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Novembre 2008
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Conseil Municipal
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2008, DLH 304 - Réalisation par "Paris Habitat - OPH" d'un programme d'acquisition réhabilitation comportant 14 logements PLUS et 6 logements PLAI, situé 25, boulevard Poissonnière (2e).

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2008


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous allons donc examiner maintenant le projet de délibération DLH 304.

Il s'agit de la réalisation par "Paris Habitat - OPH" d'un programme d'acquisition réhabilitation comportant 14 logements PLUS et 6 logements P.L.A.-I situés 25, boulevard Poissonnière, dans le 2e arrondissement.

Je donne la parole à M. Jérôme DUBUS.

M. Jérôme DUBUS. - Mes chers collègues, il s'agit d'une opération d'acquisition rénovation, située au 25, boulevard Poissonnière dans le 2e arrondissement, et qui est assez emblématique de la politique menée par cette Municipalité.

La Ville a exercé son droit de préemption pour un montant de 9,8 millions d'euros. Alors se pose deux questions. La première est que nous n'avons aucune précision sur le taux d'occupation actuelle de cet immeuble. Nous serions heureux de pouvoir le connaître à l'occasion de cette discussion.

La deuxième question porte sur le coût global de cette opération. Si on ajoute l'acquisition du terrain, plus les travaux à réaliser, nous arrivons à plus de 10 millions d'euros, soit un prix du mètre carré utile de l'ordre de 9.550 euros. Je vous rappelle que le prix d'acquisition dans le 2e arrondissement est de 6.600 euros du mètre carré. Nous sommes donc 3.000 euros au dessus du prix du marché privé.

Ce prix est totalement excessif. Il est d'ailleurs dû en grande partie à la qualité de l'immeuble, dont de nombreux aménagements doivent être conservés après avis de la Commission du Vieux Paris.

L'équilibre financier qui nous est proposé pour cette opération repose sur la location éventuelle d'un commerce et d'un local d'activité en rez-de-chaussée avec des prix de location qui ne correspondent plus au prix de location du marché actuel, puisque l'opération a été montée il y a quelques mois et que le bilan de l'opération n'a pas été revu.

On peut faire les mêmes remarques sur cette opération que sur l'opération du 24, rue de la Banque, où on arrive également à un coût de 9.000 euros du mètre carré. Là aussi, l'équilibre précaire est atteint par une location en rez-de-chaussée, qui est une location vraisemblablement virtuelle.

Est-il raisonnable de réaliser des opérations basées sur des équilibres virtuels ? Avec des prix du marché sur des locations commerciales qui ne correspondent plus à la réalité ? C'est la deuxième question que nous posons. Et ce genre d'opération nous paraît dangereux car elle consomme beaucoup d'argent public, à la fois de la part de l'Etat et de la part de la Ville de Paris, qui pourrait être bien mieux employé et à un coût moindre dans la construction de logements sociaux neufs, et non pas dans des opérations à caractère symbolique plus qu'à caractère utile.

Après la surface utile, après la surface habitable, M. MANO a inventé la surface symbolique, qui coûte très cher aux Parisiens et qui grève un budget déjà difficile.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Jean-Yves MANO pour la réponse.

M. Jean-Yves MANO, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Oui, Monsieur DUBUS n'est pas favorable effectivement à développer du logement social au c?ur de Paris.

M. Jérôme DUBUS. - On n'a jamais dit cela.

M. Jean-Yves MANO, adjoint, rapporteur. - Sans doute faut-il, si je l'écoute bien, construire du logement social à l'Est ou en banlieue ; cela, c'est l'ancienne politique et ce n'est pas celle que nous menons depuis 2001 car nous avons la volonté politique de développer du logement social, quels que soient les arrondissements parisiens. La mixité sociale passe par là. Il y a des demandeurs dans le 2e, dans le 1er arrondissement, et d'ailleurs j'étais satisfait tout à l'heure du vote positif de M. LEGARET.

Il est évident que dans certains cas, ceci représente un certain coût. Néanmoins, je crois qu'il ne faut pas reculer devant les difficultés potentielles, surtout que dans ces opérations la notion commerciale a son importance par rapport à l'équilibre de gestion du bailleur. C'est une donnée qui ne nous est pas étrangère.

Les opérations privées sont souvent dans ces quartiers équilibrées grâce à la location commerciale des rez-de-chaussée et des entresols. Je ne vois pas pourquoi les bailleurs sociaux n'auraient pas cette même approche rationnelle et pratique, tout en mobilisant effectivement des subventions de l'Etat et de la Ville de Paris, pondérées sur la totalité de la surface de l'immeuble. C'est une réalité.

Néanmoins, si nous voulons mettre nos actes en conformité avec les engagements que nous avons pris vis-à-vis des Parisiens, il faudra en passer par là. Je crois que les habitants du 2e arrondissement seront heureux d'habiter dans ces immeubles.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 304.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DLH 304).