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Decembre 1997
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7- Communication de M. le Maire de Paris sur la coupe du monde de football de 1998.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 1997



M. LE MAIRE DE PARIS. - Mesdames, Messieurs, mes chers collègues, le tirage au sort qui s'est déroulé jeudi dernier à Marseille a lancé la 16e coupe du monde de football, qui constituera l'événement majeur de cette fin de siècle.
Dans sept mois le monde entier aura les yeux tournés vers la France, au moment du coup d'envoi de la compétition.
Mes chers collègues, ceux qui veulent discuter peuvent sortir !
Paris se doit d'être à la hauteur de cette manifestation. Je le souhaite en tant que Maire, mais aussi au nom de tous les Parisiens, et, comme vous le savez, en tant que passionné de football.
En effet, de très nombreux supporters rejoindront les centaines de milliers de touristes qui visitent chaque année notre capitale. Pour les uns comme pour les autres, ce sera l'occasion de découvrir Paris et une formidable circonstance pour faire la fête.
C'est pourquoi j'en appelle à la mobilisation de tous les Parisiens pour que les touristes reçoivent un accueil à la dimension de l'événement.
Dès le début de l'année, une campagne d'affichage sur le thème de la coupe du monde sensibilisera l'ensemble des Parisiens.
En outre, une quinzaine de kiosques d'information seront implantés dans des sites les plus prestigieux de la capitale. Touristes et Parisiens pourront y obtenir toutes les informations souhaitées, qu'elles soient sportives, touristiques, ou tout simplement pratiques.
Un guide spécial " Paris coupe du monde " sera édité en plusieurs langues.
En ce qui concerne l'hébergement, Paris, qui possède la première capacité hôtelière d'Europe, sera en mesure de faire face à l'afflux touristique supplémentaire pour cet événement estimé entre 300.000 et 400.000 personnes.
J'ai chargé M. GABORIAU, mon adjoint chargé du tourisme, en liaison avec M. de PRÉAUMONT, président de l'Office du tourisme de Paris, et les professionnels de suivre avec attention l'évolution des réservations.
J'ai aussi demandé à mon adjoint chargé du commerce, de l'industrie et de l'artisanat, M. LEBAN, de mettre en oeuvre avec l'ensemble des partenaires concernés - hôteliers, restaurateurs et commerçants - une charte d'accueil service et qualité.
Même si Paris dispose d'un réseau de transports en commun des plus performants, à l'occasion de la coupe du monde des mesures tout à fait particulières seront mises en place, aussi bien par la R.A.T.P. que par la S.N.C.F. que je remercie de leurs dispositions.
Enfin, la sécurité est l'un des soucis des organisateurs et de la municipalité. Toutes les mesures seront prises aussi bien dans les stades que dans les espaces publics. J'ai le souci que le dispositif qui sera mis en place donne lieu à la plus grande information des Parisiens en général et des riverains en particulier.
Je tiens d'ailleurs à remercier M. le Préfet de police et l'ensemble de ses services avec lesquels nous travaillons activement sur la préparation de cet événement.
J'ai enfin souhaité qu'un dispositif exceptionnel soit mis à la disposition des médias. Ainsi, les 9.000 journalistes attendus seront accueillis au Centre international des médias qui sera situé porte de Versailles dans le 15e où seront regroupées sur un seul et même site toutes les facilités offertes aux télévisions, radios, à la presse écrite et aux photographes du monde entier.
Au sein de ce centre, un espace sera réservé à l'ensemble des villes d'accueil qui pourront ainsi bénéficier de l'ensemble des moyens d'information que Paris mettra à leur disposition.
Pour l'occasion, Paris sera bien entendu le cadre de nombreux spectacles et animations spécifiquement organisées, et je citerai en particulier la Fête du football, véritable spectacle populaire qui se déroulera dans les quartiers et rues de la capitale la veille du match d'ouverture, et le Conseil des trois ténors qui regroupera, le 10 juillet, au Champ-de-Mars, Placindo DOMINGO, José CARRERAS et Luciano PAVAROTTI.
J'ai souhaité que les jeunes soient largement associés à la fête. Dans cinq lieux de la capitale seront mis en place des écrans géants pour le public parisien, et en particulier pour les jeunes, ne pouvant assister aux matches.
Des animations musicales se dérouleront dans le cadre de la Fête de la jeunesse et sur les sites dotés d'écrans. De nombreux tournois de football seront organisés également dans Paris, en particulier au stade Sébastien-Charléty.
J'ai donné mon accord pour l'organisation d'une grande course pédestre populaire qui se déroulera entre le Parc-des-Princes et le Stade de France.
Le Maire de Saint-Denis a donné son accord, bien évidemment, et je m'en félicite.
L'ensemble du programme des animations culturelles et sportives fait l'objet bien entendu d'un suivi tout particulier de Mme MACÉ de LÉPINAY, mon adjoint chargé de la culture, ainsi que de M. CANE, mon adjoint chargé des sports.
Le compte à rebours est aujourd'hui lancé. Chacun d'entre nous doit se mobiliser dans son domaine de compétences bien entendu pour une réussite totale de l'événement. Paris sera prêt avec toutes les autres villes avec lesquelles nous travaillons en étroite collaboration. Paris fera en sorte que la coupe du monde de football 1998 soit une très grande réussite sportive et touristique, et bien entendu un émerveillement pour tous : touristes, supporters, Parisiennes et Parisiens.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
Monsieur DELANOË, vous avez la parole.
M. Bertrand DELANOË. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, notre ville va accueillir 15 rencontres du Mondial 1998 de football, sans doute le plus universel des événements sportifs.
Vous avez présenté, Monsieur le Maire, un certain nombre d'initiatives dont vous souhaitez qu'elles contribuent à ce que Paris soit à la hauteur de ce rendez-vous à l'occasion duquel plus de 500.000 touristes séjourneront dans la capitale.
Bien sûr, nous aussi nous voulons que soit saisie cette formidable occasion pour affirmer aux yeux du monde entier l'image d'une cité dynamique, accueillante, inspirée et capable de se mobiliser autour de cet événement.
L'engouement populaire s'exprime dès maintenant et il importe que la municipalité parisienne l'accompagne puissamment.
Pour le reste, je voudrais brièvement évoquer deux idées qui nous tiennent à coeur.
Tout d'abord, nous croyons indispensable, Monsieur le Maire, de veiller à ce que l'accueil des supporters étrangers ou français ne se traduise pas par une flambée des prix, tout particulièrement dans les hôtels. L'image et la réputation de notre ville en pâtiraient, et c'est pourquoi nous vous demandons de nous préciser les moyens réels d'investigation et d'action dont dispose la cellule que vous avez mise en place avec les syndicats professionnels afin d'endiguer tout risque de dérapage.
De plus, nous pensons que la ville pourrait sans doute mettre à la disposition des jeunes supporters, souvent peu argentés, des possibilités d'hébergement au sein de ses propres infrastructures.
Deuxième idée : l'intégration maximale des Parisiens à cette fête, et particulièrement la jeunesse, nous paraît constituer le postulat à toute réflexion.
De ce point de vue, je ne suis pas certain que les formidables potentialités offertes par le réseau de clubs de football parisiens soient optimisées jusqu'ici dans votre projet.
Nous souhaitons aussi que le football féminin trouve sa place dans les manifestations prévues.
De plus, il serait utile que vous nous éclairiez sur un point précis : quel sera le statut des jeunes Parisiens recrutés par le C.F.O. en concertation avec la Ville pendant la durée du tournoi ? Vous vous souvenez que notre collègue Patrick BLOCHE avait suggéré dès le début de cette année que des contrats temporaires puissent leur être proposés. Qu'en est-il ? Jusqu'ici nous n'avons pas reçu de réponse précise.
Enfin, puisque le sujet m'en donne l'occasion, je voudrais dire qu'en tant qu'élu parisien, je souhaite vivement que le P.S.G. puisse demeurer au Parc-des-Princes. Le peuple de Paris vivrait très mal le départ d'une équipe avec laquelle il a partagé tant de rendez-vous mémorables qu'aujourd'hui il s'identifie à elle.
Les conditions dans lesquelles l'Etat, sous l'autorité du Premier Ministre de l'époque en 1993, a négocié avec un consortium de sociétés privées l'implantation du Grand Stade à Saint-Denis, représentent aujourd'hui une menace évidente. Si, dans les deux ans, en effet, ce stade ne trouve pas de clubs résidants, l'Etat devra, selon les termes de cette convention, verser 50 millions de francs annuels au consortium.
Curieuse clause en vérité qui traduit une légèreté certaine dans la démarche, et cette menace réelle fait naître des interrogations sur le devenir du Parc-des-Princes si, dans la pire hypothèse, le P.S.G. en partait.
Les travaux de modernisation de ce stade se sont élevés à plus de 66 millions de francs. Il serait difficile d'expliquer aux contribuables parisiens que ce joyau puisse devenir coquille vide.
La justification serait encore plus malaisée du fait que la ville de Paris, à l'époque, a cédé pour un franc symbolique un terrain estimé à 70 millions de francs sur lequel se dresse aujourd'hui le Grand Stade.
C'est pourquoi nous croyons utile de ne pas ajouter à l'imprévoyance une insuffisante maîtrise de l'avenir. En attendant, nous allons vivre des moments de ferveur populaire autour du football, et nous ne doutons pas que les Parisiens seront à la hauteur de cet événement.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, communiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. SARRE et M. CANE répondra ensuite.
Sur l'esprit de la fête et de l'accueil, je constate avec satisfaction - il peut y en avoir - des sujets où il y a consensus. Sur la présence du Paris-Saint-Germain, je me réjouis de voir que les propos de M. DELANOË sont tout à fait conformes à ce que j'ai indiqué à plusieurs reprises publiquement.
Nous ne pouvons pas imaginer un seul instant que l'équipe du P.S.G., équipe de Paris subventionnée par Paris, puisse jouer ailleurs qu'à Paris et qu'au Parc-des-Princes.
Intellectuellement, c'est inimaginable. Il y a un accord sur ce point. Il y a assez de sujets pour lesquels on peut être en désaccord pour souligner cet accord.
M. Bertrand DELANOË. - Il y a accord sur ce que j'ai analysé quant au passé ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Il y a accord sur l'avenir, et c'est un point important. Il ne suffit pas de vouloir un accord pour que l'équipe reste aujourd'hui.
Je crois comprendre que là aussi, il y a un accord entre nous pour que l'équipe reste un an, deux ans, trois ans. C'est à nous de faire en sorte, par tous les moyens juridiques et administratifs en notre possession, que l'accord actuel préserve le maintien de l'équipe aujourd'hui et dans les années qui viennent.
C'est à nous de nous battre pour qu'il en soit ainsi.
M. SARRE a demandé la parole.
M. Georges SARRE, Président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, chers collègues, je commencerai mon intervention en vous posant une question : quatre Maires exigent une aide financière pour le mondial. Il s'agit de :
- M. Raymond BARRE, maire de Lyon ;
- M. Alain JUPPÉ, maire de Bordeaux ;
- M. Dominique BAUDIS, maire de Toulouse ;
- M. Jean-Marc AYRAULT, maire de Nantes.
Ils demandent au Comité français d'organisation, le C.F.O, de financer des animations locales organisées au cours des matches.
Dans une lettre adressée à MM. Michel PLATINI et Fernand SASTRE, les coprésidents du C.F.O, les quatre Maires jugent impératif que le C.F.O apporte au moins 5 millions de francs à chacune des villes organisatrices de la coupe du monde.
Le C.F.O demande que l'événement soit transformé en une grande fête populaire, idée à laquelle je souscris pleinement, et que les partenaires commerciaux du C.F.O lui ont consacré tous les moyens disponibles ce qui leur interdit de financer pour partie les manifestations locales.
Les villes organisatrices ont déjà consenti des efforts considérables pour rénover ou accroître les capacités de leurs stade.
Voilà ce qu'écrivent conjointement les quatre Maires. Ces quatre élus précisent que des informations concordantes laissent entendre que des opérations de prestige ont connu des réévaluations extrêmement importantes, en particulier la soirée du coup d'envoi de la coupe du monde qui serait évaluée à 60 millions de francs.
Monsieur le Maire, ce que je voudrais vous demander est simple : en préambule à mon intervention, est-ce que la Ville de Paris va avoir une démarche singulière ? Va-t-elle se joindre à ces quatre Maires ? Ou au contraire, estime-t-elle qu'elle a des moyens suffisants pour assurer le financement de la fête du football, c'est-à-dire les manifestations qui accompagneront la coupe ?
Vous nous dites, Monsieur le Maire, que Paris se doit d'être à la hauteur de cette manifestation. Objectif que nous avons en commun et en tout cas que je partage.
Je voudrais, Monsieur TIBÉRI, vous prendre au mot. Dans ce que j'ai lu, dans ce que vous venez de dire, je trouve que tout ce qui est proposé est franchement insuffisant et manque, mais je vais y venir, de tonus et d'imagination.
Prenons par exemple le concert des trois ténors. C'est en soi une très bonne chose, mais je précise que ce spectacle lyrique était déjà au programme pour la coupe du monde en Italie en 1990 et aux Etats-Unis, il y a quatre ans.
Hormis la fête du football, est prévue, une journée avant, l'ouverture officielle de la compétition, et donc Paris ne se distingue en rien. Je crois même que des villes comme Marseille, Bordeaux ou Nantes ont pris une longueur d'avance sur la Capitale.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Quel est le programme des autres villes ? Il faudra que vous nous le donniez.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Vous pouvez découvrir cela puisqu'il existe une revue de presse.
Votre programme comprend des zones d'ombre. Qu'en est-il par exemple de la localisation des cinq écrans géants de retransmission ?
Sur ces cinq écrans, trois sont déjà retenus par l'ouest et le sud de Paris. Dans la répartition des manifestations sur le territoire parisien, tout doit être fait pour que les manifestations récréatives ne se localisent pas seulement à l'ouest et au sud, mais que l'est et le centre puissent être bien traités.
Je vous demande donc, Monsieur le Maire, s'il est prévu, de réserver deux autres écrans pour les arrondissements de l'est, et notamment pour le 20e arrondissement qui compte, comme vous le savez, le plus grand nombre de licenciés de football à Paris.
Rien n'est dit non plus sur la localisation des kiosques d'information. J'observe de nouveau que la majorité des animations festives est prévue à l'ouest de la Capitale entre le Trocadéro et la place de la Concorde. Je le crois, il faut que le Mondial soit la fête de tous les amateurs de sport et aussi de tous les Parisiens, même ceux qui ne sont pas des fervents du football. Il faut enfin que la Ville associe davantage les mairies d'arrondissement. Pour le moment, mais peut-être n'entendez-vous pas le faire, je n'ai reçu aucune information. Aucune réunion ne s'est tenue autour de vous pour que ce travail se fasse en commun, les mairies d'arrondissement ayant un rôle relais, si vous le souhaitez, à jouer. Qu'entendez-vous faire ?
L'idée d'implanter dans les mairies d'arrondissement des antennes d'information est bonne. Je voudrais savoir, compte tenu du nombre, si les choses vont se dérouler de façon satisfaisante. Il y a naturellement un problème d'organisation des personnels. Quels moyens seront donnés aux Maires d'arrondissement pour remplir ce rôle d'information auprès des touristes ?
Est-il prévu le recrutement, par la Ville de Paris, de personnels nécessaires, capables de s'exprimer dans une langue étrangère pour accueillir les nombreux supporters présents à Paris ?
Voilà certaines interrogations, Monsieur le Maire, qui, pour le moment, restent encore sans réponse. A huit mois du mondial, il est vraiment temps de définir avec précision, en partenariat avec tous les élus parisiens, les associations sportives, le programme définitif des festivités.
Je terminerai en vous disant que pour le Paris-Saint-Germain et le Parc-des-Princes, c'est bien la moindre des choses que tous les élus de la Capitale soutiennent leur club. Nous sommes pour que le P.S.G. reste au Parc-des-Princes, reste à demeure, si j'ose dire. Mais pour avoir discuté de ces questions dans différents milieux, notamment sportif, ce n'est pas l'idée qui prévaut.
M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est bien ce qui nous inquiète.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Vous avez raison d'être inquiet. Tout le monde prétend qu'il va de soi, qu'il est évident que le P.S.G. va être obligé de partir pour Saint-Denis. Mon souhait - au-delà du voeu formel que nous pouvons émettre - est que nous nous donnions les moyens financiers juridiques et matériels, ce qui n'est pas rien et ce qui est une excellente chose.
Concrètement, comment entendez-vous mobiliser votre majorité et l'opposition sur des bases claires afin qu'un effort réel soit engagé et que nous ne nous cantonnions pas à des voeux pieux exprimés par moi-même, par M. DELANOË ou d'autres ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous aurons l'occasion de débattre de ce point. Le renouvellement de la concession du Parc-des-Princes peut être l'occasion de manifester juridiquement, d'une manière claire et nette, notre volonté commune de faire en sorte que, pas seulement par des voeux pieux, le P.S.G. reste à Paris plusieurs années et pas seulement un an. Je suis moins inquiet, encore qu'il faut toujours rester attentif sur la présence actuelle pour un an. Mais je voudrai que nous prenions, ensemble, avec les responsables, des décisions permettant la présence du club pour une durée importante afin d'éviter que, pour telle ou telle raison, des changements interviennent après la signature d'un accord. C'est à nous de faire en sorte que notre accord soit clair, net et permette ce que nous souhaitons.
Monsieur GALLAND, vous avez la parole.
M. Yves GALLAND, adjoint. - Monsieur le Maire, en liaison avec ce que viennent de dire M. DELANOË et M. SARRE - je voisine avec M. DELANOË au Conseil d'Administration du P.S.G. - au Parc-des-Princes sont réalisés des travaux pour la coupe du monde et doivent être réalisés des travaux pour l'aménagement du Parc, pour le P.S.G. - ils sont de l'ordre de 150 millions de francs - travaux tels qu'ils sont évoqués et étudiés pour des modifications de sécurité, d'aménagement du stade en fonction des grands enjeux prévus. L'on peut d'ailleurs discuter sur telle ou telle modalité ou adaptation de ces travaux. Je partage complètement votre sentiment, Monsieur le Maire. Il n'est pas concevable que la Ville de Paris puisse soutenir un club qui ne jouerait pas à Paris. Il n'est pas concevable d'envisager que le P.S.G. pourrait ne plus jouer au Parc-des-Princes et bénéficier toujours du soutien, du partenariat de la Ville de Paris.
Le succès du P.S.G. est dû à une alchimie qui n'est pas facile à Paris et qui est bizarre. C'est l'alchimie entre la qualité d'une équipe, la vitalité d'un public dont les débordements auxquels nous avons assisté dans le passé sont maintenant maîtrisés, et un lieu qui présente une forme de magie pour ceux qui sont supporters et qui connaissent cet espèce de chaudron du Parc-des-Princes. Au Conseil d'Administration, il y a des administrateurs passionnés de football qui, pour la quasi totalité d'entre eux, sont convaincus que l'intérêt de l'équipe est de rester au Parc-des-Princes.
Monsieur le Maire, ce que l'on peut souhaiter ici, c'est qu'il n'y ait pas un certain nombre de gens pour jouer les apprentis sorciers en invoquant des raisons soi-disant économiques ou financières. On peut souhaiter aussi qu'un grand groupe ou un partenaire du P.S.G. n'oublie pas la vocation et les enjeux avant tout sportifs du club pour des considérations financières car, à ce moment-là, disons les choses très clairement, ces apprentis sorciers prendraient un risque majeur. Le risque majeur, ce serait d'avoir une équipe qui irait jouer au Grand Stade dans un Grand Stade vide ; ce serait une équipe qui jouerait alors dans une atmosphère complètement différente et qui pourrait connaître un sort sportif n'ayant rien à voir avec celui existant aujourd'hui. Alors disparaîtraient une grande équipe et une grande époque. J'espère que cela sera très clairement entendu par la Compagnie générale des Eaux et par Canal Plus. A l'évidence, vouloir prendre des initiatives de cette matière sur pression et en prenant les risques d'une aventure se retournerait en boomerang dans deux ou trois ans. Je conclurai en lançant un appel amical à nos partenaires de l'opposition municipale, qui sont en osmose de pensée et d'action complète avec nous sur le P.S.G. Chers collègues, allez voir le Ministre des Sports, Mme BUFFET, dites-lui qu'il est complètement déraisonnable de vouloir faire pression pour que le P.S.G. aille au Grand Stade et dites-lui qu'il faut laisser les logiques et les réussites sportives telles qu'elles sont. Si l'on veut faire des investissements pour avoir une équipe au Grand Stade, qu'on la fasse ailleurs et qu'on laisse la Ville de Paris et le P.S.G. continuer cette aventure formidable que nous connaissons actuellement.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur GALLAND. Simplement, je voudrais dire mon accord pour l'essentiel avec M. GALLAND, mais être encore plus prudent, plutôt attentif. Il y a sans doute d'autres travaux à mener au Parc, mais ce ne sont pas sur la sécurité, l'environnement et l'accueil. Les travaux ont été faits et sont en cours pour la presse, pour les spectateurs, pour la police et c'est légitime. Si des travaux doivent être menés, sans doute utiles, si j'ai bien compris, nous allons en discuter à travers des contacts dont il vous sera rendu compte ; ils serviront à rentabiliser le Parc-des-Princes ce qui, d'ailleurs, est normal, et à construire des loges pour avoir des recettes supplémentaires. C'est la première chose. Ce ne sont pas les mêmes travaux.
Deuxièmement, Monsieur GALLAND, il n'est pas envisageable et vous avez raison de le dire, qu'un accord ne soit pas passé pour le maintien actuel du Parc. Oui, tout le monde est d'accord actuellement ; ce qui m'inquiète ce n'est pas l'accord pour l'année qui vient, mais un accord qui pourrait être éventuellement dénoncé dans deux ou trois ans par suite de circonstances, d'interventions etc.
Je voudrais que nous saisissions l'occasion pour qu'un accord soit signé non pas éternel - l'éternité est devant nous - mais pour un nombre d'années qui nous paraîtrait convenable. La véritable raison, ce n'est pas l'accord. Il ne faudrait pas nous contenter de signer un accord pour que le P.S.G. reste. En effet, si dans deux ou trois ans, il s'en allait quels seraient nos moyens pour le retenir ? Plutôt que l'accord actuel, c'est l'accord actuel plus l'accord futur qui importent.
Enfin, je le rejoins, sans esprit de polémique pour qu'il y ait des interventions diverses auprès du Ministre. On peut comprendre sans l'approuver sa position, mais elle nous gêne un peu.
Alors, je crois qu'il faut lui faire comprendre qu'il est vrai que le Grand Stade de France doit vivre et que, par exemple, la création d'une seconde équipe - la Région Ile de France comprend environ 10 millions d'habitants, les grandes capitales étrangères ou grands pôles étrangers ont 2 équipes - n'est donc pas choquante. C'est donc vers cette voie là qu'il faudrait s'orienter plutôt que faire partir le P.S.G. qui est lié à Paris et, de manière mythique, au Parc-des-Princes.
Monsieur MALBERG, vous avez la parole.
M. Henri MALBERG. - Je veux donner mon opinion dans cette discussion. Dans quelque mois, Paris va être la capitale de la jeunesse du monde et des amoureux du foot.
C'est un honneur, une fierté, une responsabilité que nous avons à assumer Nous voulons que la Coupe soit une fête, une fête qui face avancer la plus noble des causes, celle de l'égalité.
C'est le moment de rappeler - et l'immense événement le fera - que nous sommes tous, quels que soient la couleur de la peau, la nationalité, les différences ethniques, égaux en capacité, en dignité. Paris doit être à la hauteur de cet événement et en sortir grandie, plus aimée et plus respectée pour son humanité.
Nous n'oublions pas - tout le monde a cela en tête ici - que longtemps après, des villes du monde ont laissé le souvenir de leur mercantilisme et de leur impéritie. Je ne citerai pas de nom..
Pour Paris, nous ne voulons pas que les millions d'invités, de touristes, de spectateurs, de gens informés, gardent l'image de la loi de la jungle.
C'est pourquoi, je ferai plusieurs remarques.
Il faut veiller à ce que l'immense événement économique aille de pair avec un accueil à des prix modérés, un accueil amical et chaleureux.
Il faut veiller à ce que disent les organisations syndicales des transports en commun, transports qui ont été à la limite de la rupture humaine et matérielle lors des Journées mondiales de la Jeunesse.
Or, beaucoup de l'ambiance dépend des transports collectifs.
Faire attention aussi à ce que disent les animateurs des mouvements de jeunesse, sur les attentes et les espérances de ceux qui n'auront pas place dans les stades. Donc faire attention à ce que la joie de vivre, la fête en de telles circonstances trouvent des lieux pour vivre et s'exprimer.
A cet égard, je dis aussi à quel point la répartition dans Paris des initiatives de la Ville doit être discutée avec tous les groupes. Toute la ville doit avoir des lieux de fête, c'est possible.
Nous sommes confiants dans le peuple de Paris.
Il saura être à la hauteur de l'événement et je souhaite, en tant que membre de cette Assemblée, que de notre part, tout soit fait en ce sens.
Concernant le P.S.G., je me suis exprimé au nom du groupe communiste dans une interview au journal du football. Je confirme notre position. Nous sommes pour que le P.S.G. reste au Parc-des-Princes. Naturellement, certains des grands événements se feront également au Stade de France. Et le P.S.G. devra y participer.
A cet égard, on peut engager la discussion tranquillement avec les différentes instances du sport français comme avec le ministère. Il n'est pas nécessaire de faire des procès d'intention.
En tout cas, j'ai confirmé la position du groupe communiste. Je m'en contente.
Je souhaite vraiment que la Coupe soit un plus pour la Ville et que l'on tire jusqu'au bout les enseignements de ce qui s'est passé ailleurs. J'espère que nous le ferons.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Dominique CANE, adjoint. - Je ne ferai aucune réponse sur le P.S.G., le Maire s'étant déjà exprimé à ce sujet.
Je vais donner quand même quelques réponses au sujet de la Coupe du Monde.
Premièrement, sur les animations, je dois rassurer nos collègues, les jeunes Parisiens sont pleinement assurés de participer à cette fête, avec des retransmissions gratuites sur écrans géants, dont deux seront situés dans l'est parisien, plusieurs tournois de football pour les jeunes à Charléty, en particulier le tournoi de la DASCO, du Comité départemental olympique et des Centres de prévention. Des tournois également seront organisés pour les handicapés.
Concernant l'hébergement pour certains personnes, la Ville offre des possibilités à des prix très modestes dans les structures des CISP du 12e et du 13e arrondissements et, en plus, les structures pour handicapés dans le 20e arrondissement.
Concernant les bénévoles qui vont travailler pendant la Coupe du Monde, je crois savoir que le CFO a recruté 1.000 personnes, mais pour l'instant, les seuls éléments que j'ai sont les suivants : ils seront logés, nourris et habillés. J'ai posé des questions ; j'attends les réponses. Dès que je les aurai, j'en ferai part à l'Assemblée.
Pour ce qui concerne les éventuelles propositions des mairies d'arrondissement, les maires ont été saisis par courrier mais, et pour l'instant, nous n'avons eu qu'une seule réponse.
Il y a quelques temps, le Maire de Paris s'est rendu au ministère de la Jeunesse et des sports et a fait part des besoins de la Ville de Paris pour la Coupe du Monde.
Pour l'instant, nous n'avons toujours pas de réponse.
S'agissant des 5 millions réclamés l'autre jour à Marseille, par certains maires de villes organisatrices, nous avons estimé, en raison de la présence de la presse internationale, que ce n'était ni le lieu ni le moment appropriés pour nous exprimer à ce sujet.
Nous verrons cela directement avec le CFO.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, qui veut dire un mot ?
Monsieur LEBAN, vous avez la parole.
M. Gérard LEBAN, adjoint. - Pour répondre à la question sur la charte Accueil-Service, il est bien évident que dans cette charte, il est demandé à tous les commerçants de s'engager pour, bien entendu maintenir les mêmes prix, accueillir le mieux possible et éventuellement offrir un certain nombre de prestations avantageuses pour les touristes. D'ailleurs, plusieurs branches professionnelles se sont déjà engagées, comme l'hôtellerie, la restauration et la boulangerie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur SARRE, vous avez la parole.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - J'ai le regret de vous dire que je n'ai reçu aucune lettre soit du Maire, soit de son adjoint à propos du Mondial. Tout courrier qui arrive à la Mairie du 11e est enregistré ainsi que lorsqu'il en ressort.
Je peux donc vous garantir que nous n'avons pas cette lettre.
Je souhaiterais donc que l'on m'en fasse passer un double, si elles sont parties car s'il y en a 19 qui n'ont pas répondu, je ne suis peut-être pas le seul.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur CANE, vous avez la parole.
M. Dominique CANE, adjoint. - J'ai confirmation que tous les courriers sont bien partis mais dans le cas où il y aurait un problème, j'ai demandé aux intéressés de vous envoyer immédiatement, dans la journée, un double de cette lettre.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Le débat est terminé.