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Janvier 1998
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Conseil Municipal
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56- QOC 98-24 Question de Mmes Gisèle MOREAU, Martine DURLACH, MM. Michel TUROMAN, Henri MALBERG et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris sur le comité des sans-logis.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1998



M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - La question suivante, adressée à M. le Maire de Paris, est relative au comité des sans-logis.
En voici la teneur :
" Avec le Comité des sans-logis, de nombreuses personnes sans domicile sont allées, durant tout le mois de décembre, à la rencontre des Parisiens, sur les lieux publics. L'initiative qu'ils ont prise de " marches des sans-logis pour les droits et contre l'exclusion " a suscité de la sympathie parmi ceux qui vivent et travaillent dans la Capitale.
Leurs revendications, visant à assurer à tous les droits élémentaires à avoir un logement, à se soigner, à disposer d'un minimum de ressources en attendant de retrouver un travail, rencontrent un écho favorable parmi la population.
Comme ils le souhaitaient, les sans-logis ont été reçus au Ministère de l'Emploi et de la Solidarité, mais aussi dans des mairies, y compris celles dirigées par des élus de droite, comme à Neuilly-sur-Seine ou Levallois-Perret.
A Paris, une fin de non-recevoir leur a été opposée. La Capitale comporte pourtant un grand nombre de personnes tombées dans une pauvreté extrême. La Municipalité ne saurait ainsi les ignorer.
En conséquence, Mmes Gisèle MOREAU, Martine DURLACH, MM. Michel TUROMAN, Henri MALBERG et les membres du groupe communiste demandent à M. le Maire de Paris de faire preuve d'écoute à l'égard de tous les administrés et, en particulier, de ceux qui sont aujourd'hui dans la plus grande détresse, en acceptant de recevoir une délégation des sans-logis. "
Je vous donne la réponse au lieu et place de Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint.
La prise en charge des personnes sans domicile relève de la compétence de l'Etat, en vertu des lois de décentralisation.
Néanmoins, on ne saurait sérieusement prétendre que la municipalité parisienne ignore les personnes en situation de pauvreté et pas davantage qu'elle manque d'écoute à leur égard.
En effet, depuis plusieurs années, au-delà de l'effort de construction de logements sociaux auxquels elle consacre des financements importants, la Ville de Paris a mis en oeuvre (avant même que l'Etat ait pris des initiatives dans ce domaine) un programme de mise à disposition de logements d'urgence et d'insertion au profit des plus démunis.
On rappellera que Paris est une des premières collectivités à avoir mis en place un Protocole d'Occupation du Patrimoine social pour favoriser l'accès au relogement des personnes défavorisées.
Par ailleurs, les permanences sociales accueillent les personnes sans domicile, les informent, les orientent et les accompagnent dans leurs démarches.
Ainsi, la capitale grâce à l'action de la Ville et des partenaires associatifs et institutionnels peut offrir jusqu'à 6.200 places d'hébergement et l'aspect qualitatif de son action ne cesse d'être amélioré en privilégiant la dimension humaine de l'accueil des personnes en difficulté.
Les nombreux équipements n'offrent pas seulement un toit, mais proposent aux personnes accueillies de bénéficier de soins médicaux et infirmiers, d'une orientation sociale et la possibilité, pour ceux qui le souhaitent, de s'engager dans un parcours d'insertion.
De plus, l'opération " le Coeur de Paris ", dispositif de distribution de repas dans les rues, remplit également une mission d'orientation vers les permanences sociales d'accueil ou les centres d'hébergements. L'hiver dernier, 21.000 repas ont été distribués par le " Coeur de Paris " qui s'ajoutent aux 406.000 repas servis dans les différents établissements gérés par le Centre d'action Sociale de la Ville de Paris.
Cependant, la Ville de Paris a souhaité aller au-delà et c'est ainsi qu'elle a conclu, avec l'Etat et la RATP, une convention en juillet 1996 qui l'a conduite à créer 9 Espaces Solidarité Insertion pour accueillir les personnes en situation de grande précarité dans la journée, leur offrir diverses prestations pour améliorer leurs conditions de vie au quotidien et les aider à faire valoir leurs droits sociaux.
Trois nouveaux Espaces Solidarité Insertion devraient être ouverts en 1998.
Enfin, la Ville de Paris poursuit le dialogue qu'elle a engagé depuis des années avec diverses associations. Ces dernières travaillent en étroite collaboration avec la Municipalité en assurant par exemple, pour le compte de la Ville, la gestion d'un certain nombre de logements d'insertion pour les plus démunis.
Mais, il convient de rappeler qu'aucun département d'Ile-de-France ne dispose d'un dispositif aussi complet que celui de Paris, ce qui entraîne un " appel d'air " qui met à la charge de la capitale des personnes relevant d'autres départements. C'est la raison pour laquelle il serait souhaitable qu'un schéma régional répartisse équitablement l'effort de prise en charge entre tous les départements d'Ile-de-France.