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Septembre 2009
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Conseil Municipal
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2009, DDATC 185 - Avenant à la convention d'occupation pour l'immeuble communal 72, avenue Félix Faure (15e) par l'association "Patronage Laïque du 15e Maison pour tous" en vue de l'attribution d'une subvention. - Montant : 10.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2009


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DDATC 185 sur lequel Gilles ALAYRAC s?est inscrit.

La parole est à M. Gilles ALAYRAC, pour cinq minutes maximum.

M. Gilles ALAYRAC. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le Patronage laïque se situe dans le 15e arrondissement mais c?est une institution parisienne unique et singulière.

Créé à l?initiative de militants de la cause laïque, surtout des enseignants et ouvriers, il visait à offrir aux enfants des classes populaires des loisirs éducatifs. L?esprit qui a présidé à sa création à la fin du XIX siècle, dans un arrondissement qui était alors ouvrier, doit être préservé.

Il s?agit d?une institution conviviale, ouverte, facile d?accès, avec des tarifs abordables, qui offre toute une panoplie d'activités culturelles, sociales et d'animation. Le Patro, comme l?on dit aussi, est le lieu où un grand nombre d?organisations associatives mais aussi politiques et syndicales, apprécient d?y tenir leur réunion. Bref, c?est un lieu populaire militant incontournable.

Ce projet de délibération propose de soutenir financièrement l'association. La raison est simple : le Patronage laïque est en proie à de sérieuses difficultés financières depuis plusieurs années. L'urgence est telle qu'il faut mettre à disposition à titre gratuit le local que l'association occupe depuis un siècle et ce jusqu'à sa rénovation.

L'association a été créée en 1892. Le bâtiment, qui date de 1908, est maintenant devenu vétuste et de moins en moins adapté aux besoins de ceux qui le fréquentent. L?opération sauvetage du Patronage laïque a été initiée dès notre arrivée aux responsabilités. Il était temps, car le pacte sacré - si on me permet cette expression - était rompu.

En effet, les responsables du Patro l'avaient cédé en 1927 à la Ville de Paris, qui en contrepartie n'exigeait de ses occupants qu'un loyer symbolique. A la fin des années 90, les augmentations de loyer étaient devenues telles que le Patro, étranglé financièrement, allait mettre la clef sous la porte.

Les subventions votées par le Conseil de Paris à partir de 2001 ont préservées l'institution et sont encore nécessaires pour assurer sa viabilité. Nous avons besoin d?un patronage laïque à Paris, lieu de débat, de vitalité démocratique.

Nous avançons aujourd'hui sous la conduite d'Anne HIDALGO, en charge de l'urbanisme et de l'architecture, vers la nécessaire transformation du lieu. Je vois déjà poindre les critiques. Les conservateurs de droite, et surtout de gauche, qui voudraient que rien ne changent. Mais peu importe, ils sont dans leur rôle de conservateurs du patrimoine. Après tout, le lieu peut bien rester celui de la contestation, il l?a toujours été.

En revanche, il est de notre responsabilité d?agir, car nous voulons un site plus accueillant, plus moderne, plus vaste. Je suis certain que les élus impliqués, les associations résidentes, les personnalités extérieures - je pense ici à Marc BLONDEL qui préside le comité de pilotage de l?opération en sa qualité de président de la libre-pensée - tous ces acteurs aboutiront à des propositions innovantes et ambitieuses pour cette institution, afin de la faire entrer dans le XXIe siècle.

Puis, comme nous évoquons la laïcité, je veux rappeler son actualité. Mes chers collègues, elle n'est pas un vaste concept flou autour duquel on se rassemblerait sans s'accorder sur ses contours. Elle est exigeante, elle questionne, elle est concrète. La laïcité m'amène à m'interroger sur les véritables raisons qui y ont amené le Conseil de Paris à ne pas siéger hier. La laïcité n'a pas à s?aligner sur les rythmes religieux, aussi sincères et généreux soient-ils. Il fallait que quelqu?un le dise : la chose est faite.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole à M. Hamou BOUAKKAZ.

M. Hamou BOUAKKAZ, adjoint, au nom de la 5e Commission. - Monsieur Gilles ALAYRAC, mes chers collègues.

Je ne reviendrai pas évidemment sur la dernière partie de votre intervention, sinon pour vous dire qu?en l'espèce, peut-être qu?en réunissant ce Conseil de Paris le lendemain de Kippour avons-nous posé un acte qui préserve et anticipe l'avenir de notre pays où la laïcité s'enorgueillira de la diversité. Mais c'est une autre affaire, une affaire qui est passionnante et à laquelle nous nous attelons aujourd'hui, c?est donc une subvention qui fait consensus dans le 15e arrondissement - vous voyez que j?aime bien le 15e arrondissement - pour une institution qui fait consensus et qui a depuis plus de cent ans posé des actes en matière de laïcité, en matière de vivre ensemble.

Cette institution, un peu victime de son succès, était en voie de subir de grosses difficultés. Sous l'impulsion d'Anne HIDALGO, à laquelle je rends encore une fois hommage, et du maire du 15e arrondissement probablement, sûrement même, dans cette belle unité qui quelquefois vous rassemble, vous êtes en train de contribuer à la renaissance de cette belle maison, en prenant les mesures qui conviennent.

Nous votons une subvention de 10.000 euros pour permettre au Patronage laïque de poursuivre ses activités. Le local, que le Patronage laïque occupe, lui sera cédé à titre gratuit. Il est nécessaire aujourd'hui de permettre le sauvetage de l'association en bâtissant un projet pérenne. C?est l'objet du travail que vous avez fait pour sauver ce patronage laïque, l'orgueil du 15e arrondissement et celui de Paris, et aussi une part de son patrimoine en matière d'histoire sociale et du monde ouvrier.

Je crois que nous votons là une subvention fort utile.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Je suis saisi d'une demande d?explication de vote du groupe U.M.P.P.A.

La parole est à M. Philippe GOUJON.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. Notre conception de la laïcité positive nous amène, bien sûr, à approuver totalement cette décision qui a conduit à ne pas siéger hier, pas plus qu'on aurait siégé, évidemment, le jour de Noël ou d'une autre fête religieuse.

Là, effectivement, nous avons une vraie divergence là-dessus.

Concernant cette subvention qui ne fait pas autant consensus que le disait M. BOUAKKAZ, je voudrais simplement que l'on réponde à un certain nombre de questions.

D'abord, nous voudrions être certains qu'il n?y a aucune possibilité de réhabilitation à venir pour conserver ce bâtiment, le bâtiment que nous connaissons et dont, d'ailleurs, beaucoup d'associations, l'association du "Patronage laïque" elle-même, souhaitent la pérennité. Il serait peut-être même moins coûteux de réhabiliter ce bâtiment que de dépenser 3 millions d'euros pour une reconstruction.

Quel sera le devenir même de l'association "Patronage laïque" ? Y aura-t-il une nouvelle association, avec dissolution de l?association actuelle ? J'ai bien vu que M. BLONDEL s'était vu confier une mission importante en la matière, mais les choses sont encore un peu floues. Quel sera le mode de gestion de cet équipement ? Est-ce que ce sera un équipement transféré ? Y aura-t-il une délégation de service public ?

Et puis, s'il y a une opération de reconstruction, le rôle des étages supérieurs est sans doute important pour que l'ensemble du site puisse répondre aux besoins en locaux et en lieux d'animation culturelle. Cela d'autant plus que, chacun le sait, l'emprise réservée à une destination culturelle dans le cadre de la deuxième phase de la Z.A.C. "Boucicaut" a été réduite de 3.800 à 750 mètres carrés.

Notre arrondissement, chacun le sait, a besoin de salles insonorisées pouvant permettre des répétions, de lieux permettant d'accueillir des expositions, des spectacles scolaires, des associations sportives, des salles accessibles pour permettre aux habitants de célébrer des événements, familiaux ou autres, de lieux pour permettre aux associations dans leur diversité de se réunir, etc. Voilà, ce sont ces usages-là que nous voudrions voir privilégiés au sein de ce nouvel équipement.

Faute de réponse précise, nous nous abstiendrons.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Nous passons aux opérations de vote, après cette explication.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDATC 185.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est donc adopté. (2009, DDATC 185).

Je vous remercie.