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Novembre 1996
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36- 1996, D. 1675 - Autorisation à M. le Maire de Paris de déposer un permis de démolir visant des bâtiments 30, rue du Nord (18e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 1996



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous examinons le dernier projet de délibération de la 6e Commission, c'est le D. 1675.
Nous n'avons qu'un orateur inscrit et c'est M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Le 25 septembre dernier, vous nous soumettiez la démolition des dix immeubles de la cité Traëger justifiée par le besoin d'extension du collège Boinot et par l'état de certains d'entre eux.
L'opération dite "Cité Traëger-Nord", qui affecte l'ensemble de ce quartier, se signale par l'absence de clarté du projet et le mitage injustifié de la rue du Nord.
Nos craintes sont aujourd'hui amplifiées puisque vous vous apprêtez à passer en force, une par une, la démolition de chacun des vingt immeubles de la rue du Nord en commençant aujourd'hui par ce numéro 30.
Nos remarques n'ont pas été prises en compte et vos déclarations sur le respect des quartiers, de leurs habitants et le réexamen des opérations en cours paraissent obsolètes, malheureusement.
Jouxtant la maison du n° 32 et son jardin, l'ensemble bâti du n° 30 peut parfaitement être remis en usage à moindre coût.
Sa configuration relève de l'architecture vernaculaire qui déplaît tant aux urbanismes parisiens. Cet atypisme rompt avec les esprits rigoureux d'Haussmann et de l'A.P.U.R. Objet de leur vindicte, il est systématiquement et inlassablement éliminé de la Capitale.
Cet immeuble n'est absolument pas concerné par l'extension du collège mais uniquement par de vagues projets de construction de logements. Tous les autres immeubles de la rue du Nord sont menacés de même.
Or, tandis que l'ensemble de ce secteur est progressivement muré et vidé de ses habitants, aucun projet précis n'est avancé.
La rue du Nord, par ses dimensions modestes, son revêtement pavé et ses immeubles faubouriens de hauteurs variées mais modérées fait partie de ces rues de charme de la Capitale.
La détruire serait une grave erreur, tant d'un point de vue urbanistique par ses qualités esthétiques que d'un point de vue social, puisqu'elle constitue un secteur d'habitat social de fait.
Il est encore temps d'arrêter ce massacre imminent en abandonnant le permis de démolir que vous nous proposez et en réexaminant en profondeur votre action sur ce secteur.
La Ville a déjà acquis plusieurs lots de copropriété dans les immeubles de cette rue en vue des démolitions qu'elle projette.
Cette politique d'acquisition doit se réorienter vers un objectif de réhabilitation afin de remettre en usage les logements sociaux que vous avez supprimés.
Certains locaux commerciaux en rez-de-chaussée peuvent être l'occasion d'implanter des équipements de proximité, des locaux associatifs culturels et artistiques. Ces LASCARTS seraient fort utiles pour l'animation de ce quartier !
Monsieur le Maire, réexaminez cette opération lancée prématurément, sans réflexion et sans concertation !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - M. BULTÉ a la parole pour répondre à M. BLET.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
C'est surréaliste quand même, les propos de M. BLET ! Il prétend qu'on passe aujourd'hui en force ce projet de délibération et, là encore, cette opération, après dialogue et concertation menée à la fois avec les associations et la Mairie du 18e, a obtenu l'unanimité au Conseil du 18e arrondissement, toutes tendances confondues.
Monsieur BLET, il ne faut pas raconter n'importe quoi, on ne passe pas en force. Dans cette affaire, l'ensemble des élus de la majorité du 18e arrondissement, le Maire en premier, ont reconnu l'utilité publique de cette opération, nécessaire pour la réalisation de logements sociaux.
Alors, bien entendu, je ne peux que maintenir ce projet de délibération et souhaiter, là encore, qu'il y ait unanimité au Conseil de Paris, mes chers collègues.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je remercie M. BULTÉ.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, M. BLET ayant voté contre. (1996, D. 1675).