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Decembre 1997
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49- 1997, DAUC 198 - Zone d'aménagement concerté " Bercy " (12e). - Autorisation à M. le Maire de Paris de céder à la S.E.M.A.-EST (aménageur) la parcelle de 591 mètres carrés sise îlot E, entre les rues des Pirogues-de-Bercy et François-Truffaut.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 1997



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous arrivons au projet de délibération DAUC 198. Nous avons une inscription de M. MANSAT sur la Zone d'aménagement concertée de Bercy.
M. Pierre MANSAT. - Quelle mouche peut piquer les élus communistes pour, à 2 heures du matin, s'inquiéter de la vente de 591 petits mètres carrés dans le 12e arrondissement ?
C'est que cette délibération vise à permettre la nouvelle construction d'un multiplex de cinéma de plus de 4.000 places. Je ne vais pas à cette heure engager une polémique contre les multiplex, mais je veux marquer le coup, si je puis dire, si cela a une quelconque utilité à cette heure concernant la problématique de l'avenir du cinéma à Paris, Paris dite Capitale mondiale du cinéma.
Car cela ne peut pas continuer comme cela. Il y a une urgence à définir en partenariat avec les instances de l'Etat, du Ministère de la Culture, de la DRAC, du CNC, des professionnels parisiens du cinéma, une conception du développement du cinéma à Paris dans tous ses aspects : diversité de l'offre, diversité de lieux d'animation, qualité de la projection, confort, action ciblée en direction du public, etc.
Ce n'est pas le cas aujourd'hui et malheureusement, les conditions d'application de la loi ne permettent pas non plus une réelle sincérité des débats sur ces dossiers;
Voici de nouveaux la création d'un énorme multiplex cinématographique dont on ne sait toujours pas à l'heure actuelle dans quelle condition la réalisation en a été autorisée. J'ai interrogé à plusieurs reprises la Préfecture de Paris sur cette question. Je n'ai toujours pas de réponse.
Comment concevoir de tels équipements sans étude sérieuse tant sur leur impact en termes de fréquentation cinématographique pour l'ensemble des salles parisiennes, que sur les effets que cela doit induire en termes de disponibilité de films, de choix de films, de nombre de copies, etc., sans analyse sérieuse sur la structuration de la Ville que cela implique en matière de déplacements, d'animations ou d'absence d'animation, les conséquences pour les riverains, la circulation, le stationnement, etc.
Il y a une responsabilité que vous n'exercez pas. J'en veux pour preuve par exemple la dernière Commission départementale d'Equipement cinématographique qui avait à se prononcer sur le projet " Aquaboulevard " au cours de laquelle le représentant connu ou reconnu des exploitants indépendants parisiens n'a eu droit qu'à moins de 10 minutes d'exposé. Aucun membre de la Commission ne lui a posé la moindre question, donc pas les élus représentant le Conseil de Paris et le Conseil du 15e alors que le P.D.G. de la Société demanderesse a disposé de plus d'une demi-heure pour exposer son projet sans contradicteur puisqu'on avait fait sortir le représentant des exploitants indépendants.
Je connais sur ce sujet votre réponse. Vous allez dire : mais Monsieur MANSAT nous votons régulièrement des aides pour la rénovation des salles indépendantes, nous aidons tout le monde.
De ce point de vue, s'il y a un effort réel, je dirai que dans cette situation il vaut mieux être riche et bien portant car on est beaucoup plus aidé que quand on est petit et en difficulté. Confère, les aides apportées aux divers multiplex parisiens. Je suis loin de mes 5 minutes.
A l'inverse, voir les difficultés des lieux comme l'Entrepôt ou " l'Accatone ". L'Entrepôt une salle du 14e qui demande une subvention à la Ville depuis plus de six ans sans réponse.
On ne peut se satisfaire du maintien de quelques salles indépendantes que la Ville aurait subventionnées et qui s'en sortiraient alors que les autres péricliteraient.
Et puis, de toute façon, cela ne réduit pas les problèmes induits par la présence des mastodontes de 18, 20 salles ou plus.
L'exploitation indépendante du cinéma est un atout considérable pour le cinéma dans notre ville. D'ailleurs avec moins d'écrans, le comparatif sur une semaine type montre que le choix des films proposés y est presque deux fois plus important que dans les circuits.
En plus, l'expérience montre que les multiplex ne respectent pas le cahier des charges dans un domaine essentiel qui est celui de l'animation culturelle qu'ils sont tenu de proposer.
Mettons en parallèle l'action culturelle de l'Entrepôt et celle du multiplex des Halles, le compte sera vite fait.
Il serait désastreux de ne prendre en compte que des chiffres globaux de fréquentation qui masquent une situation beaucoup plus compliquée et lourde de dangers pour l'avenir du cinéma à Paris. Dans ce domaine, la responsabilité de la Ville est pleine et entière. Nous voterons donc contre la vente de ces 591 mètres carrés pour toutes les raisons que je viens d'énoncer.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvements des citoyens).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. Vincent REINA, adjoint au maire chargé du Domaine.
M. Vincent REINA, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Monsieur le Maire, je voudrais rassurer M. MANSAT ce complexe cinématographique viendra compléter les équipements culturels du 12e qui existent déjà et lui rappeler que par arrêté municipal du 16 septembre 1996 modifié le 18 septembre, la société U.G.C. a été autorisée à construire un complexe cinématographique de 18 salles dans l'îlot de la Z.A.C. "Bercy ".
Pour parfaire l'emprise nécessaire à l'opération, la Ville doit donc céder à la S.E.M.A.E.S.T., une emprise de 591 mètres carrés.
La valeur de ces terrains a été estimée à 2.950.000 F par les services fonciers, prix accepté par la S.E.M.A.E.S.T. Il convient de rappeler que la réalisation de ce complexe par U.G.C. est conditionnée et c'est pour cela que nous devons passer ce soir cette délibération - par la cession des terrains avant le 31 décembre 1997.
Sachez, Monsieur MANSAT que pour le reste, notre souci est bien sûr de développer les équipements culturels et de loisirs du 12e arrondissement. Ce soir, nous votons sur ce complexe cinématographique. Merci.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 198.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, les groupes socialiste et apparentés et communiste ayant voté contre. (1997, DAUC 198).
Je vous remercie.