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Janvier 1998
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Conseil Municipal
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28- 1997, DLH 130 - Octroi de la garantie de la Ville de Paris pour le service des intérêts et l'amortissement d'un emprunt à contracter par la société anonyme d'H.L.M. " l'Habitation confortable " en vue du financement d'un programme de construction comprenant 18 logements locatifs aidés et 18 places de stationnement situé 53, rue des Pyrénées (20e). - Participation de la Ville de Paris au financement de cette opération. - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec ladite société un bail à caractère emphytéotique portant location du terrain communal situé 53, rue des Pyrénées (20e).

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1998



1997, DLH 331 - Autorisation à M. le Maire de Paris, d'une part, de déposer le permis de démolir et, d'autre part, de consentir le moment venu le dépôt par la S.G.I.M. d'une demande de permis de construire en vue de la construction de logements très sociaux sur un terrain situé 48, rue des Pyrénées (20e).
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DLH 130 relatif à l'octroi de la garantie de la Ville de Paris pour le service des intérêts et l'amortissement d'un emprunt à contracter par la société anonyme d'H.L.M. " l'Habitation confortable " en vue du financement d'un programme de construction comprenant 18 logements locatifs aidés et 18 places de stationnement situé 53, rue des Pyrénées (20e).
La parole est à Mme SCHNEITER.
Mme Laure SCHNEITER. - Si vous le permettez, je ne ferai qu'une seule intervention pour les projets DLH 130 et DLH 331.
Vous prévoyez la construction de 18 P.L.A. au 53, rue des Pyrénées et, juste en face, au 48 rue des Pyrénées, un immeuble de logements très sociaux.
Je ne conteste pas la nécessité de construire des logements en général et des logements sociaux ou très sociaux en particulier, car nous connaissons tous les besoins pour de nombreuses familles de trouver un logement décent.
Toutefois, je m'étonne que ce soit toujours l'Est parisien qui doive accueillir les logements sociaux. Certains quartiers sont systématiquement visés, entraînant un manque de diversité de la population préjudiciable à l'équité et à la paix sociale.
Je vous demande d'examiner chaque projet de construction avec ce souci de diversification dans les quartiers et de privilégier parallèlement la réhabilitation des immeubles anciens plutôt que la démolition/reconstruction. Je m'abstiendrai donc sur ces deux projets.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Mme SCHNEITER étant intervenu, la parole est à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Le 24 juin 1996, notre Assemblée a autorisé la cession de ce terrain à la Ville de Paris par le Diocèse de Paris, en échange de droits à construire sur une parcelle du 15e arrondissement pour un projet d'église très contesté, baptisé Notre Dame de la discorde par les riverains.
J'étais alors intervenu pour dénoncer la politique immobilière de l'Archevêché et des promoteurs, et pour souligner les qualités et le potentiel du jardin et des bâtiments du 48 rue des Pyrénées, rue des Grands champs et 37 à 39, rue des Maraîchers dans le 20e arrondissement.
Aujourd'hui, pour sceller l'alliance du béton et du goupillon, vous voulez perversement détruire une chapelle, démolir la chapelle Saint-Sauveur, fondée en 1900 par les religieuses de Niederbaum.
Vous nous avez d'ailleurs, Monsieur le Maire, benoîtement exposé en juin 1996, je vous cite, que " cette chapelle apparemment ne présente pas une grande valeur architecturale ". Nous avions apprécié le très jésuite " apparemment ".
Avec cet " apparemment " pour tout viatique, quel bâtiment parisien ne serait pas menacé !
A cette époque, cet ensemble bâti fonctionnait à merveille puisqu'il accueillait une maison pour étudiants autour de la petite chapelle. Mais aujourd'hui, tout est déserté, muré...
Cet espace de charme comporte en fait une maison R + 1 + combles en bon état sur la rue des Pyrénées, une chapelle et un jardin mystérieux délimité par un mur en pierre de taille, pardessus lequel on peut apercevoir une végétation dense, dont trois arbres de haute tige, l'un d'eux étant particulièrement développé.
Cet ensemble constitue indéniablement un élément remarquable de ce quartier faubourien, où se côtoient maisons et bâtiments de faibles hauteurs de 1 à 4 étages, particulièrement sur la rue des Maraîchers, secteur malheureusement menacé par la promotion immobilière, notamment de la S.E.M.I.D.E.P. De cela la Ville voudrait une fois de plus faire table rase et imposer un projet de construction de logements. Certes, il s'agit de P.L.A-T.S. qui font défaut à Paris, mais n'y a-t-il pas pour cela des friches à utiliser dans ce quartier ?
Par ailleurs, pourquoi ne pas conserver la spécificité de ce site et aménager les logements P.L.A-T.S. dans le bâtiment sur rue qui accueillait déjà des logements étudiants ? Il suffirait alors d'ouvrir le jardin de proximité au quartier pour faire de cet ensemble un projet exemplaire ! Mais le bâtiment pourrait tout aussi bien accueillir un petit équipement de quartier, une crèche ou une bibliothèque, par exemple ouvert sur le jardin. Composer avec l'existant, préserver et mettre en valeur le patrimoine, faire un urbanisme de proximité, ces mots seraient-ils définitivement bannis de votre vocabulaire, Monsieur le Maire ?
Pourquoi donc un mauvais projet lorsqu'on peut en faire un bon ? Votre goût immodéré d'une géométrie simplette en serait-il la raison ?
Il y a quelques mois encore, le 48 rue des Pyrénées faisait écho au n°53, une autre dent creuse à R+2 située juste en face. Mais cette dernière vient d'être démolie pour la construction d'un immeuble. A votre phobie pour les dents creuses, s'ajoute donc un goût monomaniaque pour la symétrie qui vous empêche de préserver le bâtiment du 48, rue des Pyrénées, désormais seul contre tous le long de cette rue.
Mais surtout, Monsieur le Maire, lors du Conseil du 24 juin 1996, vous aviez pris sur cette affaire un engagement solennel.
Monsieur LEGARET, en sa double qualité de Président de séance et de rapporteur avait déclaré : " C'est une chapelle qui apparemment ne présente pas une grande valeur architecturale ou historique, mais en toute hypothèse je dois vous dire que s'agissant d'une affaire de cette nature, elle sera, comme c'est la règle, soumis à la Commission du Vieux Paris dans laquelle siègent, comme vous le savez, des autorités très qualifiées et reconnue, qui se prononceront sur la valeur historique et architecturale de cette chapelle ".
Cet argument frappé au coin du bon sens, sinon frappant, doit être honoré. Or la Commission du Vieux Paris n'a jamais été saisie de ce permis de démolir.
Vous vous devez, Monsieur le Maire, d'honorer votre propre parole, sauf à désavouer votre adjoint, Monsieur LEGARET. Sauf à considérer qu'il parle pour ne rien dire, ce qui serait intolérable.
Aussi, je vous demande de retirer ce projet de l'ordre du jour, afin que ce projet de démolition puisse être soumis à la Commission du Vieux Paris pour avis puisque vous nous dites que c'est la règle. Il serait même souhaitable que cette commission puisse intervenir en amont, avant même l'autorisation délivrée par notre Conseil, afin de pouvoir éclairer nos débats et sensibiliser les riverains.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - La parole est à M. BULTÉ pour répondre sur les projets DLH 130 et DLH 331.
M. Michel BULTÉ, adjoint, au nom de la 6e Commission. - Les deux orateurs n'ont pas évoqué tout à fait les mêmes sujets. En ce qui concerne Mme SCHNEITER et sa volonté de promouvoir les réhabilitations, je lui communiquerai que le Maire de Paris a souhaité dans sa nouvelle politique d'urbanisme privilégier largement la réhabilitation des immeubles. D'ailleurs, dans le 20e arrondissement, tout le programme de Belleville est à l'heure actuelle soumis à un examen attentif, en vue de sauver un grand nombre d'immeubles dans ce secteur et, en accord avec les associations, le Maire du 20e arrondissement et l'ensemble des élus du 20e, une grande étude est lancée. Nous avons d'ailleurs pu en faire le point très récemment.
En ce qui concerne les logements sociaux, Madame SCHNEITER, oui, effectivement, c'est du P.L.A. Je crois que là encore, avant de le présenter à notre Conseil, ce projet a été soumis aux élus de cet arrondissement et, d'ailleurs, les deux projets de délibération de ce soir ont été votés dans le 20e arrondissement à l'unanimité des élus. Donc, il y a eu, bien entendu, une concertation en amont sur ces dossiers.
En ce qui concerne M. BLET, je lui dirai que je suis également pour la séparation du goupillon et du béton, d'une manière farouche ! C'est vrai. Mais dans le projet que vous évoquez, il est normal que notre Assemblée puisse se prononcer d'abord sur l'autorisation de la Ville pour déposer le permis de démolir. Et, pour faire en sorte que la parole de M. LEGARET soit respectée (vous savez combien je suis attaché aux propos que tient mon ami Jean-François LEGARET dans cette enceinte), il n'est pas question que la Commission du Vieux Paris ne soit pas consultée dans cette affaire.
Par contre, pour la consulter sur un permis de démolir, il faut d'ores et déjà que notre Assemblée autorise à déposer ce permis de démolir. Donc, si notre Assemblée nous autorise à déposer ce permis de démolir, dès son approbation, c'est-à-dire dès demain matin, je ferai en sorte que M. LEGARET respecte sa parole puisque nous saisirons immédiatement la Commission du Vieux Paris.
Voilà ce que je voulais vous dire, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci, Monsieur BULTÉ.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 130.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme SCHNEITER et M. REVEAU s'étant abstenus. (1997, DLH 130).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 331.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mme SCHNEITER et M. REVEAU s'étant abstenus, Mmes SCHERER, SILHOUETTE et M. BLET ayant voté contre. (1997, DLH 331).