voulez.

On se fait couper systématiquement. Quand ce sont les intervenants des autres groupes, ils ne se font jamais interrompre. Cela suffit !

(Applaudissements sur les bancs du groupe "Les Verts").

Vous me laissez terminer, j'en ai encore pour cinq minutes environ.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Ce n'est pas possible, Monsieur le Président GAREL ! Ce n?est pas possible !

M. Sylvain GAREL. - Dans ce cas, suspension de séance et on attend.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Pas cinq minutes.

M. Sylvain GAREL. - Laissez-nous terminer, on rapporte un projet de délibération. C'est un projet de délibération qui va coûter 200 millions à la Ville, on peut prendre 10 minutes pour en parler quand même ! Merde !

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Cela ne me dérange pas d?être applaudi par les gens qui trouvent que c?est important. Si on me laissait terminer, j?aurai déjà fini.

Il y a le problème des scolaires. Je disais qu?il y avait 6.000 scolaires qui utilisaient le stade? Si je peux avoir le silence, ce serait bien aussi.

(Protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et du Mouvement républicain et citoyen).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Compte tenu du ton que prennent les débats, la suggestion d'une petite suspension de séance que vous faisiez est très opportune, Monsieur le Président. Nous allons suspendre la séance pendant quelques minutes et les esprits reprendront, j?espère, leur sérénité.

Suspension pour cinq minutes.