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Novembre 1996
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Conseil Municipal
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87- QOC 96-474 Question de MM. Bertrand DELANOË, Christophe CARESCHE et des membres du groupe socialiste et apparentés à M. le Maire de Paris sur l'immeuble situé 2, rue Coustou (18e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 1996



Libellé de la question :
"MM. Bertrand DELANOË, Christophe CARESCHE et les membres du groupe socialiste et apparentés souhaitent faire part à M. le Maire de Paris de leurs interrogations concernant un immeuble, propriété de la Ville de Paris, situé 2, rue Coustou (18e).
Le projet, à l'origine de l'acquisition de cet immeuble, était la création d'un foyer destiné à accueillir les appelés du contingent effectuant leur Service national dans la police à Paris. Il semblerait que l'opération soit aujourd'hui abandonnée. M. le Maire de Paris peut-il le confirmer ? Si tel était le cas, quelles sont les intentions de la Ville de Paris ?
Il paraît urgent de redéfinir un nouveau projet pour ce bâtiment. Sa façade, en effet, est dégradée au point que la circulation sur le trottoir est limitée ; il n'y a plus de fenêtres. L'ensemble donne une impression d'abandon total et les riverains se plaignent de cette situation. Pourtant, l'immeuble présente, de par ses dimensions et son emplacement (la rue Coustou relie la rue Lepic et le boulevard de Clichy, entre les places Pigalle et Blanche), une opportunité intéressante pour l'arrondissement, dont il conviendrait de tirer le meilleur parti. Un projet d'intérêt public serait donc bienvenu.
De plus, outre des logements, le bâtiment comporte une salle de cinéma et une salle de spectacle (anciennement"Les trois baudets"). Qu'on se souvienne : Brassens, Brel, Mouloudji, Vian, Devos, Bobby Lapointe, Béart, Gainsbourg, et bien d'autres... Dans les années cinquante, sous la houlette de Jacques CANETTI, les plus grands artistes de la chanson et du music-hall français ont débuté et poursuivi leur carrière ici.
Le passé impose de rendre à ce lieu qui se meurt sa vocation culturelle et, pourquoi pas, de découverte de jeunes talents. D'intéressants projets en ce sens existent, élaborés par différentes associations.
MM. Bertrand DELANOË, Christophe CARESCHE et les membres du groupe socialiste et apparentés souhaitent qu'une concertation s'engage rapidement sur ce sujet entre la Ville de Paris, les élus du 18e arrondissement et les associations en question."
Réponse (M. Michel BULTÉ, adjoint) :
"L'immeuble communal sis au 2, rue Coustou - 64, boulevard de Clichy (18e) est composé d'un bâtiment en R + 7 + combles, d'une surface au sol de 576 mètres carrés.
Il s'agit d'un ancien hôtel de tourisme de 120 chambres, édifié dans les années 30 et converti, au début de la décennie 80, en copropriété.
Outre les locaux d'habitation susmentionnés, l'immeuble comporte des locaux commerciaux en rez-de-chaussée qui, dans les dernières années, étaient occupés par un théâtre pornographique et un cinéma spécialisé dans les films d'arts martiaux (implantés à l'emplacement de l'ancien cabaret "Les trois baudets").
L'immeuble du 2, rue Coustou - 64, boulevard de Clichy est libre de toute occupation.
Les premières acquisitions de lots par la Ville ont été réalisées par voie amiable à partir de 1991 en vue de remédier à l'état d'insalubrité que présentait l'immeuble.
Une délibération du Conseil de Paris du 28 septembre 1992 a institué le droit de préemption urbain renforcé sur l'immeuble afin d'accélérer le processus d'acquisition foncière.
La Ville de Paris s'est rendue maître de la totalité de l'immeuble en vertu d'une ordonnance d'expropriation du 12 août 1994 prise en application d'un arrêté préfectoral du 14 avril 1994 déclarant d'utilité publique la réalisation, à cette adresse, d'un"foyer pour appelés du contingent effectuant leur service national dans la police parisienne"(article 1er). Les procédures de dépossession foncière et d'éviction sont aujourd'hui terminées, tous les jugements ayant été rendus et les indemnités ayant été versées.
L'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique, dont le lancement a été autorisé par le Conseil de Paris lors de sa séance du 5 avril 1993, a eu lieu entre le 22 novembre et le 17 décembre 1993 à la mairie du 18e arrondissement. L'avis rendu par le commissaire-enquêteur était favorable et n'était assorti d'aucune réserve.
La Préfecture de police, dont les sites d'hébergement des appelés du contingent de Vitry et de la rue de la Haie-Coq doivent fermer prochainement, a fait connaître à la Ville de Paris son accord pour la réalisation d'un projet comportant création, au 2, rue Coustou, d'un nouveau foyer d'au moins 229 chambres - 261 au plus -, d'une surface utile de 2.690 mètres carrés, qui occuperait la totalité du bâtiment, rez-de-chaussée et entresol compris.
Le coût de transformation de l'immeuble a été chiffré à 29,2 millions de francs, hors acquisitions.
Un concours d'architecture a été lancé le 28 octobre 1996.
Les structures de l'immeuble sont saines. Toutefois, la dégradation de la façade sur rue - décrochement d'éléments de béton et d'enduit, fenêtres battantes aux vitres cassées - a conduit la Ville de Paris à entreprendre en urgence des travaux de sécurité dans le courant du mois d'octobre 1996, à savoir : la fermeture de l'ensemble des baies et fenêtres donnant sur la rue Coustou, la purge des éléments de façade les plus menaçants et la mise en place d'une protection en éventail à hauteur du 2e niveau destiné à recueillir tous les éléments qui viendraient à se détacher en partie supérieure.
Ces travaux ont été achevés le 23 octobre 1996.
La Ville de Paris est appelée à perdre 3 foyers : Vitry (154 lits), la rue de la Haie-Coq (190 lits), la rue Ridder (112 lits), soit au total une perte de 456 lits. Il est donc indispensable que le projet de transformation de cet immeuble en foyer d'hébergement des appelés du contingent soit mené à bien. Les travaux doivent commencer au printemps 1997 pour une livraison en 1999."
Réponse (M. LE PRÉFET DE POLICE) :
"L'immeuble situé 2, rue Coustou (18e) est bien destiné à la création d'un centre d'hébergement pour les appelés du contingent effectuant leur service national dans la Police à Paris.
La Mairie de Paris, propriétaire de cet immeuble, s'est engagée à y effectuer des travaux dès le printemps 1997, dans la perspective de l'ouverture du centre à l'été 1999. Ce centre devrait accueillir entre 230 et 260 policiers auxiliaires."