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Janvier 1998
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13- Question d'actualité de M. MALBERG, au nom du groupe communiste, à M. le Maire de Paris relative aux problèmes soulevés légitimement par le mouvement des chômeurs.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1998



M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Nous passons à la question de M. MALBERG, à qui je donne la parole.
M. Henri MALBERG. - Tout compte fait, je regrette que la question des chômeurs se soit noyée dans le débat général sur le budget ce matin. Il aurait été préférable qu'un point à l'ordre du jour permette à chacun de s'exprimer et que le souffle qui passe sur le pays et Paris à propos du chômage trouve sa place au Conseil de Paris.
Au nom du groupe communiste et avant d'en venir à notre proposition de dégager trente millions pour une aide immédiate supplémentaire aux chômeurs, je voudrais faire une réflexion.
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Je vous prie de m'excuser, je demande à chacun d'écouter avec attention les auteurs et les adjoints qui répondent aux questions.
M. Henri MALBERG. - Merci. Encore plus dans les Bouches-du-Rhône et, chaque jour, des décisions de ce type se prennent.
Nous proposons que ces 30 millions soient pris sur les crédits d'insertion non utilisés en 1997. Chacun sait qu'en 1996 ces crédits avaient été de 38 millions, correspondant à 13 % des sommes prévues. Nous savons que ces sommes sont reportables d'une année sur l'autre mais autant que ces sommes-là servent à soulager dès maintenant des souffrances.
J'ajoute, pour conclure, que cette mesure exceptionnelle prend place, aux yeux des élus communistes, dans un ensemble qui comporte :
1) le renoncement à toute diminution d'emploi dans le budget de la Ville de 1998 ;
2) le développement de l'emploi pour un meilleur service public et la réponse aux besoins non satisfaits de service de proximité au contact des Parisiens et des plus démunis, besoins dans les crèches, les écoles et les services sociaux ;
3) l'activation de la mise en place du dispositif emplois jeunes ;
4) l'examen de mesures de soutien spécifiques permettant un développement de l'emploi à Paris et, notamment, la mise à plat des mécanismes d'insertion.
Je rappelle que, parmi les 60.000 R.M.I.stes de Paris, seulement quelques centaines, chaque année, bénéficient d'un emploi.
Je vous remercie de m'avoir donné une minute de plus. Cela en valait la chandelle et j'espère une réponse différente de " on a déjà donné ".
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci, Monsieur MALBERG.
La parole est à Mme CATALA.
Mme Nicole CATALA, adjoint. - Je crois que nous sommes tous sensibles à la situation des chômeurs que vient d'évoquer M. MALBERG, et sensibles en particulier au désarroi des chômeurs de longue durée dont nous entendons en ce moment les appels.
Mais, Monsieur MALBERG, vous semblez oublier que les politiques de l'emploi et les réponses à apporter aux demandes des chômeurs relèvent essentiellement de l'Etat, c'est-à-dire du Gouvernement. Eh oui, c'est une réalité institutionnelle que nous ne saurions méconnaître.
Il est vrai qu'en ce moment le Gouvernement paraît particulièrement embarrassé, tiraillé qu'il est entre les orientations de son chef et les croche-pieds qu'essaie de lui faire, ici ou là, la gauche de sa majorité composite.
Mais au-delà de ce constat politique d'ensemble, je voudrais dire à M. MALBERG que la Ville de Paris n'est pas restée les bras croisés, si je puis dire, devant l'évolution de l'emploi dans notre Capitale et qu'il faut rappeler deux types d'action qu'elle conduit et qu'elle développe en faveur des sans emploi, d'une part des actions de fond qui constituent sa politique de l'emploi, d'autre part des actions d'urgence.
Pour ce qui est des actions de fond, je voudrais ici rappeler que la Ville a mise en oeuvre, depuis une dizaine d'année, un plan départemental de formation qui est particulièrement efficace, vous le savez, et qui permet chaque année à plusieurs milliers de personnes, à plusieurs milliers de Parisiens, de retrouver un emploi puisque le taux d'insertion que nous obtenons pour ces stagiaires est de près des deux tiers.
La Ville a aussi épaulé, depuis deux ans, les entreprises d'insertion en leur donnant accès, notamment, aux directions techniques de la Ville, qui peuvent leur passer des commandes et on a ainsi sauvé un certain nombre d'entreprises d'insertion.
La Ville va vous proposer très prochainement un dispositif de lancement des emplois jeunes dans le cadre des textes récents.
La Ville a mené aussi un travail de solidarité particulièrement efficace en faveur des R.M.I.stes puisque 80 % des personnes qu'elle emploie en contrat emploi solidarité sont des R.M.I.stes alors que la moyenne nationale pour ce type de contrat est bien inférieure, vous le savez, et de l'ordre de 30 %.
On ne peut donc pas dire que la Ville délaisse les plus défavorisés des demandeurs d'emploi.
J'ajouterai que, plus récemment, la Ville a lancé une opération qui se révèle fructueuse et efficace, de prospection des emplois dans plusieurs arrondissements. Cette opération de prospection a permis de déceler, de détecter un millier d'emplois qui sont en voie d'être, pour beaucoup, pourvus. Je crois que dans les semaines qui viennent, nous arriverons à avoir donné un travail à près de 800 demandeurs d'emploi parisiens.
Je crois, Monsieur MALBERG, que ce sont des efforts qui s'inscrivent dans la durée mais qui sont des efforts efficaces. Ce n'est pas un emplâtre sur une jambe de bois, ce sont des efforts, c'est une politique en profondeur et dans la durée.
Parallèlement à cette politique de moyen terme, la Ville s'est efforcée de répondre à la demande d'urgence qui s'est manifestée ces dernières semaines. Elle a pris acte de ce que le Gouvernement a décidé de créer un fonds d'urgence sociale, qu'il a doté d'1 milliard et qu'il a annoncé, le 12 janvier, que sur ce milliard, 38 millions de francs seraient destinés aux chômeurs de Paris.
La Ville a donc commencé à coopérer avec la Préfecture pour mettre en oeuvre ce dispositif à travers les services sociaux parisiens.
Dès le 8 janvier, la Ville avait d'ailleurs pris les devants, en quelque sorte, en invitant un certain nombre de demandeurs d'emploi, de personnes en situation de grande précarité - vous les avez évoqués tout à l'heure - à rencontrer un travailleur social dans l'arrondissement de leur domicile car nos services souhaitaient apporter aussi rapidement que possible une réponse à ces personnes en grande difficulté.
Depuis lors, une réunion a eu lieu, vendredi dernier, avec le Préfet, avec le directeur de la D.A.S.E.S. et il a été décidé que les aides du fonds d'urgence sociale devraient s'inscrire dans une approche qui serait à la fois personnalisée, puisque chaque demandeur d'emploi de longue durée sera reçu, écouté individuellement, mais aussi globale puisque toutes ses difficultés, tous ses problèmes seront examinés et qu'on l'aidera à les surmonter, à les résoudre.
Cette aide ne se substituera pas aux aides existantes. Nous entendons, en effet, apporter le concours de la Ville à une action sociale qui soit sérieuse, qui soit efficace dans le temps et qui ne soit pas " cosmétique ", si je puis dire, qui ne soit pas que superficielle sans permettre à ces personnes en situation difficile de reprendre pied.
Voilà, nous avons prévu que trente services sociaux parisiens constitueraient autant de points de contact pour les personnes concernées. Il me semble donc, Monsieur MALBERG, que la Ville a répondu rapidement, avec les moyens importants dont elle dispose, avec des objectifs définis en commun avec la Préfecture. Elle a répondu de son mieux aux situations d'urgence qui se sont exprimées à travers le mouvement de ces dernières semaines.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Je vous remercie, Madame CATALA.
Nous suspendons quelques instants.
Nous passons en formation de Conseil général.