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Decembre 2006
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Conseil Municipal
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2006, DF 77 - Autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un avenant à la convention de concession datée du 6 décembre 1995 modifiant le périmètre de la délégation de service public du Jardin d’Acclimatation (16e). 2006, DF - DU 79 - Convention donnant droit à l’occupation d’une parcelle appartenant au domaine public municipal située avenue du Mahatma Gandhi, en bordure du Jardin d’Acclimatation (16e) pour l’implantation de la “Fondation d’entreprise Louis Vuitton pour la création”. Vœux déposés par le groupe U.M.P. Vœu déposé par le groupe “Les Verts”. Vœu déposé par l’Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2006


 

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Mes chers collègues, je vous propose d?examiner conjointement deux projets de délibération DF 77 et DF - DU 79 concernant tous les deux l?implantation de la Fondation Louis Vuitton dans le Jardin d?acclimatation.

Quatre v?ux ont été déposés sur ces projets de délibération par les groupes U.M.P., ?Les Verts? et l?Exécutif : les v?ux nos 98, 98 bis, 99 et 100.

Nous avons beaucoup d?inscrits à qui je demande de faire effort de concision.

Vous avez la parole, Madame DREYFUSS.

Melle Laurence DREYFUSS. - Ce projet est directement lié à la création de la Fondation d?entreprise Louis Vuitton pour la création. Il s?agit d?une ?uvre architecturale majeure et tout le monde s?accorde sur sa réalisation. Un accord quasi unanime n?est pas si courant et mérite donc d?être souligné.

En revanche, le golf miniature situé au Jardin d?Acclimatation a ses adeptes et sa suppression risque de pénaliser un certain nombre d?usagers du jardin. Il n?existe pas d?autres golfs miniatures à Paris.

Ceci nous a conduit à voter à l?unanimité un v?u au conseil du 16e arrondissement dont je vais vous donner lecture :

?Considérant le projet de délibération DU - DF 77 concernant la convention de concession modifiant le périmètre, considérant que dans la convention initialement signée il est inclus un golf miniature ouvert à tous les usagers du Jardin d?Acclimatation, considérant l?avantage que procure ce golf miniature, considérant que ce v?u a été adopté à l?unanimité lors du conseil du 16e arrondissement qui s?est tenu le 27 novembre, le groupe U.M.P. émet le v?u que le golf miniature retrouve sa place dans l?enceinte du jardin d?acclimatation?.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - La parole est à Mme CAPELLE.

Mme Liliane CAPELLE. - A plusieurs reprises, les années précédentes, les élus du M.R.C. avaient attiré l?attention sur la nécessité de moderniser et de dynamiser le Jardin d?Acclimatation dont il nous paraissait qu?il perdait en attractivité.

Il nous semble que cet objectif est pris en compte par le projet que présente le groupe L.V.M.H. Je rappelle que le concessionnaire doit faire attention à l?évolution des tarifs. La hausse est certes modérée, le prix des attractions est certes bloqué depuis 2004, mais le Jardin d?Acclimatation reste cher et il doit demeurer accessible à tous les Parisiens, comme à tous les Franciliens.

Regardons maintenant le projet de la fondation Louis Vuitton pour la création. C?est un bon projet, incontestablement, qui est architecturalement réussi et qui démontre que le mécénat d?entreprise a son utilité dans le domaine culturel, dès lors qu?il est délibérément tourné vers la création et le rayonnement de la culture française.

On doit également remarquer l?effort qui a été consenti par le groupe pour inscrire sa démarche dans le cadre d?une recherche de la haute qualité environnementale.

Il me semble surtout que ce projet va dans le sens des intérêts à long terme des Parisiens et de la Ville puisque dans cinquante ans le bâtiment redeviendra à la collectivité et s?ajoutera au patrimoine municipal qui se trouvera ainsi valorisé.

Il faut souhaiter d?une part que le bâtiment original réalisé par Franck GEHRY devienne un des endroits phares de la vie culturelle parisienne et, d?autre part, qu?il contribue à impulser une synergie qui profitera à la fréquentation du Jardin d?Acclimatation et du bois de Boulogne.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. Monsieur COMBROUZE, vous avez la parole.

M. Francis COMBROUZE. - Les objectifs poursuivis par ce projet, d?une part une politique de création et, d?autre part, un encouragement à l?exposition de l?art contemporain nous semblent louables.

Nous avons fait observer lors de la réunion de travail que nous avons tenue avec le promoteur de ce projet que les qualités paysagères étaient reprises et qu?il ne s?agissait pas simplement de construire un nouveau bâtiment, mais aussi de reprendre toute une série d?endroits et de parcelles du parc, ce qui nous semble intéressant.

Deux questions se posent. Celle du financement, tout d?abord. Il est bien que la Ville recoive la propriété de ce bâtiment au bout d?une cinquantaine d?années, tel que le prévoit l?acte de convention, mais nous avons compris également que le plan de financement pour environ une centaine de millions d?euros, apport privé, requiert de l?emprunt ou de l?apport ou de l?autofinancement, mais en tout cas que les partenaires devront financer ce projet et ce n?est bien sûr pas les recettes du jardin, puisque les tarifs ont également fait l?objet d?une convention avec la Ville, qui pourront financer en quoi que ce soit cette centaine de millions d?euros.

Le deuxième problème de moyens porte sur les transports. L?emplacement au sud dans le jardin représente bien sûr un éloignement encore plus considérable avec la ligne 1. De ce point de vue, si un moyen quelconque de transport pouvait être financé ou cofinancé - car il est peut-être logique que le S.T.I.F. ne décide pas de financer l?intégralité de cette navette - en vue de desservir cet équipement qui va a priori appeler une fréquentation importante, que nous souhaitons, ce serait bien.

Dernier mot, nous avons vu, lors de la réunion de travail, que certains collègues, pas élus dans le 16e arrondissement, c?est vrai, et pas élus de Neuilly auraient souhaité que cet équipement soit implanté ailleurs. Pour des raisons culturelles, je crois que c?est un peu sine qua non. Le projet de Louis VUITTON est prévu à cet endroit, au Jardin d?Acclimatation. Ce n?est pas parce qu?il est là qu?on va le refuser, même si des équipements culturels importants sont faits dans le 19e arrondissement, dans le 18e arrondissement ou dans le 13e arrondissement. Nous n?allons pas nous en plaindre.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Mme DREYFUSS avait un mot à ajouter dans la mesure où il y a deux projets de délibération en discussion.

Melle Laurence DREYFUSS. - Concernant le projet de délibération suivant, le groupe U.M.P. souhaitait émettre le v?u que la Fondation d?entreprise Louis Vuitton pour la création soit desservie par une ligne de bus électrique.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présente. - La parole est à Mme Charlotte NENNER.

Melle Charlotte NENNER. - Je rappelle que ?Les Verts? sont attachés à la création architecturale la plus novatrice, non seulement pour préserver l?environnement, pour mieux loger ses occupants et ses visiteurs, mais aussi pour changer les formes urbaines vers plus de beauté et d?invention.

Voilà pourquoi nous sommes très enthousiastes lorsque nous voyons émerger des projets tels que celui imaginé par Franck GEHRY.

C?est un enthousiasme qui s?accompagne d?une question et d?une objection.

La question porte sur la façon dont sera prise en compte l?énergie dans ce bâtiment, nuage de verre, qu?il faudra bien chauffer et climatiser et sur lequel, à mon avis, il est important que l?on puisse apporter en tout cas des réponses qui prennent en compte le climat et le réchauffement climatique. Cela me paraît important de l?imaginer.

Là, je crois qu?on peut aussi libérer les énergies créatrices des architectes qui savent très bien aussi imaginer des bâtiments plus novateurs.

L?objection porte sur le lieu d?implantation de cette fondation. Jean-François BLET y reviendra longuement parce que nous avons déposé un voeu à ce sujet. Effectivement, on peut aussi se poser la question de l?emplacement dans le bois de Boulogne.

Evidemment, pourquoi toujours construire dans les bois ?

Un dernier point. Cet enthousiasme pour ce type de création architecturale doublé de cette objection fera que nous ne pouvons que nous abstenir, non pas sur le projet L.V.M.H. mais sur l?implantation elle-même. C?est bien cela qui pose problème, pas le bâtiment lui-même mais bien son implantation.

Le v?u n° 98 bis pose la question des transports et de la desserte de ce secteur. Effectivement, les transports publics sont complètement absents de la convention avec L.V.M.H. et il est important que nous puissions le rappeler.

Je rappelle quand même à ceux qui ne connaissent pas l?endroit que le jardin d?acclimatation est desservi par un petit train. Des navettes existent avec des rails. Une navette dessert le Jardin d?acclimatation depuis la Porte Maillot. Il est évident que ce petit train n?est pas vraiment à la hauteur d?une fondation L.V.M.H., nous sommes bien d?accord mais en attendant on peut imaginer utiliser les rails, pas forcément imaginer une navette de bus mais on peut tout à fait imaginer quelque chose de ferré pour desservir cet endroit.

En effet, le v?u n° 98 bis, et toutes les questions de transport public respectent la charte d?aménagement durable des bois, ce à quoi nous sommes évidemment favorables.

Pour la boutade, quand on voit le nombre de concessions existant dans le bois de Boulogne, on pourra l?appeler ?le bus du CAC 40? puisqu?il desservira Lagardère à la Croix-Catelan, Rothschild à l?hippodrome et enfin Arnault à L.V.M.H.

(Applaudissements sur les bancs des groupes ?Les Verts?, socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement républicain et citoyen).

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Je donne la parole à M. Jean-François BLET.

M. Jean-François BLET. - Madame la Maire, il y a 2 mois nous avons vu passer un nuage. Ce nuage dessiné par Franck GEHRY doit se poser dans le Jardin d?acclimatation du bois de Boulogne pour y accueillir la fondation d?art contemporain de Bernard ARNAULT, président du groupe de produits de luxe

L.V.M.H.

?Voilà un beau nuage?, nous sommes-nous dits. Peut-être pas le chef d?oeuvre de son illustre créateur. Un nuage en verre qui plus est, ce qui n?est pas très écologique mais un beau nuage tout de même. Pourquoi dissimuler sa satisfaction ? L?accouplement du public et du privé consommé depuis le début de la mandature va-t-il enfin produire un bel enfant ?

Oubliés l?ingrat mastodonte de l?hyper commercial de Beaugrenelle, l?interminable gestation du Carreau des Halles et l?érection contrariée de nouvelles tours.

Certes, nous nous réjouissons de cet avènement mais nous ne pouvons nous empêcher de ressentir une profonde tristesse face à la solitude future de ce bel enfant. En effet, si ce nuage est beau, pourquoi le cacher dans le bois de Boulogne à proximité de Neuilly la nantie ? Certes, les nurses anglaises pourront venir admirer ses charmes, mais tout de même.

Pour ?Les Verts?, cet isolement est un peu aberrant.

L?exemple du musée Guggenheim de Bilbao implanté sur une friche urbaine a prouvé qu?un équipement de prestige pouvait redonner vie aux territoires les plus ingrats. Pourquoi ne pas avoir suivi cet exemple ?

Les emprises à reconquérir ne manquent pas dans l?Est parisien.

Lors du débat sur les Magasins généraux d?Austerlitz, nous avions demandé qu?un nouveau concours international, permettant de donner libre cours à la créativité des paysagistes et architectes, soit organisé pour aménager sur le quai d?Austerlitz un espace paysagé ponctué d??uvres architecturales audacieuses et innovantes qui remplaceraient les bâtiments actuels.

Dans les considérants du v?u, nous écrivions que ce site exceptionnel en bord de Seine mériterait de faire l?objet d?une nouvelle consultation internationale qui permettrait à des architectures aussi novateurs que Franck GEHRY, Shigeru BAN, Tadao ANDO, Ukala TRAVA et bien d?autres, de donner libre cours à leur talent et à leur créativité.

Nous évoquions ainsi déjà la possibilité de voir une oeuvre majeure de Franck GEHRY réalisée à Paris. Ce voeu a pourtant été refusé. Cela est d?autant plus regrettable que nous avons appris il y a 15 jours, lors de la réunion de commission où le projet de Franck GEHRY fut présenté aux élus par L.V.M.H, que cela lui fut refusé. C?est une erreur monumentale.

Autre possibilité pour le projet de GEHRY de s?implanter dans l?Est parisien : les terrains des immondes entrepôts MacDonald.

En avril 2005, nous avions déposé un v?u au Conseil de Paris demandant qu?un projet à vocation artistique de dimension internationale puisse être mis en oeuvre à l?emplacement des entrepôts MacDonald. Nous avions même souhaité que la Fondation Pinaut refusée à Boulogne puisse y prendre place. Or, le voeu fut une nouvelle fois refusé et on nous rétorque aujourd?hui qu?il existe depuis 3 ans un projet sur ces anciens entrepôts, qui plus est que ce projet serait bien accepté par les riverains. De qui se moque-t-on ?

Premièrement, le projet qui existerait depuis 3 ans est le projet du ?Sapin Leclerc? qui donne des orientations d?aménagement et est donc, par conséquent, tout à fait susceptible d?évoluer. A tel point, et preuve en est, que le projet initial envisagé dans les bâtiments MacDonald restructurait un forum de l?environnement dont il n?est plus du tout question.

Deuxièmement, si le projet de Franck GEHRY était présenté aux Parisiens, nul doute qu?il rencontrerait davantage l?adhésion des riverains que le projet de restructuration actuelle qui prévoit d?octroyer près de la moitié des surfaces aux bureaux.

La vérité, Monsieur le Maire, c?est qu?on ne laisse pas le choix aux Parisiens. La vérité, c?est que l?on refuse de démonter le Mac Do pour de mesquines raisons financières et que l?on préfère se satisfaire d?une solution sans ambition urbanistique mais plus rentable à court terme.

Corsetée par le diktat de l?austérité budgétaire, Paris qui est une des villes les plus riches du monde doit ainsi se contenter d?un urbanisme petit bras dont la médiocrité architecturale serait cachée par le nuage de Franck GEHRY. Et cela ne devrait pas s?arranger si l?on en juge par l?obsession psycho maniaque d?imposer des tours que la majorité des Parisiens refuse. La médiocrité a encore de beaux jours devant elle.

Il est donc temps de réagir. Pour les Magasins généraux d?Austerlitz, le coup semble malheureusement parti. Pour les entrepôts MacDonald, nous pouvons encore changer notre fusil d?épaule.

D?où notre v?u demandant qu?un bâtiment emblématique à l?architecture innovante et ambitieuse, telle la Fondation d?art contemporain imaginée par Franck GEHRY, soit implanté à leur emplacement.

Sur la partie restante des terrains occupés par les entrepôts, un concours international d?architecture sera lancé afin de créer un cadre architectural et urbain de grande qualité. L?implantation d?un grand équipement de prestige qui soit l?emblème et la locomotive du Nord-est parisien et qui drainerait des centaines de milliers de visiteurs, plus d?un million à Bilbao, contrairement au futur auditorium dont la fréquentation restera limitée, marquerait un tournant dans l?aménagement parisien.

Monsieur le Maire, ce qui est possible dans une ville à la taille et à la richesse somme toute plus que modeste telle que Bilbao est impossible à Paris. Ce qui est possible à Paris, c?est le bidouillage, le tripatouillage kitsch de grandes boîtes à chaussures immondes tels les magasins d?Austerlitz et les entrepôts MacDonald.

?Paris, capitale du rafistolage?, quel titre de gloire !

Mais par-delà l?écrin translucide de GEHRY, nous nous réjouissons de la création d?une nouvelle fondation d?art contemporain à Paris. Puisse-t-elle impulser un rayonnement de l?art vivant afin que Paris redevienne un foyer international de créativité artistique.

(Applaudissements sur les bancs des groupes ?Les Verts?, socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement républicain et citoyen).

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Je donne la parole tout d?abord à M. Jean-Yves MANO.

M. Jean-Yves MANO, adjoint. - Très brièvement, Madame la Maire.

Je ne veux pas abuser mais il se trouve que nous avons une délibération importante pour Paris et je m?étonne que sur les bancs de notre Assemblée nous ne nous réjouissions pas de l?arrivée d?une fondation alors que dans une ville limitrophe on sait les conséquences négatives, pour l?image de cette ville, du transfert d?une fondation d?art moderne dans une autre ville importante d?Italie. Et au lieu de nous réjouir, nous n?entendons bien souvent que des critiques acerbes.

Paris mérite cette fondation. Le bois de Boulogne est un site près du Jardin d?acclimatation qui se prête totalement à l?implantation de cette structure qui au-delà de la fondation elle-même présente un projet architectural digne de Paris qui trouvera dans cet écrin de verdure, me semble-t-il, la totalité de son épanouissement.

Et je me réjouis pour ma part que ce projet soit dans le 16e arrondissement.

Voilà tout ce que je voulais dire sur le sujet.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Merci.

Je donne la parole à M. Christian SAUTTER.

M. Christian SAUTTER, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Une réponse miniature à Mme Laurence DREYFUSS qui s?inquiète de la disparition du golf miniature du Jardin d?acclimatation.

C?est effectivement un golf miniature par sa surface - 2.000 mètres carrés, ceci n?est pas étonnant - mais surtout par sa clientèle puisqu?il n?y a guère en moyenne plus de 15 personnes par jours qui jouent alors qu?il y a chaque jour plus de 4.000 visiteurs en moyenne.

Donc les passionnés du golf miniature pourront aller à l?Est, comme le souhaite M. Jean-François BLET, pour jouer au golf miniature dans le Parc floral de Vincennes. Sinon la société ?Le Jardin d?acclimatation? souhaite développer des activités ludiques et sportives gratuites, et je pense que nous y sommes tous sensibles, davantage orientées vers le public actuel.

Je rappelle à Mme DREYFUSS qu?il y a un centre d?initiation et d?entraînement au golf, géré par la société ?Golf du Jardin?, qui rencontre un grand succès.

Au nom de l?Exécutif, je recommanderais un avis défavorable au v?u n° 98.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - M. CAFFET a la parole.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Si j?ai bien compris, il me revient de répondre à mon collègue Jean-François BLET.

C?est un peu ma destinée? c?est un peu mon plaisir également !

(Rires dans l?hémicycle).

Tout va bien !

C?est avec un immense plaisir que je vais m?efforcer de répondre à mon collègue Jean-François BLET? tellement son propos est outrancier.

Vous savez, Monsieur BLET, à force d?être outrancier, on en devient pathétique !

Je veux bien qu?on ne laisse pas le choix aux Parisiens. Ce que vous pensez ou plutôt ce que je perçois que vous pensez, c?est que malheureusement on n?a pas laissé le choix à Jean-François BLET parce que lui, il aurait fait un choix autre, dont je vais m?efforcer de démontrer que, peut-être, il ne correspond finalement pas à la meilleure insertion de ce bâtiment.

Je passe quand même sur les appréciations? ?outrancières? - qui est d?ailleurs un faible mot -? que vous avez portées sur ?l?urbanisme à petits bras? et puis, surtout, sur la manière dont vous traitez un certain nombre d?architectes dont certains de renom, internationalement reconnus, qui font pratiquement l?unanimité dans la profession, si tant est qu?il puisse y avoir une unanimité dans la profession ! C?est rare, c?est vrai, mais il y a quand même un certain nombre de valeurs qui s?affirment.

Très franchement, je suis choqué que vous puissiez qualifier le projet des architectes Jakob et Mac Farlane, sur les Docks de Seine, d?un rhabillage de boîte à chaussures ! Y compris la presse professionnelle a reconnu que ce projet était un projet de qualité. Mais évidemment, il ne convient pas à Jean-François BLET dont chacun sait qu?il a une audience tout à fait considérable dans ces milieux et qu?il les influence tout particulièrement !

J?en reviens au sujet qui nous occupe, à savoir la localisation de cette Fondation L.V.M.H. J?ai regardé ce v?u proposé par Jean-François BLET.

Comme vous le savez, tout voeu proposé par Jean-François BLET, je l?examine à la loupe? j?essaie de regarder si véritablement je ne peux pas lui donner satisfaction !

J?ai regardé précisément si le bâtiment, le ?nuage?, comme l?appelle Jean-François BLET, pouvait rentrer dans l?emprise du bâtiment MacDonald, immonde, peut-être. J?ai donc commencé par un travail de base, à savoir prendre les dimensions du bâtiment de Franck GEHRY.

Et le bâtiment de Franck GEHRY, le ?nuage?, il fait 100 mètres de long à peu près sur 45 mètres de large. Je me suis dit : ?Comment ça rentre ?? J?ai regardé la largeur de l?emprise du bâtiment MacDonald qui est de 70 mètres.

70 mètres qui sont totalement bordés au Sud par des voies ferrées - deux réseaux ferrés se croisent d?ailleurs -, et au Nord par le boulevard MacDonald qui doit faire environ 25 mètres de large.

Je me suis dit : ?Essayons d?imaginer que ce bâtiment s?implante là.? 70 moins 45, cela fait 25. D?un côté, il y aurait donc 15 mètres et de l?autre côté 10. J?ai essayé d?imaginer ce nuage à 15 mètres de voies ferrées et à 10 mètres du boulevard MacDonald.

Sur le boulevard MacDonald, qu?y a-t-il ?

Il y a le projet Claude Bernard dont nous avons discuté tout à l?heure, à savoir un front bâti de logements et, à côté, il y a un grand parc immobilier de la S.A.G.I de plusieurs centaines de logements sociaux. J?ai donc imaginé ce ?nuage? situé entre des voies ferrées et un boulevard urbain et, surtout, en vis-à-vis, un front bâti de logements à 30 ou 35 mètres au maximum. Ainsi se feraient face un bâtiment de 48 mètres de haut, puisque, il faut bien le dire, ce nuage dépasse le plafond des hauteurs parisien et des logements. Mais heureusement il n?y a pas de plafond des hauteurs dans les bois ! C?est un nuage !

Tout bien réfléchi, je me suis dit que, finalement, peut-être que l?idée de Jean-François BLET n?était pas forcément une bonne idée, ou plutôt que c?était une fausse bonne idée. Là où il sera situé, ce nuage dans un écrin de verdure, loin de toute habitation, la plus proche se trouvant à 200 mètres, est quand même une marque de respect vis-à-vis d?habitants. Je m?interrogeais sur l?ensoleillement des logements, s?il avait été implanté là où M. Jean-François BLET nous recommandait de l?implanter.

Mais ce n?est pas tout !

Le bâtiment MacDonald, on peut le caractériser d?immonde, on peut avoir l?appréciation que l?on veut sur lui. Mais sur ce bâtiment, quand même, il existe un projet qui a été discuté en concertation depuis environ deux ans et demi, et dans lequel 72.000 mètres carrés de logements sont prévus, soit environ un millier de logements, ainsi que des équipements, des activités et des commerces. Il a été discuté, soumis à concertation, avec plusieurs options : est-ce qu?on le conserve dans son intégralité ? Est-ce qu?on le fractionne ?

La solution retenue est qu?on le fractionne pour permettre le passage du tramway Nord de manière à réaliser une jonction avec la gare Eole Evangile.

Il y a donc un projet, il existe, il a été discuté, présenté et je considère que, dans le cadre de la concertation, la programmation de ce bâtiment est quelque chose de pratiquement acquise maintenant.

Avant-dernier élément : récemment est intervenu un fait nouveau, à savoir que ce bâtiment a été acheté par un groupement constitué par la Caisse des dépôts, ICADE et la SEMAVIP, qui participe à hauteur de 20 %, pour pouvoir mener à bien le projet conçu par la Ville.

Dernier argument : je comprends que l?on puisse dire que le 19e mériterait lui aussi un nuage tel que l?a dessiné Franck GEHRY. Ce que je comprends beaucoup plus mal, c?est que l?on dise que le 19e est complètement abandonné. On a quand même le musée des Sciences de la Villette, la Cité de la Musique, le 104 rue d?Aubervilliers lancé par la Municipalité et, au mois de janvier, sera lancé le concours sur l?auditorium qui sera la grande salle symphonique de Paris et qui aura un rayonnement qui dépassera les frontières de Paris, les frontières de la Région? et qui aura vraisemblablement un rayonnement national, sinon encore plus large.

L?argument de l?abandon du 19e arrondissement, y compris sur le plan culturel d?ailleurs, me semble difficilement recevable par rapport à des arrondissements voisins. Pour l?ensemble de ce que je viens de dire, et cette localisation ne semblant pas la plus adéquate pour cette fondation, je demande à Jean-François BLET de retirer son v?u. S?il n?en est pas d?accord, j?émettrai évidemment un avis défavorable au nom de l?Exécutif.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - La parole est à M. CONTASSOT.

M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Je voudrais répondre à la fois sur les déplacements et le bâtiment lui-même.

S?agissant des déplacements, plusieurs orateurs l?ont souligné, il y a une vraie difficulté d?accès, compte tenu de l?absence de transport en commun dans ce secteur du bois, de la fréquentation probable de ce lieu, et je dirais même de la fréquentation déjà existante du Jardin d?acclimatation. Il suffit de se rendre dans cette partie du parc durant le week-end notamment pour voir à quel point c?est un immense parking envahi de voitures. On a donc une obligation de trouver des moyens de déplacement alternatifs à la voiture.

Il y a eu plusieurs engagements lors des renouvellements des dernières concessions dans les bois, qu?il s?agisse de la concession dite du Racing, où il y a eu un engagement des repreneurs de participer à la mise en place de transports collectifs alternatifs à la voiture. L.V.M.H. s?engage également.

Il y a donc une obligation de mon point de vue et du point de vue de l?Exécutif d?une coordination pour qu?il y ait un circuit organisé dans les bois, financé par les concessionnaires, et en aucun cas par le S.T.I.F. Ce n?est pas au S.T.I.F. mais au concessionnaire de payer intégralement la mise en place de ces dessertes.

C?est le sens du voeu de substitution au v?u n° 100 qui a été présenté par le groupe U.M.P., que dans les prochaines réunions des concessionnaires, si possible, dès la saison 2007, même si l?implantation de la fondation L.V.M.H. n?est pas pour cette année, il y ait le plus rapidement possible la mise en place de navettes recourant, je le dis pour Mme NENNER, aux solutions techniques les plus propres possible. Certes, il y a la voie ferrée mais qui ne dessert que le Jardin d?acclimatation, l?objectif étant d?aller bien au-delà de celui-ci.

Nous regarderons quels sont les moyens au regard des fréquentations mais il est évident que ce système de voie ferrée, il faudrait le revoir aussi parce que pour l?instant ce n?est pas une motorisation très propre qui tire le petit train. Je le rappelle et nous regarderons cela.

Sur le bâtiment lui-même, ma règle de conduite est simple : nous avons un cahier des recommandations environnementales pour Paris et il doit s?appliquer à ce bâtiment comme aux autres. L?objectif est de voir rapidement avec les promoteurs du projet comment ils entendent respecter le cahier des recommandations environnementales.

Des réunions sont prévues et à cet égard, ce ne sont pas les matériaux qui m?importent car aujourd?hui, avec le verre comme avec d?autres matériaux, on sait arriver à des niveaux de consommation énergétique extrêmement bas. Tout dépend évidemment des techniques que l?on utilise. L?objectif est bien celui-ci et je ne désespère pas d?y arriver.

Je propose à l?U.M.P. de retirer le v?u n° 100 au profit du voeu n° 100 bis de l?Exécutif. Sinon, je proposerais un avis négatif à ce voeu.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Une explication de vote est demandée par le groupe communiste.

La parole est à M. COMBROUZE.

M. Francis COMBROUZE. - Merci, Madame la Présidente.

Deux observations pour faire suite aux débats et à nos premières observations. Premièrement, et malheureusement c?est assez habituel, mais entendre parler de Mme JACOB et de M. MACFARLEN comme des espèces de saboteurs de projet, pour nous qui portons le projet de réhabilitation des magasins généraux dans le 13e arrondissement, c?est un peu pénible mais ce n?est pas très grave.

Quant à la psychomanie sur les auteurs, je crois que lorsqu?il y a un débat, notamment dans le cadre du P.L.U., le mieux est de ne pas se traiter de psychomaniaques, parce qu?il y a certainement des maniaques mais c?est un emploi un peu difficile au plan psychiatrique à établir.

Deuxièmement, s?agissant des concessions, je crois que nous adhérons parfaitement à l?idée d?une mutualisation de la dépense et nous voulions assurer que ce n?était pas a priori au S.T.I.F. de payer ce service. En revanche, pour l?exploitation, nous encouragerions vivement que cette concession soit donnée à la R.A.T.P., c?est-à-dire que comme dans beaucoup d?autres endroits à Paris, nous ne sommes pas indifférents à la question de l?ouverture à la concurrence des transports en commun à Paris.

Nous sommes à Paris. Nous sommes une majorité attachée au service public. Il serait donc bon, comme cela se pratique dans beaucoup d?autres endroits, que la R.A.T.P. effectue la navette. Je pense par exemple au Parc du Millénaire à la porte d?Aubervilliers où la R.A.T.P. est le transporteur choisi par les concessionnaires du site.

Quant à la question culturelle, je dois dire qu?on n?a pas entendu grand-chose sur le type d?activité de la fondation. Naturellement il est question de collections d?art contemporain mais nous ne sommes pas non plus indifférents au type de manifestations. Je crois que là aussi nous devrons avancer avec le promoteur de ce projet. Quant à Franck GEHRY, j?invite tout le monde à aller voir la cinémathèque, qui est bien accueillie dans le 12e arrondissement avec une très belle reprise d?un bâtiment qui était plutôt mal parti.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. Monsieur DUTREY, vous avez la parole.

M. René DUTREY. - Je voudrais vraiment me féliciter que nous ayons réussi avant la fin de la mandature à proposer et à présenter un geste architectural, en fait quelque chose de très beau, et je l?espère, qui sera très réussi. C?est pour le projet.

Sur le contenu, l?art contemporain à Paris, il était impératif d?offrir de nouveaux équipements. Pour cette forme d?art, beaucoup de travail reste encore à réaliser.

Sur la localisation, je n?emploierai aucun mot ni pathétique ni excessif, mais je remarque juste qu?il y a quelque chose qui rassemble notre majorité : le rééquilibrage à l?Est parisien. Le lundi, nous sommes tous pour le rééquilibrage à l?Est parisien et le mardi, nous arrivons sur ce projet et d?un seul coup une partie de la majorité se positionne pour une concentration à l?Ouest parisien. Je n?emploierai aucun adjectif mais j?y vois une certaine incohérence en tout cas.

Un petit point sur la navette : bien sûr, j?espère que la navette dépendra du service public de la R.A.T.P. J?espère que les adhérents de la Croix Catelan qui paieront plusieurs milliers d?euros auront une carte Navigo intégrée dans leur abonnement, qu?ils pourront poser sur le devant de leurs 4x4 concentrés autour de la Croix-Catelan ! Je trouve l?intention du P.C. et ce combat effectivement important : la R.A.T.P. pour desservir la Croix-Catelan, cela apparaît d?une logique absolue !

Sinon, sur l?ensemble, le groupe ?Les Verts? s?abstiendra par reconnaissance de la qualité de ce projet architectural et par regret qu?il n?ait pu s?intégrer dans le cadre de la politique qui nous rassemble tous de rééquilibrage vers l?Est parisien.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - M. BLOCHE a la parole.

M. Patrick BLOCHE. - Je réagis assez spontanément à ce que vient de dire le président du groupe ?Les Verts? parce que je ne voudrais pas engager un dialogue avec lui, même si ce sont toujours des dialogues intéressants et fructueux, mais je ne vois pas en quoi il y a une remise en cause du rééquilibrage à l?Est de Paris. J?essaie d?avoir à l?esprit la carte des équipements culturels, et notamment ceux portés par la Municipalité.

Dans le cadre du projet qui nous intéresse, c?est une autre démarche et d?autres financements, nous le savons. Mais le 104 rue d?Aubervilliers, la Maison des Métallos que nous inaugurerons bientôt, c?est à l?Est de Paris. Le Louxor, ce sera sans doute plus tard, c?est plutôt au Nord. Au Centre, plutôt Centre-Est, nous aurons la Gaîté lyrique et puis il y a ce beau projet d?auditorium, porté à la fois par l?Etat, la Ville et la Région, dans un financement qui amène l?Etat et la Ville à participer chacun à hauteur de 45 % et la Région à hauteur de 10 % et dont l?implantation aura lieu sur le site de la Villette.

On se retrouve avec un Est et même, oserais-je dire, un Nord-Est parisien qui progressivement, et de façon concomitante dans le temps avec le projet que nous évoquons à l?Ouest à travers ce projet de délibération, vont bénéficier d?un rééquilibrage.

Notamment pour le projet de l?auditorium, le concours d?architecture a été lancé, et en l?occurrence tout l?enjeu est d?avoir sur cet emplacement un objectif en termes architectural qui soit aussi ambitieux que le projet de Franck GEHRY dans le bois de Boulogne.

C?est pour cela que je voulais très amicalement et sans polémique, bien sûr, simplement réagir et dire un peu comment je voyais les choses dans mon esprit.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Merci.

Vous souhaitiez, Madame DREYFUSS, une explication de vote ?

Melle Laurence DREYFUSS. - S?agissant du v?u n° 100 bis de l?Exécutif, au sujet de la réunion regroupant l?ensemble des concessionnaires, j?ai bien compris que c?était une réunion technique mais je souhaiterais que chaque groupe politique du Conseil de Paris y soit représenté. Ainsi que la mairie du 16e arrondissement, bien sûr. Et cela va mieux en l?écrivant qu?en le disant.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. Monsieur CONTASSOT ?

M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Sur les bois, il y a une instance de concertation. Je ne souhaite pas qu?on la dénature et la mairie du 16e arrondissement participe à cette instance de concertation sur le bois de Boulogne. Donc, elle y sera associée dans le cadre de l?instance ad hoc.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Nous allons donc pouvoir procéder au vote.

D?abord, je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 98, déposée par le groupe U.M.P., assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 99, déposée par le groupe ?Les Verts?, assortie d?un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

En réponse au v?u référencé n° 100 dans le fascicule, l?Exécutif a déposé le v?u référencé n° 100 bis. Le v?u n° 100 est-il maintenu ou retiré ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Nous retirons le v?u n° 100. Nous acceptons la substitution du v?u n° 100 bis à condition que le groupe de travail puisse être ouvert, selon des modalités qu?il reste à définir. Dans ces conditions, nous l?acceptons et nous nous rallions au v?u n° 100 bis.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Vous avez eu la réponse de la part de M. CONTASSOT.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2006, V. 411).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DF - DU 79.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

e projet de délibération est adopté. (2006, DF - DU 79).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DF 77.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DF 77).

Je vous remercie.