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Septembre 1999
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Conseil Municipal
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72 - 1999, DAUC 208 - Aménagement du secteur "Piver - Orillon" (11e). - Bilan de la concertation. - Avis favorable au programme et au projet d'aménagement du secteur "Piver - Orillon". - Autorisation à M. le Maire de Paris de mettre en oeuvre la procédure préalable à la Déclaration d'utilité publique de l'opération. - Autorisation à M. le Maire de Paris de consentir le dépôt des demandes de permis de démolir et de construire en vue de la réalisation dans le périmètre de l'opération d'un programme comprenant une école maternelle de 5 classes, un jardin public d'environ 2.260 mètres carrés, environ 8 logements réhabilités de type P.L.A., 10 logements neufs de type P.L.I. et la réhabilitation des immeubles situés 9, passage Piver et 19 bis, rue de l'Orillon (11e)

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1999


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAUC 208 relatif à l'aménagement du secteur "Piver-Orillon" (11e).
Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Les habitants de la partie du Bas-Belleville située dans le 11e arrondissement ont eu à se prononcer sur l'aménagement de la dernière tranche du secteur "Piver-Orillon". Après avoir été profondément remanié sous la pression des riverains et des associations de quartier, le projet présenté faisait la part belle aux équipements publics en envisageant la création d'une école maternelle, d'un lieu d'activités périscolaires et d'un jardin public de 1.700 mètres carrés. La construction d'une vingtaine de logements rue Jules Verne devait accompagner ces équipements.
Lors de la consultation organisée par vos soins, ce projet a été bien accueilli par les riverains, satisfaits d'obtenir enfin l'implantation d'infrastructures indispensables au quartier. Toutefois, de nombreuses voix se sont élevées pour s'opposer à la construction de logements sociaux rue Jules Verne et réserver ces emprises à l'extension du jardin public.
Cette requête a été entendue. Le projet retenu après consultation supprime en effet le programme de logement sociaux rue Jules Verne et porte la surface du jardin public de 1.700 mètres carrés à 2.260 mètres carrés.
Face à une telle capacité d'écoute et à une telle faculté d'adaptation, nous aurions pu nous esbaudir joyeusement. C'était faire fi de vos pratiques "culottées" qui nous poussent, une nouvelle fois, à sortir de nos gonds !
En effet, peut-être vexé d'avoir dû céder face à la vox populi, vous soulagez votre frustration en élargissant le périmètre d'intervention à une parcelle située à quelques pas de là, au 7, rue Desargues, et vous envisagez la démolition de l'immeuble existant pour y implanter une dizaine de logements P.L.I. Cette opération est annoncée tout à fait ingénument dans l'exposé des motifs du projet de délibération, sans aucune justification. C'est la politique du fait accompli dans toute sa déplorable splendeur, une décision purement régalienne qui vient ponctuer une démarche de concertation qui aurait pu être exemplaire.
Grâce à cette attaque félonne, vous étendez la procédure d'utilité publique et vous pouvez ainsi passer de la préemption entamée en 1990 à l'expropriation, de quoi parachever l'oeuvre de pourrissement de l'immeuble.
Cet immeuble est un bâtiment faubourien tout à fait classique, de 5 étages plus combles et d'une quinzaine de mètres de long. Sa façade ne présente pas de désordres apparents. Un ravalement ne serait toutefois pas un luxe. La cage d'escalier est en état satisfaisant, la rampe tient le coup, aucun barreau ne manque. Les paliers sont propres et carrelés. Le réseau d'électricité semble aux normes, ce qui est plutôt rare dans les immeubles faubouriens soumis à votre vindicte. En revanche, le réseau d'eau semble présenter quelques faiblesses à en juger par l'état de certains murs, notamment au 5e étage.
Cet immeuble est déjà presque totalement propriété de la Ville. Les trois quarts des logements sont murés.
Bien entendu, la réhabilitation est envisageable. bien entendu, la démolition sera préférée, quitte à ce que les coûts soient supérieurs.
Cette démolition plus que probable aurait dû être exposée. Elle n'aurait pas nécessairement été rejetée. Un débat aurait pu s'instaurer notamment sur les options architecturales du bâtiment projeté pour éviter les pastiches bon marché pseudo-faubouriens de la rue Robert-Houdin.
Au lieu d'un sain débat, on a droit à un coup de Jarnac ! C'est trivial et peu glorieux.
Nous approuvons les délibérations n° 1, 2 et 3 sur l'aménagement "Piver-Orillon" et je vous demanderai, Monsieur le Maire, de bien vouloir scinder le vote sur cette question. Mais par contre, nous voterons contre la délibération n° 4, contre le permis de démolir sur le 7, rue Desargues, introduit subrepticement dans cette délibération alors qu'il n'a jamais été soumis à la concertation sur le secteur "Piver-Orillon".
Nous voterons contre la destruction de P.L.A.T.S. de fait au profit de P.L.I.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. BULTÉ pour répondre à M. BLET.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Je répondrai à M. BLET que cette opération "Piver-Orillon" a fait l'objet d'une attention toute particulière de la part des services de la Ville et que nous avons mené plusieurs réunions de concertation avec le Maire du 11e arrondissement, tous les élus du 11e arrondissement, ainsi que les associations concernées et les riverains.
Nous sommes arrivés, je pense, à une opération équilibrée qui, je le rappelle, prévoit une école, un jardin public, des équipements et des logements, à la satisfaction de tous.
M. BLET soulève le problème spécifique du 7, rue Desargues.
Je dirai qu'à ce stade de la procédure, tous les éléments dont nous disposons montrent que l'absence prolongée d'entretien et les dégâts des eaux ont dégradé l'état du bâtiment, en particulier ses structures. C'est sur cette base que la démolition et la reconstruction du bâtiment du 7, rue Desargues, ont été prévus dans ce projet d'aménagement qui vous est soumis et qui fera l'objet bien entendu d'une enquête publique complémentaire.
Toutefois, je le rappelle comme tout à l'heure, il sera demandé en temps utile au maître d'ouvrage qui sera désigné et à son maître d'oeuvre de réaliser une étude technique, architecturale et financière détaillée afin d'examiner si l'hypothèse d'une réhabilitation est envisageable ou non à cet endroit-là.
Nous avons d'ailleurs passé ce projet de délibération à l'ordre du jour de ce Conseil à la demande des élus du 11e arrondissement qui, je le rappelle, souhaitent que cette opération puisse progresser rapidement et qui l'ont voté à l'unanimité lors du dernier Conseil du 11e.
Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. BULTÉ.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 208.
Qui est pour ?
Contre ?
Absentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAUC 208).