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Novembre 2008
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2008, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif au plan d'hébergement d'urgence présenté par le Gouvernement. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2008


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous terminons avec l'examen du v?u n° 22, déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, qui va nous être présenté par Frédérique PIGEON.

Olga TROSTIANSKY répondra et présentera le v?u n° 22 bis.

Mme Frédérique PIGEON . - Monsieur le Maire, merci.

Le 18e prend largement sa place dans l'accueil de populations en difficulté et notamment de personnes S.D.F. et de personnes étrangères en situation irrégulière.

Pour autant, les dernières prévisions de l'Etat nous semblent particulièrement inéquitables et contreproductives par rapport aux opérations de renouvellement urbain, menées en lien avec l'Agence nationale de Renouvellement urbain.

Je m'explique.

Nous avons actuellement, sur le territoire du 18e, en accueil, 330 personnes SDF et étrangers en situation irrégulière à la Porte de Clignancourt et à la Porte des Poissonniers, une centaine de SDF en centre de stabilisation à la Porte d'Aubervilliers, plus de 400 personnes en situation irrégulière, placées par la D.D.A.S.S. dans les hôtels privés du 18e arrondissement à la Porte Montmartre et dans le 18e en général.

Pour finir, nous prenons notre part, en relation avec l'Etat, dans la mise en place de maisons relais et de résidences sociales, car nous estimons que cela va dans le bon sens.

Pour autant, les derniers projets de l'Etat nous semblent maintenant totalement contreproductifs et insupportables.

Il est prévu, à la demande ou du Préfet de région ou du Préfet de Paris, une centaine de places pour l'accueil d'étrangers supplémentaires à "La Boulangerie", qu'on peut comparer par certains aspects à un "Sangatte". Il est prévu sur "Chapelle Evangile", qui est en projet de renouvellement urbain, un certain nombre de places de S.D.F. par M. BORLOO. Il est prévu 60 places aussi pour les S.D.F. à "Chapelle Cugnot". Tous, donc, dans des projets de renouvellement urbain.

Daniel VAILLANT, le 18e, le Conseil de Paris demandent au Maire de Paris d'intervenir auprès de l'Etat pour qu'une répartition équitable de ces efforts soit envisagée au niveau de Paris et arrêter le mépris de nos opérations urbaines?

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme TROSTIANSKY.

Mme Olga TROSTIANSKY, adjointe. - Monsieur le Maire, des mesures d'urgence sont prises chaque hiver pour protéger les personnes sans abri du froid qui les met en danger.

La Ville de Paris prend largement sa part dans cet accueil d'urgence au côté de l'Etat, en proposant cet hiver plusieurs immeubles permettant d'ouvrir de nouveaux centres d?hébergement dans les 5e et 15e arrondissements.

Nous avons ouvert ce week-end, et nous ouvrirons encore en cas de grand froid, des gymnases, des mairies d'arrondissement.

Le Maire de Paris s'est engagé à créer 2.000 places en hébergement d'urgence et en maisons relais sur cette mandature. La programmation de ces équipements est déjà largement engagée.

L'objectif qui guide notre action pour les personnes sans abri, que nous partageons avec les services de la Préfecture et de la D.D.A.S.S., est celui d'un service public de l'inclusion, un service actif l'hiver comme l'été et qui réponde aux besoins des personnes vivant à la rue.

Nous centrons évidemment nos efforts sur le premier de ces besoins, l'hébergement.

Le Département de Paris intervient en complément de l'Etat en investissement pour l'hébergement des personnes sans abri.

Il s'agit d'un engagement exceptionnel.

S'il nous a semblé important de mobiliser des fonds au-delà de ce que sont nos compétences, c?est pour aider un secteur qui est en pleine mutation. La qualité des projets sociaux, le confort, l'hospitalité et le travail social des établissements ont évolué pour offrir de réelles voies d'insertion aux personnes sans abri.

L'Etat envisage aujourd'hui l'ouverture de places d'hébergement d'urgence en cas de grand froid ou de manière plus pérenne, dans des dortoirs, à "La Boulangerie" dans le 18e arrondissement, dans des bungalows dans le 13e arrondissement, ou des wagons sur le site de "La Chapelle".

Monsieur le Maire, nous devons être vigilants sur ces mesures, car des conditions d'hébergement ne respectant pas l'intimité des personnes peuvent aboutir à des refus d'hébergement de la part des personnes sans abri et, finalement, à multiplier le nombre de personnes vivant dans la rue et refusant d'en sortir.

Ils devraient être temporaires et, à ce titre, n'effectuent pas un suivi social complet, même si ces dispositifs se pérennisent souvent dans les faits.

Monsieur le Maire, ces dispositifs sont imposés sans concertation et ne répondent pas à notre objectif de mixité sociale à Paris.

Ils sont, en effet, situés dans deux des arrondissements qui accueillent d'ores et déjà le plus d'établissements d'hébergement des personnes sans domicile.

Nous avons eu le plus grand mal à obtenir des financements pour ouvrir dans le 5e arrondissement un centre d'hébergement d'urgence rue Vauquelin.

Enfin et surtout, la politique de lutte contre l'exclusion menée par l'Etat souffre d'un manque de moyens criant que la bonne connaissance du terrain et la volonté de progrès de la

D.A.S.S. de Paris ne peut masquer.

Pour toutes ces raisons, l'Exécutif municipal forme le v?u que la concertation préside à l'installation de nouveaux centres d'hébergement d'urgence à Paris, que ces centres participent de la mixité sociale, en privilégiant les arrondissements dépourvus de structures, à Paris, en Ile-de-France, dans les départements les plus déficitaires en capacité d'accueil et, enfin, qu'ils répondent aux critères qualitatifs donnant aux personnes vivant dans la rue les moyens de leur autonomie et de leur dignité.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Madame.

Je relève que le v?u n° 22 est retiré.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u présenté par Mme TROSTIANSKY au nom de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2008, V. 237).