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Novembre 1996
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27- 1996, D. 1682 - Zone d'aménagement concerté "Réunion" (20e). - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant au traité de concession signé avec la "S.A.E.M.A.R. Saint-Blaise" pour la réalisation de cette Z.A.C.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 1996



M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Nous allons passer aux affaires de la 6e Commission, mes chers collègues, et tout d'abord le projet de délibération D. 1682 concernant la zone d'aménagement concerté "Réunion" dans le 20e arrondissement.
Je donne la parole au premier orateur inscrit, M. BRET.
M. Bertrand BRET. - Merci, Monsieur le Maire.
Mes chers collègues, comme vous venez de le préciser, il s'agit d'autoriser la Ville de Paris à modifier le traité de concession passé avec l'aménageur de la Z.A.C. "Réunion" afin de lui permettre d'achever l'aménagement de cette Z.A.C.
Je voudrais, au cours de cette intervention, très brièvement, rapprocher les objectifs initiaux de la convention de Z.A.C. de ce qui est actuellement réalisé et par là même de ce qu'il reste à faire.
Je rappelle simplement que l'article premier de la convention de la Z.A.C. stipulait que l'opération devait permettre la réalisation de 750 logements, 8.000 mètres carrés de bureaux, 9.500 mètres carrés d'activités et 3.500 mètres carrés de commerces.
La construction d'une nouvelle école élémentaire, d'une crèche de 60 berceaux, d'un jardin public ainsi que l'extension - et c'est écrit textuellement - du groupe scolaire, donc de l'ensemble des écoles élémentaires et maternelles de la rue des Pyrénées, bien que celle-ci ne fasse pas stricto sensu partie du projet d'aménagement de la Z.A.C.
Or, que constatons nous ?
En premier lieu, le projet de délibération qui nous est présenté fait apparaître une réduction assez sensible du programme de départ, sans que pour autant on nous demande de nous prononcer sur cette réduction.
Très précisément, de 750 logements prévus à l'origine, on est passé maintenant à 650 logements au mieux. La zone d'activités de bureaux, de plus de 10.000 mètres carrés, n'est même plus mentionnée dans l'exposé des motifs de ce projet de délibération.
On peut comprendre, dans un certain sens, pourquoi. Il est vrai aujourd'hui que la réalisation de bureaux neufs et d'une zone d'activités de cette importance ne peut plus être d'actualité.
Cela pose, à l'évidence, une grosse interrogation sur l'avenir de la Z.A.C. car c'est cet élément qui était censé assurer l'équilibre financier de cette Z.A.C.
L'extension scolaire ne concernerait plus que la seule école maternelle alors qu'au départ il s'agissait à la fois de l'école maternelle et de l'école élémentaire.
Enfin concernant le projet de crèche qui est pourtant considérée, de l'avis de tous, comme étant d'une absolue nécessité, on nous apprend qu'il reste encore à l'étude. Il est clair, et je le regrette, pour ma part, qu'un projet de cette nature aurait pu, devrais-je dire aurait dû, être accompagné d'un projet de modification du plan d'aménagement de zone, ce qui aurait pu permettre de mettre en conformité les nouvelles réorientations du programme de la Z.A.C. avec son programme d'aménagement.
Ceci étant - et je le comprends tout à fait - ce programme d'aménagement doit être revu en raison des incidences financières liées à l'activité économique des bureaux que j'évoquais tout à l'heure.
Il est clair que d'un certain point de vue, la diminution probable, si ce n'est envisagée, du nombre de logements va dans le sens souhaité tant par les populations que par les élus locaux qui par rapport au programme de démolition et de reconstruction voient d'un assez bon oeil le fait que la Ville semble s'orienter de façon préférentielle vers la préservation, la réhabilitation d'un certain nombre d'immeubles concernés dans cette Z.A.C. qui était initialement prévue à la démolition. C'est un point positif.
En revanche, et cela mérite d'être rappelé, nous avons de grandes inquiétudes sur le devenir des services publics qui restent à réaliser, au premier rang desquels la crèche que j'évoquais tout à l'heure.
C'est en ce sens, Monsieur le Maire, mes chers collègues, que le Conseil du 20e arrondissement, à l'unanimité - et cette unanimité permet d'associer la majorité municipale, mais également le président d'honneur de la "S.A.E.M.A.R. Saint-Blaise", ainsi que son président actuel, par ailleurs adjoint au Maire de Paris - à adopter un amendement rédigé sous forme d'article additionnel au projet, à l'article unique qui nous est soumis, lequel amendement - je vous le présente rapidement - tient en deux lignes.
Il stipule qu'une priorité sera donnée à la réalisation de l'ensemble des équipements publics, crèches, extension du groupe scolaire de la rue des Pyrénées, prévue à l'article premier. Dès lors que près de la moitié des logements est réalisée, il faut qu'une véritable priorité soit donnée à la réalisation des équipements publics rendus nécessaires par la présence de ces nouveaux logements qui drainent à l'évidence une population supplémentaire qui ne trouve pas aujourd'hui accueil, notamment dans les domaines de l'enfance et de la petite enfance.
Le deuxième aspect de cet amendement consiste à formaliser le fait que la mairie d'arrondissement serait associée aux modalités de poursuite et d'achèvement de cette Z.A.C.
Voilà, Monsieur le Maire, brièvement présentées les observations qu'appelait ce projet de la part de la municipalité d'arrondissement.
Bien évidemment nous y sommes favorables parce que la Z.A.C. doit être achevée. Bien évidemment, nous souhaitons que dès lors que des réorientations de cette Z.A.C. soient envisagées, ces dernières se fassent en fonction de ce que sont les éléments conjoncturels.
Il n'est pas question de nier la réalité des faits. Dans le même temps, nous souhaitons mettre l'accent - je me permets d'insister - sur l'absolue nécessité qu'il y a de réaliser en premier lieu les équipements publics en me félicitant qu'une partie d'entre eux ait vu le jour.
Voilà, Monsieur le Maire, les observations que je souhaitais porter à votre connaissance.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - La parole est à Mme BILLARD.
Mme Martine BILLARD. - 8 ans ont été nécessaires pour construire 328 logements, dont une majorité de P.L.I. On nous propose de prolonger de 4 ans pour en construire 350 à 400 de plus. Comme dans toutes les Z.A.C. de Paris, les délais ne sont jamais tenus. On prolonge régulièrement . Une fois de plus les difficultés de relogement de la population concernée sont invoquées.
Si au lieu de construire des P.L.I. lors de cette phase, les P.L.A. avaient été préférés, les habitants auraient pu être relogés. Fallait-il encore avoir la volonté de reloger sur place les habitants du quartier ?
L'expérience d'autres Z.A.C. du 20e nous a plutôt démontré le contraire. L'outil Z.A.C. qui devait permettre une intervention concentrée et rapide démontre régulièrement le contraire à Paris !
Rien n'est dit sur les 8.000 mètres carrés de bureaux, les 85.000 mètres carrés d'activités et les 3.500 mètres carrés de commerces. Même si les terrains d'éducation physique entrent dans la superficie d'activités, il semble qu'il reste des mètres carrés disponibles.
10 classes de primaire ont été jugées utiles. Rien n'est prévu dans le secondaire alors que le collège Henri-Matisse déborde déjà.
Au collège, deux salles de classes sont occupées par la bibliothèque de jeunesse dite de la rue des Orteaux. Cette bibliothèque jugée trop petite a été retirée du programme d'informatisation des bibliothèques de la Ville, provoquant l'inquiétude du personnel et des parents sur la pérennité de cette même bibliothèque.
Par ailleurs, effectivement les salles de classes occupées font cruellement défaut au collège, alors pourquoi ne pas profiter de cette formidable opportunité pour construire une véritable médiathèque dans la Z.A.C. "Réunion".
Ce type d'équipement est fort apprécié des habitants et toutes les enquêtes démontrent que leur ouverture entraîne une hausse considérable du nombre de documents prêtés.
Enfin, un problème n'est pas abordé par ce projet de délibération, c'est l'utilisation des rez-de-chaussée, problème que l'on retrouve de plus en plus dans tout Paris ; loués à des prix trop élevés, ils ne trouvent pas preneurs demeurent donc murés et donnent cette impression de désolation trop connue de nombre de rues du 20e arrondissement.
Pendant ce temps, les commerçants et artisans ne peuvent s'installer, créant une impression d'abandon des quartiers et empêchant la création d'emplois.
Malgré la sonnette d'alarme tirée par les associations de commerçants, les artistes de quartier, les élus, la Mairie de Paris n'a toujours pas jugé utile de promouvoir une politique d'incitation.
Si des problèmes légaux de fixation de prix existent, il est peut-être temps de modifier les dispositions existantes avant que le quartier ne se transforme en désert commercial.
Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à M. AUTEXIER.
M. Jean-Yves AUTEXIER. - Huit ans après le lancement de la Z.A.C. "Réunion" vous nous proposez de prolonger de quatre ans la mission confiée à la "S.A.E.M.A.R. Saint-Blaise" et de dresser une esquisse de bilan de cette opération.
En matière de logement, légère diminution : j'observe que le bilan actuel est de 337 logements libres ou intermédiaires pour 371 P.L.A. construites ou prévues. C'est un équilibre différent de celui qui prévalait auparavant. Il faut en déduire des changements notables de population au détriment des gens plus modestes comme trop souvent le bilan des Z.A.C. parisiennes le montre.
A mon tour, je voudrais souligner le besoin de réaliser les équipements publics qui avaient été prévus et d'abord, naturellement la crèche. Aujourd'hui, vous nous indiquez qu'elle reste à l'étude ; mais c'est plus que l'étude, c'est la réalisation qui devient urgente pour les besoins de la population sur place.
Deuxièmement, l'extension du groupe scolaire de la rue des Pyrénées est absolument nécessaire. La zone d'activité, qui figurait initialement dans le programme de Z.A.C., n'est plus mentionnée. Naturellement, je ne vous proposerai pas de construire à nouveau des bureaux qui resteraient vides.
Mais le bilan emploi doit être considéré pour les immeubles neufs. On observe que les locaux commerciaux de rez-de-chaussée ont beaucoup de mal à trouver preneur, pour une raison très simple, leur coût trop élevé. Il faut bouger sur ce point, permettre, en modifiant les loyers, que ces locaux soient utilisés, puissent employer du personnel et donner vie à ces rues, car aujourd'hui, se promener dans le quartier "Réunion", c'est se promener dans un quartier fantôme où les immeubles neufs surgissent de terre, leur rez-de-chaussée murés, et en face, demeurent des bâtiments anciens, généralement début de siècle, qui sont en attente de leur destinée.
Les franges de la Z.A.C. doivent faire l'objet d'une étude car, actuellement, l'image que donne ce quartier est assez triste. Beaucoup de bâtiments attendent d'être réhabilités, ils ne sont pas détruits, fort heureusement, mais ils doivent faire l'objet d'une opération d'amélioration de l'habitat qui soit ciblée. Ce sont des immeubles anciens où il y a des problèmes de saturnisme, et toutes les conditions sont réunies pour s'occuper des immeubles qui n'ont pas été, à juste titre, inclus dans le périmètre de Z.A.C., qui ne font l'objet d'aucune opération publique d'urbanisme.
Il faut donc, à mes yeux, opérer un inventaire du bâti existant qui mérite d'être réhabilité et déclencher les opérations d'urbanisme qui permettraient aux propriétaires bailleurs de réhabiliter avec, nous le souhaitons, un plan de réhabilitation de longue durée qui permette de plafonner les loyers à l'issue des travaux de réhabilitation.
Je crois qu'il faut vraiment considérer l'ensemble du quartier, Z.A.C. et franges de la Z.A.C., car la situation actuelle est tout à fait étrange.
Encore une fois, la promenade dans ces rues montre des quartiers où la moitié est en attente d'affectation, bâtiments anciens qui méritent d'être réhabilités et qui ne le sont pas, et bâtiment ultra-modernes dont les rez-de-chaussée sont murés.
Il faut prendre à bras-le-corps les problèmes de ce quartier, proposer la réhabilitation de l'ancien et l'occupation des surfaces d'activité.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Jean-François BLET.
M. Jean-François BLET. - La Z.A.C. "Réunion", initiée au début des années 80, est l'un de ces nombreux exemples d'opération publique ayant fait table rase des spécificités du tissu urbain des arrondissements du Nord-Est parisien.
Le bilan que vous tirez aujourd'hui de cette opération est sujet à caution.
La quantité de logements annoncés, près de 800 logements à terme, suffit à elle seule à nous faire comprendre la forte densité imposée à ce secteur, eu égard à l'état initial.
Les hauteurs modérées et variées du tissu ancien ont en effet été remplacées par des fronts bâti continus de 6 étages.
Nombre d'ateliers, de petites industries et de commerces de proximité ont disparu du secteur et des locaux commerciaux neufs restent désespérément vides faute de loyers accessibles.
Il est donc à craindre que ce quartier ne se transforme en cité-dortoir.
Rappelons que ces locaux commerciaux en rez-de-chaussée, qui ne trouvent pas preneurs, peuvent être utilisés par la Ville pour insérer de petits équipements de quartier, des locaux associatifs culturels et artistiques, ces LASCARTS, qui sont si utiles pour la vie des quartiers ! Les équipements réalisés sont loin de répondre aux besoins.
La crèche actuellement à l'étude doit être réalisée en urgence, ainsi que l'extension de l'école maternelle de la rue des Pyrénées et le foyer de personnes âgées.
Un collège, non programmé, devrait aussi être réalisé selon les demandes déjà formulées par les habitants de ce quartier. Il pourrait notamment prendre place sur le site initialement réservé à l'hôtel d'activités, projet aujourd'hui abandonné.
Ces diverses modifications du programme, abandon de l'hôtel d'activités, mais aussi des espaces de bureaux, nécessitent une modification du plan d'aménagement de zone pour être en conformité avec la loi. Cette modification devrait permettre d'inclure la création du collège.
Prenez en compte l'excellent travail d'information et d'animation réalisé par l'association I.D.E.E. "Réunion" "Information, Défense, Ecoute, Expression du quartier Réunion" avec qui vous devriez engager une concertation régulière et soutenue.
En matière d'information et de concertation, l'action de la Ville et de la "S.A.E.M.AR. Sainte-Blaise" est en effet plus qu'insuffisante.
Rappelons enfin que le périmètre de la Z.A.C. "Réunion" ne représente qu'une partie du périmètre d'étude initial de cette opération et que ses abords font, depuis, l'objet d'extensions et de nombreuses opérations de mitage qui pourrissent tout ce quartier, tel le secteur Planchat-Vignoles.
Il est grand temps de mener une réflexion sur l'ensemble de ce quartier, réflexion qui prenne en compte le quartier dans sa globalité et réexamine les différentes opérations qui l'affectent de part et d'autre.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à M. MANSAT.
M. Pierre MANSAT. - Il faut voir les choses en face, le bilan de l'aménagement de la Z.A.C. "Réunion", depuis 1988, est préoccupant. Huit ans pour réaliser seulement le tiers des logements prévus, et ceux qui sont en cours de construction en ce moment sont des P.L.I. de peu d'intérêt pour le relogement sur place des habitants. Huit ans pour ne pas réaliser la crèche pourtant prioritaire, et maintenant, l'abandon de plusieurs milliers de mètres carrés prévus pour les activités.
De plus, tout cela est bien loin des habitants du quartier. Demandez à l'un de ces habitants ce qu'il est prévu, ce que va devenir son quartier, si lui-même va pouvoir y rester, s'il trouvera des activités, des commerces ; ce qu'il vous exprimera, c'est sa crainte et un sentiment d'abandon.
Depuis le début, il y a bien des années de cela, avant même que la Z.A.C. ne soit délimitée, la concertation a été réduite, formelle. Depuis le début, les immeubles se sont dégradés, vidés de leurs habitants et laissés à l'abandon. Les conditions de vie, les conditions sanitaires, à certains endroits de la Z.A.C., sont d'un autre âge. Connaissez-vous beaucoup de lieux où les conditions sanitaires sont pires qu'il y a vingt ans ?
Aujourd'hui, le Maire de Paris exprime l'importance qu'il attache à ce que des réflexions soient conduites en concertation avec les partenaires locaux et les élus d'arrondissement, alors, chiche ! Engageons une concertation dès maintenant sur la suite de la Z.A.C.
Des propositions, il y en a.
Certains besoins n'ont pas été pris en compte ou ont évolué. Par exemple, maintenant et en prévision des nouveaux habitants, il faudrait un collège. L'extension prévue du collège Henri-Matisse n'est pas faite pour augmenter le nombre d'élèves, mais bien pour apporter les salles indispensables à son fonctionnement.
Il faudrait une bibliothèque pour enfants pour désenclaver celle qui existe rue des Orteaux, dont l'avenir doit être garanti. Les surfaces disponibles ne manquent pas dans le quartier.
Il faudrait une étude sérieuse qui permette de réhabiliter les immeubles qui peuvent l'être, et il y en a.
Il faudrait voir quelles actions peuvent être engagées pour faciliter l'ouverture d'activités et de commerces dans les rez-de-chaussée existant, anciens ou neufs. Et d'ailleurs, pourquoi se résigner à abandonner l'idée d'implanter des activités, comme cela était prévu ? Peut-être qu'au lieu de bureaux ou d'une cité artisanale, on peut installer un hôtel industriel, une pépinière d'entreprises...
Et puis, soutenir les entreprises existantes et qui sont en danger.
Je pense à l'Amicale des fêtes : 17 emplois. Une petite entreprise implantée depuis soixante ans dans ce quartier autour de laquelle vient de se constituer un dynamique comité de soutien, qui mobilise des énergies de tous horizons politiques et sociaux et qui est à l'origine d'un carnaval, d'une manifestation de plusieurs centaines de personnes dans le 20e.
Cette concertation, si on en a la volonté politique, peut se faire dans des délais tout à fait raisonnables. Il y a, sur place, des élus, des associations, des habitants qui ont des idées, des projets, parfois depuis longtemps, et qui ne demandent qu'à être entendus.
D'ailleurs, pourquoi ne pas consacrer une certaine somme à financer des études, faites en toute indépendance, sous la responsabilité des associations ?
Mais attention ! Ces réflexions ne peuvent pas se mener si l'on conçoit la Z.A.C. comme un périmètre fermé, hors de l'espace. La Z.A.C. n'est pas un quartier, elle est une partie de quartier, avec un statut particulier. Il y a la Z.A.C., il y a les extensions Est et Ouest et il y a le délicat problème du marché de la "Réunion" entre autres, et puis bien d'autres.
Il y a l'équipement qui devrait être implanté en lieu et place du "Sleep in". Il y a l'avenir commercial de la rue d'Avron. Il y a les menaces sur le 33, rue des Vignoles, un lieu artistique et syndical important dans la vie du quartier et de l'arrondissement.
Ainsi les élus communistes renouvellent l'exigence fondamentale qu'une concertation d'ensemble, avec les moyens nécessaires, soit engagée sur l'ensemble du quartier "Réunion" pour arriver à ce qu'un plan d'ensemble du développement et de l'avenir de ce quartier soit établi par ses habitants et pour ses habitants.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme COUDERC pour répondre aux différents intervenants.
Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.
J'aimerais tout d'abord dire que nous avons bien pris acte de ce que le Conseil du 20e arrondissement a donné son accord à ce projet.
Ceci étant, j'ai écouté avec attention les différentes interventions, et j'aimerais donner certaines précisions.
M. BRET a évoqué le projet d'amendement qui a été voté lors du Conseil d'arrondissement, ce qui me permet de répondre à un certain nombre des observations qui viennent d'être faites.
Dans l'exposé des motifs du projet d'amendement, on indique, notamment, que la zone d'activité sera totalement supprimée. J'aimerais dire d'une manière tout à fait claire que ceci est inexact. Il est vrai que l'exposé des motifs du projet de délibération ne fait pas d'allusion explicite à la zone d'activité, et ceci rejoint ce qui a été dit par plusieurs orateurs. Mais cette zone d'activité figure bien au plan d'aménagement de zone et les réflexions à conduire sur la poursuite de la Z.A.C. porteront notamment sur cet élément de programme.
J'aimerais dire notamment à M. MANSAT que la volonté politique de revitaliser le quartier, de permettre le maintien et le développement de son activité commerciale fait partie intégrante de notre projet.
En ce qui concerne le projet d'amendement proprement dit, je dois vous dire tout de suite que je ne suis pas favorable à son adoption. Le texte propose en effet d'inscrire dans le projet de délibération que la mairie du 20e arrondissement sera associée aux modalités de poursuite et d'achèvement de ce projet.
Je pourrais vous dire simplement que l'exposé des motifs du projet de délibération précise sans ambiguïté que les études et réflexions relatives aux modalités de poursuite de la Z.A.C., je cite, "seront menées en concertation avec les partenaires locaux et, en premier lieu, avec les élus de l'arrondissement".
Je crois qu'on ne peut pas être plus clair, non seulement sur les intentions, mais sur ce que nous faisons.
En réalité, le plus important est que toute la politique d'urbanisme du Maire, tel qu'il l'a définie le 15 avril dernier, est bien orientée vers un dialogue et une concertation renforcée avec les mairies d'arrondissement, les associations et les habitants, et je crois que pour ma part c'est bien ce que je fais, un certain nombre d'entre vous peuvent en être les témoins.
C'est ainsi que nous procédons dans nos opérations et le Maire du 20e arrondissement, M. CHARZAT, le sait aussi, récemment encore, pour la Z.A.C. "des Amandiers" par exemple.
Je trouve donc paradoxal, et pour tout dire assez mal venu, de demander aujourd'hui que cette exigence figure dans un projet de délibération comme s'il s'agissait vraiment d'une demande qui n'était pas satisfaite.
Pour ce seul motif je ne souhaite pas que cet amendement soit adopté.
En ce qui concerne le fond, la priorité accordée à la réalisation de la crèche et l'extension du groupe scolaire, je voudrais dire ceci.
Comme je l'ai indiqué, à la demande du Maire de Paris, nous reprenons pas à pas les différentes opérations d'aménagement engagées dans Paris pour trouver le meilleur moyen de leur aboutissement rapide, avec le plus large consensus.
Dans le 20e arrondissement, comme je viens de le rappeler, nous avons travaillé sur les Amandiers, et je crois, M. CHARZAT ne devrait pas me contredire, que nous avons bien progressé.
La Z.A.C. "Réunion" est une autre opération importante du 20e arrondissement et, vous l'avez indiqué, Monsieur le Maire, dans votre communication du 15 avril, nous allons désormais accélérer les réflexions sur cette opération.
Je pense ainsi répondre au souci unanime du Conseil du 20e arrondissement.
S'agissant des équipements publics, les efforts en faveur de leur réalisation sont, vous le savez, tributaires de plusieurs facteurs que l'on ne peut pas tous prévoir aujourd'hui. Mais il va de soi que la Ville de Paris fera le maximum d'efforts pour que ces équipements publics soient, dans ce contexte, construits dans les meilleurs délais, dans le respect des orientations budgétaires et lorsque les emprises foncières seront totalement libérées.
En premier lieu, et pour répondre plus particulièrement à M. BRET et à Mme BILLARD, l'extension scolaire nécessite une réflexion préalable, qui a été engagée par la Direction des Affaires scolaires sur le dimensionnement exact de cette extension, en fonction des besoins actualisés.
S'agissant de la crèche, les études préliminaires sont en cours. Il est envisagé de financer les études proprement dites en 1997 et les travaux le plus rapidement possible. Je voudrais dire à M. BARIANI, dont je sais qu'il est très soucieux de cet équipement depuis plusieurs années, que je m'engage à ce que cette crèche soit réalisée dans les meilleurs délais.
En complément de ce que je viens d'indiquer à Mme BILLARD, je lui répondrai plus particulièrement que j'ai bien noté ses interrogations sur la bibliothèque municipale de l'actuel collège Henri-Matisse. L'idée d'une utilisation provisoire de cette bibliothèque pour les besoins propres du collège, dans l'attente de son extension définitive vers la place de la Réunion, a bien été évoqué par les parents d'élèves ; la D.A.S.C.O. l'étudie en ce moment.
Je comprends son souci de savoir ce que deviendrait la bibliothèque dans cette hypothèse et c'est précisément ce qui rend difficile la réponse des services. Il n'est en revanche pas facile d'imaginer une médiathèque, comme Mme BILLARD le propose. C'est pourquoi nous devons parallèlement continuer de réfléchir aux moyens de trouver le plus vite possible une réponse définitive à l'extension du collège Henri-Matisse vers la place de la Réunion, comme je l'indiquais.
En réponse à M. MANSAT, je dirai qu'il a bien été envisagé d'agrandir ce collège sous l'emprise limitrophe situé en bordure de la place de la Réunion. Or, cette emprise sert avec d'autres surfaces à l'accueil hebdomadaire du marché de la place de la Réunion et aussi à des jeux de ballons d'adolescents.
Des études sont en cours pour essayer de trouver une solution globale satisfaisante qui permettra de créer à la fois la capacité supplémentaire nécessaire au collège tout en maintenant le marché sur la place de la Réunion et à ses abords immédiats.
L'étude doit être très détaillée et très fine car la place disponible est comptée.
Pour conclure, je dirais pour répondre aux propos de MM. AUTEXIER, MANSAT et BLET et sur ce que M. AUTEXIER, je crois, a appelé les franges de la Z.A.C., que nous sommes bien conscients que la réflexion que nous devons engager sur la Z.A.C. "Réunion" doit s'appuyer sur une approche élargie à l'ensemble du quartier qui s'organise autour de cette opération.
J'ai d'ailleurs récemment évoqué ce sujet avec le Maire du 20e arrondissement, qu'il s'agisse des abords de la place de la Réunion, de l'extension du collège, de l'aménagement des secteurs de préemption des rues Planchat, des Vignoles, des Haies, mais aussi du secteur situé près des rues Frequel et de Fontarabie, jusqu'aux îlots situés entre la rue de Bagnolet et le cimetière du Père-Lachaise.
Le Maire de Paris a évoqué la nécessité de cette approche globale dans sa communication du 15 avril et je voudrais confirmer que nous avons commencé à travailler sur cette question. En particulier, j'ai d'ores et déjà demandé que le secteur "Frequel-Fontarabie" soit traité de la façon la plus simple et la plus rapide en limitant l'intervention publique à ce qui est strictement nécessaire.
De même, concernant le secteur "Bagnolet - Père-Lachaise", les services travaillent actuellement sur l'idée d'un P.O.S. de quartier à partir d'une proposition qui avait été formulée à l'origine par Didier BARIANI.
Après le secteur "des Amandiers", celui de la Réunion et de ses abords, sera donc dans le 20e arrondissement une des actions prioritaires de la Municipalité.
Je rappellerai aussi, concernant les observations faites sur les P.L.I., que c'est une nécessité d'avoir un bon équilibre de logements. Il faut à la fois reloger les gens dans les meilleures conditions et en même temps éviter une concentration de logements sociaux P.L.A. qui n'est pas souhaitable.
Sur les rez-de-chaussée, enfin, il faut attendre que la Z.A.C. soit plus avancée pour que les locaux, qui sont réalisés et réservés, puissent être vraiment commercialisés conformément à la volonté que j'évoquais tout à l'heure d'une meilleure animation commerciale et d'une revitalisation de quartier.
Je vous remercie, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés ).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Madame COUDERC.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération D. 1682.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme SCHNEITER ayant voté contre, Mme TAFFIN, MM. DUMAIT, BLET et REVEAU s'étant abstenus. (1996, D. 1682).