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Septembre 1999
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Conseil Municipal
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64 - 1999, DLH 101 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec la S.A.G.I. un bail à caractère emphytéotique portant location de la propriété communale située 27 à 35, rue de Patay et 22 à 28, rue du Dessous-des-Berges (13e). - Réalisation à l'adresse d'un programme de construction de 14 logements P.L.I., d'un commerce et de 15 emplacements de stationnement. - Participation de la Ville de Paris au financement de l'opération et octroi de sa garantie pour le service des intérêts et l'amortissement des emprunts à contracter par la S.A.G.I

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1999


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 101, il s'agit d'un bail emphytéotique signé avec la S.A.G.I..
Monsieur BLET, vous avez la parole.
M. Jean-François BLET. - Oui, Monsieur le Maire, nous voulons célébrer la mémoire d'un ensemble de cinq bâtiments qui viennent de périr sous les coups de boutoirs d'impavides bulldozers à l'intersection de la rue de Patay et de la rue du Dessous-des-Berges dans le 13e arrondissement. Cet acte de vandalisme doit être jugé, d'une part à la mesure de l'acharnement qui a conduit à l'impitoyable exécution de ces bâtiments et d'autre part à l'aune de la valeur patrimoniale et paysagère de ceux-ci.
L'agonie de ces différentes bâtisses formant la proue d'un îlot entre deux rues était en effet programmée : expropriations, expulsions, murages, pourrissement ; le chapelet de supplices insupportable pour des immeubles centenaires.
Qu'ont-ils fait pour mériter un tel châtiment ? Rien ! Ils étaient vieux, tout simplement ; "vétustes" comme il est reproché dans le projet de délibération, soit usés, dégradés, mais rien d'irrémédiable, d'incurable. Une bonne cure de jouvence les eût requinqués à peu de frais.
Ils étaient donc vieux, ils gênaient, ils encombraient même, est-il cruellement précisé dans le projet de délibération : "les quatre parcelles", est-il écrit cyniquement "sont encombrées de divers bâtiments". Décidément, la verve sémantique des urbanistes est intarissable. C'est au nom du concept d'encombrement que la démolition a été décidée. Admirable concept que celui-ci ! Admirable ineptie ! Imaginons que l'on applique exhaustivement un tel concept et que l'on s'attache à définir qui sont les encombreurs et les encombrés. Il risquerait d'y avoir des surprises. Ainsi, les voitures encombrent Paris, c'est indéniable, mais vous-même, Monsieur le Maire, pourriez répondre à ce critère. Quelle époque ! Quelle épique époque !
La vieillesse étant considérée comme un vilain défaut, il faudrait donc du jeune, une architecture vivace, plus grande, plus haute, plus béton, plus impersonnelle. En un mot, plus archéochiraquienne, comme celle des récentes tentatives qui "encombrent" la rue de Patay et ses abords. De l'hétérogène sans âme, d'irréfutables contre-exemples que vous semblez pourtant disposés à suivre obstinément en "taillant" à la pelleteuse la "pointe" formée par les bâtisses de la rue du Dessous-des-Berges et de la rue de Patay.
Cette pointe est similaire à celle de l'intersection de la rue de Belleville et de la rue de Romainville, dans le 19e arrondissement. De même que son homologue du 13e arrondissement, cette dernière est constituée de bâtiments de faible hauteur, de un à trois étages. Les bâtiments sont en état satisfaisant et les rez-de-chaussée sont occupés par des petits commerces.
Or, le projet d'aménagement du secteur Léman-Belleville, qui nous est soumis aujourd'hui, prévoit à juste titre la conservation de ces bâtiments en soulignant leur intérêt patrimonial et paysager.
Vous voilà, nouveau Janus, une nouvelle fois pris en flagrant délit d'incohérence. D'un côté, vous exécutez, de l'autre, vous grâciez. Dans votre code de l'urbanisme à visage humain, accordez enfin un article à la préservation de ces pointes, ces frêles esquifs qui fendent les fleuves de bitume par un étagement dégressif et des bâtiments de faible hauteur.
Conservez-les : elles ponctuent admirablement les rues des faubourgs, au même titre que les immeubles à rotonde le font des boulevards haussmanniens.
Les pointes sont emblématiques du Paris populaire, du Paris village ; vous commettez un outrage en leur préférant d'imposants et modernes cargos ou autres sous-marins qui, par leur stature, écrasent leur environnement.
Puisse le funeste destin des immeubles de la rue de Patay permettre enfin cette prise de conscience !
Fin de l'oraison funèbre.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. BULTÉ.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je ne reviendrai pas sur l'oraison funèbre de M. BLET. Je me contenterai de faire part à notre Assemblée d'un faire-part de naissance, c'est-à-dire la naissance à cet endroit de 14 logements P.L.I., dans ce secteur où la mixité sociale est nécessaire comme ailleurs et je crois que nous ne pouvons que nous en réjouir.
Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 101.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DLH 101).