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Decembre 2006
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Conseil Municipal
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2006, Débat sur les conditions de sécurité entourant les matchs du Paris-Saint-Germain. Vœu déposé par le groupe “Les Verts” concernant la subvention allouée au P.S.G. Vœu déposé par le groupe U.M.P. relatif au P.S.G. Vœu déposé par l’Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2006


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, nous commençons donc les travaux de ce matin car c?est une longue séance du Conseil de Paris sur de nombreux jours.

J?ai souhaité que nous puissions consacrer un moment, dans le cadre d?un débat organisé, au Paris Saint-Germain. Je veux donc introduire rapidement ce point.

Comme vous le savez tous, le 23 novembre dernier, des événements dramatiques se sont produits aux abords du Parc des Princes, à l?issue d?un match de coupe d?Europe opposant le Paris Saint-Germain au club israélien de Tel-Aviv.

Cette tragédie apparaît comme le point d?orgue d?un phénomène de violence à caractère raciste et antisémite qui gangrène l?environnement du P.S.G., comme celui d?autres clubs français ou étrangers.

Le temps est venu de mettre un terme à cette réalité insupportable. Il est plus que jamais nécessaire d?éradiquer ces comportements qui sont aux antipodes des valeurs du sport.

Au lendemain de ces événements, j?ai demandé à M. le Préfet de police de bien vouloir réunir d?urgence le comité de pilotage du contrat local de sécurité que nous avions conçu en juin 2004 et signé notamment avec le ministère de l?Intérieur, le Procureur de la République et le président du P.S.G.

Au cours de cette réunion, la décision a été prise de fermer à titre conservatoire la tribune Boulogne qui accueille les individus les plus notoirement racistes et violents.

En dépit de cette mesure, que nous avons soutenue dès l?origine, le dispositif arrêté dans la perspective du match suivant nous a semblé et m?a semblé insuffisant. Et, effectivement, le Préfet de police a finalement annoncé le report à une date ultérieure de cette rencontre prévue avec Toulouse.

Sage décision, Monsieur le Préfet, face à la gravité de la menace qui venait confirmer a fortiori la nécessité de mesures nouvelles et beaucoup plus volontaristes. Ainsi, lors d?une nouvelle réunion du contrat local de sécurité qui a eu lieu hier soir, la fermeture de la tribune Boulogne a été confirmée jusqu?à nouvel ordre.

Nous sommes, je suis, pleinement solidaire du Préfet de police dans l?application lourde mais nécessaire de cette mesure.

Par ailleurs, nous considérons qu?il n?y a pas d?autre solution que d?interdire l?accès au stade des quelques centaines de soi-disant supporters parfaitement identifiés par la police et qui sont à l?origine de ces dérives révoltantes. Je souhaite, en effet, que la totalité des personnes concernées fassent effectivement l?objet de telles interdictions.

De plus, sur la base du décret d?application de la loi du 5 juillet 2006, il doit être fait usage, si nécessaire, de la possibilité de dissoudre les associations de supporters qui ne respecteraient pas cette orientation.

Dans ces conditions, nous invitons l?Etat à mobiliser des moyens sensiblement accrus, afin de réprimer tout comportement raciste ou antisémite.

Pour ce qui concerne le club lui-même, je veux d?abord souligner la clarté des engagements pris par Alain CAYZAC, président du Paris Saint-Germain, dont je sais la volonté sincère de combattre des agissements ainsi qu?une idéologie qui dénaturent l?image du club. En effet, lors d?une réunion du comité de suivi que j?ai présidée le 30 novembre, celui-ci a clairement exprimé sa volonté de mettre en ?uvre les dispositions précises demandées par la Ville.

Concrètement, les abonnements devront désormais être vendus exclusivement par le club, la carte d?abonné fera figurer la photo de son détenteur ainsi que son identité et l?accès à la tribune Boulogne impliquera d?ailleurs un contrôle préalable. En outre, le P.S.G. s?est engagé à résilier immédiatement l?abonnement de tout individu faisant l?objet d?une interdiction de stade. Dans ce cas de figure, aucun nouvel abonnement ne pourra intervenir avant plusieurs années et, dès que possible, un système de contrôle complet de la billetterie sera évidemment mis en place.

Nous souhaitons, je souhaite, accompagner le Paris Saint-Germain dans sa capacité à relever un défi aussi essentiel. Au coeur de la crise sans précédent qu?il affronte, nous considérons, je considère, que le désengagement ou l?indifférence seraient les réponses les plus inadaptées.

Dans cet état d?esprit constructif, je souhaite donc que la convention liant la Ville au Paris Saint-Germain soit améliorée et renforcée, en y intégrant l?ensemble des engagements ciblés que je viens d?évoquer. Bien entendu, nous proposons, je propose, de lier les versements de notre subvention au club à l?application de toutes ces nouvelles dispositions.

Je tiens à remercier les représentants de tous les groupes politiques de notre Assemblée qui se sont exprimés, qui ont travaillé dans le cadre de notre comité de suivi, contribuant ainsi tous à l?élaboration de ce dispositif inédit.

L?ensemble des points que je vous ai exposés fait l?objet d?un v?u soumis aujourd?hui à votre examen. Celui-ci reprend la totalité de nos demandes et traduit l?exigence de notre collectivité. Notre fidélité aux valeurs de Paris implique aujourd?hui des actes forts contre l?inacceptable. Car au nom des Parisiens, je veux dire notre ras-le-bol face à des comportements indignes et répugnants. Chacun, ministère de l?Intérieur, ligues professionnelles, clubs et collectivités locales, doit désormais assumer ses responsabilités à la mesure de l?enjeu sociétal et même philosophique auquel nous faisons face.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Monsieur le Préfet de police, vous avez la parole.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les conseillers de Paris, ce qui s?est passé le 23 novembre dernier après le match P.S.G. - Tel-Aviv a souligné de manière dramatique ce que porte en soi le hooliganisme. Cet événement rejoint la liste de ceux qui, partout en Europe, émaillent depuis de nombreuses années la triste chronique des violences en marge du football.

Sur les faits eux-mêmes, je ne m?attarderai pas, vous en connaissez les circonstances. Une enquête judiciaire est en cours. Je relèverai simplement que le policier, partie prenante du dispositif de maintien de l?ordre déployé ce soir-là, a courageusement protégé un jeune supporter d?une agression certaine. Sa réponse a été progressive puisque, avant de faire usage de son arme, alors qu?il était lui-même jeté au sol, il a usé, à plusieurs reprises et en vain, d?autres moyens, que ce soient des injonctions verbales ou des projections de gaz lacrymogène.

Le débat organisé aujourd?hui sur la sécurité des matchs du Paris Saint-Germain au Parc-des-Princes m?offre l?occasion de rappeler un certain nombre de données sur un problème auquel nous sommes tous confrontés depuis de nombreuses années.

Le constat, nous le partageons tous. Des groupes de supporters, affiliés à des associations de droit ou de fait qui s?impliquent dans la vie d?un club de football, s?identifient à lui, le soutiennent avec une ardeur dont ils tirent leur influence mais saisissent l?occasion des matchs pour s?exprimer par des comportements agressifs, des actes de violence, des manifestations de racisme. C?est un phénomène qui s?exprime depuis plus de 20 ans, qui est européen, qui n?épargne pas d?autres clubs en France mais concerne tout particulièrement le Paris Saint-Germain.

La liste des incidents est nombreuse :

- mai 1988 : P.S.G.-Lens, agression de spectateurs ;

- septembre 1992 : incendie d?un car de C.R.S. ;

-août 1993, agression de trois C.R.S. ;

- mars 2001 : 56 blessés lors du match Galatasaray P.S.G. ;

- auxquels il faut ajouter la liste des matchs P.S.G. - O.M., pour ne citer que les plus notables.

L?objet de leur vindicte est évolutive : les forces de l?ordre, les supporters adverses, la direction du club, les autres associations de supporters ; rappelons-nous l?épisode de l?an dernier entre Tigris et Boulogne Boys. Elle s?exprime sur le site du parc mais également à l?extérieur, voire comme l?an dernier sur certaines aires d?autoroute où des cars d?associations rivales stationnaient en même temps. Leurs méthodes sont diverses : de l?agression violente sur les personnes aux jets d?objets ou de fumigènes dans les tribunes, en passant par les destructions de véhicules, de locaux ou de mobiliers urbains.

Les forces de l?ordre ont dû faire face au développement de ces violences qui s?expriment en marge des matchs de football. Ceci se traduit aujourd?hui pour chaque match au Parc des princes par des dispositifs particulièrement importants.

Des forces mobiles en grand nombre associées à des effectifs de police de transport, de circulation, de police de quartier, et renforcées récemment par des effectifs à cheval de la Garde républicaine, soit en moyenne entre 500 et 1.200 hommes qui sont mobilisés afin de prévenir tout débordements et protéger les riverains.

Je ne parle pas des dispositifs particulièrement importants des matchs P.S.G.-O.M. qui peuvent monter jusqu?à 2.000 hommes, l?apogée ayant été atteint l?an dernier pour la finale de la Coupe de France. Les effectifs mobilisés pour chacune de ces rencontres, alors qu?ils pourraient être utilisés ailleurs, les gênes apportées aux riverains du stade peuvent légitimement apparaître hors de proportion avec la nature de l?événement et une rencontre sportive.

Les moyens mis en ?uvre veillent à la sécurisation du site, à l?acheminement paisible des spectateurs, à la séparation des flux de supporters et procèdent à des contrôles. Je rappelle que le maintien de l?ordre à l?intérieur de l?enceinte sportive est, quant à lui, du ressort de l?organisateur, en vertu de l?article 23 de la loi du 21 janvier 1995 d?orientation et de programmation relative à la sécurité. Dans ce cadre, il est tenu de mettre en place un service d?ordre dont les personnels doivent constituer un dispositif, en vue de prévenir les désordres susceptibles de mettre en péril la sécurité des spectateurs et des participants.

Par ailleurs, la loi du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure a renforcé les moyens d?action de ces personnels, en les autorisant à procéder, sous le contrôle d?un officier de police judiciaire et avec le consentement des personnes, à des palpations de sécurité et à la fouille des bagages à main.

En outre, l?organisateur est en mesure de demander leur identité aux personnes présentant un billet d?accès au stade, sous réserve que ces dernières aient été préalablement informées de cette disposition. Ces moyens importants, renforcés par des mesures administratives d?interdiction de vente d?alcool, produisent des résultats et ont permis, malgré la gêne occasionnée aux riverains, de maintenir l?ordre public sans débordement majeur aux abords du stade dans le 16e arrondissement de Paris et la commune de Boulogne-Billancourt et se sont traduits par de nombreuses interpellations.

Au cours de la saison 2005-2006, il a été procédé à 133 interpellations, dont 41 pour violence, 20 pour port de fumigène, 13 pour comportement raciste ou xénophobe. Sur les 11 premiers matchs de la saison 2006-2007, 87 personnes ont été interpellées, dont 25 pour violence et 8 pour comportement raciste ou xénophobe.

Cette activité, avec son suivi judiciaire, est dynamisée par le fonctionnement d?une salle de commandement intégrée à l?intérieur du Parc des princes où siègent tous les services de police et un magistrat du parquet. Ils s?appuient sur un dispositif de surveillance vidéo qui permet de repérer les comportements illicites, de tirer des photos et d?engager ensuite des procédures d?interpellation.

Tout ceci est efficace. Le travail en commun avec l?autorité judiciaire a permis de renforcer la réponse pénale, notamment par l?augmentation forte des déferrements, près de 59 pour la saison 2005-2006 et 28 pour ce seul début de saison actuelle, mais aussi par le développement des procédures de comparution immédiate et d?interdiction judiciaire de stade qui peuvent être prononcées pour une durée allant jusqu?à 5 ans.

Actuellement, ce sont 65 interdictions judiciaires qui sont en cours de validité pour les supporters du Paris Saint-Germain. Celles-ci ont d?ailleurs augmenté pour le ressort du parquet de Paris de 61 % depuis la signature du contrat local de sécurité.

Ce dispositif a été complété depuis le début de l?année par deux mesures défendues au Parlement par le ministre d?Etat, ministre de l?Intérieur et de l?aménagement du territoire, qui ont fait l?objet de deux lois du 23 février et du 5 juillet 2006.

La première permet de procéder à des interdictions administratives de stade, la seconde dont le décret d?application est paru aux JO de samedi dernier ouvre la voie à la possibilité de dissoudre les associations de supporters agréées. S?agissant de la première mesure, celle des interdictions administratives, je rappellerai simplement qu?elle s?exerce dans le cadre du droit. Il est du devoir de la Préfecture de police d?en faire usage dans les conditions fixées par les textes et la jurisprudence, à savoir pour le moins se baser sur des faits établis.

Ceci étant dit, la Préfecture de police a immédiatement mis en ?uvre la procédure d?interdiction administrative avec toute la rigueur nécessaire. La loi a été promulguée le 23 janvier 2006. Le décret d?application a été publié le 15 mars 2006. Dès le 17 mars 2006, 30 interdictions de stade étaient prises pour le match qui suivait, à savoir P.S.G.-Auxerre du 19 mars, avec obligation de pointage. Durant la saison dernière, plus des 3/4 des interdictions de stade prises au niveau national l?ont été par la Préfecture de police pour les matchs du Paris Saint-Germain.

Alors que le début de la saison 2006-2007 s?était, notamment grâce à cette mesure, traduit par un calme relatif lors des matchs, ce qui s?est passé lors du match Tel-Aviv-P.S.G. a conduit le ministre d?Etat à demander à ce qu?en soit tiré toutes les conséquences en matière d?interdiction de stade. Pour le match contre Lyon dimanche dernier, 126 supporters ont été sous interdiction de stade, dont 61 administratives et 65 judiciaires.

Pour le match de ce soir, 240 mesures d?interdiction, 175 administratives et 65 judiciaires, seront effectives, représentant 201 personnes interdites puisque certaines interdictions judiciaires prises sous l?empire de l?ancienne loi n?avaient pas été assorties d?obligation de pointage au commissariat. La seconde mesure importante résulte de la loi du 5 juillet 2006 rapportée d?ailleurs à l?Assemblée nationale et au Sénat par deux membres de votre Assemblée.

En introduisant la possibilité de transmettre aux associations de supporters agréées la liste des interdictions de stade, en offrant la possibilité de les dissoudre dans l?hypothèse où elles ne s?impliqueraient pas dans une démarche conforme à l?esprit sportif, elle introduit le principe de leur responsabilisation et donc de celle de la politique du club à leur égard. C?est également pour les engager dans cette démarche de responsabilisation que le ministre a souhaité que les responsables de l?ordre public les reçoivent avant chaque match, ce que j?ai fait.

Vous l?aurez constaté : l?action de l?Etat sur ce dossier est importante, concrète, effective, mais l?Etat ne peut, bien sûr, résoudre seul ce problème dont les racines reposent sur le lien entre un organisateur, un spectacle sportif et les comportements qu?il peut induire sur des itinéraires individuels qui, en termes d?éducation, d?intégration des valeurs sportives, implique la collectivité tout entière. S?attaquer à cela suppose de travailler ensemble, en confiance et en solidarité, dans les bons moments comme dans ceux plus difficiles. C?est ce que nous avons engagé avec le Contrat local de sécurité signé le 30 juin 2004.

Le Contrat local de sécurité est d?abord un cadre de dialogue régulier entre l?Etat, en l?occurrence le Préfet de police et le procureur de la République, les collectivités locales et le club. Il permet de se voir à échéance régulière pour faire le point de la situation et évoquer des solutions. Il s?est réuni dans les circonstances exceptionnelles après les événements du 23 novembre et, c?est dans ce cadre, que le v?u de la Ville de fermer la totalité de la tribune Boulogne a été discuté et que la demande faite par la Ville et la Préfecture de police de porter les matchs du P.S.G. à 15 heures a été défendue devant la ligue. C?est également là que nous avons pris hier, ensemble, un certain nombre de décisions pour les matchs prévus cette semaine.

Le Contrat local de sécurité est aussi un cadre d?action avec des engagements de partenaires, dans les domaines qui sont de leur compétence. Une grande partie de ces engagements ont été tenus par les signataires. Il convient d?aller au terme de ces chantiers dont le plus notable, à la charge du club, demeure la charte d?engagement des supporters. Il faut également terminer rapidement le chantier des nouveaux guichets et son association avec un système de billetterie électronique qui doit être rapidement envisagé, tout comme la mise en ?uvre des cartes d?abonnement avec photo prévue au contrat.

Quelles sont aujourd?hui les perspectives ? La première échéance est naturellement le match de ce soir P.S.G.-Panathinaïkos comptant pour la Coupe d?Europe de l?U.E.F.A. Première rencontre du P.S.G. depuis le 23 novembre. Il s?agit incontestablement d?un match à risques, d?un match test. Je l?ai dit tout à l?heure il y aura 201 personnes interdites de stade avec obligation de pointage. Les tribunes R1 et R2 demeureront fermées. S?agissant d?un match organisé par l?UEFA, il se jouera en soirée. Il conviendra donc d?être particulièrement vigilant. La Préfecture de police est toute entière mobilisée pour que cet événement se déroule dans les meilleures conditions.

Au-delà, il y a plusieurs principes qui doivent fédérer notre action. Premièrement, la répression de tous les comportements illicites qui gangrènent le club depuis des années. Le dispositif des interdictions de stade sera mobilisé dans toute la rigueur qu?il implique.

Deuxièmement, la prévention, les démarches engagées par la future convention Ville-P.S.G. et le nouveau plan d?entreprise du club doivent y contribuer. Il y a aussi matière à prolonger la démarche du Contrat local de sécurité par de nouvelles mesures et notamment un certain nombre de dispositifs techniques de nature à améliorer la sécurité aux abords du parc et de faciliter le travail des forces de l?ordre.

Troisième axe enfin, la responsabilisation des acteurs et en particulier des supporters notamment via l?impulsion que donne la loi du 5 juillet.

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers de Paris, que le beau nom du Parc des Princes ne soit plus entaché par des faits divers qui n?ont rien à voir avec le sport, que le terme de supporter ne soit plus pollué par le hooliganisme, tel est notre objectif. Des choses importantes ont été faites. D?autres naturellement restent à faire. L?institution que j?ai l?honneur de diriger continuera en ce qui la concerne à exercer ses compétences avec le sang-froid, la rigueur et la détermination qu?implique la responsabilité de l?ordre public dans le respect du droit de la République.

(Applaudissement sur tous les bancs de l?Assemblée).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet de police.

Je vais maintenant donner la parole aux orateurs inscrits. Je vous demande dans le cadre de ce débat organisé et parce qu?il y a beaucoup de choses à faire dans cette séance de respecter les temps de parole, s?il vous plaît.

Je donne d?abord la parole à Mme de PANAFIEU.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce matin donc, nous nous exprimons tous avec gravité sur cet événement dramatique qui s?est déroulé le 23 novembre dernier et qui a coûté la vie à un homme, à l?issue d?une compétition sportive populaire dont les valeurs sont à mille lieues de la violence.

Cet événement dramatique a révélé un profond malaise dû à un climat dont aujourd?hui personne n?est nommément responsable, c?était quelque chose qui remontait à plus longtemps, mais qui était devenu intolérable.

En ma qualité de présidente du groupe U.M.P., je vous demande, Monsieur le Maire et Monsieur le Préfet de police, que nous unissions tous nos efforts pour assurer à la population que plus jamais nous ne revivrons de pareils drames.

Dès le lendemain de ce drame, j?ai été amenée à réagir pour que nous prenions toute la dimension de la situation après cet électrochoc. Car il ne faut pas s?y tromper, il est du devoir de chacun, que ce soit la Préfecture de police, le Parquet, la Ville de Paris, la ligue de football, le club P.S.G. et les associations de supporters, de prendre des dispositions radicales et efficaces.

C?est cette attitude qui a conduit mon groupe à déposer en 1ère Commission la semaine dernière un voeu pour qu?ensemble tous les groupes de cette Assemblée confondus, nous étudiions toutes les solutions sans exclusive pour éradiquer définitivement la violence.

Vous nous avez suivi et vous avez proposé à votre tour, vendredi soir, un projet de v?u que depuis tous les groupes de cette Assemblée ont pu examiner, amender et dont la version définitive s?inspire exactement de la même démarche et du même esprit.

Notre groupe, comme beaucoup d?autres, comme je suppose tous les groupes de cette Assemblée a débattu. Ce qui est bien normal dans pareille situation. Et puis vient le moment où nous devons tous nous unir et faire preuve de responsabilité.

Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, le groupe U.M.P. prend ses responsabilités et nous allons jouer tous notre rôle. Dans le comité de suivi, nous allons participer très activement à la réflexion de la Ville de Paris pour que les réponses appropriées soient apportées à cette situation. C?est un travail collectif et il sera complet dans la mesure aussi où il saura tenir compte des expériences réussies au-delà de nos frontières. Je pense plus particulièrement à des pays comme la Grande-Bretagne ou la Belgique.

En tous les cas, Monsieur le Maire, vous pouvez compter sur notre détermination et sur notre exigence pour que Paris ne soit plus le théâtre de sombres histoires qui n?ont strictement rien à voir avec le sport.

Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police, le groupe U.M.P. va voter le voeu sur l?éradication de la violence, du racisme, de l?antisémitisme dans l?environnement du P.S.G. et contrôlera son application.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie, Madame la Présidente, de cette intervention que je trouve très constructive.

Monsieur SARRE, vous avez la parole.

M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement républicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, le drame qui s?est produit en marge du match P.S.G./Tel-Aviv sur fond de violence raciste et antisémite n?est pas un incident de parcours. C?est la conséquence directe d?un hooliganisme mortifère qui existe depuis vingt ans.

Il y avait déjà eu des avertissements et M. le Préfet de police en a rappelé quelques uns et nous devons tirer des leçons du drame du 23 novembre sans quoi le hooliganisme endeuillera encore Paris et peut-être encore plus tragiquement.

Vous avez, Monsieur le Maire, pris la mesure de l?événement et réagi comme il fallait au drame, avec fermeté. Je partage entièrement le texte que vous présentez au nom de l?Exécutif et qui emporte notre complet accord, l?accord du groupe M.R.C.

Deux écueils doivent être évités pour que ce drame ne se reproduise pas. Le premier est de le minimiser, de le réduire à un fâcheux concours de circonstances. Cet écueil est évité puisque vous organisez ce débat aujourd?hui et que vous pointez à juste titre du doigt les responsabilités du Gouvernement et de la direction du club. En allant jusqu?à menacer le P.S.G. de demander la suspension de la subvention de la Ville de Paris, nous n?avons pas laissé d?autre choix au club que de régler au plus vite, et plus définitivement, le problème du hooliganisme.

Le deuxième écueil serait de communier dans un mea culpa général, chacun se déclarant peu ou prou responsable. Une telle attitude, pétrie de bons sentiments, ne pourrait que cacher les véritables responsabilités et empêcher des solutions efficaces. Oui, les responsabilités sont nettes. Je le dis sans esprit polémique mais pour que notre débat soit vraiment utile.

Jusqu?à lors le Ministre de l?Intérieur est à mes yeux et aux nôtres coupable de manque de volonté politique. Les Renseignements généraux connaissent la liste des quelques centaines d?individus dangereux, ils ne méritent même pas le qualificatif de supporters, qui font entrer le racisme et la violence au Parc des Princes.

Si ces individus sont connus, pourquoi n?ont-ils pas été interdits de stade ? Pourquoi ne sont-ils pas convoqués au commissariat aux heures de match ? Si la législation ne le permet pas, par quel manque de volonté politique coupable le Gouvernement ne l?a fait-il pas évoluer ? Dès 1993, à l?Assemblée nationale, j?avais voulu amender la loi Alliot-Marie pour rendre plus facile et plus durable les interdictions de stade prononcées envers les personnes violentes et racistes. La majorité de l?époque, la même que celle d?aujourd?hui, s?y était refusée. Certaines associations de supporters sont, elles aussi, responsables de tolérer en leur sein l?apologie de la violence, les symboles politiques du racisme et de l?antisémitisme. Qu?elles prouvent maintenant leur capacité à se nettoyer elles-mêmes et si elles ne le font pas, alors il faudra les dissoudre car enfin quelle est leur réelle mission ? Quel intérêt le club trouve-t-il à ce qu?elles existent ?

Le club lui-même justement a une responsabilité.

Je me souviens des déclarations lénifiantes des dirigeants du club à la suite des précédents incidents. On ne peut se défiler sans cesse devant ses responsabilités, voire fricoter avec certains hooligans au prétexte de prévenir les incidents sans en payer un jour le prix.

Je peux concevoir, et mes amis aussi, qu?un club cherche à préserver son image. Je crois aussi savoir que le renforcement du dispositif policier coûte cher au Paris-Saint-Germain. Mais la solution n?est pas de nier les risques pour faire des économies. Si l?argent manque et le prédécesseur de M. CAYZAC, semble-til, s?est plaint en 2005 du dispositif policier qui - je cite - ?grève son budget?. Si l?argent manque donc pour financer la sécurité, les actionnaires, qui ne feront pleurer personne sur leur situation financière, devront naturellement consentir un effort.

Monsieur le Maire, j?approuve les orientations du texte qui nous est soumis. Je souhaite désormais que l?on ne prenne plus de demi-mesures.

Une convention lie le P.S.G. à la Ville qu?il faut modifier pour imposer au club dans l?enceinte du stade d?aboutir à une tolérance zéro, et en cas de carence de la part du club la subvention devra être supprimée.

En conclusion, je vous résume les propositions concrètes des élus du M.R.C.

Premièrement, interdire le stade quand c?est nécessaire et faire pointer au commissariat les individus dangereux connus des R.G. Faire évoluer la législation si nécessaire.

Deuxièmement, demander la dissolution des associations de supporters qui ne seront pas capables de s?épurer.

Troisièmement, mobiliser des effectifs de police et de gendarmerie suffisants pour assurer la sécurité aux abords des stades.

Quant au versement de la subvention, la décision sera prise lorsque le projet de délibération viendra en discussion au Conseil de Paris. Notre choix sera alors dicté par l?évolution de la situation : versement, suspension, suppression. C?est en fonction de ce que nous pourrons constater le moment venu.

Mes chers collègues, le sport, c?est le dépassement de soi, c?est la capacité de mobiliser sa force et sa technicité au service de l?aventure collective. Il y a donc dans le sport une dimension de partage essentielle. La haine, le racisme, l?antisémitisme sont le contraire du sport. Les joueurs, le sport et la majorité des supporters eux-mêmes n?ont rien à voir avec ces fléaux qu?il faut bouter hors des stades et éradiquer avec la plus grande volonté politique.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen, socialiste et radical de gauche, communiste et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie.

Mes chers collègues, la situation dont nous parlons aujourd?hui est assez grave. J?écoute tout le monde avec beaucoup de respect et je ne cherche pas à brider l?expression de qui que ce soit.

Simplement, on a eu le budget et puis il y a encore une séance pour faire valoir toutes nos contradictions démocratiques. Tout ce qui nous permettra d?être efficaces ensemble dans la fermeté de nos convictions communes me paraîtra de bon aloi. Voilà, si je peux éventuellement vous convaincre d?éviter les polémiques inutiles, j?aimerais bien vous en convaincre.

Je donne la parole à Patrick BLOCHE. Ce n?était pas à lui particulièrement que cela s?adressait parce que j?ai une totale confiance en Patrick BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE. - Je l?avais conçu comme tel, Monsieur le Maire.

Je souhaiterais tout d?abord avec gravité, au nom du groupe socialiste et radical de gauche, m?associer pleinement aux propos qui ont été tenus dans cette Assemblée suite au 23 novembre dernier, depuis les événements dramatiques ayant entraîné la mort d?un homme. Notre groupe souhaiterait évidemment s?inscrire pleinement dans la condamnation d?événements honteux, insupportables, intolérables face à ce déchaînement de racisme et d?antisémitisme dans l?enceinte d?une manifestation sportive.

Nous sommes tous interpellés, et nous sommes tous interpellés parce que nous sommes tous engagés dans l?action publique et que l?action publique, c?est parfois compliqué. Et en l?occurrence face aux éléments du dossier qui nous est soumis, rien ne serait pire que de se laisser aller à la facilité, rien ne serait pire que de fuir ses responsabilités.

Et en l?occurrence, il pourrait être finalement simple de dire : ?Coupons tout lien entre le club et la Ville. Lavons-nous les mains, ce n?est pas notre affaire. Et après tout, il ne revient pas à la Municipalité d?assurer l?ordre public, ce ne sont pas dans ses missions définies par la loi.?

Mais parce que nous sommes tous des responsables publics, parce que nous avons une conception et une conception haute de ce qu?est la responsabilité politique, eh bien, nous prenons à bras le corps un problème compliqué qui n?est pas uniquement un problème parisien car le racisme, l?antisémitisme dans les stades, les manifestations dites de hooliganisme touchent non seulement le P.S.G. mais de nombreux clubs en France et en Europe, comme cela a été rappelé.

Alors oui, au nom du groupe socialiste et radical de gauche, merci à vous, Monsieur le Maire, merci à vos adjoints, Christophe CARESCHE et Pascal CHERKI, pour tout ce que vous avez dit avec force et fermeté, avec solennité parfois quand il le fallait depuis le 23 novembre dernier, ces discours étant suivis d?acte.

Merci à vous aussi, Monsieur le Préfet de police, dont nous mesurons la complexité de la tâche et merci pour ce que vous avez dit encore ce matin traduisant votre engagement clair pour assurer l?ordre public.

Alors nous nous retrouvons ce matin en séance du Conseil de Paris pour que nous puissions effectivement rassembler notre Assemblée, dépasser nos clivages politiques traditionnels et effectivement voter, nous l?espérons à l?unanimité, un v?u, un v?u de l?Exécutif qui porte un certain nombre de conditions et qui inscrit les relations entre la Ville de Paris et le club Paris Saint Germain dans un nouveau cadre et dans un nouveau contexte.

A cet égard, nous avons retenu 3 mots-clefs, interdiction, fermeture, dissolution, qui traduisent un certain nombre d?exigences, d?exigences qui ne sont pas forcément nouvelles mais d?exigences qui sont renouvelées. En l?affaire, il faut que chacun prenne ses responsabilités et agisse sans aucune complaisance.

Et je pense que le jugement de nos concitoyens serait sévère si nous pouvions être taxés à tout moment de complaisance quand en plus il s?agit des valeurs du sport qui sont les valeurs de Paris et qui sont des valeurs universelles.

Alors il faut que chacun prenne ses responsabilités. Il faut effectivement une interdiction administrative du stade pour sans doute le millier de ?fachos? qui déchaîne leur haine raciste et antisémite. Il faut la fermeture à titre conservatoire, et autant qu?il le faudra dans le temps, de la partie basse de la tribune de Boulogne. Il faut effectivement que puissent être dissoutes les associations de supporters qui ne s?engageraient pas clairement dans cette démarche.

Et nous nous réjouissons, même si nous avons constaté qu?elle aurait pu être prise plus tôt, que le Ministre de l?Intérieur ait enfin appliqué la loi de juillet 2006 avec le décret du 8 décembre 2006 qui permet de la rendre effective.

A partir de là, je me réjouis, nous nous réjouissons en l?occurrence des engagements que vous avez pris, Monsieur le Maire, en notre nom, de programmer, d?ores et déjà, un nouveau débat au Conseil de Paris en février 2007 pour nous présenter un avenant à la convention qui lie le club à la Ville de Paris, traduisant ainsi tous nos engagements, mais aussi toutes nos exigences nouvelles. Et nous vous remercions également que ce v?u dise clairement que le versement de la subvention pour 2007 sera conditionné par le renforcement de cette convention.

En l?occurrence, il faudra que la Ville, comme elle l?a fait jusqu?à présent, prenne toutes ses responsabilités, y compris dans sa dimension financière, s?il s?agit de faire au Parc des Princes des investissements de sécurité.

De fait, le groupe socialiste et radical de gauche vous appuie plus que jamais dans cette démarche de fermeté, mais aussi de responsabilité car ce sont les valeurs de Paris qui sont en jeu et collectivement, si nous agissons en responsabilité et avec un esprit qui amène chacun à assumer les siennes, je pense que nous arriverons dans le temps et avec toute la nécessité d?agir vite à résoudre cette question très politique qui nous est posée.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Président BLOCHE.

Monsieur BARIANI, vous avez la parole.

M. Didier BARIANI. - Monsieur le Maire, je prendrai le problème autrement. Je vous avais demandé - je vous avais écrit -, ce débat. Vous le faites. Vous le faites et c?est bien.

S?arrêter sur la tragédie qui a eu lieu, il y a trois semaines, serait oublier et effacer dans quel contexte s?est passée cette très douloureuse affaire.

Le Paris Saint-Germain, je vous en parle en tant qu?ancien Président du deuxième club de Paris ayant pratiqué ce sport pendant cinquante ans et donc n?ayant aucune aversion, aucune prévention, à l?endroit du sport en particulier et?

M. LE MAIRE DE PARIS. - S?il vous plaît, je voudrais que nous nous écoutions sereinement.

M. Didier BARIANI. - Je parlais assez fort pour que votre secours me soit utile, mais pas indispensable.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BARIANI, de me remercier du concours que je vous apporte.

On doit prendre tout cela au sérieux. Chaque intervention est très utile et, donc, je demande à tout le monde d?écouter attentivement.

Je vous en prie, Monsieur BARIANI.

M. Didier BARIANI. - J?ai pour le sport en général, et pour le football en particulier un attachement qui est sincère, mais à la vérité, nous nous penchons aujourd?hui sur ce grand corps malade du football français qu?est le Paris Saint-Germain.

Il y avait un pays que l?on disait l?homme malade de l?Europe, c?est en quelque sorte l?analogie.

Nous traversons depuis plus d?une décennie - Ah, j?ai connu l?époque Borelli et puis celle des présidents qui se sont succédés - nous traversons depuis très longtemps ce mélodrame constant de la vie du Paris Saint-Germain.

Les présidents qui se sont succédés, je ne les citerai pas, étaient tous, dans leur personne, estimables et respectables. Ils sont tous partie prenante de procédures judiciaires qui les mettent directement en cause parce que, malheureusement, dans le cadre de la passion et de leur fonction, ils ont eu à connaître de comportements délictueux, notamment dans les transferts de joueurs par leurs subordonnés.

Ce ne sont pas tant les résultats sportifs? Le club est 14e aujourd?hui et il sera 8e demain. Simplement, je note que par un phénomène extraordinaire que je ne comprends pas, quand il arrive des joueurs très chers à Paris, au bout d?un an, ils valent bien moins cher et ils ne jouent pas comme ils jouaient dans le club où ils étaient auparavant. Je note que le nombre d?entraîneurs dans ce club, année après année, dépasse très largement la moyenne nationale des clubs français.

Je n?ai que de la sympathie pour le Paris Saint-Germain, mais quand même. Dans une interview, Alain CAYZAC déclarait qu?il avait dit à son épouse qu?il n?y avait rien de plus important dans la vie que le Paris Saint-Germain.

Il y a beaucoup de choses plus importantes dans la vie que le Paris Saint-Germain.

(Mouvements divers dans l?hémicycle).

Il y a beaucoup de choses plus importantes que le Paris Saint-Germain.

Si tous les clubs avec lesquels vous contractez, Monsieur le Maire de Paris, et votre prédécesseur, pour qui j?ai de l?estime, de la sympathie, de l?amitié et de la fidélité, a fait de même.

Si chaque fois qu?à la commission de suivi de haut niveau on devait être dans ce mélodrame épouvantable : que s?est-il passé hier ? Que se passe-t-il aujourd?hui ? Que se passera-t-il demain ? Un catalogue de nouvelles difficilement cohérentes d?un jour à l?autre.

Ce pauvre M. CHERKI qui donne beaucoup de sa personne en serait encore bien plus épuisé ! Je vois, avec le basket, avec le volley, avec le rugby? Je ne suis pas d?accord sur Jean Bouin, mais quelle immense leçon de réussite, d?humilité, de rigueur de comportement des spectateurs et des dirigeants que l?aventure du Stade Français !

Je salue Max GUAZZINI?

(Applaudissement sur tous les bancs de l?Assemblée).

Je salue, au nom? Attendez, Monsieur le Maire? !

M. LE MAIRE DE PARIS. - On va peut-être l?aider, alors. Saluer, c?est bien, mais dans un stade de rugby, c?est mieux.

M. Didier BARIANI. - Monsieur le Maire, vous êtes un type épatant. Laissez-moi terminer, le temps passe !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui.

M. Didier BARIANI. - Je ne suis pas d?accord sur Jean Bouin, mais alors ? Comme quoi on peut mettre 80.000 personnes qui font la fête ; où les plus jeunes, les plus âgés, les seniors et les adolescents font la fête ensemble. C?est une fête qui me semble plutôt virile. Bon ! Ce n?est pas une activité sans contact ! Il ne s?y passe rien que des bons moments, des moments de joie, de réussite sportive et d?enthousiasme collectif.

Quand revivrons-nous cela avec le Paris Saint-Germain ?

J?en ai des regrets pour l?époque Borelli. Il embrassait la pelouse. Au moins, c?était un acte d?amour !

Il y en a beaucoup moins, maintenant, des actes d?amour et beaucoup plus d?actes de violence.

Monsieur le Préfet de police, vous nous avez fait un exposé exhaustif sur les bienfaits de votre action. Ils sont immenses. Et sur les textes que vous avez à disposition.

Je ne comprends toujours pas pourquoi avec la loi Alliot-Marie de 2004, avec la loi contre le terrorisme de M. le Ministre d?Etat, Ministre de l?Intérieur et des Collectivités locales, comme vous l?avez si bien dit et avec quel talent, Monsieur le Préfet de police, avec l?excellente loi du camarade Claude GOASGUEN, paraît-il avec la complicité active de M. CARESCHE, avec tout cet arsenal juridique on n?arrive pas à faire comme les Anglais, c?est-à-dire à mettre dehors définitivement à vie, de stade, les gens qui sont les éléments déterminés les plus violents. Je ne le comprends pas ! Vous allez me l?expliquer en juriste et en Préfet de police.

Puis, il y a la convention, Monsieur le Maire. Elle est formidable, cette convention. Elle dit comme aux autres clubs voilà ce que l?on fait avec vous et voilà ce que vous faites dans le cadre de son application.

J?en lis les grandes lignes : transparence dans la vie institutionnelle à l?égard de la Ville de Paris. Le transparent est même apparent ! Un projet sportif articulé autour de l?équipe première et des équipes de jeunes ; la sélection et la formation des joueurs dans les centres ; l?animation - là, on est gâté ; des actions de prévention et de lutte contre la violence, le racisme et toutes les formes de discrimination.

Je ne suis pas sûr que tous les aspects, en particulier la formation des jeunes? Moi-même, dans mon club, sur ce terrain-là, je n?étais pas toujours exactement? Je ne faisais pas toujours?

Vous n?allez pas parler, Monsieur BRAVO, sur ce point? ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous allez manquer de temps, Monsieur BARIANI.

M. Didier BARIANI. - J?ai dépassé le temps ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pas tout à fait. Allez-y. Concluez.

M. Didier BARIANI. - Les mesures administratives ne durent que trois mois. Pour les mesures judiciaires, il doit y avoir un jugement du juge, mais il faut veiller à ce que les gens qui ne sont pas au stade ne mettent pas le bazar ailleurs et ailleurs, ce n?est pas forcément aux alentours du stade. Il faut naturellement qu?on puisse les contrôler avant, pendant, après la durée de la rencontre.

Ensuite, expliquez-moi pourquoi on ne peut pas interdire à vie des gens qui sont définitivement irrécupérables ?

Ensuite, Monsieur le Maire, nous allons le voter, nous aussi. Nous allons le voter votre v?u de l?Exécutif, avec une remarque. Je tiens, et je tiens absolument, à ce que dans le corps de la convention, il soit écrit que la mise en ?uvre du versement sera liée à l?application effective des nouvelles mesures par le club.

Ce n?est pas une menace sur le club mais c?est ce que la collectivité représentante des Parisiens se doit de faire pour ne pas considérer que l?ensemble de ces choses que j?ai visées depuis le début, pourra se reproduire sous une forme ou sous une autre.

Cher Pascal CHERKI, j?y veillerai et j?y veillerai attentivement.

Mon temps de parole est épuisé, mais moi je ne l?étais pas ! Je pourrais continuer ! Mais, enfin, je vous ai dit tout cela avec amitié. J?aime le football, j?aime le sport. Allez ! Mais je ne partage pas forcément ce que l?ami CAYZAC a dit à son épouse.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Union pour la démocratie française et U.M.P.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BARIANI.

Je précise, pour que nos débats soient utiles, que dans le v?u que je vous propose, qui est d?ailleurs le fruit d?une discussion avec tous les groupes - et je l?assume très sereinement et publiquement ; j?ai discuté, ou plus exactement Pascal, à ma demande, a discuté de ce v?u avec tous les groupes -, il est précisé très clairement que le lien est fait entre le versement de la subvention et la mise en ?uvre de ce que nous demanderons ensemble.

M. Didier BARIANI. - Ce n?est pas dans le texte.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Si, c?est dans le texte, Monsieur BARIANI.

Pascal va vous en dire un mot.

La parole est à M. Sylvain GAREL.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire.

Après le numéro de M. BARIANI, cela va être un tout petit peu difficile.

D?abord, un petit rappel : les écologistes aiment le sport et tout particulièrement la pratique sportive. ?Un esprit sain dans un corps sain? est une formule qui nous convient parfaitement, mais nous avons un problème avec le sport spectacle.

(Mouvements divers dans l?hémicycle).

M. LE MAIRE DE PARIS. - S?il vous plaît ! Ecoutez-vous ! Je l?ai dit tout à l?heure à propos d?autres interventions. Ecoutez-vous ! Vous n?êtes pas obligés d?être d?accord sur tout !

Monsieur GAREL, vous avez la parole.

M. Sylvain GAREL. - Nous avons un problème avec le sport spectacle, et c?est d?ailleurs pour cela que nous avions exprimé nos réticences lors de la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2012, que ce soit autour des problèmes de nationalisme, de publicité, d?argent, de dopage.

Sur le dopage, un petit mot, parce que, pendant très longtemps, on nous a dit que cela ne concernait que le cyclisme, puis que cela concernait aussi l?athlétisme, et on s?aperçoit maintenant que le football - on vient de voir ce qui se passe en Espagne - est très concerné aussi.

Enfin, le sport spectacle n?est pas forcément la meilleure façon d?encourager les gens à avoir une pratique sportive.

Notre position vient aussi du fait que, pour nous, les collectivités locales n?ont pas à financer le sport professionnel mais doivent consacrer leur énergie à développer le sport amateur et la pratique sportive. Et nous avons toujours dénoncé le fait que la Ville de Paris verse en tout 3,6 millions d?euros, et encore parce que cela est plafonné par Bruxelles, sous forme de deux subventions : l?une de 2,3 millions et l?autre de 1,3 million pour acheter des billets. Je ne suis pas certain d?ailleurs que d?envoyer des jeunes actuellement pour voir un certain nombre de supporters faire le salut nazi ou pousser des cris lorsqu?un joueur de couleur prend la balle est un moyen judicieux de formation de la jeunesse !

Le cas du P.S.G. est spécifique. D?abord, jusqu?en 2001 et l?arrivée d?un groupe d?élus ?Verts?, il n?y avait pratiquement pas de débat dans cette Assemblée sur le versement de cette subvention et il a fallu que notre groupe dénonce cette subvention pour qu?il y ait de vrais débats. On s?aperçoit que ces débats s?accélèrent ; on va en avoir pratiquement un tous les mois : on en a eu un le mois dernier, on en aura un au mois de février et on espère qu?on en aura encore quelques-uns d?ici la fin de la mandature.

Les problèmes que pose le P.S.G. : d?abord, c?est un club très mal géré. Les cinq dernières années, ce club a perdu plus de 160 millions d?euros. Une bagatelle quand même ! Il n?y a pas beaucoup de clubs sportifs qui existeraient encore après avoir perdu autant d?argent !

C?est un club, comme l?a dit M. BARIANI - et je suis content que cela ait été rappelé -, qui fait plus souvent la une dans les pages ?faits divers? que sportives. On voit M. CAYZAC en tant que personne morale mais aussi les anciens dirigeants du club qui sont poursuivis pour des sursalaires versés en Suisse à des joueurs qui gagnent déjà 180.000 euros par mois, à qui on verse de l?argent en plus et qui échappent à l?impôt ! On finance un club qui détourne de l?argent pour ne pas verser de taxes et ne pas verser d?impôts. C?est quand même un scandale absolu !

Et puis, il y a la question du hooliganisme. Comme l?a dit M. le Préfet, cela fait plus de 20 ans que cela dure. Les premiers actes de hooliganisme remontent à 1984. Il y a 22 ans que cette affaire dure. Et il y a 22 ans que nous entendons des engagements des différents présidents, des différentes parties prenantes de cette affaire, nous dire que cela va se terminer, que l?on a trouvé des solutions, que c?est fini, que l?on n?acceptera pas de nouveaux débordements. Et, chaque année, cela revient !

Je vous rappelle simplement des extraits de ce que l?on avait dit en 2002 lors d?interventions sur le P.S.G. J?avais alors cité un supporter du P.S.G. qui avait été agressé, car il était d?origine antillaise. Il disait : ?Depuis le début de la saison, en particulier depuis mon agression, je me sens en totale insécurité. Les interdits de stade - il y en avait déjà - viennent au parc pendant leur peine. On les attend à la tribune de Boulogne, ils entrent par la tribune d?Auteuil où il n?y a pas de contrôle. Le P.S.G. est au courant mais on ne fait rien pour les empêcher.?

Je citais également un rapport des Renseignements généraux, qui date de 2001, et qui disait : ?Ceux qu?il est convenu d?appeler les Hooligans du P.S.G. seraient à l?origine du tiers des incidents recensés lors de l?ensemble des matchs de la première division de football. Le 29 novembre dernier, lors du déplacement de l?Olympique de Marseille, des violences ont entraîné l?hospitalisation de 44 personnes dont plusieurs policiers et occasionné d?importants dégâts sur le mobilier urbain et les automobiles.?

Et puis aussi, l?an dernier, j?avais rappelé un certain nombre de méfaits des Hooligans parisiens, en particulier l?un qui m?avait particulièrement choqué : lors d?un match à Troyes, les supporters du P.S.G. qui avait fait le déplacement étaient partis de la tribune en laissant inscrit sur le mur de la tribune : ?Hitler est notre maître !? Où, à part peut-être à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, pourrions-nous lire cela en France ?!

Je voudrais...

(Mouvements divers dans l?hémicycle).

Je voudrais maintenant revenir au v?u qui...

M. LE MAIRE DE PARIS. - S?il vous plaît !

S?il vous plaît, pas de violence entre nous, même verbale !

M. Sylvain GAREL. - Est-ce que les hooligans situés sur ma gauche pourraient se taire un peu !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur GAREL, terminez votre intervention.

M. Sylvain GAREL. - J?ai bientôt fini.

Concernant le v?u de l?Exécutif, il contient des choses intéressantes mais, pour nous, le problème n?est pas de discuter s?il faut interdire la tribune R1, R2 ou toute la tribune de Boulogne ou mettre trois caméras de plus. Le problème, c?est une obligation de résultat. C?est pour cela que nous nous abstiendrons sur ce v?u.

Nous avons déposé un v?u qui, lui, va beaucoup plus loin et qui demande que la subvention au P.S.G. soit gelée - celle de 2006, on ne parle pas de celle de 2007 - jusqu?au mois de juillet et qu?au mois de juillet, on ait un nouveau débat pour voir ce qui s?est passé durant les six mois qui viennent. Si absolument rien ne s?est passé, dans ce cas, vous verserez la subvention votée, contre notre avis.

Mais je suis très pessimiste ! Lorsqu?on voit que, hier, lors du vote budgétaire, le v?u que nous avions déposé pour supprimer la subvention du P.S.G. n?a pas été adopté !

Je pense que ce v?u de l?Exécutif sert surtout à gagner du temps, que l?on essaie de repousser de nouveau la poussière sous le tapis et, malheureusement, qu?il faudra sans doute d?autres drames pour que, enfin, notre collectivité arrête de subventionner et de cautionner les activités du Paris Saint-Germain et de ses supporters.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. José ESPINOSA.

M. José ESPINOSA. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous tenons ce débat dans des conditions douloureuses qui ont entraîné la mort d?un jeune supporter. Personne ne peut rester insensible à ce triste événement. Il est temps que le Conseil de Paris s?interroge, réfléchisse et prenne des décisions quant à la place, au rôle du Paris Saint-Germain dans la Capitale, ainsi qu?aux moyens assurés par la Ville pour, dans le cadre de l?aide au mouvement sportif, contribuer à son rayonnement.

Peut-être aurions-nous dû organiser ce dialogue avant d?y être obligés par les événements.

Les conditions en étaient-elles remplies ? Je le pense.

Pour notre part, mais c?est vrai aussi pour tous les groupes représentés ici, nous avons tiré la sonnette d?alarme. Je rappellerai ici qu?à de nombreuses reprises, j?ai soulevé, avec d?autres, les questions qui concernaient la sécurité - l?insécurité, devrais-je dire - et les agissements condamnables de certains supporters. M. le Préfet en a fait un détail ce matin qui conforte mon sentiment.

Je pensais, peut-être à tort, que les dirigeants du P.S.G., ainsi que les représentants de la Préfecture sauraient entendre l?alerte et prendraient les mesures adéquates et adaptées.

La réalité fut différente et nous voici obligés de débattre à chaud, dans l?urgence.

Mais d?un mal, comme on dit, peut surgir le bien. Je vais donc vous exposer succinctement nos idées, pour contribuer à chercher des solutions positives ou du moins ouvrir des pistes de réflexion.

?Les supporters sont des fachos? : entendre, ici et là, cette phrase fait mal, mal aux supporters de football, mal au P.S.G., club de renommée mondiale, mal aux couches populaires qui forment l?épine dorsale du soutien amateur de foot. Je m?inscris en faux : ne confondons pas les dizaines et dizaines de milliers de supporters enthousiastes, quelquefois survoltés, trop souvent chauvins à mon goût, avec le milieu de jeunes ou moins jeunes trublions. Ne mélangeons pas les genres.

Ce millier de personnes aux comportements brutaux, fascisants et racistes qui vont au stade non pas pour assister au spectacle mais surtout pour laisser éclater la haine et l?hystérie, ce millier de personnes doit être interdit de stade. Il n?y a pas d?autre alternative.

Permettez-moi de redire que la police, que les directives du ministère de l?Intérieur n?ont pas été à la hauteur jusqu?ici. La responsabilité est largement engagée quand on refuse d?empêcher les fauteurs de désordre, souvent récidiviste, tous fichés, tous vidéosurveillés, tous connus des services de police, de pénétrer en toute impunité dans le Parc des princes.

Il faut dissoudre les associations qui laissent libre cours aux agissements fascistes de leurs supporters. La responsabilité partielle, mais réelle du club et de ces dirigeants, ne peut être effacée. Je l?ai dit à M. CAYZAC, je le répète ici aujourd?hui. Le club ne doit pas discuter, négocier, entretenir des ambiguïtés avec les associations de supporters qui restent inactives face aux exactions commises par certains de leurs adhérents.

Le P.S.G. peut et doit peser sur les décisions prises avec les associations des deux tribunes Boulogne et Auteuil. J?ai très bien entendu M. CAYZAC affirmer qu?il ne transigera pas, qu?il n?y aura pas de compromissions sur les valeurs. Oui, nous voulons aider le Maire de Paris, la préfecture, les dirigeants du P.S.G. à éradiquer la violence dans le Parc des princes et autour du stade.

Nous devons leur donner les moyens d?agir et surtout au P.S.G. Le stade doit redevenir un lieu de convivialité, de partage de valeurs sportives, de fraternité retrouvée et enrichie. C?est pourquoi nous restons attachés à l?existence d?un club résidant à Paris et le P.S.G. doit être ce club.

Monsieur le Maire, nous vous avons suivis en 2001 pour diviser par 2 la subvention au P.S.G. afin d?aider le mouvement sportif parisien. Depuis, régulièrement, nous votons la nouvelle subvention proposée au P.S.G. Je peux vous affirmer que nous continuerons à le faire pour assurer la présence de jeunes lors des matchs, pour parrainer les clubs de quartier et financer les mesures de prévention et de sécurités dans et autour du Parc des princes.

Accord également pour renforcer la convention qui nous lie au P.S.G. Nous devons la rendre plus contraignante. Accord, toujours pour maintenir la vente des billets par le club et non par les associations de supporters comme l?a souhaité Nicolas SARKOZY, ouvrant ainsi la porte aux abus et malversations possibles. Accord avec les mesures de résiliation des abonnements pour celles et ceux qui continuent à casser ou à produire la violence et surtout je vous manifeste mon accord avec votre demande d?interdiction administrative et législative auprès du ministère de l?Intérieur.

Je vous réaffirme notre active participation au Comité de suivi, comme nous l?avons fait avec les autres présidents de groupe le 30 novembre. C?est un lieu d?échange qui permet une large écoute qui fait évoluer les réflexions communes.

La question des matchs sans spectateur a été posée. C?est ce que l?on appelle le huis clos. J?y ai réfléchi depuis et je m?interroge. Est-ce la bonne décision ? Je n?en suis pas convaincu. Ce serait priver, sanctionner les supporters sincères et les punir injustement. Non, la seule bonne attitude, c?est d?interdire le stade pour les trublions.

Comme je l?ai rappelé dans mon intervention sur le budget alloué à la Préfecture de police, la vidéosurveillance généralisée ne me paraît pas convenable ni efficace pour réduire les fauteurs de troubles au silence. Le Parc des princes est suffisamment loti et on en mesure concrètement les effets et les résultats. La vidéosurveillance, c?est encore une nouvelle fausse solution. Ne cédons pas à la facilité qui masque la cécité.

Je vous signale au passage que le dispositif financier consacré à la sécurité du Parc des princes a doublé en 8 ans. Pour quel résultat ? Un fiasco retentissant et malheureusement mortel. Des effectifs de police supplémentaires, il y en a 10 fois plus que pour un match de rugby. Mieux vaut réfléchir et aider le P.S.G. à recruter des stadiers nécessaires pour canaliser les supporters énervés.

Je voudrais répondre à mon collègue Sylvain GAREL qui demande le gel de la subvention jusqu?en juillet. Sincèrement, je pourrais y souscrire, mais il me semble plus judicieux, cela fait partie du débat, il me semble plus crédible de soutenir la proposition retenue par l?Exécutif d?élaborer un échéancier déterminé et de lier le versement de la subvention à la mise en ?uvre effective des mesures engagées dans la nouvelle convention entre la Ville et le P.S.G. que nous allons élaborer ensemble.

Ce n?est qu?en fonction des résultats concrets et obtenus que le club percevra les aides financières. Monsieur LEGARET, le 30 novembre et Mme de PANAFIEU ce matin vous souhaitez le consensus des groupes. Je vous ai répondu d?accord, et je le répète d?accord, mais dans la clarté sur les responsabilités car tout le monde n?est pas coupable dans cette triste affaire.

Je reste persuadé que nous pouvons travailler ensemble à dégager des issues, des pistes, mais dans un cadre bien balisé et bien déminé. Je voudrais conclure mon intervention en souhaitant fortement que la Ville poursuive un dialogue pluriel fructueux, enrichi, franc et loyal avec le P.S.G. sur des bases assainies. Nous devons ressouder les liens entre la Ville et le P.S.G., être solidaires mais très exigeants.

Monsieur le Maire, je vous renouvelle notre soutien dans les démarches engagées. Au sein du Comité de suivi, comme je l?ai déjà fait, nous apporterons nos propositions pour développer une politique de soutien au mouvement sportif, notamment aux petites associations de quartiers qui font un travail remarquable parmi les jeunes Parisiens.

Nous insisterons également sur le déploiement d?une politique sportive de masse, seule capable de mettre en mouvement de larges secteurs de la population, favorisant l?intégration sociale et formant le ciment d?une véritable citoyenneté sportive que nous devons initier.

En conclusion, soyons capables, en concertation, en travaillant à des consensus, de faire progresser les valeurs qui fondent notre République, qui doivent redonner du sens à la jeunesse de notre pays, le sport en est une composante pleine et entière. Avec confiance, agissons pour l?éradication des violences dans les stades.

Sur ce dossier, Monsieur le Maire, vous vous démenez beaucoup et vous agissez fortement. Je vous l?assure, vous pouvez compter sur notre soutien.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je l?apprécie particulièrement et j?ai apprécié particulièrement votre intervention dans le Comité de suivi, comme celles d?autres élus d?ailleurs. Merci à ce travail commun.

La parole est à M. GALLAND.

M. Yves GALLAND. - Monsieur le Maire, comme vous, j?ai été administrateur du P.S.G., sous trois présidents DENISOT, BIETRY et PERPERE. Vous avez décidé, dès votre élection, que la place de la Ville de Paris n?était pas d?être représentée au Conseil d?administration du P.S.G. et je crois que vous avez pris une bonne décision.

Au fil du temps, nous avons vu à cette époque, d?abord insensiblement, puis brutalement, se déliter l?atmosphère conviviale des matchs du P.S.G. Didier BARIANI faisait allusion tout à l?heure au président Francis BORELLI qui, avec sa petite pochette, embrassait spontanément la pelouse.

C?était une belle époque avec un club extraordinairement sympathique. Nous sommes maintenant confrontés depuis de nombreuses années à un hooliganisme violent, raciste, dangereux insupportable. Certaines décisions ont été prises, pas toutes celles qui pouvaient l?être.

Et le moment n?est pas à l?accusation et à la polémique car il est vrai que, depuis longtemps, la question peut se poser. Les mesures prises ne sont-elles pas contreproductives par rapport à l?objectif poursuivi ? Ne va t-on pas, en prenant des mesures extrêmes, solidariser le KOP et aggraver finalement la situation ?

Nous avons probablement eu tort, mais c?était compréhensible, Monsieur le préfet. Cela pouvait se comprendre mais ce n?est plus concevable aujourd?hui et, Monsieur le préfet, nous approuvons la rigueur extrême de vos nouvelles décisions.

Comme tous le disent, l?arsenal juridique est suffisant. Il faut désormais appliquer les textes, tous les textes. Oui, j?approuve la fermeture des tribunes R1 et R2 de Boulogne. Oui, j?approuve les mesures d?interdiction de stade pour ce soir de vos 240 supporters devant aller pointer au commissariat au début du match. Il ne faudra pas, Monsieur le préfet, hésiter à aller au-delà.

J?approuve votre décision difficile et courageuse, Monsieur le Maire, et cette formule très juste que vous avez dite dans votre intervention. Cette formule, c?est votre refus du désengagement ou de l?indifférence.

Je voudrais faire, pour conclure, 2 propositions.

La convention doit être améliorée. J?avais toujours dit ici que la partie d?engagement du club et des joueurs vers la Ville, je parle des clubs filleuls, etc., était plus formelle que réelle.

A cet égard, les joueurs devraient avoir un rôle majeur à jouer dans cette crise. Ils n?ont pas été à la hauteur des circonstances. Je ne parle pas sur le plan sportif bien sûr mais je parle sur le plan de leurs réactions personnelles et collectives face à ce phénomène de racisme et d?antisémitisme. Il est temps que les joueurs soient responsabilisés et qu?ils s?engagent avec clarté, responsabilité, détermination et qu?ils aient un engagement réel auprès des jeunes Parisiens et des associations.

Concernant les clubs de supporters et les associations de supporters, ils ont usé leur crédit jusqu?à la corde.

Je conclus, Monsieur le Maire.

Ils peuvent pour certains le trouver injuste mais c?est ainsi. Quelle honte pour eux et pour nous! Quelle tristesse de voir la gaieté du parc lorsque joue dans la fête le Stade français avec des familles de supporters enthousiastes et heureux et la chape de plomb des matchs du P.S.G.

Il ne faudra pas se contenter de dissoudre les associations de supporters, Monsieur le Maire, ce sera nécessaire sûrement mais ce ne sera probablement pas suffisant. Il faudra aussi savoir favoriser la création de nouvelles associations qui s?inscriraient clairement dans une démarche responsable, paisible et positive.

Monsieur le Maire, il semblerait que ce soir dans la tribune Auteuil, une solidarité totalement décalée avec Boulogne puisse se manifester avec le déploiement de banderoles hostiles à la Ville de Paris.

Vous connaissez nos divergences et mon opposition sur bien des sujets mais je veux qu?il soit très clair ce soir que sur ce sujet ma solidarité avec vous, votre action, est totale et que les porteurs de ces banderoles sachent que nous sommes sur ce sujet au Conseil de Paris unis avec vous et derrière vous.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie beaucoup, Monsieur GALLAND.

Je donne la parole à Claude GOASGUEN.

M. Claude GOASGUEN. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, s?il fallait résumer dans une formule lapidaire ce que le Conseil de Paris et la Municipalité adressent comme message aux Parisiens, qu?ils adressent unanimement par un geste politique fort qui n?est pas de droite ni de gauche : nous devons affirmer très fort aujourd?hui que la bête immonde du racisme et de l?antisémitisme n?a pas droit de cité. N?a pas droit de cité dans les stades, n?a pas droit de cité à Paris, n?a pas droit de cité dans notre République. Et c?est ce geste-là, et celui-là seul qui a guidé la rédaction du voeu que nous allons adopter en commun.

Car au-delà même du hooliganisme, nous avons eu honte qu?à Paris, dans cette grande ville démocratique on ait pu entendre des propos d?un antisémitisme patent, avéré, dans un match qui opposait l?équipe parisienne à celle de Tel-Aviv.

Et vous imaginez la signification que cela peut avoir dans un conflit larvé au Moyen-Orient ou ouvert. Très franchement, je ne veux pas que cette honte que nous avons ressentie par rapport à ces pays, par rapport au monde, reste impunie.

Je demande avec mon groupe - et Françoise de PANAFIEU l?a très bien dit - la plus grande fermeté. Il n?y aura pas de trêve tant qu?il y aura des propos de ce genre dans un stade ou dans une cité. C?est le sens d?ailleurs de la loi que j?avais proposée à l?Assemblée, qui a été votée en juillet 2006, par l?ensemble de nos collègues parlementaires.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Enrichie même.

M. Claude GOASGUEN. - Avec une petite nuance : seul le parti communiste ne l?a pas votée. Donc je rappelle que quand il parle de la dissolution, il ferait bien tout de même de vérifier que ses parlementaires communistes aient voté cette loi. Ils ne l?ont pas fait. Je le regrette mais c?est un détail, si j?ose dire.

Mais je voudrais dire que cette loi a pour objectif d?éradiquer le hooliganisme. Nous avons les armes juridiques désormais pour le faire. Qu?elles soient insuffisantes, qu?il faille peut-être les modifier et les compléter, cela va de soi. L?arsenal juridique existe.

La volonté de la part du P.S.G. semble incontestable et je fais confiance à ce club qui est un grand club, qui a un grand passé et qui, j?espère, aura un grand avenir.

Et pourtant, je serais probablement celui qui aurait le plus à se plaindre des manifestations de supporters quelquefois mal contrôlés puisque je suis aussi le député du Parc des Princes et que très régulièrement, ma foi, je vois les dégâts qu?un certain nombre d?individus peuvent commettre à cause de matchs de football.

Mais là, n?est pas la question aujourd?hui. La question, c?est de montrer l?unanimité de la réponse politique dans la fermeté.

Et franchement, Monsieur le Préfet, lorsque nous avons voté cette loi avec le soutien du Ministre de l?intérieur, qui avait d?ailleurs pris une loi au mois de janvier dans le même sens, nous donnant l?arsenal juridique nécessaire, j?ai le sentiment que nous avons oeuvré pour vous donner toutes les possibilités d?éradication.

Le Conseil, la Mairie, le P.S.G. suivront. Mais je voudrais, si vous me le permettez, interpeller la fédération et la ligue car bien entendu nous éradiquerons le racisme et l?antisémitisme, même si cette affaire doit être longue, dure et difficile et peut-être violente.

Vous savez que la victime du drame a été elle même victime du hooliganisme. On dit souvent qu?il y a eu un affrontement. Il n?y a pas eu d?affrontement. Le pauvre garçon qui est mort après avoir assisté à un match de foot n?est-il pas lui-même la victime de ceux qui organisent ces violences d?une manière déterminée et cynique ?

Lisez tout ce qu?ils écrivent sur l?Internet, tous ceux qui communiquent entre les clubs de foot pour se donner des rendez-vous violents. Tout cela doit être éradiqué. Mais je voudrais dire que la fédération et la ligue doivent aussi prendre leur responsabilité.

Ce qui se passe au sein des enceintes de football n?est pas quelquefois responsable. Je souhaite vraiment que la ligue et la fédération qui ont manifesté leur volonté de réagir, c?est dans l?intérêt de tout le monde d?ailleurs, puissent, elles aussi, dire aux arbitres qu?en toute hypothèse on ne pourra pas tolérer impunément que l?on balance des fumigènes, que l?on mette des panneaux, que l?on crie sans que l?arbitrage ne s?en ressente.

La seule manière de solidariser les supporters avec le club, c?est que la ligue et la fédération prennent aussi leur part de responsabilité dans cette affaire et lorsque les matchs tournent au vinaigre - et on le sent- qu?il y ait une suspension préalable et qu?il y ait, s?il le faut et si les événements continuent, la suspension définitive du match.

A M. SARRE, je voudrais poser une question amicale.

Car bientôt, Monsieur SARRE, vous allez bientôt nous quitter, d?après ce que je crois comprendre dans la presse. Je voudrais vous poser une question mais une question gentille, comme Mme de Sévigné, vous savez.

Je voudrais vous poser la question. Qui a dit ceci : ?Les mesures à caractère policier ne sauraient indéfiniment être accrues et ne pourront jamais empêcher à elles seules tout débordement? ?

Je vous le donne en mille et je vous le donne en cent, comme aurait dit Mme de Sévigné.

Monsieur SARRE, qui a dit cela ? C?est M. SARKOZY ? Eh non, ce n?est pas M. SARKOZY.

C?est le représentant de M. CHEVENEMENT, Monsieur SARRE. Vous rendez-vous compte ! Votre ami, M. CHEVENEMENT, n?a pas pu sans doute vous avoir suffisamment comme conseiller pour vous empêcher de faire la déclaration que vous avez faite ce matin. Mais comme j?estime que vous êtes en campagne électorale dans la Creuse, je dirais qu?il faudra trouver d?autres arguments contre M. SARKOZY, Monsieur SARRE. Ce serait mieux pour votre avenir politique.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Je voudrais dire que fondamentalement ce qui est important aujourd?hui, c?est l?union contre le racisme et contre l?antisémitisme. De ce point de vue, je voterai sans hésitation le v?u que nous allons j?espère adopter ensemble.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci. Merci beaucoup.

Je dis simplement aux orateurs qui ne sont pas les derniers de leur groupe qu?ils pensent aux autres orateurs de leur groupe.

Par exemple, pour le groupe socialiste, il y a Jacques BRAVO puis Pierre AIDENBAUM mais il ne reste plus que 8 minutes. Il reste 8 minutes 12.

J?avais oublié les 12 secondes. Patrick BLOCHE, vous avez raison. Je tiens à ne pas vous voler vos 12 secondes.

Donc, Jacques, pensez un peu à AIDENBAUM. Merci.

M. Jacques BRAVO, maire du 9e arrondissement. - C?est vrai qu?en 8 minutes 12, j?ai le temps de faire un mile mais pas plus sur un marathon.

Je tiens d?abord à saluer la gouvernance de ce dossier par notre Maire et par ses deux adjoints principalement Christophe CARESCHE et Pascal CHERKI. C?est un débat où nous devons raison garder et mesurer la portée de nos expressions ce matin. Un grand match européen difficile a lieu ce soir.

Je vais m?exprimer avec la gravité qu?impose cet environnement irrespirable de violence, de racisme et d?antisémitisme. Je prends appui sur mes souvenirs de jeunesse. J?ai découvert le stade à l?âge de six ans. Ça chantait, ça dansait, ça sautait, ça courrait partout et c?est là que s?est enraciné en moi cette passion de la compétition qui ne m?a jamais quitté.

On en parle peu ce matin, mais je voudrais aussi m?exprimer comme un enfant de club, toujours inscrit dans un club quelle que soit la discipline sportive, formé par un club, c?est-à-dire sur des valeurs citoyennes de respect mutuel, de respect de son corps contre le dopage, de respect de l?adversaire, de respect des règles, de respect de l?arbitre, de respect du public.

Mais quelques commentaires tout d?abord. J?apprécie l?intervention liminaire de Mme de PANAFIEU juste au début du débat, car j?avais eu peur, ces jours derniers. Nous n?avons rien à gagner et ce serait vraiment injuste et trop facile d?affirmer que le P.S.G. ne fait rien et n?a jamais rien fait en matière de prévention ou de lutte contre les discriminations.

Je souhaite que nous puissions travailler tous ensemble, c?est-à-dire le club, l?Etat, la Ville, plus largement les Collectivités territoriales et la Région. Je relaye la remarque de Claude GOASGUEN. Je trouve que dans ce dossier, pour l?instant, s?expriment notamment le club, la Ville et l?Etat. Je trouve que les responsabilités des instances supérieures du football sont engagées.

J?approuve tout à fait le fait que la Fédération et la Ligue soient bien mises au coeur du terrain et que pourquoi pas, nous allions voir comment dans d?autres pays qui ont été confrontés à ces problèmes, il y a 15 ou 20 ans - je pense à Liverpool, je pense à Liège - il a été possible d?adapter des outils législatifs, judiciaires et administratifs.

J?approuve les engagements que le club est prêt à prendre. Mesures à prendre dans l?urgence des tous prochains matchs : un plan plus global pour cette saison et un plan à moyen terme de l?ordre de trois ans.

S?agissant de la responsabilité du Gouvernement, je dirai simplement que soit la loi actuelle est applicable en l?état et il faut l?appliquer immédiatement, soit elle ne l?est pas et il faut la modifier immédiatement.

Les Parisiens ne comprennent pas, cela a été dit tout à l?heure, que les fauteurs de troubles et les agresseurs, peut-être au nombre de 300 ou 400, restent impunis alors que la police reconnaît les avoir identifiés. Je connais les difficultés liées à ce dossier et je sais qu?il faut qu?il y ait un travail plus intime entre le Ministère de l?Intérieur et le Ministère de la Justice. Et je souhaite par conséquent que quand il y aura des réunions, mêmes parfois présentées avec ostentation, le Ministère de la Justice ne soit pas oublié.

Je souhaite que, quand il y a des initiatives de réunions, on soit vigilant à ne pas associer, de manière trop ostensible là aussi, les responsables des supporters de la tribune de Boulogne dont certains sont interdits de stade, précisément.

Sur les engagements de la Ville, je dis simplement qu?il faudra naturellement, et comme cela a été commencé, réunir, et j?y serai mobilisé autant qu?il le faudra, le comité de suivi Ville/P.S.G. Il faut voir avec M. le Préfet les convocations nécessaires du Contrat local de sécurité. Naturellement, il faut faire respecter rigoureusement les engagements déjà pris par le club envers la Ville. Mais l?idée d?un avenant pour compléter la convention déjà en place est excellente et au coeur du v?u. Il faudra aussi se donner les moyens de les faire respecter.

Chers amis, je crois que sur ce terrain-là nous voyons bien que ce n?est pas simplement le club P.S.G. qui est concerné, mais c?est aussi la Ville de Paris. C?est le renom de Paris. C?est l?ensemble des Parisiens, et dans cet esprit, naturellement j?approuve et les élus socialistes et radicaux voteront le voeu préparé par l?Exécutif.

Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BRAVO et pardonnez-moi de n?avoir pas pu écouter votre intervention mais je suis un être humain.

La parole est à René DUTREY. Il reste au groupe ?Les Verts? 5 minutes 43.

M. René DUTREY. - Bien plus qu?il ne me faut. Merci, Monsieur le Maire.

Je suis assez surpris de la tonalité du débat de ce matin car je dois dire qu?en matière de travail de la police, régulièrement la police m?impressionne. M?impressionne quand elle mène une enquête où avec quelques indices, en recoupant un ou deux témoignages, réussit avec acharnement au bout d?un moment à trouver un coupable, à le faire inculper, à le placer en prison.

Voilà vingt-deux ans que quasiment un groupe, ou les mêmes personnes - cela a évolué en vingt-deux ans certainement - agissent à visage découvert, sont connus, reconnus, des images existent. J?étais d?ailleurs aller visiter le P.C. sécurité du Parc des Princes et j?étais assez impressionné de me rendre compte que l?ensemble du personnel de la Préfecture connaissait les personnes de la tribune Boulogne par leur prénom. A chaque fois qu?un nouveau supporter entrait, ils disaient : ?Ah, tiens, voilà Grosdidier qui rentre, il est sorti de prison?. Vraiment une connaissance parfaite du problème.

Ce qui est rassurant en matière de travail de la Préfecture de police. J?avais d?ailleurs demandé à un des fonctionnaires de la Préfecture : mais que faut-il faire pour qu?il n?y ait plus de violence au Parc des Princes ? La personne avait répondu : Mais, Monsieur, il faut que le P.S.G. gagne !

Alors, je le raconte, ce n?est certainement pas faux, mais c?est un certain état d?esprit. Je suis assez pessimiste malgré tout. Assez pessimiste car cette situation perdure depuis vingt-deux ans. Assez pessimiste car effectivement, et M. GOASGUEN en parlait tout à l?heure, quand vous allez ne serait-ce que sur Internet aujourd?hui, vous allez sur le site d?une organisation effectivement non reconnue par le P.S.G. mais une organisation qui a sa place dans la tribune Boulogne, je veux parler de ?Paris/Casuals?. ?Paris/Casuals? a un site Internet aujourd?hui. Aller voir ce site. Je ne comprends pas que ce site, Monsieur le Préfet, soit encore ouvert. C?est une apologie à la haine et à la violence. Pourquoi ? Je ne sais pas. Il y a des vidéos de tous les événements violents qui se sont déroulés au Parc des Princes depuis quinze ans. Pourquoi ce site est encore ouvert ? Je ne sais pas. Je ne comprends pas.

Effectivement, quand on veut envoyer des messages à cette population de hooligans et je parle de hooligans - je ne parle pas de supporter, je suis moi-même supporter du P.S.G., donc très à l?aise pour pouvoir parler de ce problème - quand on parle de cette population de hooligans et qu?on sait que le Ministre de l?Intérieur a reçu le président des Boulogne Boys, lui-même interdit de stade ! Est-ce que c?est cela le signal que l?on envoie à ces personnes ? Est-ce que c?est cela la prise en compte par le Ministère de l?Intérieur, par la Préfecture, de la gravité de cette situation au Parc des Princes ? Non, c?est un mauvais signal. C?est un très mauvais signal et cela laisse supposer que cette situation risque encore de perdurer pendant des années.

Je ne serais pas plus long. Je comparerai juste par rapport à d?autres situations actuellement sur le territoire national. A Roissy, pour simple suspicion d?être musulmans, des bagagistes se voient retirer leur badge. La Tribu Ka, ces fous furieux qui sont apparus il y a quelques mois, prônant la haine et la violence, en un mois ils ont été dissous ! ?Paris/Casuals? existe depuis une dizaine d?années et il est encore ouvert sur Internet. Et pour finir, parce que je suis écologiste, José BOVÉ qui arrache quelques champs de maïs est harcelé par la justice et des hooligans continuent au Parc des Princes à semer la terreur ! Je n?y vois qu?incompréhension. Je suis assez pessimiste. Après, je dirai que je n?attends qu?une seule chose, c?est d?être agréablement surpris dans les mois qui viennent.

(Applaudissements sur les bancs du groupe ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. AIDENBAUM.

M. Pierre AIDENBAUM, maire du 3e arrondissement. Monsieur le Maire, en intervenant dans ce débat, c?est avant tout à l?image de Paris en Europe et dans le monde que je pense.

Monsieur le Maire, je suis comme beaucoup d?autres ici un fervent supporter du P.S.G. J?allais régulièrement au Parc des Princes, j?y ai même été abonné pendant une quinzaine d?années, et depuis des années j?ai en effet constaté la dégradation de ce qui se passait dans certaines tribunes de soi-disant supporters. Et je repartais après chaque rencontre avec un écoeurement grandissant, me disant que c?était la dernière fois que j?y allais mais avec toujours l?espoir que des mesures soient prises.

Une rencontre sportive, Monsieur le Maire, c?est une fête. C?est même souvent le lieu privilégié de rencontre entre des sportifs de toutes nationalités et de toutes les couleurs. C?est cela qui fait la beauté et la grandeur du sport. C?est un lieu privilégié de brassage, d?intégration et de respect. C?est cela que l?on appelle l?esprit sportif.

Quel plus beau symbole d?ailleurs que de voir dans l?équipe du P.S.G., même si ses résultats ne sont pas à la hauteur de ce que l?on pourrait espérer, des hommes venant de tous les continents. Quel plus beau symbole ce jeudi soir de novembre de voir dans l?équipe de l?Hapoël de Tel Aviv des joueurs juifs et arabes partager leur envie tout simplement de défendre les mêmes couleurs d?un club. Monsieur le Maire, vous devez être exigeant, sans concession, avec ceux qui ont en charge la sécurité des supporters afin que le Parc des Princes redevienne un stade comme les autres, où l?on peut venir en famille pour une fête, pour voir un beau spectacle, comme cela est le cas pour les matchs de rugby qui sont maintenant de grandes fêtes populaires, cela a été rappelé.

Les racistes et les antisémites doivent être définitivement éradiqués du Parc des Princes. Ils n?y ont pas leur place. Aucune complaisance ne doit leur être accordée.

J?approuve totalement votre demande, Monsieur le Maire, de l?interdiction de plusieurs centaines de supporters et la fermeture d?une tribune. Et je proposerais même, cela fera peut-être plaisir à certains sur ces bancs, qu?en cas de récidive pour ces supporters en question on prévoie des peines plancher.

Il aura fallu attendre les graves événements qui se sont produits le jeudi 23 novembre, à l?issue du match Paris Saint-Germain/Tel-Aviv pour qu?enfin on prenne la mesure d?une situation intolérable qui dure depuis - cela a été rappelé dans ce débat - des années et des années. Il y a longtemps qu?il fallait dissoudre ces associations. C?était possible ; l?arsenal juridique existe.

Et, au fil des années, j?ai eu quelques responsabilités qui m?ont permis d?interpeller les différents Ministres de l?Intérieur avec des résultats. Des associations, pour moins que cela, ont été dissoutes.

Et d?autres collègues rappelaient en effet qu?il y a peu de temps on a dissout la ?Tribu KA? qui n?est ni plus ni moins qu?une autre association raciste et plutôt d?ailleurs antisémite.

Le pire était programmé, il est malheureusement arrivé.

Il aura fallu en effet attendre que l?on assiste, dans les rues de Paris, à la folie meurtrière d?une horde de nazillons poursuivant deux hommes, un policier et un supporter, aux cris de ?sale nègre? et de ?sale juif?, pour qu?enfin les responsables se saisissent à bras le corps de ce problème.

Et naturellement, si je regrette la mort d?un homme, je voudrais terminer mon intervention en saluant le courage de ce policier qui, au prix de sa vie, a certainement sauvé ce jeune juif d?un lynchage antisémite.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Monsieur le Président du groupe socialiste et radical de gauche, il n?y a eu que trois secondes de dépassement dont je n?ai pas tenu compte. Même pas.

Il reste deux inscrits du groupe U.M.P., M. LE GOFF et M. LEBAN, et il vous reste neuf minutes.

Monsieur LE GOFF, vous avez la parole.

M. René LE GOFF. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, j?ai le privilège d?être très proche du monde du sport professionnel et je suis conscient que tous les sports sont concernés par le phénomène de la violence.

Pour convaincre nos collègues réticents au sport spectacle, je tiens à préciser que la ligue professionnelle que je préside va recevoir, dimanche prochain, le trophée de la LICRA d?Or pour son action exemplaire en faveur de la lutte contre la violence, le racisme et l?antisémitisme.

(Applaudissements sur tous les bancs de l?Assemblée).

Le P.S.G. est en grand danger. J?ai entendu comme beaucoup de Parisiens et de Parisiennes le cri du c?ur des dirigeants du club appelant à l?union sacrée pour tenter de sortir le P.S.G. de la plus grave crise de son histoire.

Il faut que nous prenions ensemble le problème de la violence et du racisme à bras-le-corps afin de ne pas laisser mourir une institution qui a sa place dans notre ville.

Nous ne reviendrons pas sur l?ensemble des mesures préconisées dans le texte du v?u de l?Exécutif, tout en soulignant l?action exemplaire du Gouvernement et de la majorité parlementaire qui ont voté, cette année, la loi GOASGUEN, permettant en cas de trouble de dissoudre certaines associations de supporters.

Cependant, il faudrait aller plus loin et compléter progressivement le v?u que vous nous présentez, Monsieur le Maire, par des engagements de la Ville concernant une action continue d?amélioration des abords du stade du Parc des Princes, à l?intérieur du périmètre de sécurité et en dehors de ce périmètre.

Par exemple, augmenter sensiblement la couverture du réseau de vidéo-surveillance, améliorer l?éclairage, mieux organiser les zones de parking de voitures, réaménager les flux de circulation des spectateurs. En un mot, profiter à plein de la réflexion et des propositions faites à l?occasion de la candidature de notre Ville à l?organisation des Jeux olympiques de 2012 pour assurer la sécurité du pôle ouest du dispositif.

Cela est d?autant plus urgent que le périmètre du Parc des Princes va subir quelques modifications avec, en particulier, la construction d?un nouveau stade de rugby à Jean Bouin, à quelques mètres du Parc des Princes.

En exprimant cette demande, bien entendu, nous pensons aussi aux riverains qui subissent les nuisances que l?on connaît, les jours de matchs.

Personnellement, je ne crois pas qu?il faille modifier le périmètre de sécurité, tout en rappelant à nos collègues que le club supporte une bonne partie des frais de sécurité à l?intérieur de ce périmètre. C?est, au total, un peu plus de 3 millions d?euros qui sont dépensés chaque année par le P.S.G. pour assurer la sécurité du stade.

En résumé, un meilleur aménagement des abords du Parc des Princes permettra à la Préfecture de police de mieux assurer sa mission et de permettre au P.S.G. de mettre en place de meilleurs contrôles d?accès au stade.

Cela ne doit pas empêcher le club de réfléchir de son côté à de meilleurs aménagements des zones accueillant les associations de supporters, par exemple par de nouveaux cloisonnements, par de nouvelles dispositions des sièges.

En conclusion, nous sommes nombreux à penser qu?il faut maintenir notre confiance au P.S.G. et aux dirigeants du club dans cette période difficile.

Demain, l?interdiction du stade à 300 ou 400 supporters, et la dissolution éventuelle d?associations doivent nous permettre d?accompagner l?effort collectif permettant d?éradiquer définitivement la violence, le racisme et l?antisémitisme dans le stade et hors du stade.

Une nouvelle convention aménagée liant la Ville au club confirmera un nouvel engagement dans cette lutte contre l?inacceptable.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur LE GOFF. Comme vous pouvez l?imaginer, j?approuve fortement plusieurs des arguments que vous avez utilisés.

Monsieur LEBAN, vous avez la parole.

M. Gérard LEBAN. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet de police.

Le drame récent survenu à la suite d?une rencontre à haut risque au sein du stade du Parc des Princes, le 23 novembre dernier, nous laisse, nous, élus du 16e arrondissement, dans la plus profonde perplexité.

Des incidents, nous en avons connaissance après de très nombreux matchs. Nous sommes arrivés à un processus de banalisation de la violence aux abords du stade des Parcs des Princes qui nous épouvante.

En effet, seuls les incidents les plus graves font la une des journaux et émeuvent les dirigeants politiques et sportifs.

Les habitants de la Porte de Saint-Cloud n?osent plus recevoir leurs amis les soirs de match. Ils se calfeutrent chez eux en attendant que cela passe.

La soirée du 23 novembre les a profondément choqués, tant il est inconcevable que dans une ville comme Paris, en 2006, de tels débordements puissent survenir.

Il n?est pas normal que cette violence qui n?a plus rien à voir avec le football empoisonne non seulement la vie des riverains, mais aussi celle des véritables supporteurs qui, eux, croient encore à certaines vertus du sport et j?en fais partie.

J?ai participé à la réunion du Contrat local de sécurité du Parc des Princes présidée par M. le Préfet de police et, sur ma proposition, il a été décidé de déplacer certains matchs à 15 heures, le dimanche. Cette proposition a été reprise par l?Exécutif parisien, ce qui nous prouve que le problème a dépassé les clivages droite/gauche.

Je vous remercie, Monsieur le Préfet, d?avoir accepté, lors de la réunion d?hier du comité de pilotage, que le match de dimanche prochain soit avancé à 15 heures.

En revanche, qu?adviendra-t-il des matchs retransmis à la télévision ? Bénéficieront-ils de cet horaire aménagé ? Il faut que tous les matchs, sans exception, soient programmés à 15 heures le dimanche, du moins l?hiver, pour qu?il fasse encore jour à la fin de la rencontre. C?est à cette condition que les forces de l?ordre pourront efficacement faire leur travail.

On a tendance à comparer le rugby au football. Osons la comparaison jusqu?au bout. Les matchs de rugby sont programmés dans l?après-midi et bénéficient d?une audience remarquable, y compris télévisuelle.

Il n?y a pas de raison de ne pas faire la même chose pour le football. Ne laissons pas les intérêts économiques prendre le pas sur la sécurité des biens et des personnes. Les supporteurs s?adapteront, les autres changeront de hobby.

En tout état de cause, il est de notre devoir de résoudre durablement ce problème et je crois que nous sommes sur la bonne voie. Une poignée d?agitateurs ne peut en aucun cas imposer sa loi. Notre pays est celui de la liberté, mais comme dit l?adage, ?La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui?. A nous de tirer les conséquences de la sagesse populaire.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur LEBAN.

Je donne volontiers maintenant la parole à M. TIBERI.

M. Jean TIBERI, maire du 5e arrondissement. - Je n?avais pas l?intention d?intervenir. Je voudrais simplement dire deux mots.

Je voudrais me réjouir du climat qui s?est instauré aujourd?hui sur ce sujet. Il y a souvent, c?est la vie démocratique, des sujets de désaccord, mais il y a quelques sujets, il y en aura d?autres et il y en a eu d?autres, et celui-ci en est un?

Nous sommes nombreux ici, ainsi que les Parisiens, à être passionnés de football. Nous sommes nombreux à être très attachés à un grand club à Paris : le P.S.G. Et si certains ont critiqué, c?est vrai qu?il y a eu des moments chauds, des moments de joie, des moments difficiles depuis quelques années, n?oublions pas quand même que le club, depuis quelques années, a été Champion de France, a gagné la Coupe de France, a gagné une coupe européenne.

C?est un moment difficile que nous connaissons. Bien entendu, je m?associe à celles et à ceux qui ont stigmatisé d?une manière très claire l?antisémitisme, le racisme et la violence, mais je me réjouis aujourd?hui qu?il y ait un accord, Monsieur le Maire, entre la Mairie de Paris, et entre la majorité et l?opposition, avec le club, le Paris Saint-Germain, et notamment son président - auquel je rends hommage ; M. CAYZAC est un homme de grande qualité -, et la Préfecture de police et le Ministère de l?Intérieur. Je crois que c?est par l?union entre toutes celles et tous ceux que je viens de citer que nous ferons avancer le dossier, je le pense, même s?il y aura des difficultés. C?est pourquoi je voulais simplement m?associer à cet engagement général.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Je veux remercier tous les orateurs parce que tout ce débat, même s?il y avait des différences, était de bonne tenue.

Avant de leur passer la parole, je veux vous dire à quel point, à tous les instants, Pascal CHERKI et Christophe CARESCHE ont travaillé sérieusement, avec beaucoup de compétence et de conviction, en lien étroit avec moi. Et je veux vous dire que, dans ce dossier - d?abord, je les remercie -, ils m?ont engagé dans toutes leurs actions, dans tous leurs travaux et dans tous leurs propos, totalement. C?est très agréable de pouvoir travailler autant en confiance et je voulais leur en porter témoignage ce matin.

Je donne d?abord la parole à Pascal puis à Christophe.

M. Pascal CHERKI, adjoint. - Brièvement, Monsieur le Maire.

Moi aussi, je voudrais en votre nom remercier l?ensemble des orateurs pour la qualité de ce débat qui, au-delà des tonalités ou des sensibilités des uns et des autres, traduit, et c?est plutôt rassurant, une large convergence de vue.

Au risque de paraître peut-être un petit peu iconoclaste, je voudrais dire que, malheureusement, dans les événements tragiques que nous vivons, il y a quand même une opportunité qu?il faut que nous ne laissions pas passer.

Dans l?histoire de la lutte contre le hooliganisme, malheureusement mais c?est ainsi, les situations n?ont jamais été réglées autrement que dans les crises. Cela, c?est pour répondre à l?ensemble des collègues qui disent : ?Pourquoi n?avons-nous pas agi avant ??

Mais les constats, on les a faits ! Je peux vous garantir, mes chers collègues, que ces constats, on les a faits. Et si vous vous reportez à la presse sportive, puisque c?est elle qui en parlait, vous verrez que, parmi les rares fois où nous étions entendus, notamment à l?occasion des affrontement de l?an dernier entre les ?Boulogne Boys? et les ?Tigris?, nous avions caractérisé les problèmes. Moi, je les avais caractérisés, en expliquant d?où venait la difficulté principale, que nous nous disions de manière récurrente. Mais cela n?avait pas cette ampleur? parce qu?il n?y avait pas eu ce drame. Vous faites référence à la Belgique et à l?Angleterre, mais il y a eu 35 morts en Belgique au Heysel ! Il y en a eu 80 à Hillsborough en Angleterre avant que les pouvoirs publics s?y mettent !

Heureusement, nous, on n?attend pas qu?il y ait ce chiffre pour le faire !

C?est pour cela qu?en prenant le débat avec la volonté non pas de hiérarchiser les responsabilités mais de réfléchir sur la manière d?évoluer, je pense que nous le faisons intelligemment.

Donc, c?est dans les crises que l?on agit. C?est un levier. Essayons plutôt de tirer les conséquences de ce que doit être la modification du comportement de l?ensemble des acteurs de ce dossier, pour que nous n?ayons pas, non pas à revivre cela nous ne le savons pas - mais qu?au moins nous soyons capables d?aller plus loin par rapport à ce que nous avons fait jusqu?à présent.

Pour synthétiser, la responsabilité des pouvoirs publics d?Etat, je rebondirai sur ce qu?a dit M. le Préfet : il faut vraiment maintenant passer, Monsieur le Préfet, d?une culture de maintien de l?ordre pour éviter les débordements, comme vous l?avez dit, et qui était jusqu?à présent la stratégie des forces de police qui avaient globalement plutôt bien marché, à une culture de maintien de l?ordre et d?éradication du noyau des hooligans. Car le maintien de l?ordre est globalement assuré, mais nous n?avons pas réglé ce qui est la cause de cela. Vous avez pris les premières dispositions en augmentant le nombre d?interdictions de stade ; il faut aller plus loin ! Vous le savez, nous le savons.

C?est la raison pour laquelle, de concert, nous avons décidé de maintenir, au moins jusqu?à la fin de l?année civile, la fermeture de la partie basse de la tribune Boulogne, y compris pour vous donner les moyens de travailler et d?aller au fond de cette question. Et nous réévaluerons en janvier, collectivement, avec le club et avec vous, Monsieur le Préfet, si jamais il y a lieu ou non de l?ouvrir. Je rappelle que la fermeture de cette tribune est un moyen et non pas une fin, un moyen pour vous permettre, Monsieur le Préfet, sereinement, d?aller vers l?objectif des interdictions de stade et l?éradication de ce noyau dur de hooligans.

Donc passer d?une culture de maintien de l?ordre à une culture d?éradication du hooliganisme.

La responsabilité du club, cela a été dit, il faut vraiment entrer dans l?ère de la tolérance zéro. Et j?insiste sur le mot ?zéro?.

Il y a eu des évolutions du club. Les dirigeants ont pris conscience d?un certain nombre de difficulté et Pierre BLAYAU, Francis GRAILLE, Laurent PERPÈRE avaient commencé des évolutions. Mais, si un certain nombre d?actes étaient positifs c?est quand même le premier club qui s?est engagé publiquement, dans la famille du football français, dans la lutte contre l?homophobie, qui a conclu un partenariat avec des associations antiracistes -, on voyait bien qu?ils n?allaient pas jusqu?au bout, y compris aussi parce que, dans l?histoire de la lutte contre le hooliganisme, ce ne sont pas les clubs qui ont réglé seuls les problèmes. S?il n?y a pas une volonté concertée de l?ensemble des acteurs, la tentation du club va être, pour reprendre la formule de

M. le Préfet, de rester dans une culture de maintien de l?ordre.

Quand on maintient l?ordre dans le stade, on passe des accords et parfois des accords pas très honorables. A partir du moment où nous sortons d?une culture de maintien de l?ordre pour entrer dans une culture d?éradication du hooliganisme, le club doit passer dans l?ère de la tolérance zéro.

De ce point de vue, l?évolution du président CAYZAC, ses propos, l?engagement des actionnaires, à la fois de rester et de rester pour aider à nettoyer, est positif.

Je reviendrai tout à l?heure sur la question de la convention et du plan de sécurité.

La responsabilité de la Ville - il y en a une, bien évidemment -, c?est d?user sans modération de son pouvoir d?interpellation. Dans la période qui vient de s?écouler, le moins que l?on puisse dire, c?est qu?on l?a fait !

Par ailleurs, Monsieur GOASGUEN, je pense que vos prises de position font que vous avez un certain nombre ?d?amis?, entre guillemets, dans la tribune Boulogne. Je vous rejoins au club. Moi, j?en ai 6.000 nouveaux, compte tenu des propos que j?ai tenus, peu amènes à leur égard, sur la tribune Boulogne, mais nous devions faire cela pour, à un moment donné, interpeller et mettre chacun devant ses responsabilités.

C?est de prendre en même temps sa part - on l?a fait et on continuera à le faire ; c?est pour répondre à ce que disaient M. GOUJON dans son v?u et un certain nombre d?orateurs -, y compris sa part financière dans le cadre du plan global de sécurité qui va être redéfini collectivement.

Il y a une responsabilité de la famille du football. Plusieurs l?ont pointé. Ils ont raison. Il faut que la famille du football fasse son examen de conscience. Elle n?est pas responsable de tout ; le racisme et la violence sont d?abord et avant tout des phénomènes sociaux. Mais on peut considérer, par rapport à ce que dit la famille du football, que cela existe dans la société mais dans le sport, cela n?existe que dans le football pour l?instant, en tout cas, cela existe majoritairement dans le football professionnel. Il y a donc peut-être un certain nombre d?interrogations que le monde du football professionnel doit avoir.

Monsieur le Maire, vous avez eu raison ; Monsieur le Préfet, vous avez eu raison de rappeler que ce n?est pas un phénomène contingenté au Paris Saint-Germain, même s?il concentre la plupart de ces exactions à caractère raciste, antisémite et violent. Et comme c?est la Capitale et que c?est Paris, c?est plus visible et plus médiatique.

Mais les organisations antiracistes nous disent - j?ai des discussions fréquentes avec la L.I.C.R.A. - que cela existe dans d?autres clubs et que la réaction des présidents de club et de la Ligue, mais surtout des présidents de club, quand la L.I.C.R.A. va les voir, c?est de les menacer d?actions judiciaires, en disant : ?Il n?y a pas de racistes chez nous !?.

Il faut que la famille du football considère que ce n?est pas qu?un problème parisien et fasse son examen de conscience. Je pense qu?il y a là une réflexion sur l?évolution et sur la dérive d?un foot-business et aussi sur le fait qu?on a laissé faire une déréglementation du marché des transferts qui fait que, aujourd?hui, il y a une perte d?identité des club et que le seul point de repère stable, ce ne sont plus les joueurs, ce ne sont, malheureusement, qu?un certain nombre de supporters et notamment les supporters dit ultras. Cet effet de distorsion doit être réglé.

Enfin, il y a un examen de conscience à faire - j?en terminerai par là - des associations de supporters elles-mêmes. On peut être des ?rebelles?, entre guillemets, en étant des interlocuteurs responsables. J?ai appelé cela ?passer de la mentalité de la jacquerie à la culture du syndicalisme?. Il faut que les associations de supporters, si elles veulent voir leur utilité reconnue, fassent une évolution de leur identité. Tant qu?elles n?expurgeront pas de leurs buts et de leurs motivations la violence et le racisme, nous ne pourrons pas sortir d?une culture de la répression à leur égard. A partir du moment où elles évolueront, elles devront comprendre que cette crise est le moyen pour elles d?évoluer des évolutions souterraines commencent -, si elles expurgent la violence et le racisme de leur comportement, alors, à ce moment-là, il faut leur reconnaître une utilité et une place dans la famille du football, y compris si cette place est, de leur part, un pouvoir d?interpellation. Après tout, l?unanimité ou l?unanimisme, ce n?est pas toujours cela qui fait fonctionner la famille football.

Je voudrais terminer sur la question de la convention, en un mot, Monsieur le Maire. Pour dire que le v?u a un objet : c?est à situation nouvelle, dispositions nouvelles. A partir du moment où nous considérons que cette crise doit être un levier pour nous permettre d?avancer, oui, la convention doit être redéfinie et doit être rediscutée.

Il y a deux aspects.

Premier élément, nous allons rediscuter avec le club de la prise en compte écrite d?un certain nombre de propositions que nous avons faites en matière de sécurité et bien évidemment, il y a deux cas de figure.

Le club l?intègre et nous passerons le projet de délibération sur la subvention du Conseil de Paris avec cette convention que nous aurons rediscutée ensemble et nous étalerons le versement comme nous le faisions, pour nous donner les moyens de vérifier la traduction dans les faits de cela. Si le club refuse, il n?y aura plus de bras, plus de chocolat ! Il n?y aura plus de raisons juridiques et politiques à ce que nous versions une subvention.

Mais, moi, je m?inscris dans le fait que le club veuille le faire. Puisque le président CAYZAC a annoncé la volonté de faire un plan de sécurité - on en a discuté hier avec M. le Préfet de police, lors de la réunion du Contrat local de sécurité -, il faut maintenant que nous ayons un plan plus global, présenté par le club, validé par la Préfecture de police et la Ville sur les aspects de la sécurité à l?intérieur du parc, à l?extérieur du parc et sur les évolutions de la pratique policière pour intégrer, Monsieur le Préfet de police, cette volonté que nous avons tous maintenant de ne pas simplement avoir une culture de maintien de l?ordre mais aussi une culture d?éradication de la violence à caractère raciste et antisémite.

Cela passe bien sûr par peut-être de nouveaux moyens techniques mais cela passe aussi, Monsieur le Préfet, vous le savez et je vous le dis très franchement, très sincèrement et très amicalement, par une autre disposition des forces de police que vous avez commencé à impulser, quand on voit le nombre d?interdictions de stade qui augmentent et nous n?en sommes pas au bout.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est donnée brièvement à Christophe CARESCHE pour compléter, puisque Christophe CARESCHE et Pascal ont tous fait ensemble, et je les en remercie.

M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Très rapidement.

La question que l?on doit se poser ce matin et qui a été posée par un certain nombre d?intervenants, c?est finalement de savoir ce qui aujourd?hui peut nous rendre optimistes sur une sortie de crise satisfaisante.

Cela signifie une sortie de crise qui permette de régler effectivement le problème qui est posé, c?est-à-dire l?éradication de comportements totalement inadmissibles.

Je comprends l?interpellation d?un certain nombre d?élus. A ce jour, je pense que les choses ne sont pas totalement écrites.

Je ne suis pas certain que dans 5 ou 6 mois, la situation sera réglée. Mais il y a un certain nombre d?éléments, notamment à travers ce qui s?est passé ces dernières semaines et ces derniers jours, qui peuvent nous rendre optimistes. C?est sur ce point que je souhaiterais insister.

Deux éléments. Le premier est le fait que la position de fermeté, l?orientation ferme qui est prise par tous les acteurs commence à se traduire dans les actes, notamment avec les décisions qui ont été prises hier par le Contrat local de sécurité, et en particulier avec le maintien et la confirmation de la fermeture de la tribune basse de Boulogne. C?est un élément extrêmement important.

Il ne faut pas se cacher les choses : il y a eu des pressions multiples des clubs de supporters pour revenir sur cette décision. Pressions sur le P.S.G., pressions sur le Préfet de police. Je considère comme une victoire le fait que les autorités aient décidé de maintenir cette position qui est juste, par rapport aux personnes qui sont dans ces tribunes, et sur le plan symbolique, parce qu?elle nous permet d?affirmer cette ligne de fermeté.

Fermeté aussi sur les interdictions de stade. Aujourd?hui, même si ce nombre n?est pas suffisant, il faudra qu?il augmente. Le nombre d?interdictions de stade aujourd?hui est nettement supérieur à celui annoncé il y a quelques jours. Je me réjouis que, sur ce plan, un certain nombre de clarifications, y compris juridiques, soient intervenues pour clarifier les choses. Nous avons, là aussi, progressé et c?est un élément qui peut nous rendre optimistes.

C?est la position du club. Elle aussi a évolué ces dernières semaines et ces derniers jours, dans le sens de la fermeté, dans le fait d?assumer ses responsabilités aujourd?hui, y compris au prix d?un rapport de force difficile parce qu?il y a des menaces, de l?intimidation. Le club a évolué dans le sens de la fermeté, en refusant d?abord, c?est une proposition qui avait été un moment émise, le fait de donner la billetterie aux clubs de supporters ; fermeté aussi dans le fait de présenter, dans quelques jours ou quelques semaines, un plan de sécurité pour le Parc des Princes. Il y a eu aussi un pas de franchi par le club dont il faut tenir compte.

Deuxième élément qui peut nous rendre optimiste : c?est l?unité. Je suis persuadé que l?une des clefs de la réussite, pour faire en sorte que ces phénomènes soient éradiqués, c?est l?unité des autorités, dans la fermeté, dans leur capacité de parler d?une même voix. Sur ce plan, la tonalité de ce Conseil de Paris est extrêmement importante parce que, face à des individus qui manifestement connaissent très bien le fonctionnement institutionnel et qui, depuis des années, essaient d?en profiter, de nous diviser, l?unité est un élément de la réussite pour éradiquer ces phénomènes.

Je me réjouis qu?hier soir il y ait eu un communiqué commun émis par la Ville de Paris, la Préfecture de police et le P.S.G. car nous avons manifesté clairement notre unité vis-à-vis de gens qui veulent nous diviser.

Cette crise est difficile, nous aurions tort ce matin de considérer que les choses sont réglées. Deux matchs vont être à mon avis des matchs très importants, voire décisifs, celui de ce soir et celui de dimanche. Des éléments peuvent nous permettre d?espérer pour la suite. C?est pourquoi je pense qu?il faut voter ce v?u et renouveler notre confiance au P.S.G. avec les conditions que nous avons fixées.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui. C?est une dimension importante : les racistes, les antisémites, les violents ont besoin d?une réponse dure. Cette réponse sera d?autant plus dure que nous serons responsables, courageux et ensemble. La dimension qu?a évoquée Christophe CARESCHE sur ce point est non négligeable. Je vous confirme, Monsieur le préfet, que par rapport aux dispositions que vous prenez pour ce soir, vous avez ma solidarité.

Il y avait un v?u que j?avais préparé avec les adjoints et que j?ai effectivement fait évoluer dans les discussions avec les groupes. Au préalable, il y avait eu deux v?ux déposés, un du groupe U.M.P., un du groupe ?Les Verts?. Je vais leur demander maintenant s?ils sont maintenus.

Pour le groupe U.M.P., il est retiré.

Pour le groupe ?Les Verts? est-il retiré ? Non.

Chronologiquement, je suis obligé de mettre d?abord aux voix le v?u du groupe ?Les Verts?.

Monsieur CHERKI, votre avis est défavorable, j?imagine ?

M. Pascal CHERKI, adjoint. - Défavorable.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je ne fais pas de commentaires.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 91, déposée par le groupe ?Les Verts?, assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets maintenant aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 92 bis déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2006, V. 410).

Mes chers collègues, face à ce problème qui n?est pas terminé, qui est grave, je vous remercie de notre sérieux, de notre responsabilité commune.