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Janvier 1998
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Conseil Municipal
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12- Question d'actualité de M. Jean-Loup MORLÉ, au nom de l'intergroupe " Union de Paris " sur l'évolution du nombre de postes d'enseignants à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1998



M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Nous passons à la question d'actualité de M. MORLÉ à M. le Maire de Paris.
Monsieur MORLÉ, vous avez la parole.
M. Jean-Loup MORLÉ, adjoint. - Monsieur le Maire, il ressort des dernières informations communiquées par la F.C.P.E. et les syndicats d'enseignants, concernant le nombre de postes attribués à Paris dans le 1er degré, que celui-ci fait apparaître un déficit de 15 postes. Le Ministère de l'Education nationale et l'Académie de Paris, interrogés, n'ont pas démenti ces informations.
Après la diminution drastique annoncée au C.T.P. du 17 décembre 1997 : 3.000 heures d'enseignement et 75 postes d'A.T.O.S. supprimés dans le second degré, cette information a ému tous les arrondissements. L'attaque du Ministère de l'Education Nationale à l'encontre de Paris se confirme.
Monsieur le Maire, il convient donc d'être vigilant quant à cette situation et pouvez-vous dire quelles sont les mesures que vous comptez prendre pour sauvegarder la qualité de l'enseignement à Paris ?
Les élèves de Paris ne doivent pas être les victimes d'un règlement de compte politique organisé par le Gouvernement contre Paris.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ")
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci, Monsieur MORLÉ.
La parole est à M. Claude GOASGUEN.
M. Claude GOASGUEN, adjoint. - Merci, mon cher collègue, d'avoir souligné ce qui reste une préoccupation pour l'avenir de l'enseignement à Paris.
J'avais, à plusieurs reprises, évoqué devant ce Conseil les risques qui pesaient sur l'Académie de Paris. Et, à plusieurs reprises, les autorités académiques et le Ministère nous avaient fait savoir qu'il y aurait probablement des réévaluations qui ne seraient pas à notre avantage.
Hélas, ces prédictions se sont révélées exactes et, je le regrette en votre nom à tous puisque successivement le Ministère a informé le Rectorat et l'Académie de Paris d'abord, vous l'avez dit, que 3.000 heures complémentaires seraient supprimées dans le cadre de l'Académie de Paris, c'est-à-dire - j'insiste lourdement - 170 postes d'enseignement en moins et que le Ministère, poussant cette logique, a été même jusqu'à signaler la fermeture d'un lycée dans le 17e arrondissement.
Il semble qu'il ait suspendu sa décision puisque nous avons fait des remarques montrant la gravité de l'acte qui serait ainsi perpétré.
Trois mille heures, cent soixante dix postes, et bien sûr, le corollaire : soixante quinze agents techniques dits personnels ATOS à l'Education nationale supprimés.
Cette décision a été communiquée au Comité technique paritaire - elle est donc officielle - le 17 décembre 1997.
Mais après ce que je considère comme une agression contre l'enseignement secondaire à Paris, le Ministère vient de récidiver en supprimant sans explication communiquée à la Ville de Paris - nous avons l'habitude, le Ministère considère que la Mairie de Paris n'existe pas en ce qui concerne les problèmes scolaires - et sans l'avoir communiqué non plus aux autorités académiques de Paris, quinze postes dans le primaire, d'une manière unilatérale. Contre l'avis des syndicats , contre les remarques que nous avons faites, le Ministère a pris la responsabilité d'entamer gravement l'enseignement secondaire et primaire dans la Ville capitale en sanctionnant l'Académie de Paris, de quoi ? C'est la question que nous ne pouvons manquer de nous poser.
Moi, je dis, mes chers amis, que cet acte ne doit pas rester sans lumière à l'extérieur, qu'il y a là une attitude qui n'est pas justifiée sur le plan de l'analyse administrative des besoins démographiques, des besoins qualitatifs. C'est une attitude, je reprends l'expression de Jean-Loup MORLÉ, de discrimination politique à l'égard de l'Académie de Paris et cet acte venant d'un gouvernement et répercuté par le Rectorat est un acte grave, dont vous aurez tous à rendre des comptes devant nos électeurs qui sont aussi les vôtres.
Sentant venir le problème, j'avais déposé avec le Maire de Paris un voeu devant les Conseils d'arrondissement pour témoigner avant même que la décision soit prise de la volonté de ne pas céder à l'oukase ministérielle. A ma grande surprise, ces voeux n'ont pas été votés par nos collègues de la minorité municipale.
Eh bien, vous vous expliquerez un jour devant vos électeurs et vous prendrez vos responsabilités !
Ne pourrait-on avoir une attitude unanime lorsqu'il s'agit de défendre l'enseignement ?
Y a-t-il dans ce pays lorsqu'on parle de l'Education nationale deux Républiques ?..
M. Bertrand BRET. - Monsieur le Maire, son temps de parole est dépassé !
M. Claude GOASGUEN, adjoint. - Ne vous inquiétez pas... Je continue !
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - S'il vous plaît, c'est moi qui ait le chronomètre !
M. Claude GOASGUEN, adjoint. - Je souhaite que nous puissions témoigner devant l'opinion de l'agression qui a été perpétrée contre l'Académie de Paris et je vous en donne acte.
Chers collègues, vos réactions montrent à quel point vous avez sombré dans le sectarisme !
(Applaudissement sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. Roger ROMANI, adjoint, président. - Merci, Monsieur GOASGUEN.