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Novembre 2008
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Conseil Municipal
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2008, DASES 146 - Signature d'une convention avec l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de la Région Ile-de-France attribuant une subvention pour la réalisation d'une étude relative à la prévalence de l'excès de poids. - Montant : 73.704 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2008


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DASES 146 sur lequel Mme Catherine BRUNO s?est inscrite.

Vous avez la parole pour cinq minutes maximum et M. LE GUEN vous répondra.

Mme Catherine BRUNO. - La lutte contre l'obésité représente l'un des enjeux majeurs de santé publique des prochaines décennies. En France, elle touche actuellement près d'un enfant sur six. Il est aujourd'hui avéré qu'un enfant obèse risque fortement de le rester à l'âge adulte, entraînant une augmentation considérable des maladies associées. La prise en charge restant difficile, il est fondamental de prévenir dès le plus jeune âge la prise de poids excessive chez l?enfant.

En Ile-de-France et à Paris, la situation, on le sait, est préoccupante. L?Ile-de-France est la quatrième région touchée par ce problème.

Une augmentation importante et récente de la prévalence de l?obésité chez les jeunes a été constatée, notamment au sein des zones d?éducation les plus prioritaires, reflétant des inégalités sociales de santé.

Fort de ce constat, on ne peut qu'approuver que vous vous préoccupiez de cette situation. En revanche, la convention que vous nous soumettez par la présente délibération appelle plusieurs observations et mérite des réponses précises.

Le projet de délibération prévoit la signature d'une convention entre la Ville de Paris et l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la Région Ile-de-France pour la réalisation d'une étude sur la prévalence de l'excès de poids d'un montant de 73.704 euros.

Ma première interrogation porte sur le partenaire que la Ville a choisi. Pourquoi demander à l'Observatoire régional de la santé, O.R.S., de réaliser cette étude qui concerne uniquement la Ville de Paris et les enfants scolarisés dans les écoles de la Capitale ?

En effet, les écoles maternelles comme élémentaires relèvent de la seule compétence du Maire. Quant à la santé des enfants, elle ne relève pas davantage des compétences de l'échelon régional.

C'est vrai qu'à Paris, il existe peu de données statistiques précises sur cette question. Chercher à actualiser les chiffres qui datent de 1994 est donc une bonne chose, mais cette actualisation aurait pu être effectuée en faisant appel à la compétence du service de santé scolaire de la D.A.S.E.S., des médecins et des infirmières scolaires.

Vous auriez pu aussi demander à l'Atelier parisien de santé publique et à l?OSAPIENS, Observatoire de la santé des Parisiens, de réaliser l'étude et de faire un diagnostic précis, puisqu'il a justement pour mission de fournir un outil d'aide à la décision en matière de santé publique.

D'autant que l?OSAPIENS a déjà réalisé une enquête sur la question générale de l'obésité fin 2006.

Ma seconde interrogation porte sur les âges des enfants retenus pour faire cette étude. Si le choix des enfants de grande section de maternelle, cinq et six ans semble justifié car il permet de faire un bilan avant l'entrée à l'école primaire, le choix du CE2 et des enfants de huit ou neuf ans mérite une explication.

En effet, pourquoi ne pas avoir retenu la classe de CM2, lorsque les enfants ont dix ou onze ans et qu'ils s'apprêtent à entrer au collège ?

Enfin, comme vous le savez certainement, en matière de lutte contre l'obésité des enfants, un programme spécial existe et a été créé uniquement pour prévenir l'obésité infantile.

Ce programme dénommé E.P.O.D.E., "Ensemble, prévenons l'obésité des enfants", est connu et reconnu pour la qualité de son action.

En effet, grâce à une équipe d'experts scientifiques locaux, médecins, diététiciens et infirmières scolaires ainsi qu?à des outils pédagogiques, des solutions éprouvées sont données, qu'il s'agisse des actions auprès de la restauration scolaire par des espaces ludo-pédagogiques ou des opérations pour faire connaître les groupes d'aliment et leurs vertus nutritionnelles ou encore par des informations pratiques remises aux parents.

Placé sous le haut patronage de plusieurs Ministères, Santé, Sport, Agriculture, sous le haut parrainage de l?A.M.F. et parrainé par l?A.F.P.A. Association française de pédiatrie ambulatoire ainsi que par la S.F.P., la Société française de pédiatrie et l'Académie nationale de médecine, E.P.O.D.E. est appliqué dans 167 villes de France.

Ce programme s'est même exporté en Belgique et en Espagne. Pratiquement, si 167 maires de Droite comme de Gauche ont adopté cet outil qui repose sur des actions transversales et qui mobilise toute la collectivité, Paris n'aurait elle pas intérêt à suivre la même direction ?

Pour conclure mon propos et même si je voterai naturellement avec mon groupe ce projet de délibération qui a au moins le mérite de s?emparer de la question de l?obésité des enfants, je m'interroge sur le bien-fondé de l'octroi de cette somme à l'O.R.S.

Cet argent aurait peut-être été mieux investi dans le programme E.P.O.D.E. ou dans des actions concrètes de prévention de l'obésité dans les écoles de notre ville.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.PA. et Centre et Indépendants).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - La parole est à M. Jean-Marie LE GUEN pour vous répondre.

M. Jean-Marie LE GUEN, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Madame, merci de votre question. Elle est utile et tout à fait documentée. Je vous en félicite. Je vais essayer de répondre à plusieurs de vos questions.

Ce projet de délibération consiste essentiellement à financer une étude épidémiologique, c'est-à-dire quelque chose qui ne vise pas tant à agir immédiatement qu'à mieux connaître la situation des petits Parisiens et petites Parisiennes.

Nous avons demandé cette étude parce que, malheureusement, c'est quelque chose sur lequel nous allons travailler, et que nous ne disposons pas naturellement, par les services de la Ville, de résultats de ce type ou de résultats scientifiques qui nous permettraient de faire l'économie d'une étude épidémiologique extérieure.

Nous avons choisi l?O.R.S. tout simplement parce que nous avons une convention avec cet organisme qui a une bonne compétence en matière d?étude épidémiologique.

Ils se sont proposés pour y travailler, ils avaient déjà des méthodologies intéressantes et importantes. Le fait qu'elle soit régionale n'implique pas qu'elle ne soit pas du tout parisienne.

Vous m'interrogez ensuite sur la problématique des âges. Je dois avouer que nous manquons d'originalité, ce sont tout simplement les âges retenus au plan national. Il n'est pas inutile de faire des études qui permettent ensuite une comparaison département par département, puisque j'imagine que d'autres départements feront des études identiques.

Troisième élément, vous faites allusion au programme E.P.O.D.E. que je connais bien, avec lequel j'ai moi-même déjà beaucoup travaillé au plan national. Je peux vous dire que nous travaillons avec eux pour réfléchir à un programme sur Paris.

Etant entendu que pour l'instant le programme E.P.O.D.E. concernait essentiellement des villes moyennes pour ne pas dire des petites villes et que le passage dans une agglomération dense comme Paris pose d'autres problèmes d'adaptation, nous sommes en train de travailler avec eux pour voir comment ce qu'ils peuvent apporter en termes de méthodologie, qui est important et reconnu, peut être adapté à la Ville de Paris.

Ce sont les éléments que je voulais apporter en réponse à votre question précise.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 146.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DASES 146).