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Septembre 1999
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Conseil Municipal
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18 - V - Question d'actualité de M. Philippe GOUJON et des membres du groupe "Rassemblement pour Paris" à M. le Préfet de police concernant le bilan de la délinquance à Paris et les moyens d'y faire face

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1999


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La question suivante est déposée par M. Philippe GOUJON qui demande au nom du groupe "Rassemblement pour Paris" à M. le Préfet de police de dresser le bilan de la délinquance à Paris et les moyens d'y faire face.
Monsieur GOUJON, vous avez la parole.
M. Philippe GOUJON, adjoint. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, vendredi dernier, devant le Conseil régional, vous avez bien voulu lever le voile sur les chiffres de la délinquance en Ile-de-France pour les 8 premiers mois de l'année. C'est ce qu'Yves GALLAND d'ailleurs a rappelé.
On a pu apprendre que les crimes et délits y avaient augmenté d'un peu plus de 3 % au cours de cette période avec des poussées plus fortes comme par exemple pour les vols avec violences qui ont augmenté de 30 %. La progression des violences urbaines avec des affrontements entre bandes rivales de plus en plus nombreuses au sein desquelles les mineurs ont une part grandissante, y compris en milieu scolaire, a été d'ailleurs particulièrement signalée et soulignée.
Mais mise à part la précision, certes importante, que Paris concentre à elle seule près d'un tiers de la délinquance régionale, aucun chiffre propre à la Capitale n'a alors été donné. Or, il semblerait, Monsieur le Préfet, que ces chiffres traduisent hélas une nouvelle dégradation de la délinquance à Paris pour les 8 premiers mois de l'année, avec une hausse approchant les 4 %, supérieure donc à celle de la Région et même un pic en août de près de 9 %.
Les hold-up auraient fortement augmenté, plus de 30 %, de même que les vols avec violences, près de 40 %, aucun arrondissement ne semblant épargné et 8 accusant même une hausse supérieure à 50 %. Je ne détaillerai pas les chiffres par arrondissement.
Les cambriolages ont progressé de 3,5 %, et les vols en général de 4 % alors qu'ils avaient déjà progressé de 10 % en 1998.
Au total 15 arrondissements sembleraient connaître une hausse des crimes et délits dépassant 10 % (23 % dans le 3e et 16 % dans le 20e).
Pour le seul mois d'août, même s'il est difficile d'établir des comparaisons mois par mois, je vous le concède, la délinquance générale augmenterait de près de 9 % au mois d'août, les vols avec violences accusant une augmentation de près de 50 %, dépassant même cette barre de 50 % dans 8 arrondissements.
Toujours au cours du mois d'août les atteintes aux personnes seraient en progression de 10 %.
Enfin, concernant les infractions commises dans le métro au cours du mois d'août, les violences contre les voyageurs auraient progressé de près de 30 %, les vols avec violences de 27 %, soit une progression pour les huit premiers mois de 28,5 % et les dégradations volontaires en août auraient doublé, soit plus 40 % pour les huit premiers mois.
Autre élément inquiétant : les ports d'armes qui auraient progressé de 64 % de janvier à août.
Monsieur le Préfet de police, au nom du groupe "Rassemblement pour Paris" je voudrais vous demander si vous confirmez ces chiffres d'augmentation de la délinquance à Paris pour les 8 premiers mois et pour le mois d'août et quel renforcement des moyens allez-vous mettre en oeuvre pour y remédier ?
Vous y avez partiellement répondu, en répondant à la question d'Yves GALLAND, alors que même - je cite des élus socialistes, ce qui est rare - des élus socialistes ont qualifié le bilan de la réforme de la Préfecture de police actuellement de "nuancé".
Merci de votre réponse.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Rassemblement pour Paris").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, sur les 8 premiers mois de l'année, les crimes et délits constatés par les services de police à Paris ont progressé de 3,85 %, l'évolution parisienne est conforme dans ses grandes lignes à celle de la banlieue.
La délinquance de voie publique enregistre des résultats satisfaisants en ce qui concerne les délits non violents. Les vols à la roulotte régressent de 4,2 %, les vols d'automobiles de 5 %, les vols à la tire de 3,5 %. Seuls, dans cette catégorie, les cambriolages connaissent une légère remontée (3,5 %). Toutefois, le chiffre enregistré cette année pour les cambriolages sera l'un des trois plus faibles de ces 25 dernières années.
Si les vols avec violence enregistrent une progression de 37,8 %, le vol à l'arraché de téléphones portables apparaît de plus en plus fréquemment et représente la cause quasi exclusive de cette augmentation.
Une étude réalisée dans deux arrondissements fait en effet apparaître que le vol de téléphones portables constitue entre 25 et 40 % des vols qualifiés de vol avec violence. Cette constatation nouvelle est confirmée d'ailleurs sur l'ensemble du territoire national.
Ainsi, réserve faite des vols avec violence, dont le cas particulier des téléphones portables vient d'être abordé, on ne peut pas parler sans nuances d'une augmentation de la délinquance, ni même de la violence en général.
En effet, les violences graves régressent, qu'il s'agisse des homicides, des viols, et des vols à main armée. Par ailleurs, les facilités nouvelles offertes aux Parisiens, ouverture de nouveaux services nocturnes, allongement des heures d'ouverture des commissariats de quartier, traitement judiciaire en temps réel, ont provoqué un afflux de plaintes depuis le 18 avril. Elles concernent le petit vandalisme, les violences légères ou les simples menaces, aux limites souvent de la qualification pénale, ainsi que les vols de faible préjudice ou de simples tentatives.
Ces faits mineurs, que les Parisiens hésitaient auparavant à porter à la connaissance de la police, représentent une grande part de l'augmentation des faits constatés et gonflent artificiellement les statistiques.
En outre, on ne saurait parler de la physionomie de la délinquance parisienne sans souligner la cohérence des initiatives prises pour mieux la combattre et faire reculer le sentiment d'insécurité.
Permettez-moi de rappeler, de ce point de vue, l'importance que vous avez, les uns et les autres, soulignée - et je vous en remercie - de la réforme des services actifs de la Préfecture de police qui est entrée en vigueur seulement en avril dernier. Il est donc encore un peu tôt pour établir un bilan complet de cette réforme. Toutefois, nous enregistrons déjà des éléments très encourageants qui témoignent que les bons choix ont été faits dans l'organisation nouvelle, qui nous invitent à démultiplier encore les efforts de renouvellement de nos méthodes et de nos actions en faveur de la police de proximité.
Par ailleurs, il convient de mettre en évidence l'amélioration des moyens, nous en parlions tout à l'heure - j'y reviendrai à nouveau - dont dispose la police pour faire face à ses missions.
Je rappelle, à cet égard, l'enveloppe supplémentaire de quelque 75 millions de francs que le Ministre de l'Intérieur a débloquée au profit de la Préfecture de police pour accompagner la mise en place de sa nouvelle organisation.
Je rappelle et j'y insistais il y a quelques instants, mais c'est important donc j'y reviens, qu'en ce qui concerne les effectifs, M. le Ministre de l'Intérieur, malgré le contexte démographique général défavorable que connaît la police nationale, a tenu à ce qu'un effort particulier soit réalisé au bénéfice de la Préfecture de police. Son effectif au 1er janvier 2000, je vous le confirme, sera supérieur de 100 fonctionnaires à celui du 1er janvier 1999 et cet effort sera maintenu dans le temps et notamment tout au long de l'année 2000. En dernier lieu, j'ai plaisir à rappeler l'importance considérable du travail de préparation que nous avons mené en concertation étroite avec la Mairie de Paris pour élaborer le Contrat local de sécurité. Je souhaite que ce contrat qui contient plus de 100 propositions d'actions très concrètes puisse désormais être signé afin qu'il se traduise rapidement dans les faits au bénéfice de la sécurité des Parisiens...
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - N'interrompez pas M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - J'ajoute d'ailleurs que je signerai prochainement à vos côtés, Monsieur le Maire, avec M. le Président de la S.N.C.F. et M. le Président de la R.A.T.P. le Contrat parisien de sécurité dans les transports. La présence de M. le Ministre de l'Intérieur, lors de cette signature, soulignera, si besoin est, l'importance toute particulière qu'il attache aux actions menées pour faire reculer la délinquance à Paris.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Préfet de police.