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2009, DAC 534 - Subvention au Comité d'action de la Résistance (5e). Montant 5.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2009


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous examinons le projet de délibération DAC 534. Il s'agit d'une subvention au Comité d'action de la Résistance, association du 5e arrondissement, pour un montant de 5.000 euros.

Je donne la parole à Mme CHRISTIENNE.

Mme Odette CHRISTIENNE. - Merci, Madame le Maire.

Chers collègues, en lisant le journal de rentrée du Comité d'action de la Résistance "La Voix de la Résistance" et en particulier son éditorial, j'ai été encore une fois admirative pour l'activité et la vigueur de ses membres.

Ces résistants des années 1940 ont atteint un âge vénérable, mais s?ils se sont gardés de donner des leçons à quiconque, ils restent des modèles de combativité.

Le C.A.R. illustre bien la déclaration de Lucie AUBRAC selon laquelle, même en période ordinaire, la Résistance doit se pratiquer au quotidien.

L'importance de cette persistance dans la Résistance pour défendre les valeurs de la République est d'une criante évidence.

Oui, comme le rappelle le président du C.A.R., Pierre MOREL, un ancien du B.C.R.A. (Bureau central de renseignement et d?action) et du SOE, actuel président de "Libre Résistance" : "Ils savent ce que résistance signifie au quotidien, ce qu'action veut dire, ce qu?engagement au nom des valeurs qui furent les leurs, à base de combats contre l'occupant et pour le rétablissement de la République, présuppose."

Et ils poursuivent leur action.

Au cours des dernières années, ils ont systématiquement réagi chaque fois qu'il y avait atteinte à ces valeurs.

Réagi, par exemple :

- aux déclarations négationnistes d?un prélat britannique ou de Téhéran ;

- aux persistances de Robert FAURISSON ;

- à l'affaire significative de la tentative de changement d'adresse du 93 rue Lauriston, siège de la Gestapo française et de l?association BONNY-LAFONT, de sinistre mémoire ;

- aux rencontres officielles nazies en Estonie.

Mais aussi, ils ont, avec toute l'honnêteté intellectuelle qui les caractérise, porté une saine critique sur le projet du manuel d'Histoire commun pour les lycéens de France et d'Allemagne et aussi face aux déclarations de l?ancien vice-président du MEDEF, Denis KESSLER, proclamant récemment : "Il faut défaire méthodiquement le programme du C.N.R.", objectif hélas d'une grande actualité.

Or, aujourd'hui, nous nous préoccupons du devenir de cette association, sentinelle vigilante qui lutte contre le totalitarisme et pour l?écriture de l?Histoire dont elle dénonce les dérives.

Il est à constater que, actuellement, pourtant ô combien vivants, les membres de cette association doivent aussi se battre pour jouer pleinement leur rôle.

Il faut savoir que le C.A.R. a été créateur du prix littéraire de la Résistance et est aussi à l'origine de la Fondation de la Résistance.

Paul Steiner, qui a été résistant dès février 1941 puis président du mouvement Résistance né en 1942, rappelle que c'est à Paris que fut créé et imprimé le journal clandestin de la résistance et déplore qu'actuellement l'esprit objectif, la pureté d'esprit qui animait en 1991 Charles VERNY et les membres du C.A.R., alors qu'ils présidèrent à la création de la Fondation de la Résistance, se perd avec la disparition progressive des héros des combats pour la Libération de Paris et de notre pays.

En effet, se pressent aux portes des associations des héritiers présumés qui, selon un authentique résistant "sans titre réel et ayant de longue date, ensemble, préparé leur coup et dans l'intérêt de leur propre avenir, s'apprêtent à exploiter l'héritage inespéré du patrimoine moral et matériel".

Et ajouterai-je : à forcer les acteurs encore vivants à s'effacer dès ce jour pour mieux assurer la captation.

Alors, nous affirmons ce que chacun d'entre eux devrait savoir, les héros et leur histoire ne sont pas l'héritage de quelques-uns, fussent-ils d'ailleurs leurs descendants - même si ces derniers ?uvrent le plus souvent pour la mémoire -, ils sont l'héritage de la nation.

Paris, déjà engagée avec les quatre autres villes compagnons à veiller sur la mémoire de l'Ordre de la Libération, rassemblant les compagnons de la Libération, devrait apporter, en cette période de mutation, une aide accrue au C.A.R.

Je ne parle pas ici de finances, je parle d'une aide morale et de soutien au souhait de ce Comité, à savoir la préparation d'une structure pérenne, intéressant toutes les forces combattantes, soutien à ces Résistants, qui, selon l'expression de Pierre MOREL, expression qui fut très appréciée par Lucie AUBRAC, "ne tiennent pas à être enterrés avant d?être morts".

On comprendra, dès lors, que l?attribution de la subvention annuelle au C.A.R. ait mon total soutien.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Madame CHRISTIENNE.

Je donne la parole à Mme Catherine VIEU-CHARIER pour vous répondre.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Madame le Maire, chers collègues, je remercie vraiment Odette CHRISTIENNE de profiter de ce projet de délibération pour vous décrire la situation actuelle du C.A.R. et je tiens solennellement, en cet hémicycle, à rendre hommage à Pierre MOREL qui, effectivement, a été maltraité ces derniers temps.

J'espère que le fait d'avoir expliqué ici, dans cette enceinte, où en est le C.A.R. permettra une prise de conscience et un peu plus de respect pour tous ces gens qui ?uvrent dans ce Comité d'Action de la Résistance.

Evidemment, nous émettons un avis favorable pour la subvention, mais c'est bien le fond de l'affaire qui est important, bien plus que le projet de délibération lui-même, vous l'avez compris.

(M. Christophe GIRARD, adjoint, remplace Mme Anne HIDALGO au fauteuil de la présidence).

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons au vote.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 534.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DAC 534).