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Novembre 2008
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2008, DJS 432 - Signature d'un bail emphytéotique administratif pour la rénovation et l'exploitation du site de la piscine Molitor (16e). Vœu déposé par M. Claude GOASGUEN et les élus du groupe U.M.P.P.A. relatif à l'autorisation à M. le Maire de Paris de signer un bail emphytéotique administratif pour la rénovation et l'exploitation du site de la piscine Molitor.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2008


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons directement, et nous en terminerons là pour ce soir, à l'examen du projet de délibération DJS 432 sur la piscine Molitor. Projet de délibération sur lequel le groupe U.M.P.P.A. a déposé le v?u n° 50.

Je donne la parole à M. Yves CONTASSOT en premier lieu pour cinq minutes.

M. Yves CONTASSOT. - Concernant la piscine Molitor, nous nous trouvons devant un cas qui n'est pas tout à fait nouveau, qui consiste à confier à une société privée l'aménagement d'un lieu qui aurait dû, selon nous, faire l'objet d'un travail de la Municipalité en tant que tel.

Depuis des années, les élus "Verts" se sont succédés pour demander la préservation du patrimoine unique de cette piscine, et aujourd'hui nous aurions dû évidemment nous satisfaire du projet. Hélas, nous ne pouvons pas le faire.

D'abord parce qu'il y a plus que des interrogations sur la préservation d'égalité patrimoniale de la piscine. Il s'agit ni plus ni moins de dénaturer le lieu pour en faire un équipement de prestige, un équipement de luxe, hôtel 4 étoiles, spas, fitness, etc. à des tarifs qui pour l'essentiel évidemment s'adressent aux happy few de l'Ouest parisien, mais certainement pas à l'ensemble de la population.

Pire encore, quand on regarde quel est l'opérateur qui va intervenir, au-delà de celui qui réalisera l'équipement en tant que tel, c'est un opérateur connu qui est bien introduit dans les milieux parisiens, de plus en plus, en lien avec LVMH d'ailleurs qu'on retrouve par ailleurs, qui a des projets importants dont on nous dit qu'ils seront bientôt rendus publics.

Opérateur bien connu qui ne se cache pas - c'est sur tous les sites - de vouloir dégager une rentabilité de 20 %, ce sont les règles de leur groupe -, sur toute leurs opérations immobilières et qui aujourd'hui investit massivement sur un certain nombre de secteurs, et il ne s'en cache pas non plus, pour faire des opérations spéculatives de vente des bâtiments.

Si c'est cela que l'on nous propose, si c'est cela le projet de la Ville, effectivement on ne peut pas accepter un tel objectif. Il nous semble qu'il y avait d'autres priorités. Certes, il y a des difficultés financières, nous pouvons les concevoir et les entendre, mais de là à tomber dans ce projet qui n'a plus rien à voir avec une politique publique, qui n'a plus rien à voir avec une politique au service des Parisiennes et des Parisiens, évidemment nous ne pouvons que refuser très fermement ce projet.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Je donne maintenant la parole à Mme Valérie SACHS pour le groupe Centre et Indépendants, pour cinq minutes.

Mme Valérie SACHS. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues.

Habitante et élue du 16e arrondissement, je me félicite que le dossier Molitor trouve enfin son dénouement. Nous l'attendions depuis la fin des années 80.

Cette magnifique piscine art déco, inscrite depuis 1990 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, ne pouvait renaître que dans un strict respect architectural. La commission spéciale "Molitor", créée par notre Conseil en juillet 2008, et où siégeaient de nombreux élus du 16e arrondissement, dont son maire et ses deux députés, a influencé positivement la décision définitive.

Si l'on accepte le principe que seule la conclusion d'un bail emphytéotique administratif pouvait rendre possible la rénovation, puis l'exploitation du site, il s'agit pour nous, élus de Paris, de valider aujourd'hui un dossier architecturalement abouti, solide sur le plan financier et garant de la destination principale du lieu, la pratique de l'activité aquatique et sportive.

La démarche du groupe Centre et Indépendants a été d'aborder ce dossier, non sous l'angle politique mais exclusivement technique, et de revendiquer une part de paternité dans la renaissance de ce magnifique édifice.

Je souhaite revenir sur les aspects techniques du dossier pour expliquer ce qui a motivé notre choix de soutenir le projet défendu par Colony Capital, Accor et Bouygues. L'approche architecturale proposée respecte l'esprit du lieu et s'inscrit dans le XXIe siècle avec "une grève contemporaine" innovante pour la couverture du bassin d'été, et par son exigence de développement durable, notamment par le traitement à l'ozone de l'eau des bassins.

La création d'un "boutique-hôtel", qui deviendra la vitrine internationale du groupe "Accor" sous l'enseigne "M. Gallery", ne peut que convenir à notre volonté de renforcer l'attractivité économique de Paris. L'offre d'activités haut de gamme proposée s'inscrit dans le respect de l'obligation de service public de sport de proximité, en dédiant le bassin d'hiver, restauré à l'identique, aux scolaires, aux associations et au public avec un tarif accessible : 2,50 euros l'entrée pour les enfants, 4,50 euros pour les adultes.

La redevance totale pour la Mairie de Paris s'élèverait à 34,6 millions d'euros pour une durée de concession de cinquante ans, à compter du début d'exploitation. Le montage financier du projet retenu avec un seul opérateur semble à la hauteur des enjeux d'un B.E.A. qui dispense le contribuable parisien du financement des rénovations, tout en garantissant que le site reviendra à la Ville en fin d'exploitation.

Enfin, les candidats choisis disposent de références nécessaires pour mener à bien un projet onéreux et architecturalement exigeant.

Notre arrondissement n?a pas besoin de décliner une nouvelle version du "sport paillettes". Nous souhaitons tous pour Molitor un projet structuré de qualité qui saura respecter l'équilibre entre les exigences d?intérêt général à vocation sportive de proximité, et une gestion à long terme de "bon père de famille", offrant les meilleures garanties financières sans montage trop complexe.

La crise économique actuelle doit nous faire redoubler de prudence. La présence d'un seul opérateur, le recours à des professionnels de réputation internationale, l'ambition de faire de Molitor une vitrine pour l'attractivité de Paris, le montant de la redevance proposée sont les arguments forts qui ont emporté notre décision.

Monsieur le Maire, nous vous autorisons bien volontiers à signer un bail emphytéotique administratif avec la société "ColSPA SAS" et suivrons avec attention chacune des phases de cette renaissance.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Madame.

La parole est à Mme Valérie HOFFENBERG, pour cinq minutes maximum.

Mme Valérie HOFFENBERG. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, j'ai pris la décision de voter le projet de délibération concernant le projet de la piscine Molitor, mais je suis en désaccord avec ma collègue du 16e, Valérie SACHS.

En effet, je considère que le projet qui a été retenu ne répond pas aux besoins des Parisiens, car ce projet est un projet qui propose un bassin découvert au tarif rédhibitoire de 20 euros les deux heures ! Je répète : 20 euros les deux heures ! Je m'étonne qu'une mairie socialiste et qu'un élu communiste puissent soutenir un tel projet.

D'autre part, l'objectif de la piscine Molitor est de permettre au plus grand nombre de Parisiens de profiter de cette piscine. Pourtant, le deuxième bassin qui, celui-ci, est couvert, va devoir être utilisé pendant huit heures par les scolaires de Paris et de Boulogne. Vous en conviendrez, cela laisse très peu de temps aux autres Parisiens et riverains qui veulent utiliser cette piscine.

Mais je souhaite, mes chers collègues, intervenir ce soir surtout pour dénoncer les irrégularités importantes et inquiétantes que j'ai pu constater sur le traitement de ce dossier et regrette que les membres de la commission aient dû faire leur choix en fonction des informations erronées qui ont été fournies par les services de la Mairie de Paris.

En effet, je souhaite aussi informer que ma collègue Céline BOULAY-ESPERONNIER et moi-même, élues du 16e, n'avions reçu aucun des éléments d'information avant de nous rendre à la commission.

Cela ne nous a pas permis de vérifier tous les éléments qui nous étaient donnés. C'est donc avec stupeur que quelques jours après la commission, après m?être procuré les originaux des réponses des deux candidats, j'ai constaté que le dossier qui avait été remis aux membres de la commission comportait de nombreuses erreurs, toutes en faveur du même dossier, celui que vous préconisez ce soir.

Ce qui est grave, c'est que ces erreurs portent sur des informations qui ont été déterminantes dans le choix du projet.

En effet, premièrement, le groupement showcase Kenclub proposait de créer trois bassins : un bassin découvert de 50 mètres, un bassin d?hiver de 33 mètres disponible toute la journée pour les Parisiens et riverains et, enfin, un bassin exclusivement réservé aux scolaires, associations et petite enfance qui ont besoin, comme je l?ai dit tout à l?heure, d'un minimum entre Boulogne et Paris de huit heures par jour.

Mais, en réponse à cet argument, M. VUILLERMOZ m'a répondu qu'il préférait le projet de Colony Capital, car celui-ci proposait un bassin de 25 mètres, contrairement au projet Kenclub G.T.M. showcase qui, lui, n'offrait qu'un bassin de 20 mètres, ce qui était, selon M. VUILLERMOZ, insuffisant et justifiait en soi le choix du projet Colony Capital.

Pourtant, une fois encore, après m?être procuré les originaux des dossiers, j'ai constaté avec étonnement que cette information était fausse, car le projet Kenclub proposait, lui aussi, un bassin réservé aux scolaires de 25 mètres et non de 20 mètres.

Ce sont donc sur de faux éléments que nous nous sommes déterminés.

Je précise, par ailleurs, que la lecture des réponses fournies par les candidats ne laisse aucune ambiguïté possible sur la compréhension de la longueur de cette piscine.

Deuxième élément, Mme Hidalgo, ainsi que d'autres élus, ont motivé leur choix sur la faible capitalisation du projet Kenclub G.T.M. showcase. Et pourtant, là encore, j?ai constaté une nouvelle erreur, puisque le dossier remis aux membres de la commission précisait que le groupement G.T.M. Kenclub avait un apport en fonds propres de 10 %, alors qu'il était clairement précisé dans leur dossier que cet apport était de 16 %.

Une fois encore, nous avons été trompés.

Troisième point, l'investissement initial du groupement G.T.M. Kenclub showcase était de 250 millions d'euros, alors que l'investissement de Colony Capital est de 180 millions d'euros, soit une différence de 75 millions d'euros qui aurait été versée au crédit de la Ville de Paris et des Parisiens à l'issue du B.E.A.

A aucun moment, cette information n'a été communiquée.

Enfin, lorsque, tout comme Claude GOASGUEN, je me suis étonnée que le choix se porte sur un projet qui proposait des tarifs aussi exorbitants pour la piscine découverte - je le rappelle encore, 20 euros les deux heures -, on m?a répondu que les tarifs n'étaient pas un critère de choix.

Pourtant, les tarifs de la piscine couverte que Valérie SACHS a évoqués tout à l?heure qui, ceux-là, sont effectivement raisonnables, étaient clairement mentionnés à la fois dans la présentation PowerPoint et dans le dossier qui a été remis à tous les membres de la commission.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Madame HOFFENBERG, je vais vous inviter à conclure ; pardonnez-moi.

Mme Valérie HOFFENBERG. - ? alors que ceux de la piscine découverte, dont les prix exorbitants devaient peut-être mettre mal à l?aise les auteurs du dossier, ont été soigneusement occultés.

Je voudrais, pour conclure, dire aussi que je m'étonne que la Mairie de Paris, qui s'est engagée lors d'un précédent Conseil de Paris à mettre en place un "small business act" à la française, ait privilégié, pour ce dossier, un fonds spéculatif immobilier américain plutôt qu?un groupement soutenu par un groupe français, G.T.M., qui a fait le choix délibéré de s'adosser à des P.M.E. parisiennes spécialisées dans les domaines sportifs et culturels.

Alors, mes chers collègues, Monsieur le Maire, permettez-moi de m'étonner de ces pratiques et, je souhaiterais comprendre, doit-on expliquer ces erreurs par de l'incompétence ou par d'autres motifs et, si c'est le cas, lesquels ?

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Je vous invite à conclure, Madame ; vous avez largement dépassé votre temps de parole.

Mme Valérie HOFFENBERG. - Excusez-moi, j?ai juste une conclusion de deux lignes.

Concernant le dossier lui-même, si le projet de Colony Capital devait être choisi, je souhaite que la Ville exige une baisse des tarifs et suggère l'ouverture d'un troisième bassin destiné aux scolaires, ce qui permettrait ainsi aux Parisiens de pouvoir au moins utiliser la piscine couverte.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. GOASGUEN, qui en profitera pour présenter le v?u n° 50, que j'invite, comme l'ensemble des collègues inscrits, à respecter le temps maximum de cinq minutes.

Je suis désolé de vous le rappeler à cette heure tardive.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Après ce qui a été dit, il faut essayer de résumer le problème de Molitor.

Tant mieux, pour une fois, après 20 ans de problèmes administratifs et politiques, Molitor va enfin apparaître.

Je vous rappelle quand même que dans cette affaire, à la fois Jack LANG et Mme TASCA avaient classé la piscine Molitor uniquement pour empêcher les projets de reconstruction qui étaient envisagés par la majorité du Conseil de Paris, le gouvernement étant détenu par des partis de gauche.

On ne peut donc pas dire que Molitor ait toujours suscité un grand enthousiasme dans les bancs de la majorité actuelle.

Et d'ailleurs, nous avons eu beaucoup de mal à faire déclasser par Renaud DONNEDIEU de VABRES la piscine Molitor pour permettre, quelques années plus tard, au Maire de Paris de tenir ses engagements qui étaient pris dès 2001. On est en 2008, la piscine sortira, je l'espère, en 2010 ; neuf ans, c'est tout à fait convenable. Après 20 ans de procédure, ma foi, il ne faut pas s'en plaindre.

C'est la raison pour laquelle, fondamentalement, nous ne voterons pas contre, mais très franchement, on a perdu quand même au passage beaucoup de choses.

D?abord, on a fait cette piscine a minima. Je le dirai d?autant mieux que je n?en rends pas responsable la majorité municipale, mais en grande partie la fermeture de l'Architecte des Bâtiments de France qui, de ce point de vue, a été tout à fait impitoyable, comme à l?accoutumée.

Cela étant, on aurait tout de même pu trouver quelques solutions qui auraient permis de faire de cette piscine autre chose qu'un espèce d'aquarium du Trocadéro bis qui m'inquiète beaucoup.

Il n'y a que deux bassins, comme l?a très bien expliqué Valérie HOFFENBERG tout à l'heure, le deuxième étant quasiment indisponible pour le particulier à juste titre, puisqu'il faut une piscine pour les associations et pour les étudiants, très bien.

Sur l'autre piscine, que va-t-il se passer ? Vous paierez pour deux heures 20 euros et la journée 60 euros. Objectivement, 60 euros par personne pour aller passer une journée à la piscine, lorsqu?on a une famille de deux ou trois enfants, même dans le 16e arrondissement qui n?est pas le plus démuni, cela fait tout de même la bagatelle de 200 euros par jour minimum.

On va peut-être y aller une fois ou deux mais on finira par aller se faire bronzer ailleurs.

Je crains fort que la piscine Molitor, avec de tels tarifs, ne soit condamnée comme l'aquarium du Trocadéro à voir des cars de Japonais ou de Chinois en vacances avec appareils photos, venir passer une journée au sein de la piscine Molitor comme quelque chose qui les ferait penser aux années trente de la France reconstituée et partir le soir.

Le résultat financier ne sera pas particulièrement à la hauteur de nos espérances, ni non plus un résultat social qui aurait pu convenir à la piscine Molitor.

C'est la raison pour laquelle, très franchement, je trouve que l'on a raté une occasion. C'est mieux que rien, car je commence à avoir l'habitude : finalement mieux vaut prendre, quitte à faire évoluer que de ne pas prendre du tout, car on va encore s?en attraper pour dix ans ou vingt ans de classement ou de sur-classement.

Cela étant, le choix qui a été fait n'est pas un bon choix. Je crois que l'on n'aurait pas du faire un B.E.A., un partenariat public privé sur la piscine Molitor.

J'avais d?ailleurs suggéré, mais je ne reviens pas sur un débat précédent, qu?on fasse plutôt du partenariat dans la rue en face, sur Jean-Bouin et que la Ville de Paris consacre 40 millions d?euros, dont elle semble disposer, sur d'autres équipements ou pour une piscine qui aurait pu être plus largement ouverte au public.

Le choix a été différent. C'est un peu gênant de savoir que Colony Capital, ce n'est pas moi qui le dis, je ne fais que répéter de manière à ce que l'on ne me considère pas comme nauséabond, est un fonds spéculatif américain.

M. VUILLERMOZ appréciera. Il donne la possibilité à un fonds spéculatif américain de gérer une piscine.

Ce n'est pas gênant. Ce n'est pas nauséabond, je vous le garantis.

Faisandé pardon.

Pour le faisandé d?ailleurs, je m'inquiète que Mme Anne HIDALGO ne soit pas là. Pourquoi n?est-elle pas là ?

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Inquiétez-vous vite car vous arrivez au terme de vos cinq minutes.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Selon moi, elle doit recompter les bulletins du Parti socialiste. Cela doit l'occuper effectivement.

Fermons la parenthèse. On va voter.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Laissez M. GOASGUEN conclure, s'il vous plaît.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. J'étais à la Commission.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Je vous invite à conclure.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Je vous dis que les propos de Valérie HOFFENBERG étaient exacts de A à Z.

Cela ne m?empêchera pas de voter pour, parce qu?un tiens vaut mieux que deux tu l'auras.

Cela étant, je vous conseille, si vous voulez que la piscine Molitor ne soit pas, sur le plan financier, une épouvantable catastrophe comme va l'être l'aquarium du Trocadéro, de bien vouloir inciter le fonds spéculatif américain, cher à M. VUILLERMOZ, à diminuer ses prix.

20 euros pour deux heures et 60 euros pour la journée, ce n'est pas possible.

C?est la raison pour laquelle j'ai déposé ce v?u, invitant un fonds spéculatif à gagner moins d'argent. M. Jean VUILLERMOZ, vous devriez être favorable à cette solution.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Jean-Yves MANO.

M. Jean-Yves MANO, adjoint. - Dans cette ambiance presque consensuelle de fin de journée de Conseil de Paris, on peut tous se réjouir effectivement de voir enfin la piscine Molitor après 20 ans de fermeture renaître avec un projet ambitieux et qui dépasse, il est vrai, la notion de piscine municipale.

Il n'a jamais été question dans le projet étudié d'avoir un concept qui ressemble à une piscine municipale.

Oui, il y a un bassin destiné aux scolaires mais nous sommes dans une recherche d'un autre concept que l'on trouve plus fréquemment dans les pays du Nord ou de l'Est, autour de la notion de l'eau avec Spa et tout ce qui est lié au confort aujourd'hui, concept développé fréquemment donc dans ces pays et qui est une innovation à Paris. Il trouvera naturellement sa place dans le marché du bien-être.

Selon l'image qu'ont les personnes de la piscine Molitor et qui dépasse largement les frontières du 16e arrondissement, ce projet trouvera naturellement sa place dans les produits comparables, à un tarif certes qui peut paraître relativement élevé mais qui, en même temps, si on le compare aux abonnements de clubs sportifs environnants, se situe dans la fourchette mentionnée.

Félicitons-nous de voir renaître la piscine Molitor après trois ans à quatre ans de travail en lien avec le Ministère de la Culture et l'architecte des Bâtiments de France, avec l?ensemble des éléments d?analyse des bétons, sortons de ce dilemme et réjouissons-nous de voir cette piscine renaître de ses cendres.

Nous serons ravis de la voir le plus rapidement possible.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Pour répondre à l'ensemble des orateurs, la parole au suppôt du grand capital américain, Jean VUILLERMOZ.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

La Municipalité parisienne tient ses engagements de faire revivre la piscine Molitor laissée à l'abandon, il faut le dire, Monsieur GOASGUEN, pendant plus de deux décennies.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Ce n'est pas de notre faute.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, rapporteur. - Comment ça cela n?est pas de votre faute ?

Qu?elle soit classée cela me parait normal et légitime, personne ne revient là-dessus, je vais y revenir mais vous n?avez rien fait.

Cette volonté forte s?est manifestée dès la précédente mandature par le lancement d'une étude approfondie, financée par la Ville et menée par le cabinet Ernst & Young et notamment l?architecte Jean-Paul PHILIPPON, entre 2004 et 2006, pour déterminer les conditions de réhabilitation de cette piscine.

Cette étude a permis au Ministère de la Culture de préciser ses prescriptions architecturales et patrimoniales. Il est évident que réhabiliter cette piscine de la façon dont on va le faire et dont on est obligé de le faire coûte très cher.

Il a donc été proposé de réhabiliter cette piscine par un bail emphytéotique administratif, un B.E.A. Cela permet à la Municipalité de conserver des financements pour construire d'autres piscines moins coûteuses dans d'autres arrondissements.

Cette réflexion s'est toujours effectuée dans un large esprit de concertation avec la ville de Boulogne, les élus du 16e arrondissement, les associations de riverains et de sauvegarde de la piscine et le monde de la natation au travers d'un Comité de concertation qui s'est réuni à de nombreuses reprises, la dernière réunion s?étant tenue le neuf octobre dernier.

Par ailleurs, les élus du 16e arrondissement étaient largement représentés au sein de la Commission spéciale, créée par la délibération du Conseil de Paris lors de la séance des 7 et 8 juillet 2008.

Le Maire du 16e arrondissement, Monsieur GOASGUEN, vous-même en étiez le vice-président.

Deux choses par rapport à ce qu'ont dit Mme HOFFENBERG et M. GOASGUEN.

Premièrement, vous devriez savoir que huit heures d'occupation d'une piscine par les scolaires est approximativement ce qui arrive partout dans toutes les piscines.

A partir de là, il est évident que les heures qui restent peuvent être allouées soit à des associations soient à des simples Parisiens qui viennent nager dans les piscines.

Il n'est pas complètement anormal de penser que les scolaires vont rester huit heures dans la piscine.

Deuxième chose par rapport à ce que disait Mme Valérie HOFFENBERG, je vous le dis franchement, attaquer les services de la Ville comme vous le faites, ce n'est vraiment pas bien.

Premièrement, ils ne peuvent pas vous répondre. De plus, en tant que membre de la Commission, vous aviez le loisir d?intervenir pour questionner dans la Commission les deux concurrents qui sont venus vous présenter le projet.

Vous parlez en plus d'incompétence Madame, mais sachez et regardez vos collègues, allez les interviewer peut-être, parlez avec eux, ils vous diront que les services de la Ville sont certainement parmi les meilleurs de la fonction publique territoriale.

Les attaquer de cette façon, Madame, je vous le dis, n?est pas correct.

La procédure du bail emphytéotique administratif ne permet pas à la Municipalité, vous le savez, de décider des tarifs appliqués par le futur gestionnaire.

Les tarifs envisagés ont donc été donnés à titre purement indicatif par les candidats.

En ce qui concerne les tarifs, vous l'avez dit, le tarif indicatif du bassin d?hiver mentionné dans le dossier Colony Capital SAS France est des 4,50 euros pour une entrée adulte et de 2,50 euros pour une entrée enfant. S?il est supérieur au tarif des piscines municipales, il est comparable au tarif de certaines piscines proches de Paris. Ainsi, l'accès d'un adulte au centre aquatique de Neuilly-sur-Seine est de 5,10 euros, à la piscine de Boulogne, de 4,20 euros et à Bordeaux de 4,20 euros également.

Les tarifs de la piscine d'été n'ont pas été occultés, Madame. Ils étaient dans les documents que vous avez eus. C'est-à-dire que les 60 euros par jour, Madame,? écoutez-moi ! Les 60 euros par jour et les 20 euros pour deux heures étaient dans le document. Mais je vous ferai remarquer que les propositions de G.T.M., même si elles étaient moins élevées, correspondaient aussi à des tarifs chers.

Les familles parisiennes pourront donc raisonnablement avoir accès au bassin d?hiver de la piscine Molitor. C'est une piscine supplémentaire qui aura été construite à Paris dans le 16e arrondissement, à laquelle les gens pourront accéder de façon convenable.

De même, la procédure du bail emphytéotique administratif ne permet pas à la Ville d'imposer dans le contrat un nombre de créneaux horaires réservé aux associations et aux scolaires. Toutefois, le candidat s'est engagé à réserver à ces catégories d'utilisateurs des créneaux, et la Ville veillera à ce que les enfants des écoles et les associations locales puissent trouver dans cette piscine un lieu d'apprentissage et d'entraînement.

Enfin, le contrat de bail emphytéotique prévoit les modalités de contrôle de la Ville de Paris, notamment au travers de la transmission d'un certain nombre de documents par l'intermédiaire du contrôle annuel comptable et du contrôle de l'état des biens. Cet équipement n'étant pas un équipement inscrit à l'inventaire de la mairie du 16e arrondissement, le suivi de ce contrat ne peut être assuré par une commission composée d?élus de cet arrondissement, c'est pour répondre à votre v?u, Monsieur GOASGUEN.

Cela dit, je m'engage, en fonction des documents que nous aurons, à ce que tout le monde soit associé pour vérifier comment les choses se passent.

Je vous demande donc, soit de retirer votre v?u, soit j'appellerai forcément à voter contre et je vous propose de délibérer favorablement sur ce projet de délibération.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste, radical de gauche et apparentés, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup pour cette mise au point très argumentée.

Monsieur GOASGUEN, maintenez-vous votre v?u ?

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Bien sûr, je souhaite...

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Je ne vous ai pas redonné la parole, pardonnez-moi. Allez-y rapidement, s?il vous plait.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Je suis maire du 16e.

Je souhaite que l'on baisse les prix, et je souhaite que la Mairie fasse tout son possible pour que dans le bassin d'été, je ne parle pas du bassin d?hiver? je répète pour éviter toute ambiguïté, je me félicite que les élèves et les associations aient la possibilité d'avoir une piscine d'hiver supplémentaire.

Simplement, je dis que sur le bassin d'été, nous souhaitons véritablement que la Mairie de Paris pousse Colony Capital à diminuer ses tarifs horaires et ses tarifs de journée. C'est simplement le v?u que je dépose. Si vous ne l'acceptez pas, franchement, je trouve que vous cédez bien facilement à la comptabilité de Colony Capital, je le regrette, et bien entendu, je maintiens mon voeu.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - J'ai deux demandes d'explication de vote de MM. CONTASSOT et POZZO di BORGO.

M. Yves CONTASSOT. - Nous avons commencé notre journée par parler de la remunicipalisation de l'eau potable, et évidemment, la droite a voté contre et c?est normal ; nous avons voté pour, et c?est normal.

Ce soir, il s'agit de privatiser de l'eau, certes non potable : la droite votera pour et en cohérence, nous voterons contre.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Yves POZZO di BORGO, pour une explication de vote.

M. Yves POZZO di BORGO. - Notre représentante était au sein de la Commission, elle a donc voté pour ce projet et nous la soutenons.

Je crois qu'un des éléments importants est que ce projet ne coûtera rien à la Ville. Alors, je soutiendrai également l'amendement de M. Claude GOASGUEN sur le prix du bassin d'été. Et je m'interroge d'ailleurs, je m'adresse à M. VUILLERMOZ, s'agit-il d'une piscine ou d'un spa ? Si c'est une piscine, 20 euros, c?est un peu cher, mais si c?est un spa avec hydrojet et autres, je comprends que ce soit 20 euros par heure.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Monsieur VUILLERMOZ, vous avez la parole, rapidement.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, rapporteur. - Je trouve tout de même qu?un certain nombre de conseillers, permettez-moi de le dire très simplement, charrient un peu.

Quand il s'agit d'une mise en concurrence, Monsieur GOASGUEN, vous me demandez quelque chose que vous savez que je ne peux pas faire !

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Mais si !

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, rapporteur. - Non ! Je ne peux pas le faire car on ne peut pas dans un B.E.A. mettre la notion de prix et de coût pour des créneaux ou pour le prix d'entrée. Vous savez que je ne peux pas le faire. Après, on verra comment les choses se passeront mais à un moment donné, vous savez que je ne peux pas le faire mais vous le demandez quand même. Donc, ce n'est pas tout à fait normal.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons aux opérations de vote.

En premier lieu, je mets aux voix, à main levée, le voeu dont M. Jean VUILLERMOZ a démontré qu'il était illégal, mais qui est maintenu par son auteur assorti d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le voeu est repoussé.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 432.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DJS 432).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Chers collègues, la séance est suspendue pour ce soir et reprendra demain à 9 heures.