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Decembre 2006
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Conseil Municipal
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Discussion budgétaire commune Ville et Département (suite du débat).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2006


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, dans cette séance passionnante, nous allons maintenant passer aux brèves explications de vote, cinq minutes par groupe, puis au vote du budget lui-même.

Je donne d?abord la parole au Président Georges SARRE.

M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement républicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire. Bonjour, chers collègues.

Les élus du groupe M.R.C. voteront avec confiance ce budget qui est à la fois, il faut en féliciter Christian SAUTTER?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui.

M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement républicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - Oui, c?est ce que je fais, d?ailleurs.

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?était pour vous accompagner.

M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement républicain et citoyen, maire du 11e arrondissement. - ? sincère, ambitieux et en phase avec les aspirations des Parisiens, dans un contexte global difficile, marqué notamment par des transferts de compétence venant de l?Etat qui grèvent le budget municipal, alors même que sa dotation reste très stable. La Municipalité garde le cap fixé dans le contrat de mandature, en 2001.

Elle continue à privilégier l?investissement et le développement économique, sans pour autant faire exploser la fiscalité locale qui reste, à Paris, très modérée, ce qui concourt à faire de notre ville une capitale attractive en Europe pour les entreprises et donc l?emploi et nous nous réjouissons des efforts en faveur du logement social, du logement social de fait et de la lutte contre les ventes à la découpe.

Il était aussi nécessaire de renforcer les effectifs des services publics, crèches, bibliothèques, jardins, et d?améliorer la propreté de Paris. Ce sera fait.

Nous apprécions ce budget qui n?est ni aventuriste ni immobiliste. La Municipalité a su tirer parti d?une conjoncture porteuse en matière de rentrée de droits de mutation, sans céder à la tentation du tout bureau qui avait valu quelques retournements de fortune désagréables à la Municipalité antérieure et qui n?allait pas dans le sens de l?intérêt des Parisiens.

Elle a géré au plus près les dépenses de fonctionnement, vendu des biens manifestement inutiles, valorisé intelligemment les concessions et le domaine.

Nous sommes pour une gestion saine et ambitieuse, mais pas pour une politique de rigueur ni pour le choix de priorités qui reviendraient à figer Paris.

Ce budget, comme le précédent de la mandature, a été élaboré dans la concertation. Nous travaillons depuis six ans dans un état d?esprit de dialogue et de transparence.

Les mairies d?arrondissement, en particulier, ont plus de moyens, les moyens de leur action, et elles sont devenues un réel acteur de la politique municipale, un échelon réel de décision.

Enfin et c?est fondamental, ce budget n?est pas un catalogue de priorités. Il traduit un projet global pour Paris, fondé sur une solidarité active en faveur des Parisiens, une politique ambitieuse de développement économique et un volontarisme de l?action publique.

Les engagements pris devant les Parisiens ont été tenus. De nombreux projets annoncés sont bouclés. Il reste maintenant à projeter Paris dans l?avenir en lançant les bases d?une nouvelle phase de l?action municipale.

La politique municipale à Paris, mes chers collègues, honore la vie publique. Etre élu signifie servir l?intérêt général, le bien public, répondre aux attentes et aux aspirations des Parisiennes et des Parisiens. La majorité municipale fait beaucoup d?efforts et cette mandature est positive. Le bon bilan sera au rendez-vous.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement républicain et citoyen, socialiste et radical de gauche, communiste et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est moi qui vous remercie.

La parole est au président Patrick BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Comme nous nous sommes longuement exprimé les uns et les autres, là je fais référence aux élus du groupe socialiste et radical de gauche, hier dans la discussion budgétaire, je ne reviendrai pas, en 5 minutes, sur toutes les excellentes raisons qui nous amènent et qui nous amèneront, dans quelques instants, à voter avec enthousiasme et fierté ce budget pour 2007.

Je ne reviens pas sur la gestion financière, ô combien sage et sincère, des recettes de la Ville, sur l?engagement tenu durant toute la mandature de la stabilisation des taux de fiscalité quels qu?ils soient, qu?il s?agisse de la taxe d?habitation bien sûr mais aussi de la taxe foncière et de la taxe professionnelle pour le dynamisme économique de notre Ville. Je ne reviens pas non plus sur la rationalisation des dépenses de fonctionnement ou de la gestion du patrimoine.

Je rappelle néanmoins le v?u du groupe socialiste que nous voterons tout à l?heure qui interpelle, plus que jamais, l?Etat, qui, je le dis et je le rappelle encore ce matin avec force, doit la coquette somme de 250 millions d?euros à Paris.

Nous sommes donc amenés à nous prononcer sur un budget de la Ville et un budget du Département tournés l?un et l?autre vers l?avenir, en ce qui concerne la solidarité, le logement, les transports collectifs, la propreté et bien sûr, avec cet effort considérable en matière d?investissement, nous avons donc un budget tonique, maîtrisé et sincère. Le meilleur exemple de cette sincérité est incontestablement ce que Christian SAUTTER nous a proposé en ce qui concerne l?inscription dans ce budget primitif d?une somme raisonnable, d?une somme prudente concernant les rentrées potentielles en matière de droits de mutation pour l?année 2007.

A partir de là, je ferai peut-être référence très rapidement aux v?ux et amendements auxquels l?Exécutif a donné suite et que notre groupe a déposés. Je voudrais, en l?occurrence, remercier tout à la fois Christian SAUTTER et François DAGNAUD de l?accueil positif qu?ils ont fait à un certain nombre de v?ux et amendements du groupe socialiste et radical de gauche concernant l?emploi à la Ville de Paris. Notamment, je ferai référence aux 50 postes supplémentaires au titre de la résorption de l?emploi précaire. C?est un effort de longue durée qui se trouve amplifié. Le groupe socialiste et radical de gauche en est particulièrement satisfait.

Nous remercions également l?Exécutif d?avoir accédé à nos demandes concernant les 10 postes que nous avions souhaités pour les bibliothèques et également les 30 postes concernant la petite enfance.

De la même façon, nous sommes heureux que soit pris en compte le problème spécifique des emplois jeunes d?assistants conseil de quartier qui continuent à être remplacés, comme c?est le cas dans ce projet de budget, par des emplois pérennes. A été retenue la perspective d?avoir un assistant dans les arrondissement 1 à 10 et deux assistants dans les arrondissements 11 à 20 au cours de l?année 2007. Nous reviendrons sur ce sujet et ses implications budgétaires lors du vote du budget supplémentaire.

De la même façon, nous sommes particulièrement heureux que l?Exécutif nous propose un amendement visant à abonder l?enveloppe des aides et allocations de 1,3 million d?euros afin de fixer à 1.300 euros, ce qui est un effort tout à fait significatif, le montant plafond des revenus mensuels déclarés permettant l?accès à l?allocation logement familles monoparentales.

Nous nous réjouissons aussi de la création de 5 postes d?adjoints administratifs affectés dans les sections à la mise en ?uvre de la nouvelle prestation Paris solidarité énergie. Je fais référence très directement aux crédits dont bénéficiera le Centre d?action sociale de la Ville de Paris.

Un dernier mot avant de conclure avec votre permission, Monsieur le Maire, pour faire référence à ce v?u important que l?Exécutif nous propose sur le logement et qui permettra donc d?atteindre en 2007 la somme totale de 210 millions d?euros tirée des recettes de mutations principalement et destinée à doter le compte foncier de la Ville.

Nous nous félicitons de l?équilibre qui a été trouvé pour à la fois, bien sûr, préserver le logement social de fait et notamment les 55.000 logements identifiés, mais aussi - 110 millions d?euros y sont consacrés - pour accroître la part de logement social dans les arrondissements déficitaires. Nous nous félicitons que la majorité municipale, dans son ensemble, là je fais référence aux 4 groupes, ait souhaité maintenir ce rééquilibrage, vers le centre et l?ouest de Paris, de la création de logements sociaux.

Nous sommes arrivés, avec ce v?u important, à amplifier un effort qui, depuis 2001, fait du logement social, et du logement social de fait, une priorité de l?action municipale car quand on parle logement social de fait, je ne voudrais pas que l?on oublie ce qui est fait depuis 5 ans en faveur de la lutte contre l?insalubrité.

J?aurais sans doute mon dernier mon mot pour me réjouir également, à travers ce v?u, de ce système d?alerte qui est mis en place au niveau des mairies d?arrondissement et qui permettra d?être encore plus efficace pour lutter contre les ventes à la découpe.

Voilà, Monsieur le Maire et mes chers collègues, ce que nous souhaitions dire collectivement. Là, je le dis au nom des élus du groupe socialiste et radical de gauche, et je le répète : c?est avec enthousiasme et fierté que nous voterons ce budget.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

La parole est au président Didier BARIANI.

M. Didier BARIANI. - Monsieur le Maire, d?un orateur à l?autre, ce ne sont évidemment pas les mêmes conclusions. Pour nous, il s?agit d?un budget d?attente qui s?inscrit davantage dans une perspective, disons-le, électorale que dans une perspective d?avenir.

Bien sûr, je ne vais pas refaire le match. Il y a certaines choses importantes avec lesquelles nous pouvons entrer en résonance. C?est vrai, par exemple, de la vocation solidaire de ce budget, c?est vrai aussi en ce qui concerne les ressources significatives dédiées au transport. A l?inverse, nous avons un vrai désaccord politique sur la question de la sécurité municipale. On voit bien que c?est un vrai désaccord politique et non pas une question d?arbitrage budgétaire technique parce que quand on refuse 150.000 euros pour une étude sur la police municipale, M. BULTÉ en parlerait, je le sais également, avec connaissance, c?est que l?on a un désaccord politique.

Vous avez, c?est vrai, accepté certaines de nos propositions. 1 % des logements sociaux financés par la Ville de Paris deviendront désormais des logements relais pour les exclus et pour les S.D.F ; c?est vrai, c?est utile et c?est bien.

Vous avez aussi, je crois que c?est très important - à moins que vous n?ayez, Monsieur SAUTTER, changé dans la nuit accepté, à notre initiative, que la Ville finance la réalisation d?un documentaire fort sur les violences à destination des élèves des écoles parisiennes. Vous avez enfin accepté l?idée d?une réévaluation de l?estimation prévisionnelle du compte foncier qui demeure d?une très grande prudence mais qui était, convenons-en ensemble, Monsieur le Maire, d?une prudence excessive au regard des droits de mutation que la Ville percevra encore cette année.

Tout cela c?est bien, je le dis à M. SAUTTER, mais ce n?est pas beaucoup. Je lui dis également. Cela reste peu. Alors, nous ne considérons pas, pour notre part, par ailleurs, que les convictions politiques doivent sacrifier perpétuellement aux outrances de la critique. Elles n?amènent rien de plus.

Nous aurions pu, Monsieur SAUTTER - mes collègues présents ici pensent comme moi, nous en avons parlé -, voter ce budget. Nous aurions pu ! Oui, mais voilà ! Notamment, il est toujours trop tard pour faire quelque chose qui manque de raisons pour le faire, Monsieur LHOSTIS.

Voilà ! Votre budget - et pour nous, c?est l?essentiel, M. MANO a eu un débat long avec nous sur cette affaire - comporte sur la politique de logement un manque crucial, que nous relevons année après année, pourtant déterminant dans la diversité sociologique de Paris : il faut renforcer l?accession à la propriété et développer l?offre de logements intermédiaires.

De même, alors que votre budget témoigne d?un effort en la matière, vous ne retenez pas non plus, Monsieur le Maire, la construction de 20 résidences hôtelière à vocation sociale. Et je reprends le mot de Xavier EMMANUELLI qui l?appelle lui-même de ses v?ux. Vous le savez autant, si ce n?est mieux que nous.

En attendant, l?archaïsme du dispositif d?hébergement d?urgence de la Capitale conduit à loger des familles entières dans des hôtels d?abord inadaptés et ensuite hors de prix.

Alors, voilà, vous auriez fait, Monsieur le Maire, vous, Monsieur SAUTTER, un effort sur ces propositions simples et déterminantes que notre attitude, notre vote, eût pu être différent.

Vous choisissez, Monsieur le Maire, de consentir un effort partiel et, je le dis, parcimonieux. C?est pourquoi, dans ces conditions, nous nous abstiendrons.

(Applaudissements sur les bancs du groupe Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BARIANI.

La parole est au président René DUTREY.

M. René DUTREY. - Merci, Monsieur le Maire.

Pour cette explication de vote du groupe ?Les Verts?, je voudrais dire plusieurs choses.

Le vote du budget est la marque d?appartenance à une majorité. Je suis heureux ce matin que, depuis cinq ans, le groupe Verts pèse sur les politiques, défende ses convictions, tout en participant activement à cette majorité.

Pour ce budget, les Verts ont déposé près d?une cinquantaine de v?ux et amendements. Je ne les détaillerai pas tous. Je ne détaillerai pas non plus toutes les réponses qui ont été faites, mais je voudrais simplement exprimer rapidement un regret et une satisfaction.

Le regret concerne la solidarité. La vie est de plus en plus difficile à Paris pour de nombreux Parisien : difficile de se loger, de subvenir à ses besoins, de vivre tout simplement. L?effort en matière de solidarité est important, mais il n?adoucit pas encore le quotidien de nombreuses personnes en grande difficulté. Alors, oui, il faut continuer de rappeler l?Etat à ses responsabilités, mais osons faire de Paris une ville modèle en matière de solidarité.

Voilà pour le regret.

Pour le motif de satisfaction, je veux revenir rapidement sur le logement social de fait, ces appartements à bas loyer. Depuis cinq ans, le groupe Verts a attiré l?attention de la majorité sur ce problème. Je voudrai évoquer trois points :

- le fait que la Ville s?engage maintenant systématiquement à préempter ces appartements à bas loyer sur la base de la liste des 55.000 repérés par l?étude ;

- le fait que le compte foncier se donne les moyens en partie en ciblant 100 millions d?euros attribués, fléchés sur le logement social de fait ;

- le fait que, enfin, dès 2007, la Ville de Paris s?engage dans ce que l?on appelle les achats en diffus, c?est-à-dire des achats appartement par appartement au sein de copropriétés.

Ces trois point sont vraiment, je crois, une avancée extrêmement importante.

Nous revenions sur ce sujet à chaque budget depuis cinq ans. Nous avons mis cinq ans à convaincre ; cinq ans, c?est long, mais l?important est le résultat.

Je ne serai pas plus long et, pour toutes ces raisons, le groupe Verts est heureux de voter cet avant-dernier budget de la mandature. Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes ?Les Verts?, socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous êtes heureux de le voter et moi, je suis heureux que vous le votiez !

La parole est au Président VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ. - Vous allez peut-être dire la même chose quand j?aurai fini, on ne sait jamais !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous n?allez pas me rendre malheureux, Monsieur le Président ?

M. Jean VUILLERMOZ. - Nous allons dans quelques instants procéder au vote du budget de notre collectivité. Je retiendrai trois points de notre débat budgétaire.

D?abord - je parle toujours avant eux et ils vont dire qu?ils n?ont pas encore parlé, mais c?est vrai ! -, l?attitude de l?opposition de droite qui, fidèle à elle-même, a usé des vieilles méthodes consistant à jeter l?anathème sur les actions de la majorité municipale, usant pour ce faire de l?à peu près, de chiffres tronqués et allant jusqu?à s?émouvoir d?une Capitale qui ne tiendrait plus son rang. Bref ! A les entendre, nous serions dans une spirale de déclin sans précédent. C?est un pitoyable exercice, mais aussi quelle impudeur, alors même que cette ville n?a jamais autant bougé, n?a jamais autant innové et, pour cause, notre collectivité n?a jamais autant investi en faveur des Parisiennes et des Parisiens.

Ensuite, je voudrais saluer la réactivité de la majorité municipale qui, par les priorités qu?elle a de nouveau confortées en 2007 en faveur de la solidarité, du logement, des transports collectifs, témoigne de sa capacité à coller aux évolutions mêmes des besoins des Parisiens dans un contexte où l?Etat se défausse de plus en plus de ses propres responsabilités.

Enfin, les contributions et propositions constructives et sérieuses portées par l?ensemble des groupes de la majorité municipale sont de nature à démontrer que la diversité de ses composantes, loin d?être un handicap, est au contraire source de créativité pour nourrir une démarche globale partagée.

Et, dans ce cadre, j?évoquerai maintenant la contribution qui a été celle de mon groupe.

Le logement social a été, cette année encore, au c?ur de notre contribution mais aussi au coeur du débat budgétaire. Depuis le début de la mandature, je tiens à le dire, le groupe Communiste n?a eu de cesse de faire valoir qu?il fallait nous doter d?un compte foncier conséquent à la hauteur des spéculations à l??uvre sur notre territoire. Pendant quelques exercices budgétaires, il nous a souvent été dit qu?il ne s?agissait pas d?un problème de moyens mais plutôt d?opportunités d?acquisitions appropriées. Or, pendant la même période, de grands investisseurs et fonds de pension faisaient main basse sur un nombre incroyable d?immeubles occupés, qu?ils ont revendu à la découpe.

Je constate que cette importante question des méfaits de la spéculation financière immobilière, relayée au fil des années par nos collègues de la majorité municipale, a dopé le compte foncier, notamment pour y consacrer davantage de moyens en faveur des acquisitions pour le logement social.

Résultat : en 2003, 39 millions d?euros étaient consacrés à ces acquisitions, pour atteindre aujourd?hui une enveloppe globale sur toute l?année 2007 de 210 millions d?euros dont, d?ores et déjà, 136 millions inscrits à ce budget primitif contre 100 prévus initialement, donc une progression de 36 millions d?euros pour ce budget primitif.

Nous nous félicitons vraiment de cette avancée de 36 millions, puisque notre groupe vous proposait une augmentation de 50 millions d?euros. Si tout le monde est honnête, chacun y retrouvera l?objectivité de l?information donnée dans les médias.

Ainsi, avec une enveloppe totale de 210 millions d?euros, 110 millions seront mobilisés pour accélérer le développement d?offre de logements sociaux à l?ouest et au centre de Paris et 100 millions permettront de maintenir et sauvegarder le parc social de fait sur l?ensemble du territoire parisien qui connaît depuis de nombreuses années une diminution jugée jusque-là inexorable.

Deuxième point : la politique de stationnement. Nous avons souhaité que des moyens soient mis en ?uvre pour optimiser les places de stationnement des bailleurs sociaux. Nous avons été entendus et nous allons pouvoir valoriser les 12.000 places vacantes de stationnement, 200.000 euros seront affectés à la sécurisation de ces parkings.

Troisième point : le renforcement des effectifs de notre collectivité dans des secteurs clefs pour l?amélioration des services rendus aux Parisiens. La propreté verra ainsi ses effectifs progresser de 60 éboueurs contre 35 prévus au début de notre discussion budgétaire. Le secteur social bénéficiera de 10 agents supplémentaires dont 5 pour les services sociaux polyvalents et je prends acte de ces avancées, tout en considérant que les services sociaux parisiens méritaient une attention beaucoup plus soutenue, car ils sont en première ligne face à la détresse de nombre de nos concitoyens.

Bien sûr, je regrette que vous n?ayez pas conforté notre proposition pour améliorer les conditions de travail des agents des parcs et jardins, mais je prends bonne note, en revanche, de la volonté affichée d?appréhender finement les besoins dans les musées municipaux et notamment en agents spécialisés de la surveillance. J?espère que le budget supplémentaire de juillet 2007 sera l?occasion d?apporter les corrections nécessaires dans ce secteur en grande tension, ainsi qu?au niveau de la propreté.

Monsieur le Maire, ce budget 2007 est un engagement conséquent pour l?amélioration des conditions et du cadre de vie des Parisiens. Notre apport a été pris en compte et c?est, bien sûr, sans ambiguïté que nous voterons ce budget.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Président du groupe communiste.

Je donne la parole à M. le Président LEGARET.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.

Quand un maire fait des rêves, il a envie de les faire partager, alors il fait des promesses. Et avec vous, c?est comme ça que cela a commencé. Dans les grandes largeurs, vous aviez promis aux Parisiens une nouvelle ère. Rien moins que cela. Et cela avait, je dirais, beaucoup de conséquences dans les moindres détails : plus de propreté, moins de pollution, une circulation facilitée, des espaces civilisés. Zéro crottes de chien, un doublement des investissements, des logements pour tous, des crèches pour tous, l?éradication de l?habitat insalubre. Cela fait sourire ! Des Jeux olympiques, bien sûr. Un quartier des Halles rénové. Plus de piscines, et qui ni prennent pas l?eau de préférence? Et tout cela sans augmenter les impôts !

(Mouvements divers sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Oui, j?ai oublié de dire : un train de vie très réduit mais, bien sûr, pas de chasse aux sorcières dans l?administration parisienne.

Vous avez de la mémoire mais nous en avons aussi de la mémoire.

Tout cela sans augmenter les impôts.

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Vous n?avez pas dit ?dépenser moins?, vous avez dit ?dépenser mieux?. En quelque sorte, demander plus à l?impôt et moins au contribuable, c?est la recette magique !

Et tout cela dans une posture digne et noble d?exemple, de transparence, de donneur de leçons de morale, intraitable sur toutes les faiblesses, sur toutes les facilités.

Monsieur le Maire, comme le temps passe et que de temps perdu ! Oseriez-vous sérieusement aujourd?hui nous redire tout cela ?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - A oui ? Eh bien, on veut bien faire le test. On va retrouver les bonnes lectures. Cela aurait été le moment de le faire puisque c?est votre dernier budget en année pleine. On aurait pu s?attendre à un budget qui annonce quelque chose pour la suite. Au lieu de cela nous avons droit à un budget étriqué, insuffisant.

D?ailleurs, qu?a-t-il fallu faire hier au cours de la journée et de la soirée ? Il a fallu finalement lâcher du lest aux groupes de la majorité. Rajouter des tas d?emplois qui auraient donc été oubliés dans le budget primitif. Rajouter des dépenses, évidemment. Des dépenses importantes et c?est pourquoi nous avons des lettres modificatives de dernière minute.

Mais vous avez bien compris, Monsieur le Maire, que tous ces gestes que vous avez faits, et qui vont vous permettre de faire voter ce budget, ne sont pas jugés suffisants par vos partenaires de la majorité. Ce qu?ils demandent très clairement, c?est une hausse des impôts et c?est un relèvement de l?emprunt. Et vous allez bien être obligé de le faire dès l?année prochaine ou dès l?année suivante, si vous êtes encore élu.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Malheureusement.

(Rires).

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Ou si un élu qui émane de votre camp l?était par hypothèse. Et d?ailleurs la seule promesse électorale que vous ayez faite pour la suite, c?est effectivement d?augmenter les impôts locaux.

Nous avons une autre approche. Et nous considérons, oui, Monsieur le Maire, que la Ville de Paris aujourd?hui ne tient plus son rang. Qu?elle ne tient plus son rang sur le plan de l?activité économique, qu?elle ne tient plus son rang dans ce club fermé des grandes capitales européennes, qu?elle ne fait pas suffisamment, notamment pour les plus modestes, pour les plus affaiblis. Rien d?ailleurs dans ce budget pour les personnes âgées, rien pour les handicapés, rien pour les familles modestes.

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Non, rien ! Rien sur l?habitat insalubre qui est pourtant un sujet qui nous a beaucoup mobilisés. Et tout cela dans, je dirais, un climat qui s?est alourdi. Oui, alourdi. Il y a des dossiers qui sont... qui nous alertent : le Crédit municipal de Paris, on n?a pas fini d?en parler. Des annulations de marchés à répétition par le Tribunal administratif. Tiens, c?est nouveau, cela ne s?était pas produit sous la précédente mandature ! On en est à combien aujourd?hui, 6 ou 7 ? Non, pas une seule fois, vous pouvez le vérifier. Des annulations par le Tribunal administratif : est-ce que vous pouvez en citer une seule ?

Alors, M. SAUTTER hier a dit que nous manipulions les chiffres comme de la guimauve. Monsieur le Maire, votre budget est à la sincérité ce que le chewing-gum est à la guimauve, c?est plus difficile à avaler ! Vous ne faites plus rêver les Parisiens et en réalité le rendez-vous avec les Parisiens approche. Nous saurons leur proposer autre chose que des rêves évanouis, des promesses non tenues, une situation budgétaire dégradée. C?est la raison pour laquelle, mais je crois que vous vous y attendiez un petit peu, nous ne voterons pas ce budget.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je me dois de saluer la performance de M. LEGARET. Et je voudrais dire, avant de passer au vote que je trouve tout à fait normal qu?un débat serve à quelque chose. Et moi, je préfère une majorité qui débat, qui propose, qui construit et qui se rassemble à une majorité qui obéit au doigt et à l?oeil pour éclater après et ne pas pouvoir voter le dernier budget.

Cette majorité, c?est vrai que parfois je la trouve tonique, comme notre budget, mais je la préfère tonique, créative, pluraliste et rassemblée car c?est cela qui est utile aux Parisiens. Maintenant, je vais pouvoir vous proposer le fruit de cette créativité collective.

Ce ne sera pas très poétique mais ce sera le budget de la Ville de Paris. Nous allons donc mettre successivement aux voix les budgets spécifiques : le budget spécial de la Préfecture de police, les états spéciaux d?arrondissement puis les budgets d?investissement et de fonctionnement de la Ville et du Département.

Ces derniers votes s?effectueront par chapitre puis globalement suivant la nomenclature qui vous a été distribuée. Je vous rappelle qu?il n?y aura pas de reprise de parole. Je demanderai simplement à M. SAUTTER son avis, oui ou non, sur les différents amendements et voeux qui vous ont été distribués.