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Decembre 2006
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2006, DVD 217 - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant n° 2 à la convention d’objectifs signée avec l’Atelier d’Urbanisme pour y inclure un article sur le financement de l’étude de localisation et d’insertion de stations vélos en libre service. Vœu déposé par le groupe U.M.P.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2006


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Mes chers collègues, nous reprenons donc la séance et nous examinons le projet de délibération DVD 217 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant n° 2 à la convention d?objectifs signée avec l?Atelier d?Urbanisme pour y inclure un article sur le financement de l?étude de localisation et d?insertion de stations vélos en libre service, sur lequel le v?u référencé n° 193 dans le fascicule, a été déposé par le groupe U.M.P.

Je donne la parole à Mme Claire de CLERMONTTONNERRE.

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Merci, Madame la Maire.

Dans un premier temps, je vais intervenir au nom de ma collègue Laurence DOUVIN et ensuite je présenterai un voeu que j?ai déposé sur ce projet de délibération.

Ma collègue Laurence DOUVIN constate qu?en matière de déplacements à vélo, vous hésitez, Madame la Maire, entre imprécision et incohérence.

Imprécision parce que dans l?exposé des motifs, vous évoquez le chiffre de 47 % d?augmentation de la fréquentation des aménagements cyclables. Mais que valent ces chiffrages effectués manuellement en 6 points de Paris un mardi sur deux, de 8 heures 30 à 9 heures 30 et de 17 heures 30 à 18 heures 30.

Je ne suis pas sûre que ce soit un modèle scientifique de comptage.

De plus, vous avez choisi comme année de référence : 1997. Une année où la fréquentation cycliste était si faible, voire nulle que tout chiffrage effectué en pourcentage par rapport à cette date ressemble à la grenouille qui se veut aussi grosse que le b?uf. On connaît la suite de la fable. Sur le terrain, ce pourcentage ronflant correspond à une augmentation microscopique.

Après l?imprécision que je viens d?évoquer, nous arrivons à l?incohérence.

L?incohérence, parce que qui dit itinéraire cycliste dit jalonnement. Or, celui que vous effectuez connaît quelques ratés puisqu?il est critiqué par ceux-là même à qui il est destiné, à savoir les cyclistes. Il y a ainsi interruption des pistes au franchissement des points durs sur les boulevards des Maréchaux. Par exemple, le tracé du jalonnement ne correspond pas à celui des aménagements. Enfin, le défaut de numérotation des axes rend le jalonnement incompréhensible.

J?en arrive maintenant au projet de localisation des stations vélos.

Je vais présenter ici le v?u que j?ai déposé et qui se rattache à ce projet de délibération.

Alors il est vrai que ce principe d?installation des stations de vélos en libre-service est une idée intéressante qui a fait ses preuves à Lyon.

Pour Paris, c?est une bonne opportunité d?assurer un service complémentaire à celui que nous proposent les transports collectifs et cela devrait également, je pense, permettre de faciliter les déplacements sur de petites distances.

En revanche, les modalités d?implantation de ces dispositifs méritent d?être précisées et concertées avec les élus des arrondissements concernés.

En effet, vous prévoyez, Madame la Maire, d?implanter pour l?été 2007 270 stations représentant 3.000 vélos. Ce premier dispositif ayant vocation à être complété à l?automne par une deuxième tranche permettant la mise en place de 600 stations et donc de 6.600 vélos.

Au-delà du service qu?il apportera aux Parisiens, ce nouveau dispositif aura un impact évident sur le paysage urbain compte tenu de son encombrement visuel, en particulier sur les sites historiques. Ce nouveau mobilier aura également un impact sur l?occupation de la voirie parisienne. En effet, l?étude de localisation des stations de vélos en libre-service, éditée par l?A.P.U.R. en septembre 2006 et d?ailleurs qui fait l?objet de la subvention, nous apprend que les stations seront souvent implantées à la place du stationnement de voitures ou de livraisons. Ces stations pourront avoir une longueur oscillant entre 15 et 20 mètres et parfois même 25 mètres, c?est-à-dire une suppression entre 3 et 5 places de stationnement.

Ce sont donc 1.600 places de stationnement de surface qui seront encore supprimées, si j?en crois les chiffres qui nous ont été communiqués en 3e Commission, pour permettre l?installation de ce nouveau mobilier.

Ces suppressions viendront s?ajouter aux 3.588 places de stationnement de surface qui ont déjà disparu dans le cadre de la première phase de la mise aux normes pompier, sans parler des centaines de suppressions liées à l?implantation des couloirs de vélo et de bus et aux modifications de voirie engagées depuis le début de la mandature.

Ces nouvelles contraintes vont donc encore pénaliser les Parisiens qui rencontrent de plus en plus de difficultés pour trouver des places de stationnement. Ils sont contraints de tourner pendant un temps fou pour trouver un emplacement, ce qui génère plus de pollution, plus d?exaspération et désormais un vif mécontentement.

Ce nouveau plan de suppression de places de stationnement laissant présager de nouvelles perturbations qui auront, en particulier, un impact sur le commerce et sur le stationnement résidentiel, nous vous demandons, Madame la Maire, que les lieux d?implantation des stations de vélos en libre-service fassent l?objet d?une concertation avec chacun des arrondissements concernés par ce plan.

J?ai bien noté également que vous envisagez d?organiser une commission extra municipale des déplacements prochainement. Vous nous en avez informés aujourd?hui. C?est une bonne chose, certes, mais je crois que la concertation doit être très approfondie avec chacun des arrondissements.

Merci, Madame la Maire.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Madame.

Donc, je vais donner la parole à M. BAUPIN pour vous répondre.

M. Denis BAUPIN, adjoint, au nom de la 3e Commission. Merci, Madame la Maire.

Je vais commencer par répondre à Mme DOUVIN par l?intermédiaire de Mme CLERMONT-TONNERRE.

En matière d?incohérence, elle est particulièrement bien placée pour nous donner des leçons puisqu?elle se bat systématiquement contre tous les aménagements cyclables, contre la politique vélo de la municipalité et en même temps se plaint soi-disant qu?il n?y aurait pas beaucoup de cyclistes, c?est au moins un élément d?incohérence qui caractéristique l?ensemble des interventions, d?ailleurs pas que d?elle mais de l?ensemble du groupe U.M.P., en ce qui concerne les politiques de déplacement. Mais cela fait 5 ans que cela dure et donc on en a pris l?habitude.

Juste quelques éléments factuels. La méthode de comptage qu?elle critique est celle que nous n?avons pas modifiée et qui était en place depuis maintenant de nombreuses années et bien avant notre arrivée, donc elle aurait été plus cohérente de la critiquer lorsqu?elle a été mise en place. L?augmentation est dite microscopique : 48 % non pas depuis 1997 mais 48 % depuis 2001. Chacun pourra considérer et comparer.

J?attends de voir quels autres chiffres Mme DOUVIN serait capable de nous proposer d?une augmentation qui serait plus rapide dans d?autres villes qu?elle considérerait comme étant meilleures que nous et ayant une politique plus efficace du développement du vélo. Donc comparaison sur 5 ans, plus 48 %. J?attends les éléments de réponse.

En ce qui concerne votre intervention, Madame de CLERMONT-TONNERRE, j?ai bien noté les éléments que vous avez indiqués en faveur de dispositifs de vélos en libre-service.

Vous avez évoqué les difficultés des automobilistes. Vous avez dit, quand vous vouliez parler des automobilistes, ?les Parisiens? comme si l?ensemble des Parisiens se considérait automobiliste. Ce qui est évidemment l?habitude faite par votre groupe de considérer que ne sont considérables comme intéressants que les automobilistes. Donc ce sont les seuls qui méritent?

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Si, si, quand on dit ?les Parisiens ont des difficultés pour stationner?, c?est donc qu?on considère que ceux qui n?ont pas de voiture et qui n?ont pas difficulté ne doivent pas être des Parisiens. Cette généralisation globale est une habitude de langage qui a été prise par tous ceux qui considèrent l?automobile comme le seul moyen de déplacement, en tout cas le moyen de déplacement de référence.

Donc j?espère que les Parisiens seront heureux d?avoir des vélos en libre-service, peut-être moins les automobilistes mais en tout cas les autres qui sont quand même la grande majorité et qui méritent qu?on puisse les considérer eux aussi.

En tout état de cause par rapport à votre v?u, je donnerai un avis favorable pour cette concertation avec les arrondissements sur les lieux d?implantation, évidemment dans le respect de la logique globale de mise en place du dispositif et dans les délais nécessaires. Il ne s?agit pas, évidemment, au travers de cette concertation, de faire en sorte qu?un projet global municipal puisse être remis en question par les mairies d?arrondissement qui n?y sont pas favorables. C?est un projet parisien.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Monsieur BAUPIN.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P., assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2006, V. 430).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 217.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DVD 217).