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Novembre 1996
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Conseil Municipal
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31- 1996, D. 1663 - Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer un permis de démolir visant des bâtiments situés 4, rue d'Aubervilliers (19e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 1996



1996, D. 1678 - Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer un permis de démolir visant des constructions situées 8, rue d'Aubervilliers (19e).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons aux projets de délibération D. 1663 et D. 1678 autorisant M. le Maire de Paris à déposer des permis de démolir rue d'Aubervilliers.
M. BLET est inscrit, je lui donne la parole.
M. Jean-François BLET. - L'immeuble du 4, rue d'Aubervilliers, comprend deux corps de bâtiment et deux étages sur cour. Vous voulez le démolir, mais est-il dans un état qui justifie sa démolition ?
Le bâti en façade sur rue et en façade sur cour est en bon état, même en parfait état. Il suffirait d'y mettre un coup de peinture, de le rafraîchir un peu. La toiture sur rue est une toiture de tuiles vernissées, d'allure bourguignonne, avec affleurement de mousse du plus bel effet. Les souches de cheminées sont toutes, au nombre d'une dizaine, en parfait état, la toiture sur cour est en bon état. Nous avons pris la peine de monter dans l'hôtel qui est en face pour la contempler.
Cet immeuble typiquement faubourien, de faible densité et de faible hauteur, ne présente aucune caractéristique de dangerosité ou d'insalubrité. Il se peut qu'à l'intérieur, des éléments de confort y fassent défaut, mais il serait aisé de les y installer.
Mais si l'on voit bien ce que la Ville veut démolir, on ne voit pas du tout ce qu'elle veut mettre à la place. C'est le problème du secteur du passage Goix où nombre d'immeubles ont été démolis laissant la place à des friches immobilières depuis des années.
Quel est l'intérêt de détruire un immeuble pour faire une friche de plus dans le quartier, alors que cet immeuble réaménagé pourrait abriter plusieurs familles ?
Quel est le bilan du secteur passage Goix ?
Cette opération n'est pas seulement une opération de destruction-reconstruction mais elle est également du fait d'un périmètre en dentelle une opération de réhabilitation diligentée par le PACTE de Paris. Des immeubles voisins identiques à ceux que vous voulez détruire sont en cours de réhabilitation.
Destruction d'un patrimoine de charme pour reprendre l'excellente formule de Jean TIBÉRI.
Destruction de logements sociaux de fait.
Nous refusons cette politique des ruines, cette accumulation de friches qui donne à ce secteur l'aspect d'une ville bombardée alors même que la Ville est dénuée de projets précis.
Chaque demande de démolition devrait être obligatoirement accompagnée d'un projet de construction, assorti d'un volet paysager décrivant son impact sur le paysage urbain.
C'est pourquoi cette délibération a été retirée de l'ordre du jour du Conseil du 19e arrondissement qui a demandé un bilan d'étape sur l'opération calamiteuse du passage Goix.
Prolongeant l'O.P.A.H. du Bassin de la Villette, diligentée par le PACTE de Paris, une O.P.A.H. multisite, complexe, ciblée sur les copropriétés dégradées ainsi que nous en avions convenu lors d'un précédent débat témoignerait d'un urbanisme à visage humain. Chassez les Z.A.C. par la porte, et faites les entrer par un autre endroit. C'est poursuivre, sous une forme à peine déguisée, une politique de destruction au niveau des Parisiens et rien ne justifie un tel vandalisme.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Michel BULTÉ pour répondre à M. BLET.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Si M. BLET en est d'accord, je répondrai en même temps pour ne pas éterniser les débats, sur les deux projets de délibération.
M. BLET, une fois de plus, vient de nous rappeler ce qu'il souhaite. Effectivement cela ne correspond pas à ce que nous souhaitons, nous, et j'ai répondu par courrier au Maire de l'arrondissement le 25 octobre dernier afin de lui apporter les précisions nécessaires sur cette affaire. Je ne reviens pas sur tout l'historique de cette affaire. Nous maintenons bien entendu notre position dans ce secteur difficile où il est absolument nécessaire de pouvoir construire demain des logements sociaux.
Merci, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 1663.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SCHNEITER, SILHOUETTE, BILLARD, SCHERER et M. BLET ayant voté contre. (1996, D. 1663).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Mes chers collègues, je vous fais remarquer que la réponse de M. BULTÉ valait également pour le D. 1678 qui concernait aussi des constructions, 8, rue d'Aubervilliers. C'était une réponse globale.
Monsieur BLET, avez-vous quelque chose à ajouter ?
M. Jean-François BLET. - Je pose un problème différent effectivement.
Je suis désolé mais si des projets de délibération sont retirés de l'ordre du jour, ce n'est pas par simple plaisir, mais c'est parce que cela pose un véritable problème.
Vous pouvez être d'accord ou ne pas être d'accord, c'est le jeu de la démocratie. La démocratie, c'est aussi que les voix des autres conseils locaux se fassent entendre.
Il est dit dans le projet de délibération que cette opération nécessite la démolition d'immeubles inoccupés.
Or, certains appartements sont toujours habités. Alors, soit les services de l'Hôtel-de-Ville cherchent à nous induire en erreur, soit ils n'ont pas pris la peine de se rendre sur place pour vérifier la vacuité des locaux.
Je ne sais quel est le statut juridique de ces occupants, mais peu importe. Il est certain que si nous autorisons cette démolition, ils seront expulsés. Ces méthodes ne sont pas acceptables !
Il est inadmissible d'envisager la construction d'un immeuble dans lequel se trouvent encore des habitants alors même qu'il n'y a pas eu de plan de relogement.
Il est indispensable enfin de remettre à plat cette opération, passage Goix, d'en faire le bilan.
Les élus doivent être informés des projets de la Ville, afin de pouvoir en débattre. Les projets de démolition se succèdent sans que riverains et commerçants soient informés.
Un réexamen global de cette opération s'impose. Nombre d'immeubles faubouriens du passage Goix sont parfaitement réhabilitables.
Un autre aménagement est encore possible.
Pour toutes ces raisons, le Conseil d'arrondissement avait sursi à statuer retirant ce projet de délibération en l'attente des précisions demandées.
Aujourd'hui vous passez en force.
L'urbanisme à visage humain selon Jean TIBÉRI ne serait-il qu'une vanne ?
M. Michel BULTÉ, adjoint, rapporteur. - Je ne rajoute rien. Je dirai simplement que les éléments nécessaires ont été transmis en temps et en heure à la Mairie du 19e, notamment le 25 octobre, concernant ce projet de délibération que nous maintenons.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 1678.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SCHNEITER, SILHOUETTE, BILLARD, SCHERER et M. BLET ayant voté contre. (1996, D. 1678).