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Novembre 1996
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Conseil Municipal
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41- 1996, D. 1640 - Subvention à l'association de préfiguration "Gaîté Lyrique - Le théâtre des arts et métiers du spectacle" (3e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 1996



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération D. 1640 accordant une subvention à l'association de préfiguration "Gaîté Lyrique".
Je donne la parole à Mme Malvina PIN.
Mme Malvina PIN. - Merci, Monsieur le Maire.
Vous proposez à notre Assemblée de voter la somme de 248.000 F pour le fonctionnement d'une nouvelle association "Gaîté Lyrique - Le théâtre des arts et métiers du spectacle".
C'est là un espoir de voir le théâtre revivre, réouvrir ses portes au public, même si la lecture de votre projet n'est pas très convaincante. Nous avons pris connaissance du projet en rencontrant Antoine RAULT, directeur de l'association. Nous sommes, pour notre part, certains, qu'enfin le théâtre de la Gaîté Lyrique prend une orientation en harmonie avec sa vocation.
Déjà, en 1992, la Chambre régionale des comptes expliquait clairement qu'un projet destiné à la jeunesse était de nature à compléter le dispositif culturel de la Ville.
De surcroît, la Gaîté-Lyrique est bien localisée au Centre de Paris, bien desservie par les transports en commun, proche d'autres espaces culturels qui, s'ils sont existants, montreront après rénovation , le Paris culturel de l'an 2000.
Nous pensons plus particulièrement au centre Georges-Pompidou ou au C.N.A.M. Par ailleurs, est-il besoin de rappeler que Paris est d'une extrême pauvreté en matière d'équipements culturels pour les jeunes.
Dans le 3e arrondissement, cette pénurie est des plus cruciales, il n'y a rien. Il faut aller au F.A.L, le Forum d'animation loisirs dans les Halles.
C'est un trajet bien périlleux pour un enfant (traversée des boulevards, circuit pédestre long, pas de bus qui y conduisent).
Ce même périple est le même pour l'enfant qui va au conservatoire municipal situé dans le quartier des Halles, conservatoire peu fréquenté par les enfants du 3e arrondissement : 6 % d'élèves.
Certains d'ailleurs préfèrent aller dans le 10e. Nous sommes, élus du 3e, favorables donc à la mise en place d'un groupe de travail autour de Jean-Albert CARTIER, directeur de l'Opéra de Nice, qui fut aussi directeur du Châtelet. Il connaît les besoins des Parisiens et son équipe nous semble animée de volonté et de dynamisme pour réussir ce projet.
Simplement, Monsieur le Président, nous voudrions que là aussi vos méthodes de travail soient en adéquation avec vos propos. A plusieurs reprises, nous avons abordé ce dossier et toujours vous avez pris l'engagement qu'à l'avenir ce dossier serait traité en concertation avec la Mairie du 3e arrondissement.
Il y a un mois, par courrier en réponse à une nouvelle demande de la part du Maire du 3e arrondissement, vous avez répondu que "l'histoire du bâtiment plaidait en faveur d'une réutilisation dans le domaine culturel et que dans cette perspective, les élus représentant le 3e arrondissement seront consultés par les responsables de l'association, chargés de préciser les contours de ce futur établissement culturel".
Il nous semble que la Ville doit être plus pressante dans ce dossier. Je ne voudrais pas faire de parallèle, ni rappeler les échecs précédents. Je crois indispensable que le dossier soit suivi par les élus du 3e et que le Conseil de Paris ait toues les informations.
Alors pourquoi n'avoir pas soumis ce dossier au Conseil d'arrondissement ? Qu'attendez-vous pour permettre aux élus du 3e arrondissement de participer à l'élaboration du projet.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à M. TUROMAN.
M. Michel TUROMAN. - Je n'aurai pas la cruauté de revenir sur toutes les péripéties qui ont marqué les projets de la Ville et se sont traduites par - le mot n'est pas trop fort - l'assassinat du théâtre de la Gaîté-Lyrique.
Vous nous proposez aujourd'hui l'attribution d'une subvention pour une association de préfiguration Gaîté-Lyrique, afin de consulter tous ceux qui sont concernés par l'avenir de ce théâtre. La Gaîté-Lyrique n'a plus d'activités théâtrales depuis 1986. Elle a fermé ses portes en 1990. Je dirai qu'il n'est que temps de ramener à la vie ce lieu et de le restituer au monde du spectacle vivant.
Nous voterons donc cette subvention. Mais je veux souligner d'entrée qu'un projet existe visant à la création dans ce lieu d'une Académie internationale du spectacle.
Ce projet, Monsieur le Maire, vous a été présenté par le Centre de formation professionnelle des techniciens du spectacle. Placé sous la tutelle du Ministère de la Culture, avec la participation des théâtres nationaux, du Syndicat des directeurs de théâtres privés et de la Fédération nationale du spectacle, ce centre bouillonne d'activités et dispense aux techniciens du spectacle aussi bien une formation initiale qu'une formation continue.
Le projet présenté est donc un projet sérieux qui mérite un examen attentif par l'association de préfiguration, et je crois d'ailleurs que son directeur en a connaissance.
Je veux, en quelques mots, définir ce projet et montrer quelle pourrait être cette Académie des arts et techniques du spectacle.
D'abord un lieu d'accueil où pourraient se retrouver des hommes et des femmes de spectacle, toutes disciplines confondues. Un lieu de rencontres, d'échanges, de confrontations, de mise à jour des connaissances entre les professionnels du monde entier. Un lieu au service de la profession conçu comme une véritable maison du spectacle ; un lieu de réunion, de colloque et de réception pour les théâtres.
Un conservatoire des arts et techniques de la profession, tout à la fois musée, bibliothèque, centre de documentation, vitrine de la technologie française. Un centre de répétitions où chacune des disciplines du spectacle trouveraient les équipements adaptés à ses besoins et à ses exigences.
Un lieu de formation permanente des artistes du spectacle et des ateliers des différents métiers qui lui sont liés.
Une scène théâtrale d'accueil et de présentation professionnelle de jeunes compagnies à la recherche d'un théâtre ; un centre traitant enfin de l'actualité du spectacle vivant.
Voilà, Monsieur le Maire, en quelques mots, le contenu de ce projet.
Je souhaite vraiment, au nom des élus communistes, que la Ville y apporte toute son attention et qu'une concertation s'ouvre pour examiner ce projet.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - La Gaîté-Lyrique était un des plus beaux théâtres Parisiens. Elle fut laissée à l'abandon , la Ville de Paris estimant la réfection de cette belle salle à l'italienne trop coûteuse. Concédée à une société d'exploitation avec la garantie financière de la Ville, il fut créé en ses lieu et place, la Planète magique. Le massacre fut organisé. La belle salle à l'italienne fut tronçonnée par des rails. Jeux électroniques, boutiques de gadgets, distributeurs de bonbons, remplacèrent Offenbach, les Ballets Russes, Patrice Chéreau et Bob Wilson.
L'échec fut total. Trois ans de tentative d'exploitation pour un public absent.
Mise en faillite, la Planète magique laissera à la Ville l'ardoise de sa caution, à savoir 180 millions de francs , c'est-à-dire deux fois le coût de sa rénovation initiale. La Ville se décide aujourd'hui, après ce gaspillage, à redonner à ce lieu historique du spectacle parisien des activités conformes à sa vocation.
Je me félicite qu'une association se charge d'essayer de redonner vie à ce bel endroit, qui était magique, contrairement à la Planète du même nom.
J'espère qu'il en est terminé de l'époque des grandes idées culturelles géniales de la Ville. La Planète magique, le musée océanographique Cousteau doivent servir de leçons. Il est temps que la culture à Paris soit mise dans des mains compétentes, responsables et à l'écoute de vrais professionnels.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Précisément, Mme MACÉ de LÉPINAY va vous répondre.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Ecoutez, je crois que ce n'est ni l'heure, ni le moment de rappeler des événements qui se sont passés dans les années précédentes et nous n'avons pas éternellement à ressasser les mêmes choses.
Le Maire s'est effectivement engagé à soutenir un projet pour réouvrir ce lieu, qui était un lieu important pour le 3e arrondissement et pour Paris.
La subvention que nous avons examinée aujourd'hui vise seulement à donner les moyens de fonctionnement à l'association de préfiguration qui est chargée de réfléchir à ce que pourra devenir la Gaîté-Lyrique. Je crois que les responsables de cette association mènent une très large concertation tant avec les professionnels du spectacle qu'avec les élus, en particulier ceux du 3e arrondissement.
Je sais qu'ils ont récemment rencontré M. AIDENBAUM. Je crois que la démarche que nous avons à soutenir aujourd'hui est tout à fait exemplaire.
Evidemment, Monsieur TUROMAN, le projet du C.F.P.T.S. sera pris en compte et pour ma part, je tiens à ce qu'il soit pris en compte.
C'est un projet effectivement extrêmement intéressant et très complet.
Je vous demande de bien vouloir voter cette subvention qui permet à l'association de préfiguration de fonctionner, et je puis vous assurer que je suis de très près le projet qu'elle nous présentera.
Je vous remercie, chacun à votre façon, d'avoir soutenu ce projet.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 1640.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe du Mouvement des citoyens et M. REVEAU s'étant abstenus. (1996, D. 1640).