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Septembre 1999
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Conseil Municipal
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73 - 1999, DAUC 209 - DLH 254 - Aménagement du secteur "Léman Belleville" (19e). - Bilan de la concertation. - Avis favorable sur le programme d'aménagement. - Avis favorable à la mise en oeuvre de la procédure préalable à la Déclaration d'utilité publique de l'opération. - Levée partielle du Droit de préemption urbain renforcé. - Autorisation à M. le Maire de Paris de consentir le dépôt de demandes de permis de démolir. - Autorisation à M. le Maire de Paris de consentir le dépôt de demandes de permis de construire

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 1999


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAUC 209 - DLH 254 relatif à l'aménagement du secteur "Léman Belleville".
Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, parmi les opérations restées en souffrance de nombreuses années, laissant prospérer friches et squats, celle de "Léman Belleville" figure en bonne place. Elle fait en effet partie comme de nombreuses autres opérations à Paris de ces aménagements quelque peu mégalomaniaques dans leur conception initiale, revus ensuite heureusement à la baisse à la demande insistante des associations et des élus.
Concernant cette opération, j'ai eu le plaisir d'apprendre qu'une deuxième réunion de concertation avait eu lieu après que m'ait été communiqué son compte rendu... Vous me direz sans doute que cet oubli concernant l'élu du 19ème délégué à l'urbanisme et à l'aménagement des quartiers est le fait d'une regrettable erreur de secrétariat. J'espère que des oublis malencontreux de ce type ne se renouvelleront pas.
Je voudrais insister sur les délais des opérations de concertation : des délais d'un an entre deux réunions de concertation me paraissent tout à fait excessifs. Certes, le temps est parfois gage d'une réflexion approfondie indispensable et, en l'espèce, l'évolution a été heureuse, mais il serait néanmoins regrettable que de tels délais deviennent désormais la norme. Je pense en particulier à l'opération du passage Goix, pour laquelle nous attendons tous avec une impatience chaque jour plus grandissante la tenue d'une seconde réunion de concertation. Je ne doute pas, Monsieur BULTÉ, que vous allez nous en apprendre la date dans la foulée.
Mis à part ces deux points, reconnaissons que la concertation sur "Léman Belleville" fut dans l'ensemble satisfaisante.
Si l'on en vient au contenu même de l'opération, l'abandon des objectifs obsolètes qui avaient décidé de son lancement était un préalable indispensable. C'est là un revirement heureux. Il s'agit principalement de l'élargissement de la rue de Belleville maintenu au P.O.S. de 1977 entre le boulevard Sérurier et la Place des Fêtes, dont l'objectif était de faire passer, d'une manière ultra pompidolienne, la largeur de la rue de 15 à 25 ou 34 mètres : une véritable pénétrante autoroutière dans Paris.
Le corollaire de cet abandon d'élargissement de voirie est la conservation de la pointe à l'angle des rues de Romainville et de Belleville pour préserver les petits commerçants qui s'y trouvent, facteur d'animation non négligeable pour le quartier.
Nous l'avons déjà évoqué, cette pointe présente en outre un intérêt architectural d'ensemble indéniable avec ses petites maisons faubouriennes accolées les unes aux autres et sa préservation est une excellente chose.
Le bilan des équipements publics est satisfaisant, une école de 6 classes incluse en cours de route, une M.A.P.A.D. et une maison pour les parents d'enfants hospitalisés à l'hôpital Robert Debré sont programmées. Mais satisfaisant, vous le savez, n'est pas parfait. Au motif que des équipements sportifs existaient déjà à proximité, notamment Place des Fêtes, ils ont été refusés alors même qu'ils étaient très demandés. Si la Ville acceptait de raisonner non pas en termes de proximité mais plutôt en termes de besoins et de fréquentation, elle aurait abouti à la conclusion que les équipements existants ne peuvent accueillir des usagers supplémentaires s'ils sont déjà eux-mêmes en situation de saturation.
Si la pointe est maintenue, il n'en est pas de même pour l'immeuble du 317, rue de Belleville. Il s'agit cette fois, non pas de s'attaquer à une dent creuse mais de procéder à une indentation. Où de la chirurgie dentaire est sacrée urbanisme. Cet immeuble suite à l'élargissement de voirie ayant eu raison de ses voisins forme en effet une saillie que d'aucuns ont jugée disgracieuse.
Mais plutôt que de dire que ce bâtiment empiète sur la belle ordonnance promise par le mail planté, pourquoi ne pas opérer le raisonnement inverse ? Il s'agirait alors de dire au contraire : mais oui, cet immeuble n'est pas un obstacle mais une solution.
Une solution pour créer une rupture audacieuse, un aménagement paysager étonnant et novateur, avec une fresque sur ses murs pignons. D'autres endroits, à priori tout aussi ingrats dans Paris, ont été de cette manière traités intelligemment, y compris rue de Belleville avec la célèbre fresque de Ben. La démolition de cet immeuble du 317, rue de Belleville privilégie ainsi la solution de facilité : la continuité du mail planté, elle, évacue totalement toute autre possibilité d'aménagement. Au passage, on en profite pour densifier un peu plus dans un environnement qui ne s'y prête pas et qui mériterait sûrement d'autres priorités.
Favorable à cette opération dans sa globalité, je voterai pour les deux premières délibérations qui nous sont soumises. Hostile par contre à la destruction du 317, rue de Belleville, je voterai contre les délibérations n° 3 et n° 4 qui programment par paresse néo-haussmannienne sa destruction.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à M. BULTÉ pour répondre à Monsieur BLET.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Oui, je répondrai rapidement à M. BLET que cette opération, qu'il reconnaît lui-même comme étant de grande qualité dans son intervention a été menée d'une manière efficace par la Ville de Paris. La seule chose qui nous sépare un peu, effectivement, c'est le 317 rue de Belleville dont M. BLET est le seul à souhaiter le maintien alors que je rappellerai que lors de la 1ère réunion de concertation ses occupants eux-mêmes souhaitaient qu'il soit démoli.
Je rappellerai rapidement à M. BLET que ce n'est pas en raison d'une erreur du secrétariat de la Municipalité s'il n'a pas été convié à la réunion de concertation, car nous avons invité l'ensemble des participants sur des listes qui nous ont été communiquées par M. MADEC, maire du 19e et je lui conseille de se rapprocher de M. MADEC quand il n'est pas invité à une réunion.
Voilà ce que je voulais dire, Monsieur le Maire, sur ce projet de délibération.
M. Jean-Yves MANO. - C'est une erreur de secrétariat quand même.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Si j'ai bien compris la demande de M. BLET, c'est une demande de vote par disjonction.
Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 209-DLH 254-1°, relatif au bilan de la concertation.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAUC 209-DLH 254-1°).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 209-DLH 254-2°, relatif au programme d'aménagement.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAUC 209-DLH 254-2°).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 209-DLH 254-3°, relatif à la mise en ?uvre de la procédure préalable à la D.U.P. et à l'acquisition et la libération des immeubles nécessaires à l'opération.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAUC 209-DLH 254-3°).
Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 209-DLH 254-4°, relatif au dépôt des demandes de permis de démolir et de construire.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DAUC 209-DLH 254-4°).
M. Jean-François BLET. - Ce n'est pas une abstention, c'est un vote contre.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Oui, mais vous n'avez pas levé la main au bon moment, cher collègue. Nous enregistrons un vote contre sur les délibérations n° 3 et n° 4.