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Septembre 1999
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Conseil Municipal
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16 - III - Question d'actualité de M. Jean-Pierre REVEAU, élu du Front national, à M. le Maire de Paris sur la journée sans voiture

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1999


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons à la question d'actualité déposée par M. Jean-Pierre REVEAU au sujet de la journée sans voiture.
Vous avez la parole, Monsieur REVEAU.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Merci, Monsieur le Maire.
Le déroulement de la "journée sans voiture" le 22 septembre dernier au-delà du battage médiatique auquel elle a donné lieu a provoqué en réalité une aggravation des encombrements et de la pollution.
Il ressort, en effet, que si dans les zones protégées la circulation et la pollution ont été améliorées, en revanche dans le reste de la Capitale les interdictions mises en place ont été responsables d'embouteillages plus graves encore qu'habituellement et d'une diminution très importante de la qualité de l'air.
L'Etat a manifesté une fois de lus son mépris des automobilistes en leur interdisant de circuler sans aucun égard pour les mères de familles, les personnes âgées ou les simples citoyens contraints de se déplacer pour des raisons professionnelles. Cette attitude est d'autant plus scandaleuse que les automobilistes sont déjà pressurés de toutes manières : augmentation exponentielle du prix du carburant, taxe sur les assurances, vignette, carte grise, stationnement payant. Ils ont donc chèrement acquis le droit qu'on les laisse tranquilles.
Que l'Etat fasse son travail ! Qu'il propose aux Français des transports en commun sûrs, propres, réguliers et adaptés à l'évolution des besoins de déplacements professionnels ou de loisirs. C'est encore la meilleure façon de permettre aux Français de laisser leur voiture au garage.
Face donc à ce qui est un échec évident, alors que le rôle des Pouvoirs publics est d'assurer aux citoyens la liberté d'aller et venir, je vous demande, Monsieur le Maire, si vous entendez mettre fin à cette initiative aussi malvenue qu'inefficace.
Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. Bernard PLASAIT pour répondre à M. REVEAU.
M. Bernard PLASAIT, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. M. REVEAU est un observateur politique averti, c'est aussi un lecteur assidu de la presse parisienne, il sait donc que le Maire de Paris n'a pas l'intention de remettre en question ce type de journée. Je laisse à M. REVEAU le soin d'apprécier les choses comme il l'entend, je voudrais simplement dans ma réponse me borner à des constatations objectives de telle manière que M. REVEAU puisse fonder sa réflexion sur des données réelles et non pas sur des fantasmes ou de fausses allégations.
D'abord en ce qui concerne la circulation, pendant cette journée du 22 septembre, lors de cette opération "En ville sans ma voiture", dans l'ensemble de Paris intra muros, on a pu constater une baisse importante de la circulation par rapport à une journée comparable, une baisse qui est de l'ordre de 30 % et qui a été la plus importante entre 10 heures du matin et 18 heures.
Ensuite, dans la partie centrale où la circulation était restreinte, on a constaté une diminution de 60 % du trafic.
Enfin, en ce qui concerne les conditions de circulation dans Paris ou aux abords de la zone qui était à circulation restreinte, c'est-à-dire sur les boulevards Saint-Germain, Beaumarchais, Grands Boulevards, on a constaté une diminution globale de la circulation entre 7 heures et 21 heures, de plus de 18 % par rapport à une journée comparable.
La conclusion je crois que l'on doit en tirer est que l'on ne peut pas parler de dégradation de la circulation par rapport à un jour comparable, même si on a pu constater certains points de retenue, très localisés, en approche des points d'entrée dans la zone neutralisée et qui étaient dus aux véhicules essayant de franchir le barrage, refoulés par les forces de police, car n'ayant pas le droit de circuler, ou par des véhicules menés par des conducteurs qui n'étaient pas au courant des interdictions.
Ce sont effectivement des constatations que l'on a pu faire, c'est regrettable, je crois qu'il faudra en tenir compte pour améliorer le système dans les prochaines réalisations de ce type.
Je dois ajouter, c'est vrai, que ce phénomène a été constaté principalement entre 9 heures et 11 heures, sauf au niveau de la place de la Bastille où des difficultés particulières ont été relevées sur une grande partie de la journée.
Voilà des faits objectifs et une conclusion je crois qui s'impose.
En ce qui concerne la pollution, je voudrais dire que les observations qui ont été faites montrent une diminution des émissions de CO 2, de NO et de NO 2, dans la zone centrale. Hors de cette zone, des baisses ont été relevées sur certaines stations. Sur d'autres, on a pu enregistrer, au contraire, des augmentations mais je crois que, compte tenu des conditions météorologiques peu satisfaisantes ce jour-là, il est difficile d'attribuer les variations constatées au seul trafic automobile.
Voilà, Monsieur le Maire, ce que je souhaitais répondre.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. Bernard PLASAIT.