Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Septembre 1999
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

34 - 1999, DAUC 190 - Communication de M. le Maire de Paris sur l'évolution des grandes gares de Paris

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1999


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la communication sur l'évolution des grandes gares de Paris.
Chers collègues, depuis plus de 20 ans, vous le savez, les gares parisiennes ont connu des évolutions très importantes liées, en particulier, à la création des liaisons T.G.V. au départ de la gare de Lyon, de la gare Montparnasse et de la gare du Nord ainsi qu'à la constitution du réseau express régional.
Des travaux sont aujourd'hui en cours à la gare du Nord et d'autres viennent de commencer à la gare d'Austerlitz. Plusieurs projets sont aujourd'hui à l'étude dans les gares de Lyon, de l'Est et Saint-Lazard.
Au préalable, en accord avec le président de la S.N.C.F., il m'a semblé indispensable qu'un débat ait lieu entre nous afin de faire connaître à la société nationale et à ses partenaires le point de vue générale de la Municipalité sur ces trois projets et les orientations qu'il paraît indispensable de respecter pour favoriser leur bonne insertion dans les quartiers environnants, bien entendu.
Je suis, comme chacun d'entre vous, très favorable, vous l'imaginez, à ces travaux de modernisation qui vont renforcer encore la puissance et l'attrait de ces pôles de transport. Les gares sont des équipements centraux dans la vie de nos concitoyens. Elles sont aussi un enjeu majeur de notre politique des déplacements, qui passe par une priorité aux transports en commun et une diminution de la part de la voiture.
Je rappelle d'ailleurs que la gare n'est pas seule concernée mais aussi ses abords immédiats.
La Ville de Paris de son côté, vous le savez, mes chers collègues, s'attache à améliorer trottoirs, voiries et places aux abords, dans le droit fil des projets de la S.N.C.F. afin de faciliter les correspondances entre le train et les transports urbains et de remettre en valeur l'espace public.
J'ai confirmé au Président de la S.N.C.F. mon souhait de voir ces projets se développer dans le cadre de notre politique d'urbanisme qui fait une très large part à la concertation. Il m'a donné son accord.
Avant tout engagement, l'impact de ces projets sera donc soigneusement mesuré ; une concertation entre élus locaux, habitants et acteurs économiques sera menée.
En particulier la politique que nous développons partout dans Paris à l'égard des grandes surfaces devra s'appliquer aussi dans les gares. J'ai demandé à la S.N.C.F. de renoncer à toute implantation de grandes surfaces et de veiller à une stricte limitation des moyennes surfaces spécialisées et a fortiori généralistes. Autour des gares, ce sont aussi des quartiers dans leur ensemble qui se structurent. Des réflexions sur la gare d'Austerlitz ont vu le jour récemment dans le cadre de la Z.A.C. "Paris-Rive gauche".
J'ai demandé, vous le savez, que des études soient engagées sur la couverture des voies ferrées à l'arrière de la gare de l'Est et de la gare Saint-Lazare. De la même façon, je vous propose que nous débattions dans les prochains mois des questions d'urbanisme liées aux grandes emprises ferroviaires dans Paris, en particulier dans les 17e et 18e arrondissements. Des problèmes de voisinage avec le chemin de fer existent aussi dans le 12e.
Notre but commun est que les gares restent les lieux de transit et de vie qu'elles ont été jusqu'à maintenant et que les grandes emprises ferroviaires qui, avec la modernisation du chemin de fer doivent être réorganisées, puissent venir concourir à la vie des quartiers en permettant la création d'équipements, de logements et, bien sûr, de jardins qui sont l'objet d'une attente légitime.
Voilà les orientations que je voulais vous donner à l'ouverture de ce débat sur cette communication qui est importante pour l'avenir des transports en commun à Paris, mais aussi pour la qualité et l'équilibre social et sociologique.
M. FERRAND a la parole.
(M. Pierre GABORIAU, adjoint, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).
M. Eric FERRAND. - Merci, Monsieur le Maire,
Les élus du groupe du Mouvement des citoyens ne peuvent que se féliciter du lancement par la S.N.C.F. d'un vaste plan de modernisation des gares parisiennes. Les grandes gares de Paris constituent des pôles majeurs de déplacements, indispensables à la vie économique et sociale de la capitale, dont le rôle devrait être encore renforcé avec l'arrivée du futur T.G.V. Est. Occupant des positions centrales, elles forment aussi un patrimoine unique dont la mise en valeur constitue un enjeu certain pour Paris.
Chacun d'entre nous peut aisément s'en rendre compte : bien qu'animées et très fréquentées, les gares parisiennes sont devenues, au fil du temps, des lieux tristes, parfois sombres, dont la fréquentation s'avère souvent compliquée et peu agréable.
Celles-ci ont, en effet, perdu de leur lisibilité : divers services ou installations techniques ont progressivement envahi des espaces qui, à l'origine, formaient une succession de seuils, facilement identifiables, entre la ville et les quais d'arrivée des trains (parvis, façade, vestibule, etc...) Ces évolutions ont abouti à la situation que nous connaissons aujourd'hui.
Des efforts importants ont déjà été poursuivis, au cours des dernières années, pour améliorer le confort des gares par des réaménagements internes. Je pense à la gare du Nord et à celle de Montparnasse, dans le cadre notamment de la mise en place des grandes lignes T.G.V.
Le plan lancé actuellement par la S.N.C.F. s'inscrit dans leur continuité, mais il est aussi d'une plus grande envergure encore puisqu'il concernera les gares situées à la périphérie de Paris.
Au moment où est mis en oeuvre le plan de déplacement urbain de l'agglomération parisienne, au contenu pauvre en projets pour le centre de Paris, cette démarche devrait donc contribuer à renforcer le rôle et l'utilité du réseau ferré régional au sein des déplacements.
A ce titre, l'étude engagée par la S.N.C.F. d'une liaison nouvelle, rapide et à forte fréquence, entre la gare du Nord et de l'Est et Roissy constitue une orientation que j'accueille avec une grande satisfaction.
La S.N.C.F. prévoit, dans le cadre de ce plan, de nombreux projets parmi lesquels une amélioration de l'accueil et de l'information des usagers, des accès et des circulations internes aux gares, des circuits de correspondance, mais aussi un renforcement des moyens en faveur de la lutte contre le sentiment d'insécurité, ce qui est nécessaire.
Les gares constituent un atout pour l'économie parisienne. Le réaménagement des cours, et surtout des espaces dévolus aux commerces devrait améliorer l'offre de prestations actuelles et rendre les gares plus attractives. La S.N.C.F. prévoit de développer d'ailleurs de nouveaux services pour les voyageurs : lieux de travail équipés de moyens de communication modernes, espaces de détente... Ces évolutions et ces innovations favoriseront certainement la fréquentation des gares et celle des commerces situés à proximité, à condition qu'un effort important soit fait pour réaménager les abords des gares et faire reculer la place de la voiture au bénéfice des piétons, des cyclistes, des transports collectifs et des taxis.
L'effort doit en effet dépasser l'espace même des gares et être à la hauteur des attentes de confort de circulation des usagers, des riverains et des Parisiens.
Nous avons fait des propositions pour la revitalisation du centre de Paris, pour le rendre plus attractif, telles que par exemple la création d'un réseau de bus performant destiné à relier les gares entre elles, mais elles sont malheureusement restées sans suite de votre part.
Les orientations de la Ville sont pour l'instant trop générales, ou encore à l'étude, comme je le constate pour les abords de la gare d'Austerlitz. J'espère donc que la Municipalité prendra toute la mesure du renouveau que constituent les projets de la S.N.C.F. et qu'un vrai débat pourra avoir lieu, ici même, dans les prochains mois, sur les projets de la Ville, lorsqu'ils seront clairement définis.
Je vous remercie.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme BERTINOTTI.
Mme Dominique BERTINOTTI. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.
Qu'est-on en droit d'attendre d'une communication du Maire de Paris sur l'aménagement des gares parisiennes ? Je répondrai : la définition d'une vision claire et précise du rôle que l'on assigne aujourd'hui et demain aux gares dans le cadre d'une politique urbaine valorisant les quartiers dans lesquels sont implantées ces gares et améliorant les conditions de vie de tous les Parisiens.
Encore eut-il fallu trouver la réponse aux interrogations suivantes : comment mettre en cohérence les attentes des voyageurs et le mieux vivre pour les habitants de ces quartiers ? Comment gérer les intérêts parfois divergents entre ceux qui passent - les voyageurs - et ceux qui vivent dans les quartiers - les habitants ?
L'objectif premier de l'aménagement des gares est-il d'en faire des lieux aussi agréables et confortables que les aéroports, comme le voudraient certains, ce qui signifierait alors mettre l'accent essentiellement sur les zones commerciales souterraines, les parkings, les bâtiments de bureaux, les hôtels ?
Ne faut-il pas se soucier d'une cohérence entre services marchands et services non marchands ?
La multiplication et la diversification éventuelle des services et des commerces offerts aux voyageurs sont-elles susceptibles d'avoir un impact positif pour les quartiers alentours et la vie de leurs habitants ?
Or, bien qu'ayant lu avec beaucoup de soin la communication du Maire, je n'ai pas trouvé d'élément de réponse à ces questions.
Par contre, j'y ai trouvé beaucoup de voeux pieux qui ne peuvent, en aucun cas, pallier l'absence d'une véritable politique de la Ville de Paris concernant l'aménagement des gares et des quartiers environnants.
En effet, la communication qui nous est présentée aujourd'hui se résume à un exposé des projets de la S.N.C.F., projets intéressants mais qui soulignent, par leur diversité, encore un peu plus le retard que la Ville a pris sur ce sujet.
En effet, il est très intéressant de lire comment la S.N.C.F. entend résoudre les problèmes de multimodalité, en d'autres termes moins barbares : comment organiser un réseau à multiples interconnexions et comment l'intégrer dans celui plus vaste de toutes les formes de déplacements : du taxi au bus, du métro au vélo et à l'automobile ?
Au travers des propos du Maire, on suit le cheminement de la réflexion qui finalement a été entreprise par la S.N.C.F. depuis plus de dix ans qui a fait le constat critique d'un décalage entre le rythme de modernisation des trains et celui des gares. Et la longue énumération des principes opérationnels que M. le Maire reprend, répond aux deux axes stratégiques arrêtés par la S.N.C.F. : améliorer les services aux voyageurs dans les gares, et développer commerces et services marchands en gares. La S.N.C.F. complétait cette démarche par la nécessité de rendre la gare plus attractive et se déclarait prête à participer à la revalorisation des centres urbains en partenariat avec les élus locaux. Bref, une réflexion, des perspectives, des propositions de la S.N.C.F. au sujet desquelles en tant qu'élus nous aurions dû émettre un avis, en approuver certaines peut-être, exprimer des réserves sur d'autres. C'est ce que l'on attend de la communication du Maire et non pas l'impression que le Maire de Paris s'est transformé en bon V.R.P. de la S.N.C.F.
A quel moment en effet formule-t-il de véritables propositions ? Pourquoi en être resté à n'énoncer que des principes généraux et le langage qui est utilisé est éclairant sur ce sujet. Je le cite : "certains projets ont été préparés, d'autres sont à l'étude, des réflexions sont en cours".
La surprise est encore plus grande de lire qu'il va être procédé à propos du quartier gare du Nord, gare de l'Est, quartiers anciens par excellence et je cite le Maire de Paris : " à une analyse urbaine économique et sociale détaillée de l'ensemble des lacunes et des dysfonctionnements qu'on peut y observer ", pourquoi avoir attendu 1999 pour s'interroger sur ce quartier ? Voilà donc un exemple de l'absence de politique urbaine de la Ville sur ce sujet.
Les choses sont-elles ou vont-elles être mieux engagées ? On peut craindre que non. Bien que vous preniez grand soin d'annoncer en fin de votre introduction que la communication du maire n'est qu'un document d'orientations, était-il inconcevable de définir un échéancier des consultations à mener avec les différents partenaires ? Rien sur le processus de concertation qui de toute façon devra avoir lieu. Qui va discuter avec qui, sur quelle base, sur quel projet, pour quels objectifs et quand ? Pas de réponse !
A cela, il faut ajouter l'absence d'engagement budgétaire précis qui est justifié par le fait que c'est un document d'orientations. Soit. Mais alors pourquoi, lorsqu'est évoqué le réaménagement de la place Raoul Dautry devant l'entrée de la gare Montparnasse, il est fait remarqué qu'il a été demandé aux services de la Ville d'élaborer un projet de remise en valeur de cet espace, mais que, et je cite "les contraintes budgétaires actuelles et les autres priorités ne permettront sans doute pas de le mettre en oeuvre à très court terme". Cela augure mal de l'avenir.
Je voudrais dire que pour notre part, notre approche est différente.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Est-ce que vous pouvez conclure ? Vous êtes à près de six minutes.
Mme Dominique BERTINOTTI. - Notre approche est différente tant sur l'aménagement à l'extérieur des gares qu'à l'intérieur. La gare était un point de rencontre entre les groupes, les couches et les classes sociales. Elle était un point central, ouvert à tous les citadins. Pourquoi ne le resterait-elle pas à condition de ne pas réduire l'occupation des espaces à sa seule fonction commerciale et on peut estimer qu'aux services commerciaux doit être reliée toute une série d'activités culturelles et de types divers, destinés non seulement aux passagers mais qui s'adressent à tous les citadins. A Brescia une association culturelle a été créée qui programme et gère les activités culturelles qui ont lieu dans la gare et dans ses environs.
Il ne faudrait évidemment en aucune façon admettre que le réaménagement des gares ne puisse se résumer, et je cite un journaliste des Echos, "à une aubaine pour les promoteurs".
Pourquoi ne pas insister sur le développement du transport des marchandises ? Et à l'extérieur, pourquoi ne pas mettre l'accent sur un nouveau partage de l'espace, privilégiant les modes de transports publics ?
Enfin, il faudrait souhaiter l'instauration d'une véritable démarche participative des Parisiens qui fait cruellement défaut à Paris et à ce titre prenons exemple sur des villes comme Berlin ou Londres où le projet de modernisation de la gare de King Cross s'est fait après une concertation approfondie qui a permis de réduire le nombre de bureaux et d'augmenter celui des logements. Pourquoi donc ne pas créer un comité d'aménagement des gares parisiennes ?
Je voudrais juste en conclusion dire que pour nous, le transport public est un acteur de la qualité urbaine, un facteur de cohésion sociale qui suppose un autre partage de l'espace entre les différents modes de transport. Pour nous, choisir les transports publics urbains c'est choisir la ville dans laquelle on souhaite vivre, et la gare est au centre de cet enjeu.
Il faudrait qu'innovation technologique et modernisation se conjuguent avec émulation économique et intellectuelle qui ne peuvent être portées que par une politique globale urbaine et non pas par des mesures ponctuelles et parcellaires comme en témoigne votre communication.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Il reste 8 orateurs sur ce sujet. Je vous demande instamment de respecter les cinq minutes de participation de chacun.
Monsieur OTTAWAY, vous avez la parole.
M. Michel OTTAWAY. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, il était vraiment temps de prendre en considération le fait et les conséquences de l'insertion des gares dans nos quartiers.
Depuis quelques années, divers projets de déplacement des gares parfois aux limites ou à l'extérieur des limites de Paris ont été écartés. Dès lors, il était évident qu'il fallait répondre aux effets négatifs que peut apporter leur présence dans le tissu urbain mais aussi prendre appui sur les facteurs positifs de leur insertion et les atouts qu'elles offrent au développement et rayonnement de la Capitale.
Il faut reconnaître que pour sa part la S.N.C.F. n'a pas toujours été préoccupée de l'inclusion de ses édifices dans le tissu et la vie des quartiers de Paris.
Un élu du 10ème est bien placé pour dire qu'elle n'a pas toujours été à la hauteur de ses responsabilités, vis-à-vis des habitants lorsque des travaux entraînaient des dommages à leur immeuble. Cependant, elle a commencé de changer de conception et de comportement, il y a quelques années, mais ce mouvement nouveau est lent, et la mairie centrale aurait pu mieux l'accompagner, l'accélérer si elle s'était appuyée sur les élus d'arrondissement.
Dans votre communication, il y a des observations, des orientations de bon sens, et vous concluez joliment par l'annonce d'une démarche progressive et concertée. Mais si on y regarde de plus près et plus particulièrement pour ce qui concerne les gares du Nord et de l'Est, on trouve là une excellente matière à une véritable démonstration des carences et de l'immobilisme de la politique urbaine de la Mairie de Paris.
Appartenant à la municipalité du 10e, habitant depuis mes premiers jours entre les gares du Nord et de l'Est, je ne peux que constater avec ironie que vous semblez découvrir cet état, nous sommes le 29 septembre 1999, découvrir ces problèmes à la lecture des communication et envisager des solutions que les élus du 10ème vous ont présentées à maintes reprises depuis bientôt quatre ans !
Non seulement les effets négatifs dus à la présence des gares n'ont pas toujours été contenus de la meilleure façon, mais les réponses possibles n'ont pas été apportées lorsqu'il en était temps et quant aux facteurs positifs de la présence de ces gares, facteurs positifs qui pouvaient être développés, ils restent à l'état de virtualité.
La présence de deux gares régionales, nationales et internationales rapprochées de quelques centaines de mètres est un fait unique au monde. C'est un atout précieux pour la capitale puisque cela crée en fait son véritable pôle européen. Quelles initiatives, quelles incitations, quelles concertations avez-vous engagées pour maintenir et développer la vitalité des quartiers les mieux accessibles de Paris ?
Qu'a fait la Mairie de Paris pour trouver les moyens et les partenaires assurant une diversité d'activité qui détermine la qualité de la vie urbaine ?
J'ai reçu le témoignage d'une surprise attristée de la part d'un entrepreneur allemand présent dans le quartier et qui déplore que ce pôle européen reste en jachère. Vous n'avez pas réussi à encourager une combinaison équilibrée autour des gares, logements, bureaux, équipements sportifs et culturels, commerces. Pire, aucun frein n'a été mis à la seule spécialisation au marché de produits exotiques de tout un quartier. Actuellement, on ne peut que conclure au gâchis d'un véritable pôle de développement de la Capitale.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci.
M. Michel OTTAWAY. - Je n'ai pas terminé. Excusez-moi !
Alors que parmi des centaines de milliers de voitures qui transitent chaque jour dans nos gares et dans nos quartiers, il y a forcément une concentration de population errante et marginalisée, je ne peux dire que la Mairie centrale ait beaucoup soutenu les initiatives et propositions que la municipalité du 10ème a pu faire, notamment pour développer la présence de travailleurs sociaux ou pour ouvrir des centres d'hébergement pour les personnes sans domicile fixe.
En ce qui concerne la circulation automobile, la mieux canaliser pour augmenter le passage des piétons, faciliter l'accès des taxis et autobus ; des propositions de travail en commun avec la Mairie centrale et la Préfecture de police ont été faites à de multiples reprises à vos équipes sans avoir été suivies d'effet.
Dois-je ajouter également que dans votre communication, et je crois que c'est le comble du contraste, non seulement comme le rappelait ma collègue Dominique BERTINOTTI, il est tristement savoureux de voir que vous allez engager une étude, une analyse urbaine détaillée, d'ensemble d'un quartier pour répertorier les lacunes et dysfonctionnements que nous n'avons cessé de vous faire connaître en vous proposant des solutions, mais le comble du comble est de lire qu'on va suivre - je rappelle que cette communication est présentée le 29 septembre 1999 - attentivement l'évolution des parcelles vides liées au chantier d'EOLE qui a des effets défavorables sur le quartier.
Ce chantier EOLE magnifique techniquement et pour les services qu'il va rendre, et le chantier du tunnel sous la gare Magenta situé en-dessous de la gare du Nord, ont nécessité l'acquisition de 3 parcelles le long du Faubourg-Saint-Denis.
Eh bien, on a appris que 2 parcelles ont été acquises, des projets immobiliers conduits, sans que jamais, selon ces très belles intentions, la moindre concertation ait été engagée sur les effets favorables sur le quartier que pourrait avoir l'utilisation de ces projets immobiliers et leur affectation.
Jamais on n'a été consulté pour ce qui concerne les élus locaux assez à l'écoute des habitants.
Vraiment, je peux dire que sur ce point, sur cette communication et sur le décalage que nous pouvons mesurer entre les orientations et les moyens concrets de la mettre en ?uvre, je ne peux que conclure par l'amer constat de beaucoup d'occasions manquées et de temps perdu à force de contourner systématiquement les élus locaux.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Je vous demande instamment de faire l'effort de rester dans les cinq minutes.
Madame MOREAU, vous avez la parole.
Mme Gisèle MOREAU. - Une fois n'est pas coutume, les élus communistes se félicitent du contenu de la communication sur l'évolution des grandes gares parisiennes pour lesquelles d'intéressantes perspectives sont envisagées. J'émettrai toutefois d'emblée une critique : l'absence de précisions sur ce que compte faire concrètement la Ville sur ce point.
Les éléments d'analyse et de solution qui sont présentés et qui sont ceux de la S.N.C.F. rencontrent pleinement ce qu'avancent depuis des années les élus communistes. Ce qu'ils ont été longtemps les seuls à avancer, non sans essuyer des accusations d'archaïsme de la part de la majorité municipale.
Aujourd'hui où apparaissent clairement les dangers et les gâchis, l'échec même des orientations urbaines des années 1980, on voit mieux où se situe la modernité, non pas du côté du "tout voiture" mais dans le développement des transports collectifs, de l'intermodalité et du ferroviaire en particulier.
Il faut se souvenir que dans les années 1980, il était de bon ton ici de vitupérer la place prise par les gares, vastes emprises effectivement soustraites à la vague spéculative de l'époque. Il faut se souvenir de l'opposition qui a existé ici durant des années au maintien de la gare d'Austerlitz dans le cadre de la Z.A.C. "Paris-Rive gauche".
Il a fallu une rude bataille, une large mobilisation pour sauver cette gare et celle-ci s'avère aujourd'hui être la seule à avoir une capacité de développement que la S.N.C.F. affirme vouloir remettre en ?uvre.
Face à la pollution, aux difficultés de circulation, au désir des citadins de vivre différemment la ville, le transport ferroviaire reprend ses lettres de noblesse et c'est tant mieux.
Le changement de majorité, l'activité du Ministre des Transports, mon ami Jean-Claude GAYSSOT, ne sont naturellement pas étrangers à cette solution positive.
Le constat fait par la communication rend justice au rôle des gares dans la vie des Parisiens et de la Capitale. Il évoque aussi des difficultés existantes, résultant à mon avis d'une évolution plus quantitative que qualitative.
Les gares où passent chaque jour des centaines de milliers de personnes ne sont pas des lieux de vie mais un quasi désert social.
Je voudrais dire à ce propos que le seul développement commercial ne pourra suffire à modifier les choses et souligner, après plusieurs de mes collègues, l'importance des services sociaux et culturels.
Ainsi, la communication évoque la complexité des parcours, l'inconfort, le manque de convivialité, l'absence de service et de personnels, les difficultés d'accès pour les personnes à mobilité restreinte et enfin l'insécurité.
Des objectifs concrets sont avancés pour remédier à ces grands défauts, objectifs concrets définis par la S.N.C.F. mais je voudrais revenir sur la part de la Ville pour les objectifs qui la concernent plus particulièrement.
Aucun plan urbain précis n'est avancé. La question du financement de ce qui est présenté comme un des chantiers les plus importants des prochaines années est complètement laissée dans le flou. La Ville approuve les projets de la S.N.C.F., c'est bien mais il faudrait les prolonger.
L'aménagement ou la création de nouveaux espaces aux abords des gares, le réaménagement des parvis, l'amélioration de l'accès de la desserte, tout cela doit être réfléchi et coûte de l'argent et tout cela doit faire l'objet d'une concertation approfondie.
Je veux donc insister sur l'engagement, notamment financier de la Ville et souhaiterais avoir des précisions à cet égard.
Pour conclure, vous me permettrez d'évoquer le cas de la gare d'Austerlitz qui occupe une place très importante dans cette communication. Non seulement il convient de revitaliser rapidement cette gare mais, à tout le moins, rien ne devrait être fait qui puisse compromettre son développement futur.
Je viens d'exprimer les préoccupations qui sont les nôtres avec la réalisation de l'avenue de France prévue dans la Z.A.C. "Paris-Rive gauche" dans une optique complètement différente. Je réitère ces préoccupations car je n'ai eu aucune réponse sur ce sujet. Pas plus d'ailleurs que les 3 collègues qui sont intervenus.
J'ai posé des questions en émettant des préoccupations en considérant qu'une délibération qui vient d'être adoptée ici entre en contradiction avec la communication qui vient d'être faite sur la gare d'Austerlitz. On ne m'a pas répondu et d'autres collègues ont émis ces préoccupations, on ne leur a pas répondu non plus. Je trouve que c'est assez léger et j'aimerais avoir une réponse à ces préoccupations car le risque à notre avis existe de nous trouver devant une situation irréversible, entrant en contradiction avec les perspectives tracées pour la gare d'Austerlitz. Mais plus fondamentalement, et je conclus, nous avons, avec le nouvel avenir réservé à la gare d'Austerlitz, une raison supplémentaire de procéder à la révision de la Z.A.C. "Paris-Rive gauche" dont la gare d'Austerlitz occupe la part centrale, cela afin de ne plus considérer cette gare comme cela a été le cas pendant longtemps comme un inconvénient, comme une surface à réduire absolument, et c'était la conception de départ qui a motivé notre forte opposition, mais de la prendre pleinement en compte comme un atout à faire fructifier aussi bien d'un point de vue trafic ferroviaire voyageurs que marchandises, avec la création d'une plate-forme multimodale de fret. Il faut aussi la faire fructifier en fonction du lien à établir entre la gare et la ville qui est un point important avancé par la communication.
C'est là une occasion unique qui se présente et il ne faut pas la laisser passer.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci.
L'adjoint compétent, chère collègue, répondra à vos interrogations à la fin de l'ensemble des interventions.
La parole est à Mme BILLARD.
Mme Martine BILLARD, élue "Les Verts". - Monsieur le Maire, quelques réflexions sur cette communication.
La valorisation du patrimoine des gares, façades, verrières, halls, cours, nous semble très positive puisque c'est la bagarre que nous avions menée à propos de la gare d'Austerlitz. On ne peut que se féliciter que cette décision soit prise aujourd'hui pour l'ensemble des gares.
Par contre, ce qui nous ennuie un peu dans cette communication, c'est le flou qui règne sur le chiffrage des aménagements envisagés qui risque, du coup, de ne pas garantir les objectifs affirmés qui consistent à privilégier la qualité, en limitant la place exagérée accordée à l'automobile dans ces quartiers et la conservation du patrimoine.
Par exemple le fait d'envisager la couverture des voies à la gare de l'Est nous semble aller à l'encontre des deux principes précédents.
Le problème de cette gare est celui des diesels. Couler une chape de plomb au-dessus des voies ne résoudra pas le problème.
De plus le fait que soit signalé qu'il y a des friches disponibles autour de la gare, nous semble inquiétant.
Le quartier est assez dense, comme il l'est à l'heure actuelle et nous ne serons pas d'accord pour construire un peu plus dans cette zone, d'autant que le 10e est la recherche d'espaces verts, et de jardins de proximité qui lui font cruellement défaut.
Nous sommes inquiets sur le fait que cette partie ne soit pas plus précise.
Pour l'examen des conditions de déplacement, dans l'ensemble du secteur gare du Nord - gare de l'Est, il nous semble important qu'il soit réévalué en fonction d'une répartition équilibrée des modes de circulation.
Il ne faudrait en effet pas, en créant un nouvel accès, au nord, en améliorant les relations avec la rue du Faubourg-Saint-Denis, concentrer la circulation des autobus au même endroit. Nous ne voyons pas l'intérêt de supprimer la voie de bus en contresens. Nous aimerions avoir une réponse précise sur cette question.
Sur l'extension des gares, concernant la gare de l'Est et la gare du Nord, nous n'en voyons pas non plus l'intérêt compte tenu du caractère déjà très urbanisé du secteur.
Un manque, dans la communication, concerne le trafic fret dans les gares parisiennes. On vient d'en parler à propos du P.D.U. Rien n'est signalé dans cette communication.
Un autre manque : l'interconnexion entre les gares parisiennes et les gares de la Région Ile-de-France. Les gares ont un rôle central dans le réseau ferré francilien, pour le trafic Paris-banlieue, voire de banlieue à banlieue, transitant par Paris.
Au nord de Paris, la liaison entre Saint-Lazare et le nord est désormais assurée par EOLE. Au sud de Paris, il faudrait penser à une meilleure liaison inter-gares entre Montparnasse, Austerlitz et gare de Lyon. Cela suppose la mise en site propre intégrale du 91, qui devrait préfigurer une future ligne de tramway.
Enfin il nous semblerait important que la Ville fasse pression auprès de la S.N.C.F. pour que les gares deviennent entièrement accessibles aux personnes handicapées, ainsi qu'aux parents ayant des poussettes et aux voyageurs chargés de lourdes valises. On ne peut pas dire que ce soit le cas aujourd'hui dans la majorité des gares parisiennes où cela relève souvent du parcours du combattant.
Dernière chose sur la concertation : nous espérons que cette concertation ne se limite pas à une consultation formelle des Conseils d'arrondissement, mais que soient prévues des réunions des C.I.C.A., avec les représentants de la Ville, de la R.A.T.P., de la S.N.C.F., ainsi que des réunions dans les quartiers.
C'est ainsi que les opinions des habitants pourront être prises en compte et que les habitants n'auront pas l'impression de se voir imposer un projet auquel ils auraient peu participer.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci, chère collègue.
La parole est à M. PERNIN.
M. Jean-François PERNIN, maire du 12e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je tiens à vous remercier pour la communication que vous nous présentez aujourd'hui. C'est la première fois qu'une telle communication nous est faite sur l'importance du rôle que jouent les gares à l'échelon de Paris, du pays et de l'Europe, sur leur évolution, sur leur insertion dans les quartiers de la Capitale et sur les nécessaires améliorations qu'il convient de leur apporter.
Je suppose que par la suite, vous nous saisirez d'un certain nombre de projets de délibération pour pouvoir discuter et concrétiser les différents aménagements qui s'imposent.
Mais, Monsieur le Maire, avant d'arriver à ce stade, je voudrais insister sur le fait qu'avant tout une concertation préalable s'impose entre vos services, les maires d'arrondissement, les représentants des forces vives des quartiers concernés et la S.N.C.F.
Il importe donc, aujourd'hui, pour nous, de prendre connaissance d'un constat et de soumettre à notre réflexion des projets d'aménagement.
En tant qu'élu et maire du 12e, je voudrais illustrer ces propos en examinant maintenant les projets d'aménagement qui nous sont présentés, en me servant de ceux concernant la gare de Lyon.
Le choix de cette gare, l'une des plus importantes d'Europe, est tout d'abord justifié par l'importance de son trafic, qui au cours de la dernière décennie, a augmenté de 12 millions de voyageurs par an. Elle joue aussi un rôle exemplaire sur le Plan des transports parisiens, régionaux, nationaux et internationaux, en nous reliant aux banlieues est et sud-est par le R.E.R. et les trains de banlieue, au centre des affaires de la Capitale, à la gare Saint-Lazare et bientôt à la Rive gauche par METEOR, au bassin rhodanien, Méditerranée et transalpin par le T.G.V. et bientôt le T.G.V. sud-est.
Enfin cette gare s'ouvre sur des quartiers en pleine évolution et avec lesquels elle est en complète symbiose.
Dois-je ajouter que les projets d'aménagement qui nous sont proposés aujourd'hui sont la suite logique des travaux réalisés depuis quelques années, travaux réalisés en parfaite concertation, entre la Mairie de Paris, la mairie du 12e, la S.E.M.A.-EST et la S.C.N.F. ?
Qu'il nous suffise d'en rappeler quelques-uns : ceux de la Z.A.C. "Chalon" qui ont eu pour but d'améliorer l'environnement tout en réservant de meilleures conditions d'accès et de stationnement à la gare de Lyon ; l'amélioration de la circulation avec la création du pont Charles-de-Gaulle ; la réorganisation de la voirie avec l'implantation de la rue Van-Gogh, les deux voies passant sous le parvis de la gare, la mise en souterrain de la rue de Chalon, en faisant bénéficier les voyageurs d'une aire de stationnement, sans oublier bien sûr le remaniement du plateau des voies S.N.C.F. et leur extension sur 40 mètres.
Si les aménagements des différentes gares parisiennes posent des problèmes particuliers, il n'en reste pas moins vrai, pour les raisons que je viens d'indiquer, que la gare de Lyon peut servir de référence pour les améliorations qu'en général il conviendrait d'apporter.
Aussi, après avoir souhaité que les travaux en cours : nouvelle verrière métallique, façade sur la place Henri-Fresnay, accès au parc de stationnement Méditerranée, soient terminés dans un avenir prochain, il m'appartient maintenant d'examiner le détail des améliorations proposées en les complétant par d'autres et en regrettant que certaines aient été oubliées.
Pour les aménagements intérieurs je me félicite des mesures proposées pour améliorer la circulation des voyageurs dont celles des handicapés, faciliter les correspondances, la lisibilité et la sécurité, et aussi pour encourager les voyages d'affaires et le tourisme. Pour ces derniers, toutefois, je demande que l'on veille à ce que la création de bureaux et de salles de réunion ne portent pas préjudice à ceux et à celles, déjà nombreux dans le quartier environnant, et qui ont en plus le grand mérite de faire sortir les voyageurs de la gare.
Je regrette par contre que ne soit pas envisagée la réhabilitation de salles d'attente du public qui, actuellement, sont dans un état lamentable.
J'appuie également l'implantation de l'Office du tourisme de Paris, en le modernisant et en lui adjoignant un bureau pour le 12e qui deviendrait un centre d'information sur le quartier et insisterait sur ses centres d'intérêt : Viaduc des arts, et Bercy notamment, ainsi que le fléchage prévu pour découvrir ce nouveau pôle de l'Est parisien.
Comment ne pas approuver aussi l'humanisation des services S.N.C.F. avec la création d'emplois d'agents itinérants d'accueil qui pourraient être occupés notamment par des jeunes du 12e arrondissement, connaissant bien la gare et les quartiers environnants.
Quant à la présence de personnes en difficulté aux portes de la gare, aucune solution n'est proposée pour y remédier. J'aimerais, à ce sujet, que soit davantage soutenue l'Association des amis de la rue, qui accomplit une oeuvre très utile dans les locaux situés à l'entrée du tunnel Rambouillet.
Enfin quant au souhait de la S.N.C.F. d'installer 10.000 mètres carrés de surfaces commerciales, côté rue de Bercy, et sous la verrière de la place Chalon, il convient d'y réfléchir et j'estime qu'avant toute décision, il est nécessaire que s'engage une concertation préalable.
D'abord sur l'opportunité d'une telle implantation et dans l'affirmative sur les mesures à prendre pour ne pas porter préjudice au commerce local. Ensuite sur le choix des commerces pouvant s'y installer, y compris les commerces locaux qui le désirent, sur la manière de faire sortir les voyageurs de la gare et de leur faire apprécier les centres d'intérêt du quartier : artisans et commerces locaux, Viaduc des arts, Faubourg-Saint-Antoine et Bercy.
La concertation envisagée devrait s'établir entre la Ville de Paris, le maire du 12e et ses adjoints qualifiés, les associations de commerçants du quartier, les représentants de la Chambre de commerce, de la Chambre de métiers et la S.N.C.F.
Il ne faut pas oublier que si la loi "RAFFARIN" ne peut s'appliquer, en raison du régime spécial dont bénéficie la S.N.C.F., il n'en reste pas moins vrai que toute réalisation commerciale de plus de 6.000 mètres carrés, et c'est ici le cas, doit faire l'objet d'une enquête publique et d'une étude d'impact et qu'en outre une autorisation de la Commission départementale d'équipement commercial est nécessaire pour l'implantation de surfaces commerciales dépassant le seuil légal fixé à 1.000 mètres carrés.
De plus les plans d'aménagement adoptés pour les Z.A.C. "Chalon" et "Bercy" n'ont pas prévu la réalisation de nouvelles surfaces commerciales importantes dans l'ensemble de cette gare. Des ajustements réglementaires du P.O.S. paraissent donc nécessaires.
Quant aux améliorations extérieures, j'approuve celles qui nous sont proposées, tant en ce qui concerne la mise en valeur du bâtiment que l'aménagement du parvis, avec le report du stationnement des autocars sur la rue de Chalon, ainsi que l'idée d'améliorer les espaces en rez-de-chaussée de la rue de Bercy.
Mais il est évident que tout ceci doit se faire en concertation. Je regrette par contre que plusieurs améliorations d'aménagement aient été oubliées. Il en est ainsi notamment :
1 - Pour les mesures à étudier pour améliorer la circulation et le stationnement les jours de grands départs ou de grandes arrivées, ainsi que la protection des trottoirs et de la tranquillité des riverains ;
2 - Pour la pose de panneaux indicateurs indiquant les principaux sites des quartiers environnants ;
3 - Pour la protection phonique des immeubles situés près des voies S.N.C.F., notamment rue de Bercy et rue Coriolis ;
4 - Pour l'établissement, après 22 heures, rue de Bercy, du double sens, c'est-à-dire après l'arrêt de la circulation des autobus ;
5 - Pour la réhabilitation, enfin du tunnel Rambouillet dont la tristesse, le manque d'éclairage et l'insécurité ne sont plus à démontrer. Je me permets de rappeler, à titre d'exemple, qu'un tunnel du 12e, entre la rue Coriolis et Bercy, a déjà été réaménagé.
En terminant, je voudrais dire combien je m'étonne que cette communication n'ait traité que des améliorations à apporter dans les gares pour le transport des voyageurs et leur ouverture sur le quartier et ait passé sous silence celles concernant le transport des marchandises. Elles se posent pourtant avec une acuité toute particulière, notamment dans le 12e, avec la gare autoroutière située dans la zone de Bercy. Sa situation actuelle ne peut plus durer en raison de la gêne considérable qu'elle apporte aux riverains et à leur cadre de vie. Je vous demande, Monsieur le Maire, de vous saisir d'urgence de ce problème, vous qui êtes attentif aux questions posées par le bruit et la pollution de l'air et voulez la nécessaire tranquillité des Parisiens.
Voilà les remarques que je voulais faire.
Je vous remercie, Monsieur le Maire, de l'attention que vous voudrez bien y porter et, vous connaissant, je suis persuadé que vous tiendrez à provoquer d'urgence la concertation qui s'impose entre vos services, les mairies d'arrondissement concernées et la S.N.C.F.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "U.D.F. et Modérés", "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci, cher collègue.
La parole est à Mme DOUVIN.
Mme Laurence DOUVIN. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, mon intervention portera sur deux points précis qui sont valables sur l'ensemble des gares :
- leur desserte, d'une part ;
- la sécurité, d'autre part.
Sur le premier point, c'est-à-dire la desserte des gares, il est indispensable de l'envisager en fonction des besoins des différentes catégories de voyageurs.
Ceux qui arrivent dans les gares parisiennes en provenance de localités situées en Région Ile-de-France ou à proximité, et viennent à Paris soit dans le cadre d'un trajet domicile-travail, soit dans celui d'un déplacement court, ont vocation, au sortir du train, à emprunter des transports collectifs. Il est donc bien évidemment nécessaire, dans l'aménagement des gares, d'envisager les cheminements les plus directs possible et cette situation se vérifie tout particulièrement dans le cas de la gare Saint-Lazare où le trafic-banlieue représente 90 % des 100 millions de voyageurs annuels. Il est également intéressant de favoriser les déplacements à vélo, que ce soit en permettant le transport des vélos ou, surtout, en prévoyant des possibilités de stationnement gratuit et gardé. La présence humaine me paraît indispensable. Cette disposition est évidemment créatrice d'emplois.
Mais, ces mesures ne concernent pas toute une autre catégorie de voyageurs qui utilisent les grandes lignes, qui sont 100 millions par an au départ ou à l'arrivée des gares parisiennes. Et pour ceux qui arrivent dans les gares parisiennes avec des bagages, soit en provenance de la province, soit en provenance de l'étranger, ou pour ceux qui ont des difficultés à se déplacer, le recours au taxi s'avère indispensable.
Or, c'est un service qui laisse fréquemment à désirer sur deux points :
- l'insuffisance, à certaines heures en particulier, du nombre de taxis desservant les gares ;
- et l'organisation de la prise en charge qui s'effectue souvent dans le plus grand désordre au lieu d'être ordonnée en files parallèles et surveillées par un agent de police.
Sur l'insuffisance de la desserte, il s'agit d'un service public offert aux Parisiens et aux visiteurs et qui doit être amélioré en trouvant une solution avec les professionnels, vraisemblablement en utilisant les nouvelles technologies avec localisation des voitures.
Sur l'organisation de la prise en charge, la voirie doit être aménagée en conséquence et la Préfecture de police doit également fournir le personnel nécessaire, en tout cas aux heures et aux jours d'affluence.
Chacun aura compris que j'évoque là un des nombreux exemples du bien-fondé du transfert des pouvoirs du Préfet de police au Maire de Paris en matière de circulation et de stationnement, tel qu'il est prôné depuis longtemps par le groupe "Paris-Libertés".
Le second point sur lequel je souhaite intervenir est celui de la sécurité dans l'enceinte des gares et aux abords.
Je trouve la communication du Maire de Paris discrète sur ce point dans la mesure où elle affirme, je cite, que "les gares sont traditionnellement des lieux de refuge pour les personnes en difficulté qui cherchent un abri et quelques ressources".
En fait, l'insécurité règne dans l'enceinte et aux abords des gares la journée et encore davantage le soir. Les chiffres des atteintes contre les voyageurs ont plus que doublé par rapport à 1993. Je citerai par exemple la gare du Nord, où la fréquentation des portes de l'entrée principale n'est vraiment pas engageante et où la situation empire le soir, malgré la présence humaine des agents de la S.N.C.F., qui d'ailleurs se fait rare.
Monsieur le Préfet de police, je m'adresse à vous. Pour les Parisiens, les banlieusards, les provinciaux et les étrangers, dont l'arrivée en gare est la porte d'entrée dans notre pays, sans oublier les personnels des entreprises de transport de plus en plus souvent visés, un effort considérable en faveur de la sécurité reste à effectuer.
On sait que, dans les trains, l'insécurité augmente gravement, avec des bandes qui rançonnent les voyageurs sur certaines lignes en n'hésitant pas à actionner le signal d'alarme pour arrêter les rames et disparaître au plus vite en toute impunité. A titre d'exemple, le nombre de signaux d'alarme tirés de façon intempestive a été multiplié par 6 depuis 1993. A l'intérieur et aux abords des gares se multiplient vols de sacs, portefeuilles, bagages, parfaitement prémédités et organisés.
Quant aux moyens de se faire quelques ressources, trouve-t-on normal de laisser faire ce qu'on appelle gare de Lyon les "caddies-boys" ? Ils ont une technique bien au point, à l'arrivée des taxis, en se présentant avec un chariot, accompagnant les voyageurs jusqu'au train et demandant 100 F par prestation ! Le trafic est si bien organisé que, le soir, leurs organisateurs viennent en voiture ramasser la recette, estimée entre 4 et 5.000 F par jour et par personne !
Enfin, la fermeture des gares la nuit n'est pas assez surveillée, faute d'effectifs, et les gares sont le lieu de conflits de bandes de plus en plus fréquents et violents. La présence d'emplois jeunes de la S.N.C.F. ne change rien à l'affaire, cela est du ressort de la police. A un moment où la Ville de Paris et la S.N.C.F. se lancent dans une politique à la fois nécessaire et audacieuse de rénovation des gares parisiennes et de leurs abords, la Préfecture de police ne peut être en reste et doit accompagner cette politique dans les proportions nécessaires. Encore une fois, le manque d'effectifs est en cause et cet aspect ne peut manquer d'être souligné dans ce dossier.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Paris-Libertés", "Rassemblement pour Paris" et "U.D.F. et Modérés").
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci, chère collègue.
Mes chers collègues, inséré dans le plan national de modernisation baptisé "1.000 gares pour l'an 2000", la S.N.C.F. lance un ambitieux programme de rénovation et d'amélioration des gares parisiennes ayant pour objectif, en particulier, d'améliorer le confort en gare et de développer le service offert à la clientèle.
Je me réjouis que la Municipalité parisienne soit très attentive à ce projet, car l'image de la Capitale donnée lors de l'arrivée des Parisiens, mais aussi des touristes provinciaux et étrangers, n'était vraiment plus digne de notre Ville-lumière.
Je souhaite donc appeler l'attention de la Municipalité sur l'absolue nécessité d'inscrire dans les négociations présentes et à venir avec les représentants de la S.N.C.F. la réimplantation dans des espaces centraux, des bureaux de l'Office du Tourisme et des congrès de Paris.
En effet, reconnaissant la nécessité des fonctions d'accueil et d'information touristique, la S.N.C.F. avait installé des bureaux dans les cinq gares parisiennes avant même que l'Office du tourisme ne soit créé. Revenant sur ses engagements financiers, la S.N.C.F. a décidé de fermer, depuis le 30 juin 1997, les trois bureaux des gares de l'Est, Montparnasse et Austerlitz. Depuis 1998, un quatrième bureau, celui de la gare du Nord, le plus actif avec la gare de Lyon, a été fermé pour cause d'aménagement, avec une proposition de relogement qui n'était pas adaptée à la demande des touristes et des visiteurs français et étrangers.
L'ensemble des professionnels et institutionnels des métiers du tourisme parisiens, dont les Présidents de syndicats hôteliers, attachent comme nous tous un intérêt particulier à ces implantations qui sont de nature à favoriser le commerce de proximité dans des lieux géographiques permettant une juste répartition des flux touristiques.
Déjà, lors de la dernière Commission extra-municipale du commerce, ce sujet a longuement été évoqué. A cette occasion, je suis intervenu auprès de M. Daniel CUKIERMAN, Directeur du développement des gares, et de M. Patrick PERRIN, chef du département "valorisation", afin qu'une solution satisfaisante puisse être trouvée avec l'Office du tourisme pour réimplanter ces bureaux qui sont essentiels pour l'accueil et la valorisation de notre belle Ville-Capitale.
Je suis bien conscient des efforts financiers sans précédent consentis par la Municipalité à l'Office du Tourisme, faisant du tourisme et de la promotion de Paris une des priorités municipales. C'est la raison pour laquelle, lors des diverses négociations à venir avec la S.N.C.F., je compte sur la réelle détermination de notre Municipalité pour obtenir la réouverture des antennes dans l'ensemble des gares parisiennes dans des espaces dignes de la vocation internationale de Paris. Car si Paris depuis vingt années est la capitale mondiale des congrès et salons, si les chiffres de l'année 1998 sont en progression de 11 % par rapport à 1997, Paris ne doit pas se reposer sur ses lauriers. L'accueil dans les gares parisiennes des touristes congressistes et visiteurs de salons professionnels revêt une grande importance dans l'appréciation qu'ils ont de l'organisation du congrès ou du salon où ils se rendent.
En conclusion, la présence et l'aménagement de ces bureaux d'accueil et d'information dans les gares est un enjeu majeur et d'intérêt collectif pour les Parisiens et pour Paris en particulier.
Mes chers collègues, je vous remercie.
M. BLET, dernier orateur inscrit étant absent, la parole est à M. BULTÉ pour répondre aux intervenants.
M. Alain RIOU. - Je le remplace.
M. Michel BULTÉ, adjoint. - Non, non, c'est trop tard !
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Bien ! Cinq minutes si vous voulez.
M. Alain RIOU. - Comme tout le monde.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Non, pas comme tout le monde justement, comme vous êtes le dernier orateur vous allez montrer l'exemple.
M. Alain RIOU. - Merci Monsieur le Maire. Les gares ont été les équipements structurants majeurs de la révolution urbaine. Ce mouvement profond et irréversible, corollaire de l'avènement de la civilisation industrielle, marqua le passage d'une société rurale à une société urbaine. Elles ont constitué les pivots des réseaux de transports en commun qui ont permis l'expansion des villes en favorisant la dissociation entre lieu de résidence et lieu de travail.
Des prémices de la révolution industrielle à nos jours, leur importance n'a pas diminué. Les six grandes gares parisiennes sont toujours les principaux lieux-mouvement de la Capitale mais figurent également parmi les principaux pôles d'emplois et de loisirs. Chaque jour des centaines de milliers de personnes s'y croisent, s'y rencontrent.
Leur importance actuelle ne doit pas occulter leur rôle futur. En effet, l'avenir de notre ville leur appartient. De leur capacité à accueillir, à redistribuer les flux de voyageurs dépendra en grande partie l'efficacité des mesures visant à réduire la place de l'automobile. De même, la prise en compte de leurs effets structurants permettra d'envisager une répartition spatiale plus harmonieuse des activités.
Ainsi l'aménagement des gares constitue-t-il un enjeu majeur de développement durable pour la Ville de Paris.
Les lignes directrices que vous nous communiquez aujourd'hui sont-elles à la hauteur de cet enjeu ? En fait les orientations prises incitent au scepticisme. En effet, la réduction du nombre de quais dans les gares, tout en augmentant le trafic et le confort des voyageurs, n'a jamais été évoquée. Cette solution, qui suppose une modification du mode de fonctionnement, à l'instar de ce qui se fait dans les gares les plus modernes où les trains ne stationnent pas à quai mais repartent dans des délais relativement rapprochés vers des lieux de dépôt extra-muros déjà existants, permettrait de libérer des emprises ferroviaires sur le territoire parisien et de les ouvrir à un aménagement urbain soucieux d'espaces publics et d'espaces verts.
A Austerlitz comme ailleurs, la S.N.C.F. continue de thésauriser, arguant d'un développement futur qui n'est pourtant nullement incompatible avec la libération de terrains si le mode de fonctionnement des gares est redéfini. Cette pratique du gel des terres est une aberration à l'intérieur de la Capitale.
Dans le secteur de la cour du Maroc, au nord de la gare du Nord, les riverains du 18e et du 19e arrondissements se battent depuis sept ans pour qu'un grand jardin public de 4 hectares, les jardins d'Eole, et des équipements collectifs soient implantés sur une emprise ferroviaire inutilisée. Or, la S.N.C.F. ne veut rien céder. Contre cette inertie, il ne tient donc qu'à vous, Monsieur le Maire, de vous prononcer publiquement en faveur de cet aménagement qui améliorera sensiblement la qualité de vie dans ce quartier sur-densifié et sous-équipé.
Par ailleurs, le projet de liaison hectométrique entre la gare d'Austerlitz et la gare de Lyon a été abandonné alors que la complémentarité entre les deux gares est censée s'accroître à l'avenir. Encore un bel exemple de cohérence dans une vision à long terme !
Dans le catalogue de mesures évoquées de manière souvent très vague il convient également de préciser certaines priorités. Vous abordez en effet évasivement le devenir de la gare de l'Est en soulignant qu'"il faudra sans doute que la S.N.C.F. accélère son programme d'électrification des lignes" pour remédier aux problèmes de pollution diesel. Or, la S.N.C.F. ne doit pas "sans doute" accélérer le programme d'électrification, elle doit le faire sans aucune restriction et le plus rapidement possible. Cette mesure de salubrité publique est la première des priorités entrant dans le cadre de ce que vous appelez "l'approche globale et largement concertée pour le quartier gare du Nord-gare de l'Est". Aucun aménagement, jardins suspendus ou autres, ne pourra en effet être envisagé tant qu'une centaine de locomotives diesel, équivalent à plus d'un millier de camions diesel, continueront de mettre en danger la santé des riverains jour après jour.
Eu égard au volet aménagement urbain, les projets de revalorisation des espaces publics, tels qu'ils sont succinctement présentés, semblent satisfaisants. Il convient toutefois d'espérer que la concertation soit la plus large et la plus efficace possible et qu'elle permette de déboucher sur des programmes réellement ambitieux. A ce titre, le recours à la pratique de l'appel d'offre, pratique rejetée par la S.N.C.F., s'avérerait salutaire.
La vigilance doit porter également sur la mise à niveau des implantations commerciales. Lieux de passage, les gares induisent naturellement certaines activités, notamment dans le domaine de la restauration, de l'hôtellerie et des services. Que ces activités aient besoin d'être affirmées autour et dans les gares, cela ne fait aucun doute. Que des commerces trouvent également leur place dans cet environnement, cela va de soi ! Toutefois, la taille et la nature de ces commerces ne doivent pas induire une concentration trop importante qui affaiblirait le tissu existant dans les quartiers riverains. Paris n'a pas besoin de multiplier les trous des Halles.
Monsieur le Maire, c'est par les gares que Paris entrera dans le troisième millénaire, espérons sur de bons rails. Je vous remercie.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci. La parole est à Michel BULTÉ pour répondre aux intervenants.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Notre débat a bien souligné l'importance des gares pour Paris et la nécessité d'améliorer tant leurs qualités pour les usagers que la qualité urbaine à leurs abords. L'évolution des six grandes gares de Paris avait d'ailleurs été évoquée par Jean TIBERI dans les communications présentées à notre Assemblée en avril et en novembre 1996 consacrées l'une à l'urbanisme, l'autre aux déplacements.
Je crois que le sujet méritait d'être approfondi par la communication présentée aujourd'hui et préparée bien entendu en liaison avec nos amis de la S.N.C.F. Des gares plus confortables, plus sûres, autant d'objectifs auxquels la Ville de Paris adhère et auxquels elle est prête à coopérer dans le cadre de ses compétences, puisque la gestion des gares est naturellement du ressort de la S.N.C.F.
La Ville appuie donc les objectifs du plan de modernisation établi par la S.N.C.F. pour les prochaines années, baptisé, vous l'avez rappelé Monsieur le Maire, "1.000 gares pour l'an 2000", dans lequel figurent notamment les six grandes gares de Paris de voyageurs. Mais il est nécessaire que la Ville s'exprime sur cette question des gares pour d'autres raisons importantes, d'une part parce qu'elle souhaite prolonger l'action d'amélioration des gares à leurs abords. La politique de la Municipalité en faveur des modes de déplacement non ou peu polluants, transports en commun, vélo, marche à pied, doit trouver là des applications privilégiées, sans oublier d'ailleurs les équipements nécessaires pour faciliter le déplacement des handicapés ; d'autre part parce qu'elle souhaite mieux insérer les gares dans leur quartier, en mettant l'accent sur l'amélioration de la qualité de la vie des riverains et sur l'ouverture renforcée des gares sur les quartiers.
Les questions à aborder sont complexes et multiples, elles concernent, outre notre Assemblée et les élus des arrondissements concernés, de nombreux intervenants privés ou institutionnels, les entreprises de transport, la S.N.C.F. bien sûr mais aussi la R.A.T.P., ou les chauffeurs de taxis, les services de l'Etat, la préfecture de police, le Syndicat des transports parisiens, le Réseau ferré de France, la Région Ile-de-France, la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, la Chambre des Métiers et les riverains des gares, notamment les habitants, commerçants, artisans et entreprises, et bien entendu l'ensemble des associations intéressées par le sujet.
En outre, les conditions sont très différentes d'une gare à une autre, on peut en effet difficilement comparer la gare Montparnasse où l'essentiel des travaux de modernisation sont aujourd'hui réalisés à la gare d'Austerlitz qui est à ce jour à bien des points de vue une gare que je peux qualifier "en devenir". Sur la base d'orientations générales, la démarche doit être adaptée à chaque gare.
Ainsi, le Maire de Paris a insisté fortement auprès du Président de la S.N.C.F., M. GALLOIS, pour que la gare d'Austerlitz voie rapidement son trafic augmenter et son patrimoine bâti remis en valeur, en particulier sa magnifique halle. Cette gare, située à la tête du quartier "Paris-Rive gauche", doit être un atout pour cet aménagement.
Je remercie d'ailleurs Mme MOREAU d'avoir signalé toute l'importance du développement de cette gare, pour laquelle je rappelle que le président de la S.N.C.F. a promis au Maire de Paris une intensification du trafic, et notamment l'arrivée de T.G.V., de nuit dans un premier temps.
Le Maire de Paris a souligné également l'importance qu'il attache à une réflexion ouverte sur les espaces de la gare de l'Est qui vont accueillir le T.G.V. dans quelques années et où des idées de couverture ont été d'ailleurs avancées.
Chaque fois que les documents d'urbanisme devront être adaptés à de nouveaux projets, ils le seront, après une large concertation bien entendu.
Je souhaite insister, au nom du Maire, sur un aspect auquel il attache une importance toute particulière. La S.N.C.F. envisage des créations de surfaces commerciales supplémentaires dans les gares. Cela a suscité des réactions. J'ai eu tout récemment l'occasion de m'en entretenir, notamment avec la C.G.P.M.E. Je tiens à souligner que Jean TIBERI a demandé à la S.N.C.F. de prendre toutes les précautions pour que ces créations aient un impact positif sur l'activité commerciale des quartiers environnants.
Ainsi, le Maire de Paris a demandé que soient prévues tout d'abord des études d'impact préalables, réalisées par la S.N.C.F. et ses opérateurs, afin de créer des synergies avec les commerces existant, dans une concertation, qui devra être menée pour chaque gare avec les élus, les habitants et les acteurs économiques.
La Ville tient absolument à ce que ces évolutions commerciales se fassent en étroite concertation avec les organismes représentatifs des professionnels concernés. Elle y a d'ailleurs déjà contribué en réunissant, je le rappelle, le 15 juin dernier, la Commission extramunicipale sur le commerce et elle poursuivra ses efforts en ce sens.
Enfin, il faut des projets qui ne soient pas renfermés ou refermés sur eux-mêmes mais qui, au contraire, ouvrent les commerces des gares sur les rues voisines et participent à leur animation. Cette méthode est d'ailleurs la seule garante d'une intégration efficace des gares dans leur environnement économique et commercial.
D'ores et déjà, Jean TIBERI a précisé que ces objectifs impliquent le renoncement à toute implantation de grande surface, également la limitation des moyennes surfaces spécialisées et a fortiori généralistes.
La rénovation des gares et de leurs abords sera l'un des chantiers importants des prochaines années. Les orientations contenues dans la communication présentée montrent bien l'intérêt qu'y attache la Ville de Paris et son souci d'en faire une chance pour le Paris de demain.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Pierre GABORIAU, adjoint, président. - Merci, cher collègue.