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Novembre 2008
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Conseil Municipal
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2008, DJS 344 - Signature d'un avenant à la convention d'objectifs de deux ans (2007-2008) avec l'association "Les M.A.C.A.Q. Troubadours" (17e) pour l'attribution d'une subvention. - Montant : 9.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2008


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous arrivons au projet de délibération DJS 344. Il s'agit de la signature d'un avenant à la convention d'objectifs de deux ans 2007/2008 avec l'association "Les M.A.C.A.Q. Troubadours" dans le 17e arrondissement, pour l'attribution d'une subvention de 9.000 euros.

M. BERTHAULT interroge M. JULLIARD.

M. Jean-Didier BERTHAULT. - Je ne vais pas interroger M. JULLIARD, je vais lui faire un état des lieux d'une association qu'il doit certainement bien connaître. Je voudrais vous donner une petite idée de l'activité de cette association que j'ai appelé l'iceberg, c?est-à-dire avec une belle partie émergée, activités associatives, diverses, vide greniers, repas de quartier, carnaval, et une partie immergée, beaucoup plus importante, qui est liée à de toutes autres activités que des activités associatives traditionnelles.

Un point d'histoire pour commencer. Une association socioculturelle a été créée en 2001 - il faut y voir certainement le hasard des dates - avec pour vocation l'organisation d'événements culturels dans le 17e afin de créer une dynamique de quartier, d'animation festive, populaire, culturelle, citoyenne, transparente, etc.

L'association comprend 200 adhérents dont 130 Parisiens. Nous ne connaissons pas le nombre exact dans le 17e. Le siège social avait été initialement squatté au 123, rue de Tocqueville, mais bénéficie maintenant avec votre bienveillante attention, Monsieur le Maire, d?une convention d'occupation à titre précaire.

Alors, pourquoi refusons-nous de voter cette subvention ? Cela est très simple. Tout d?abord parce que l'association elle-même demandait 4.500 euros et vous la faites bénéficier d'une subvention de 9.000 euros, soit le double de ce qu'ils avaient demandé - c'est intéressant, tant mieux pour eux -, au motif que l'association a recruté un nouveau cadre pour faire face au nombre croissant de ses adhérents. Cela devrait inspirer beaucoup d?autres associations qui se battent avec peu d'aides et qui pourtant font un travail considérable.

Si on va un plus loin dans le budget prévisionnel 2008 des "M.A.C.A.Q.", on apprend avec stupeur l?art et la manière d?obtenir des subventions en ratissant large. Les "M.A.C.A.Q." bénéficient de 278.211 euros de subventions qui se décomposent ainsi : politique de la ville, 4.000 euros -2.000 euros Mairie de Paris et 2.000 euros Préfecture de police -; Mairie de Paris, 143.166 euros ; Direction des Affaires culturelles, 14.666 euros ; contributions non financières pour les locaux, 118.000 euros ; exonérations d?occupation pour les vide greniers, 6.000 euros, et j?en passe. Faculté de Créteil, 385 euros - cela ne va pas très loin -; Léo Lagrange, 20.000 euros ; Département de Paris, 3.500 euros ; entreprises privées, 6.000 euros ; centre d'aménagement des structures des exploitations agricoles, 60.000 euros ; Région Ile-de-France, 23.000 euros ; Lligue de l'enseignement, 14.160 euros. Rassurez-vous : on est bien entre camarades ! Ce qui fait bien un total de 2.140 euros par adhérent parisien.

On est très loin de la subvention théorique autour de laquelle s'articule généralement le montant de la subvention totale, soit environ 13 euros par licencié. Qui fait mieux la chasse aux subventions que les "M.A.C.A.Q." ?

Voyez-vous, Monsieur le Maire, il y a deux autres raisons, encore plus importantes, pour lesquelles il ne faut pas voter cette subvention.

La première, c'est que cette association exerce des activités illégales. Quand on squatte aujourd'hui, et quand ouvertement, on organise des squats dans certains quartiers de Paris, on est dans l'illégalité. On a le droit de le faire en tant qu?activiste politique, en tant que militant politique, mais certainement pas au titre d'une association qui reçoit des subventions publiques.

Deuxièmement, il ne faut pas confondre et faire un mélange des genres. Je n'ai rien contre les gens qui font de la politique, nous sommes tous élus, nous faisons tous de la politique, cela me paraît logique. Mais quand on fait de la politique, on le fait au sein de partis politiques et il y a des financements pour cela. On n'utilise pas une association financée par des fonds publics pour faire de la politique, et cela est tout à fait choquant. On frise même l'illégalité. Je n'aimerais pas que la Mairie de Paris soit complice de cette illégalité.

J'en terminerai, pour tous ceux qui ne me croiraient pas sur les activités des "M.A.C.A.Q.", pour vous inviter - je pense que tout le monde ici est branché sur Internet -, à aller sur Daily Motion, à rechercher "M.A.C.A.Q. Hitler", et vous tomberez sur une superbe vidéo de M. Julien BOUCHER, maintenant élu du 17e, ancien président des "M.A.C.A.Q.", qui caricature l'ancien candidat à la présidence de la République, aujourd?hui Président de la République dans un costume d?Hitler. En plus de l?illégalité, c?est particulièrement choquant et cela pourrait être poursuivi.

Je vous remercie, mes chers amis.

( Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur BERTHAULT.

Je donne la parole à M. Bruno JULLIARD pour répondre.

M. Bruno JULLIARD, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Très brièvement pour vous dire à quel point l'Exécutif et la majorité sont fiers d'accorder cette subvention de 9.000 euros à l'association "M.A.C.A.Q.". Très fiers parce que, on pourrait en douter après vos propos mais "M.A.C.A.Q." est bien une association de loi 1901 qui fait un travail très conséquent dans le 17e arrondissement, et la subvention, que nous vous proposons de voter aujourd'hui, est une subvention que l'association "M.A.C.A.Q." mérite amplement puisqu'elle vise uniquement à subventionner les activités de l'association "M.A.C.A.Q." dans ses locaux du 17e arrondissement, rue de Tocqueville.

L'association ne m'a pas fait une demande de 4.500 euros mais une demande de 25.000 euros pour le budget de l'année prochaine pour deux raisons. Vous avez cité une des raisons, c'est effectivement en raison du succès croissant des activités de l'association dans le 17e arrondissement. Ils ont dû embaucher une personne supplémentaire, ce qui a entrainé un certain nombre de dépenses supplémentaires.

Surtout, il ne vous aura pas échappé, puisque lors d'un Conseil de Paris précédent lorsque nous avons doublé la surface d'occupation de "M.A.C.A.Q." par un contrat d'occupation avec l'association, vous aviez déjà posé une question sur la volonté de la Mairie de Paris d'augmenter la surface d'occupation de l'association "M.A.C.A.Q.".

En raison de cette augmentation de surface, il y a évidemment un centre d'activités supplémentaires qui sont d'ores et déjà exercées dans les locaux, qui méritent amplement l'augmentation de cette subvention.

J'ajoute, et vous avez cité, je le note avec plaisir, un certain nombre d'activités diverses mises en place par l'association "M.A.C.A.Q.". Il y a effectivement des cours pour les enfants, des chantiers pour les jeunes, des stages d'expression, de danse, des animations hors les murs, des actions de parrainage humanitaire, ou encore des friperies solidaires, et j'en passe.

L'ensemble de ces activités concerne, à ma connaissance aujourd?hui, plus de 500 jeunes usagers. Vous dites que c'est de la chasse à la subvention, mais franchement, c'est une subvention qui est très rentable pour la Ville de Paris, si on compare avec d'autres gestionnaires de centres d'animations, qui ont parfois des activités assez proches, ce n'est en réalité pas cher et très rentable pour la Ville et la Mairie de Paris.

Vous parlez d'activités politiques de l'association "M.A.C.A.Q.", que les membres de l'association "M.A.C.A.Q." et notamment son ancien président, qui n'est plus le président élu et siège dans l'opposition municipale du 17e, qu'il y ait donc des membres de l'association, qui aient par ailleurs des activités politiques (pas dans un parti mais d'ailleurs globalement dans différents partis politiques), souvent à gauche, je le reconnais.

En général, la grande majorité des membres de l'association "M.A.C.A.Q." sont actifs et acteurs dans le mouvement social. Que voulez-vous, ce n'est pas de ma faute si dans votre arrondissement, l'essentiel des activités, notamment de jeunesse, sont portés par l'association "M.A.C.A.Q.". J'aurais plutôt tendance à dire que premièrement je vous conseille d'essayer de revivifier un peu le milieu associatif dans votre arrondissement. Et j'aurais tendance également à dire que l'attitude que vous avez aujourd?hui, concernant l'association "M.A.C.A.Q." finalement cache assez mal votre propre incapacité à faire vivre le milieu associatif, et notamment de jeunesse, dans votre arrondissement !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur JULLIARD.

Mme la Maire du 17e arrondissement veut dire un mot, comme c'est son droit.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. Monsieur le Maire, je n'avais pas prévu de prendre la parole. Sur ce projet de délibération, Jean-Didier BERTHAULT a tout de même apporté quelques éléments qui méritent réflexion.

La réponse de M. JULLIARD est tout simplement inadmissible. C'est une méconnaissance absolue du terrain. Qu'une association bénéficie de subventions, c'est normal. Jean-Didier BERTHAULT vous a rappelé l'étendue de ces subventions.

Par ailleurs, nombre d'associations sont en attente de subventions de la Ville de Paris. Et quand vous mettez en cause la mairie d'arrondissement qui ne mènerait pas une politique active en faveur de la jeunesse, Monsieur JULLIARD, j'ai cru vous avoir accueilli dans cet arrondissement mais peut-être ne vous rappelez-vous pas les visites que nous avons faites ensemble à "Interclub 17", dans les "Antennes de la jeunesse", des associations par ailleurs que vous n'avez pas encore toute rencontrées, qui sont en attente. "Interclub 17" n'a pas bénéficié d'un euro de subvention sous la précédente mandature, club qui agit dans les mêmes secteurs géographiques et qui s'adresse au même public, qui a ce jour est en attente, vous l'avez vu par vous-même, de travaux forts.

Je n'ose imaginer la discussion budgétaire qui s'annonce quand je vois ce qu'on nous prépare, concernant les 6 millions que j'ai vu ajouter par l'Exécutif  municipal sur le budget d'arrondissement, pour, à nouveau, la structure des "M.A.C.A.Q.".

A un moment, il faut savoir s'arrêter, prendre le temps de regarder les vrais besoins de l'arrondissement, ne pas mettre ses ?ufs dans le même panier. Je signe bien volontiers les autorisations d'occupation de la voirie par les "M.A.C.A.Q." pour des vide-greniers ou des friperies. Ils font des actions en effet parfois intéressantes et pertinentes, mais il y a un moment où les choses vont trop loin. Comme le dit, M. LEBEL qui connaît bien le dossier, trop c'est trop.

A un moment, je crois qu'il faut raison garder et votre réponse ne peut pas être satisfaisante. Nous sommes trop en attente, particulièrement dans les quartiers "politique de la ville", de subventions que vous nous refusez.

Monsieur JULLIARD, j'ai entendu. Nous n'aurons de cesse avec mes collègues de la municipalité du 17e arrondissement de vous demander quelques subsides d'euros pour nos autres associations qui sont en attente.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame KUSTER.

Un mot, Monsieur JULLIARD, rapidement ?

M. Bruno JULLIARD, adjoint, rapporteur. - Un mot pour vous dire, Madame le Maire, que j'avais demandé un entretien avec Mme PAPAREMBORDE qui est adjointe à la mairie du 17e arrondissement, que j'avais rendez-vous avec elle le 14 novembre dernier à 15 heures précises pour justement faire un point avec elle, comme je le fais avec l'ensemble des arrondissements de l'opposition comme de la majorité, pour mettre sur la table l'ensemble des subventions de mon secteur de la jeunesse. J'attends encore Mme PAPAREMBORDE vienne, et au minimum s'excuse d'ailleurs pour que nous puissions aborder l'ensemble de ces discussions.

Simplement, sur l'affaire de "M.A.C.A.Q.", vous croyez avoir trouvé un os à ronger, j'ai le regret de vous dire que non seulement la subvention est totalement légale, bien évidemment, mais qu'en plus elle est amplement justifiée. J'ai même tendance à penser, qu'en raison de l'ensemble des activités offertes par l'association "M.A.C.A.Q." dans le 17e arrondissement, elle mériterait un soutien encore plus important de la Ville.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Christian SAUTTER, , adjoint, président - Merci.

Mme Brigitte KUSTER a la parole pour deux secondes.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement L'invitation en question est parvenue très peu de temps avant. Mme PAPAREMBORDE m'en avait parlé parce qu'elle avait un empêchement ce jour-là, et que nous avions par ailleurs un événement dans l'arrondissement, ne prenez donc pas ce genre d'excuse.

Qui plus est, Monsieur, nous avions un rendez-vous ensemble lundi dernier. J'ai appris le matin même que vous décaliez le rendez-vous et je n'ai pu y assister parce que vous l'avez annulé le matin même et reporté. Alors, question d'agenda, Monsieur JULLIARD, vous êtes mal placé !

(Vives protestations sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

? nous n'avons pas de leçons à recevoir quand vous-même ne maintenez pas vos rendez-vous !

Concernant la légalité, Monsieur JULLIARD, elle n'a pas été remise en cause. Nous nous sommes posé d'autres questions que celle-ci.

Mais avant d'aller au-delà de cette discussion, nous reviendrons de toute façon sur le sujet, mais vous ne pouvez pas utiliser les arguments que vous venez de donner. Ils sont pour nous non recevables.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 344.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DJS 344).