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Decembre 1997
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43- 1997, DLH 123 - Réalisation par la S.A.G.I. d'un programme de construction d'un immeuble comprenant 11 logements locatifs aidés et une crèche situé 5-9 bis, rue de Cotte et 18, rue Emilio-Castelar (12e). - Fixation définitive du montant de la participation financière de la Ville de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 1997



M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 123. Je donne la parole à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Juste un mot sur ce qui vient de se produire.
Je n'ai eu aucun excès de langage ce soir et Mme COUDERC répond à des arguments que je n'ai pas développés. Dans ces conditions, on peut mettre en cause n'importe qui !
Pour trancher ce conflit, je vous propose, Madame, que nous nous rendions conjointement, avec les adjoints que vous souhaiteriez inviter, sur place. Vous constaterez de visu les anomalies de l'étude technique de la S.E.M.A.V.I.P., un point c'est tout !
Comme dirait aimablement votre collègue M. TOUBON, sur ce dossier, vous vous " plantez " !
M. Jacques TOUBON, maire du 13e arrondissement. - J'ai cru que vous alliez dire à Mme COUDERC : sortez on se retrouvera à la sortie.
M. Jean-François BLET. - Je n'ai jamais dit cela !
M. Jacques TOUBON, maire du 13e arrondissement. - Il ne faut jamais dire cela à une femme !
Mme Anne-Marie COUDERC, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Peut-être M. BLET ne m'a-t-il pas entendu préciser que je tenais à répondre un peu plus dans le détail compte tenu du débat qui avait eu lieu lors de la 6e Commission. J'ai essayé de lui donner les éléments complémentaires qui me paraissaient nécessaires. Il est évident que dans le cadre de la poursuite de l'opération, les visites sur place seront nombreuses et menées sérieusement.
M. Jean-François BLET. - J'espère que nous nous y retrouverons !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Il y a parfois quelque avantage à écouter attentivement les réponses aux questions, Monsieur BLET.
M. Jean-François BLET. - Encore eut-il fallu que les propos tenus en Commission soient rappelés pour que ce soit compréhensible à tous nos collègues.
J'en viens au projet de délibération DLH 123.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - C'est ce que je vous invite à faire ! Vous avez déjà épuisé une minute trente !
M. Jean-François BLET. - Rien du tout ! Et gardez vous de vos commentaires déplaisants.
Cette opération est achevée depuis près de sept ans et un bon ravalement s'avérera bientôt nécessaire pour tous les bâtiments.
Pourquoi donc avoir tant attendu pour régulariser le budget en fonction des montants réels utilisés ? La comptabilité de la Ville a décidément parfois des lenteurs surprenantes !
Vous indiquez que le chantier a été retardé par l'action d'une association qui a obtenu le classement à l'inventaire des Monuments historiques de la façade d'un ancien lavoir. Cela mérite quelques rappels.
D'abord, il ne s'agit pas de l'association pour la défense de l'ancien lavoir d'Aligre mais de l'Association Commune Libre d'Aligre qui intervient sur ce quartier depuis la fin des années 50.
La Ville et la S.A.G.I. ont programmé la destruction de magnifiques lavoirs en bois du XIXe siècle dont la présence était soulignée par une élégante cheminée de briques, probablement les derniers de notre ville, témoins particuliers de l'activité sociale du Faubourg Saint-Antoine.
Mais les habitants n'ont pas voulu l'entendre ainsi et, au petit matin, ils étaient là pour bloquer les exactions de la S.A.G.I.
Le chantier a effectivement été interrompu et la S.A.G.I. a engagé un référé contre l'association, référé que la S.A.G.I. a perdu. Car quel était le véritable motif de cette interruption ?
Le chantier de la S.A.G.I. a été immédiatement suspendu par l'Inspection du travail qui n'y a recensé pas moins de 19 infractions au Code du travail et de la sécurité. Eh oui ! c'est la vérité !
Alertés par l'Association, l'Architecte des Bâtiments de France et le Ministère de la Culture se sont alors intéressés à ces lavoirs.
De trop près au goût de la S.A.G.I. sans doute. C'est alors qu'un mystérieux incendie a soudain réduit en cendres les bâtiments des lavoirs entre 4 et 5 h du matin par une belle nuit de pleine lune. L'un de ces incendies providentiels qui, curieusement, ponctuent nombre d'opérations immobilières dans Paris.
Que subsiste-t-il ? Un simple porche en pierres que le Ministère de la Culture a alors inscrit à l'inventaire des Monuments historiques le 23 novembre 1988 faute d'avoir pu inscrire la totalité de l'ensemble des lavoirs réduits à néant.
Mais la S.A.G.I. ne s'est pas calmée pour autant. Plutôt que de modifier son programme et d'y insérer subtilement cet élément architectural, notamment dans le bâtiment de la crèche, elle s'est obstinée à le rejeter et a fait déplacer le porche d'une quinzaine de mètres !
Cette histoire édifiante méritait mieux qu'une allusion elliptique au détour d'une phrase !
Monsieur le Maire, c'est un véritable gâchis et une honte pour la S.A.G.I. !
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à M. BULTÉ pour répondre à M. BLET.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Nous avons déjà longuement évoqué ce sujet en 6e commission. En 1987, la S.A.G.I. s'est vue confier par la Ville la réalisation d'un programme immobilier comprenant une crèche de 60 berceaux et 11 logements P.L.A. 9 bis, rue de Cotte et 18, rue Emilio-Castelar à Paris 12e. Toutefois, la mis en ?uvre de l'opération supposait la démolition de l'ancien lavoir du Marché Lenoir lequel a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 23 novembre 1988. Je rappellerai qu'afin de ne pas priver le quartier d'un équipement public nécessaire, la Ville a décidé de transplanter la façade du lavoir au fond de la cour de l'école de la rue Charles-Baudelaire. Ces travaux ont été achevés début 1990 et la S.A.G.I. a pu reprendre l'opération. Toutefois, la conjoncture a évolué et les prix annoncés en 1987 n'ont pas pu être respectés. En ce qui concerne les logements, le surcoût, je le rappelle, a été de l'ordre de 1 million de francs mais je crois que nous avons su sauver l'essentiel c'est à dire le lavoir.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 123.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, M. BLET s'étant abstenu, MM. DUMAIT, MESMIN et Mme TAFFIN ayant voté contre. (1997, DLH 123).