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Novembre 2008
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Conseil Municipal
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2008, Vœu déposé par M. Claude GOASGUEN, Mme Céline BOULAY-ESPERONNIER et les élus du groupe U.M.P.P.A. relatif à la libération de Gilad SHALIT, otage dans la bande de Gaza.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2008


 

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Le voeu n° 60 du groupe U.M.P.P.A. concerne l'otage franco-israélien Gilad SHALIT.

La parole est à Mme Céline BOULAY-ESPERRONNIER.

Mme Céline BOULAY-ESPERRONNIER . - Madame le Maire, mes chers collègues, le 25 juin 2006, un homme de 20 ans, de nationalité française, a été enlevé sur le territoire israélien par un commando palestinien. Il est depuis retenu en otage.

En juillet dernier, vous refusiez que soit apposé sur le parvis de l?Hôtel de Ville, lieu hautement symbolique de la République française, un portrait de ce jeune garçon, otage au même titre que l?était Ingrid BETANCOURT, elle aussi enlevée par un commando.

Depuis lors, en mai dernier, vous avez inauguré la pose d?un panneau sur le fronton de l?Hôtel de Ville qui dit : "Paris s'engage pour la liberté de tous les otages dans le monde", méconnaissant la spécificité de Gilad SHALIT, dont le cas est similaire à celui d?Ingrid BETANCOURT.

Lorsque le portrait d?Ingrid BETANCOURT a été dévoilé, en février 2005, sur la façade de la Mairie de Paris alors qu'elle était-elle même en otage, l'impact sur tous les Parisiens a été immédiat, favorisant ainsi la prise de conscience par chacun que le sort d'un otage quel qu'il soit est inacceptable.

Gilad SHALIT a été pris sur le territoire israélien en période de paix, durant son service militaire obligatoire. Il est traité comme une monnaie d'échange sans respect pour les droits internationaux reconnus aux détenus, ceux notamment de recevoir des lettres et d'avoir la visite de sa famille.

Madame le Maire, votre attitude, qu'il faut bien appeler différence ou indifférence, ne se justifie pas, ni et encore moins cette inégalité de traitement dont vous aurez à vous expliquer.

En effet, considérant que tout doit être fait pour contribuer à la libération de l'otage français qu?est Gilad SHALIT, nous demandons que jusqu'à sa libération, son portrait soit accroché sur la façade de le Hôtel de Ville afin de rappeler à chaque Parisien que la Ville de Paris n'accepte pas le sort réservé à ce jeune Français détenu depuis deux ans et demi en otage dans la bande de Gaza.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjoint, présidente. - Pour vous répondre, la parole est à M. Pierre SCHAPIRA.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Je veux bien tout entendre, Madame, tout, mais ne dites pas que nous sommes indifférents. Vous ne pouvez pas dire cela.

Personne ici ne peut dire qu'on est indifférent, personne.

Lorsque vous prenez un dossier, prenez-le bien et étudiez-le.

Depuis le début de cette affaire qui est extrêmement compliquée, nous avons eu une attitude constante, totalement constante.

Je ne reviens pas sur le fait que ce soit un otage, qu'il ait été pris en territoire israélien, que ses parents n'ont pas de nouvelles de lui, qu'on ne peut pas le comparer à un prisonnier.

Personne n'a de nouvelles de lui, c'est vrai.

Nous avons reçu les parents de Gilad SHALIT au mois de juillet 2007. Ils étaient à l'époque avec la famille des deux soldats israéliens, Ehud Golwasser et Eldad Regev qui sont morts maintenant, pris en territoire israélien et tués par le Hezbollah.

Nous les avons rencontrés et avons pris une décision que nous avions transmise à Noam SHALIT, qui était d?accord avec nous de poser dans le jardin Itzhak Rabin, le portrait de ces 3 jeunes hommes dans ce lieu parisien symbolique qu'est le jardin Itzhak Rabin.

Nous avons fait une inauguration. Madame, les photos ont été détruites de manière scandaleuse des manifestations ont eu lieu devant ces photos quand les 2 corps des 2 malheureux soldats ont été ramenés, tués par le Hezbollah, nous avons refait une manifestation au jardin Itzhak Rabin pour retirer les 2 photos. Nous avons fait cette cérémonie et avons posé à nouveau la photo de Gilad SHALIT. Tout le monde était là, l'ambassadeur d'Israël, les représentants communautaires, alors que personnellement, je veux totalement décommunautariser cette histoire. C'est l'esprit qui anime Noam SHALIT.

Nous avons reçu dernièrement Noam SHALIT, c'est Anne HIDALGO qui l'a reçu, et nous avons dit que nous l'aiderions dans toutes ses démarches, à tel point qu'une journée du 14 décembre aura lieu de soutien à Gilad SHALIT et nous y participerons. Il doit y avoir une conférence de presse, dont j'ai appris l'existence ce matin, nous demandant que cela se passe à Hôtel de Ville, nous l'accepterons.

Nous souhaitons dédier le parvis de l'Hôtel de Ville à tous les otages du monde, et c'est pour cela que nous avons mis ce panneau avec l'article 1er de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. Voilà exactement notre position. Mais surtout, ne pensez pas un seul instant que nous sommes indifférents à ce grave problème.

Voilà ce que je voulais vous dire. C'est pour cela que je refuse le vote du v?u, tout en sachant que nous sommes extrêmement attentifs. D'ailleurs, comme nous sommes allés en Israël, quand le Maire y est allé, il a rencontré aussi les grands-parents de Gilad SHALIT, et il a exposé la position qui était celle de la Ville.

Je sais que des Mairies mettent la photo de Gilad SHALIT, d'autres ouvrent des recueils. Très bien, elles peuvent le faire, mais en ce qui nous concerne, nous dédions le parvis de l'Hôtel de Ville à tous les otages du monde.

D'ailleurs, je termine, excusez-moi, c'est ce qui se passera quand tous les prix Nobel viendrons au mois de décembre, ils honoreront les otages et notamment Aung San Suu Kyi qui est une des leurs.

Voilà ce que je voulais dire.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur SCHAPIRA.

J'ai été saisie de demandes d'explication de vote par M. GOASGUEN et Mme TAÏEB.

M. GOASGUEN pour le groupe U.M.P.P.A.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Personne, cher Pierre, ne peut imaginer un seul instant que tu sois indifférent à cette situation. J'en porte témoignage. Et bien entendu, il n'est pas question de dire que la Mairie de Paris s'en désintéresse.

Néanmoins, je voudrais attirer l'attention sur un point très particulier. Pourquoi s'empêcher de donner le même traitement à Gilad SHALIT que nous avons donné à Ingrid BETANCOURT ? C'est la vraie question. Est-ce que leurs sorts sont si différents ? L'une est Franco-Colombienne, l'autre est Franco-Israélien. L'une combat pour ses idées, l'autre fait son service militaire qui est obligatoire. Il ne peut pas être déserteur, s'il l'était, la question serait encore différente. Et je crois que, quand je vois les hochements de tête, certains l'auraient préféré.

Il est détenu dans des conditions qui sont identiques, c'està-dire qu'on ne respecte pas la Convention de Genève. Il n'a pas droit à la visite de la Croix Rouge, il n'a pas droit à voir ses parents et n'a pas droit à avoir du courrier. Ce n'est pas un soldat, ce n'est pas un prisonnier de guerre, car c'est en période de paix que s'est faite cette prise d'otage. Il y a donc, en réalité, sur le plan juridique une similitude totale de situation. Or, on ne fait pas la même chose.

Je voudrais simplement le dire et je ne dis pas pour autant qu'il ne soit pas utile de faire d'autres manifestations. En tant que président de France-Israël à l'Assemblée, je suis totalement associé à toutes les manifestations en France. Et je suivrai, bien entendu, avec beaucoup d'attention tout ce qui se fera. Mais n'oubliez pas un fait, c'est que quand il n'y a pas la photo de Gilad SHALIT et qu'il y a eu celle d'Ingrid BETANCOURT, la question se pose chez les gens pourquoi ?

Nous sommes là en réalité dans le questionnement fondamental. Cela me rappelle, puisque M. GIRARD n'est pas là et c'est dommage, cela me rappelle un film d'Ingmar Bergman qui s'appelle "L'oeuf du serpent". "L'oeuf du serpent", c'est le début d'une différente attitude entre Gilad SHALIT et Ingrid BETANCOURT, dont on voit bien que ce n'est pas votre intention. Mais qu'elle est perçue par un certain nombre de gens comme étant différente. Et en étant perçue comme étant différente, elle prête lieu à toutes les confusions. Et je ne veux pas qu'elle soit différente !

Et je sais bien qu'il y a des opposants à Gilad SHALIT. Et je sais bien qu'il y a des opposants à Israël, mais c'est un jeune Français, comme Ingrid BETANCOURT était française, qui est dans la même situation. Bien sûr, vous avez raison de défendre les otages, tous les otages, mais celui-là c'est le même qu'Ingrid BETANCOURT, mais il est Israélien. Avec le passé qui est le nôtre, nous n'avons pas droit de négliger, nous Français en particulier, "L'oeuf du serpent".

C'est la raison pour laquelle, je crois, mais on y réfléchira, on en parlera encore - d'ailleurs peut-être je reviendrai à la charge le mois prochain - car au fond, pourquoi ne pas trouver cette idée aussi que l'on vient de le rappeler que Gilad SHALIT pourrait être citoyen d'honneur de la Ville de Paris. Cela aurait aussi une signification. Et il le mérite.

Nous en parlerons donc le mois prochain, mais je voudrais dire à Pierre - j'ai vraiment toute l'amitié pour lui, je sais son combat -, je voudrais lui dire qu'il ne faut pas laisser "L'oeuf du serpent" dans cette affaire et faire le maximum. Cela étant, je suivrai. Mais réfléchissez, je vous assure qu'il ne faut pas que tout cela prête à confusion.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GOASGUEN.

Je me permets juste de rappeler que c'est deux minutes normalement pour les explications de vote. Je ne vous ai pas coupé.

Mme Karen TAÏEB a la parole pour une explication de vote.

Mme Karen TAÏEB. - Merci, Madame la Maire.

Je voudrais juste rajouter quelques mots pour dire que je trouve dommage que cet otage soit considéré comme "sensible", un peu comme cette région du monde est "sensible". Pour moi, c'est un otage, c'est un être humain dont on n'a aucune nouvelle et qui aujourd'hui aurait terminé son service militaire. J'aimerais qu'on le considère autrement qu'un militaire puisque, aujourd'hui s'il n'était pas otage, il serait dans la société civile. C'est à ce titre là aussi que j'aimerais que tout soit fait pour que cet otage soit libéré.

Merci.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Merci. Il n'y a pas d'autres demandes d'explication de vote.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u déposé par le groupe U.M.P.P.A. assorti d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est repoussé.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe, présidente. - Mes chers collègues, nous allons suspendre la séance du Conseil de Paris afin de vous permettre de vous restaurer, et nous reprendons la séance à 14 heures 30. Merci beaucoup.