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Janvier 1998
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58- QOC 98-26 Question de MM. Pierre MANSAT, Michel TUROMAN, Jean WLOS et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris au sujet du pompage de l'eau de la nappe phréatique de l'Albien à des fins industrielles.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1998



M. Michel BULTÉ, adjoint, président. - Nous allons maintenant examiner la question posée par MM. MANSAT, TUROMAN, WLOS et les élus communistes à M. le Maire de Paris au sujet du pompage de l'eau de la nappe phréatique de l'Albien à des fins industrielles.
En voici le texte :
" La presse fait état de la volonté d'une grande entreprise de "pomper" l'eau de la nappe phréatique de l'Albien à des fins industrielles. Cette société exerce un chantage à l'emploi pour obtenir les autorisations.
Des délibérations ont été votées il y a quelques semaines, rappelant la particularité de cette nappe phréatique dont l'eau, très pure, ne se renouvelle pratiquement pas. Elle constitue donc une réserve pour Paris et l'Ile-de-France en cas de pollution grave des eaux de la région.
Cette entreprise possède en outre tous les moyens pour rendre techniquement utilisable l'eau de la Seine pour cette production, opération par ailleurs créatrice d'emplois.
Aussi, MM. Pierre MANSAT, Michel TUROMAN, Jean WLOS et les membres du groupe communiste demandent-ils à M. le Maire de Paris de bien vouloir leur indiquer quelle a été la prise de position de la Ville de Paris sur ce problème, dans les instances où ce projet a dû être débattu. "
M. Lucien FINEL, adjoint. - En effet, M. MANSAT a raison. La presse a fait état des intentions d'une entreprise de Corbeil-Essonne, que je ne citerai pas, d'aller puiser dans la nappe phréatique dite du NEOCOMIEN l'eau très pure nécessaire à ses besoins industriels. Cette nappe se situe à 700 mètres de profondeur, sous celle de l'Albien (400 mètres).
La Ville de Paris n'a été ni saisie de ce projet, ni consultée à aucun moment de la procédure suivie pour ce dossier dont l'instruction relève de la compétence de l'Etat. Il faut à ce sujet préciser que le projet en cause concerne le département de l'Essonne et non celui de Paris et que la nappe du NEOCOMIEN intéresse non seulement le sous-sol parisien, mais aussi celui de tous les départements limitrophes.
La Ville de Paris n'a pas compétence pour commenter les décisions du Préfet de l'Essonne, mais souhaite effectivement que, dans le souci d'une bonne protection des nappes profondes du sous-sol de l'Ile-de-France, le Ministre de l'Environnement se prononce très rapidement sur le fond de cette affaire.
M. Pierre MANSAT. - A ma connaissance, la Ministre de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement est intervenue pour faire connaître son opposition à ce projet. Avant qu'on lui demande son avis justement, je remercie M. FINEL de son opinion, je crois que la Ville de Paris ferait bien d'entreprendre les démarches puisque, effectivement, cette réserve d'eau très pure ne concerne pas seulement les habitants et les entreprises de l'Essonne, mais l'ensemble des Franciliens. Nous avons voté dans un récent Conseil de Paris une délibération visant à creuser des puits permettant d'utiliser cette eau en cas de catastrophe naturelle, avec toutes les précautions nécessaires.
Il serait tout à fait invraisemblable qu'une entreprise privée, I.B.M. pour ne pas la nommer puisse prétendre pomper cette eau en faisant un chantage à l'emploi, alors que par ailleurs, le travail sur l'eau de la Seine ou d'autres sources est tout à fait possible et ce serait aussi créateur d'emplois et permettrait à I.B.M. de fabriquer ses puces dans les meilleures conditions.