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Janvier 1998
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11- Question d'actualité de M. Georges SARRE, au nom du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Maire de Paris sur la politique menée en faveur des piétons.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1998



M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Nous passons à la question de M. SARRE, Président du groupe du Mouvement des citoyens. Vous avez 2,5 minutes, mon cher collègue. Je crois que c'est M. le Préfet qui vous répondra.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Ma question s'adresse au Maire de Paris et si j'ose dire en même temps au Préfet de police.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Vous voulez bénéficier de 5 minutes de réponse, autrement dit ?
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Non, ce que je vous dis est le bon sens même.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - M. PLASAIT étant présent, vous pouvez énoncer votre question.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Président, brièvement, la situation en matière de déplacements à Paris ne s'améliore pas. Je dirai même que le piéton, chaque jour, et nous sommes tous des piétons, est confronté à de nombreuses difficultés. Je crois que c'est seulement par une politique d'ensemble qu'en traitant le problème dans sa globalité, en diminuant l'espace réservé à l'automobile, en développant les transports collectifs, en prenant des initiatives fortes - la suppression des axes rouges qui sont, pour les piétons un réel danger - qu'il y aura possibilité d'améliorer les choses.
J'observe au passage qu'en ce moment, en particulier, mais cela est assez général, le stationnement n'est pas respecté, il est anarchique, on voit des voitures sur les passages cloutés, on voit des camions dans certains angles de rues qui cachent toute visibilité aux automobilistes. Bref, nous voyons qu'il y a beaucoup de difficultés.
C'est seulement si ce contexte est changé que pourra être efficacement conduite une politique d'aménagement physique de la voirie et de l'espace public destiné à donner aux piétons la place qui lui est due.
Pour cela, il faut étendre les quartiers tranquilles en superficie, en créant un réseau maillé de zones 30 qui sont trop rares et trop isolées, afin de renforcer la sécurité des piétons dans les quartiers, ce réseau devant prendre appui sur la colonne vertébrale que constituerait la couverture de la partie centrale des voies sur berges.
Une réelle amélioration de la situation nécessite une reconquête de l'espace public en faveur des piétons par la réduction de l'espace dévolu à l'automobile. Je pense en particulier aux Bois de Vincennes et de Boulogne. Un véritable plan d'élargissement des trottoirs et places publiques, d'équipement de la voirie doit être mis à l'étude, en concertation avec les associations concernées afin d'améliorer les conditions de déplacement des piétons et bénéficier à tous les secteurs où les problèmes se posent avec acuité.
Voilà, Monsieur le Maire, aussi brièvement que possible, ce que je voulais poser comme question de façon que des améliorations se fassent sentir progressivement. Merci.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Je vous remercie, Monsieur SARRE.
Monsieur PLASAIT, vous avez la parole.
M. Bernard PLASAIT, adjoint. - Monsieur le Maire, je suis heureux de voir que M. SARRE est en accord avec le Maire de Paris sur la politique qu'il convient de mener puisqu'il s'agit bien là de la politique du Maire de Paris, réaffirmée et renforcée par une présentation centrée sur ce qui est, je crois, ce personnage principal dans la ville, le piéton, car tous les citoyens sont à un moment ou à un autre piétons dans la ville.
Que leurs déplacements dans la ville, leurs déplacements importants se fassent par ce moyen ou par un autre, il faut quand même rappeler que 52 % de ces déplacements se font à pied à Paris. Et puis, quand ce sont des déplacements de proximité, même ceux qui utilisent un transport en commun ou une voiture automobile, sont des piétons. Il faut donc que l'on ait une politique, et c'est très exactement la politique annoncée par le Maire, qui tienne compte de ce personnage central.
Dans cette optique, de très nombreuses actions ont déjà été entreprises. A titre d'illustration, la création de voies et de zones piétonnes et de quartiers à accès contrôlé comme Montorgueuil sont des éléments de politique très forts.
La reconquête des trottoirs qui privilégient en effet la sécurité et le confort des usagers piétons, la protection près des écoles, la prise en compte des piétons dans les traversées grâce au système de régulation des feux, Surf 2000, la mise en place des quartiers tranquilles puisque, outre les quartiers déjà réalisés, il a été décidé par le Maire la création de dix quartiers tranquilles par an et mis en place dès cette année, l'opération " Paris-Piétons-Vélos " qui, le dimanche, offre aux piétons et aux cyclistes des espaces libérés des voitures...
Et puisque M. SARRE insiste sur l'importance de cette politique favorisant les déplacements du piéton et la qualité de vie du piéton, je voudrais lui dire que le Maire de Paris a très clairement indiqué qu'en 1998, cet effort sera considérablement amplifié. Les crédits affectés aux quartiers tranquilles seront très sensiblement augmentés. Il en sera de même pour la réfection des trottoirs.
Je pourrais donner des détails plus importants sur la politique qui est prévue pour améliorer encore le bon état des trottoirs, de telle manière que la sécurité et le confort des piétons soient en effet assurés, sur toutes les idées d'aménagement, et j'allais même dire de réaménagement de telle manière que par exemple les trottoirs soient le plus possible libérés du maximum des obstacles et amputations diverses.
On pourrait multiplier les exemples, mais il s'agit bien de la politique telle que le Maire l'a annoncée.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci, Monsieur PLASAIT.
Monsieur le Préfet de Police, vous avez la parole.
M. LE PREFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.
M. Georges SARRE a évoqué à l'instant, et ce propos a été repris par M. Bernard PLASAIT, la qualité de vie des piétons. M. Georges SARRE a évoqué en particulier la gêne qui tient à l'automobile, lorsque les choses se passent d'une manière anarchique dans la Capitale, ce qui peut être parfois le cas, en raison du comportement d'un certain nombre de conducteurs.
Je voudrais dire à cet égard, puisque l'occasion m'en est offerte à la suite de cette question d'actualité, très brièvement bien sûr puisque nous aurons l'occasion d'y revenir dans cette Assemblée, quelques mots de la réforme du corps des agents de surveillance de Paris.
La réforme des agents de surveillance de Paris fait suite, vous vous en souvenez, aux critiques qui ont été exprimées dans votre Assemblée au sujet de la diminution très importante du taux de respect du stationnement, de moitié en dix ans, qui faisait qu'en 1995, six automobilistes sur dix ne respectaient plus le droit de stationnement, qui est un droit général, au bénéfice de chacun.
Ainsi que je l'avais indiqué lors de l'examen du budget spécial de la Préfecture de police, le 25 mars 1997, il était donc nécessaire que des mesures à court terme, que j'avais prises pour remédier à cette détérioration du service et répondre à l'attente de certains d'entre vous, soient complétées par une réforme d'ensemble.
Cette réforme a été étudiée tout au long de l'année 1997, et elle a fait l'objet d'une concertation approfondie.
Dans le cadre de cette réforme, il est proposé de modifier les horaires de travail, d'une part en allongeant la durée effective de présence sur la voie publique des deux brigades qui existent actuellement, et, d'autre part, de créer une troisième brigade qui couvre la période de 9 heures 30 à 17 heures 30, qui est une période très sensible.
Je souligne que la durée hebdomadaire du travail effective des A.S.P. est actuellement de 28 heures et qu'elle passera en moyenne de 28 heures à 31 heures 15.
Je souligne aussi que la modification des horaires n'est qu'un des éléments de la réforme d'ensemble proposée puisque, par ailleurs, sont prévus un nouveau statut et une nouvelle grille indiciaire comportant la création d'une hiérarchie interne au corps des agents de surveillance de Paris, ainsi qu'un règlement d'emploi définissant de façon précise les droits et les obligations des agents de surveillance de Paris qui remplissent, est-il besoin de le souligner, un rôle tout à fait essentiel dans la qualité de vie de la Capitale.
Aucune prime n'est supprimée, contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là. Seules sont modifiées les règles d'abattement en cas d'absence pour éviter certains abus qui ont été constatés.
J'ajoute que l'amplitude plus grande du travail demandée aux agents de surveillance de Paris, avec des horaires qui tiendront largement compte de la pénibilité du travail de voie publique, trouvera donc, et je le souligne une nouvelle fois, en contrepartie une amélioration statutaire et indiciaire importante.
Enfin, contrairement à ce que l'on a pu entendre parfois à l'extérieur de cette assemblée, cette réforme indispensable des horaires de travail n'aboutira pas à remettre en cause les avantages acquis.
Lorsque le Conseil supérieur des Administrations parisiennes se sera prononcé, et il doit se réunir le 27 janvier, je présenterai donc dans le détail au Conseil de Paris, lors d'une prochaine réunion, les dispositions de cette réforme, qui est indispensable pour en renforcer l'efficacité et pour améliorer la circulation et le stationnement dans Paris, et donc la qualité de vie des piétons.
Je vous remercie de votre attention.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci.