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Fevrier 1997
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Conseil Municipal
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31 - 1997, DAC 11 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer un marché sur appel d'offres pour la fourniture d'ouvrages destinés aux établissements du réseau des bibliothèques de la Ville de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Février 1997



M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAC 11 relatif à la passation d'un marché sur appel d'offres pour la fourniture d'ouvrages destinés aux établissements du réseau des bibliothèques de la Ville de Paris.
Sont inscrits : Mme BILLARD et Mme BACHE.
Mme Marinette BACHE. - Ce n'est pas moi qui prendrait la parole mais Mme CAPELLE.
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - La parole est à Mme BILLARD.
Mme Martine BILLARD. - Monsieur le Maire, nous sommes en février et vous nous proposez maintenant d'approuver les modalités d'attribution d'un marché pour la fourniture d'ouvrages aux bibliothèques de la Ville pour 1997. Le marché précédent s'est achevé au 31 décembre 1996.
Pourquoi passer cet appel d'offres si tard ?
La fin du marché précédent n'est pas une surprise, la date était communiquée d'avance.
La Ville a donc mis les bibliothèques dans la situation de ne pouvoir effectuer leurs commandes.
Ainsi, pour le premier trimestre, un marché négocié a été passé pour alimenter le service technique des bibliothèques en nouvelles acquisitions. Quel a été le montant et quelles ont été les conditions de prix et de remise contenus dans ce marché négocié ?
Les bibliothèques ont reçu comme consigne de passer des commandes avant le mois de mai.
Plusieurs mois sont ainsi perdus.
Les bibliothèques de la Ville n'ont déjà pas une image positive car elles sont particulièrement en retard en terme d'offres multimédias aux lecteurs. Les bibliothécaires en sont conscients et font de leur mieux ; mais tous leurs efforts ne peuvent rien lorsqu'il n'existe pas de volonté politique de promouvoir la lecture publique.
La dépense moyenne par habitant en France est de 13 F. Si cette moyenne était appliquée à Paris, cela représenterait autour de 25 millions de francs d'acquisitions.
A chaque fois, vous répondez que l'informatisation du réseau parisien des bibliothèques justifie cette différence. Mais la presque totalité des réseaux de bibliothèques des grandes et moyennes villes sont informatisés et souvent bien avant Paris.
L'argument de l'informatisation ne tient donc pas.
Votre expérience de prêts inter-bibliothèques va vite prouver ses limites. En effet, aujourd'hui, le service technique des bibliothèques gère environ 150.000 rotations par an.
En estimant à 5 % les demandes possibles de prêts inter-bibliothèques, cela représentera environ 500.000 rotations.
Le service technique n'a donc absolument pas les moyens ni en personnel ni en véhicule pour répondre à une telle augmentation.
Alors, est-il prévu d'augmenter les moyens du service technique ? Si ce n'est pas le cas, votre argumentation pour justifier la baisse n'a donc plus aucune valeur.
Le public des bibliothèques parisiennes et le nombre de prêts ont augmenté mais si l'on rapporte cette augmentation à la population parisienne, Paris n'est toujours pas une ville en pointe pour le pourcentage de lecteurs dans la population, ni pour le nombre de prêts par habitant.
Pour fidéliser un public, il faut lui ouvrir un fond bibliographique riche, varié et renouvelé constamment. Sinon, les lecteurs parisiens vont avoir des difficultés à trouver des nouveautés pendant plusieurs mois à cause de l'étranglement financier imposé jusqu'à mai.
La baisse continue des crédits d'acquisition dénoncée par " l'Association des Conservateurs bibliothécaires et responsables de la Ville de Paris " met en danger l'entretien et le renouvellement des fonds.
Maintenir les crédits d'acquisition pour 1997 au niveau de 1996 représente en fait une baisse importante de ces crédits car le prix des livres augmente plus vite que l'inflation. Les ouvrages pratiques et de jeunesse ont augmenté de 3 % de plus que l'inflation. Soit au total près de 5 % de hausse des prix, et donc 5 % de baisse des crédits d'acquisition prévus pour 1997.
Je regrette donc que cette délibération se situe dans le cadre de la baisse de crédits et je m'abstiendrai donc.
M. Alain DESTREM, adjoint président. - Merci. La parole est à Mme CAPELLE.
Mme Liliane CAPELLE. - Merci, Monsieur le Maire.
Mes chers collègues, deux questions que l'on aimerait soulever concernant la fourniture d'ouvrages de la bibliothèque de la Ville de Paris.
La première concerne une fois de plus la question de la part qui est réservée par notre collectivité aux commandes effectuées auprès des libraires-détaillants, exerçant à Paris.
S'il paraît normal qu'une grande quantité d'ouvrages soit commandée auprès de grossistes qui offrent des conditions préférentielles, avec des délais de livraisons rapides, il n'en est pas moins indispensable de réserver une partie des commandes aux détaillants, qui, comme l'ensemble des commerçants de proximité de la Capitale sont confrontés à une conjoncture économique extrêmement défavorable.
Un volume garanti de commandes émanant de la Ville serait pour eux le bienvenu. C'est pourquoi les élus du Mouvement des citoyens vous demandent, Monsieur le Maire, de bien vouloir préciser quelle est actuellement la part des commandes passées auprès des libraires, des détaillants parisiens.
La deuxième question concerne les montants qui sont consacrés à l'achat d'ouvrages destinés aux bibliothèques. Ces montants ne permettent plus d'offrir au public parisien des collections de qualité.
Depuis une dizaine d'années, les crédits baissent alors que dans le même temps, la fréquentation des bibliothèques a crû de 50 %.
Les montants minimaux et maximaux de l'appel d'offres laissent entrevoir qu'il y aura au mieux en 1997 une stagnation des crédits destinés à alimenter les fonds et les besoins en reliure qui augmentent du fait de la forte circulation des ouvrages.
Les achats de périodiques sont déjà menacés et certains titres ne seront plus proposés au public. On ne peut pas, à la fois, déplorer le déclin de la lecture, notamment celle des plus jeunes et ne pas mobiliser les crédits indispensables au maintien d'une lecture vivante, que les Parisiens demandent et apprécient.
C'est pourquoi les élus du Mouvement des citoyens vous demandent, Monsieur le Maire, de bien vouloir justifier des orientations budgétaires qui ne semblent pas en mesure de satisfaire l'étendue de la mission de service public dévolue aux bibliothèques. Je vous remercie.
M. Alain DESTREM, adjoint, président. - Madame MACÉ de LÉPINAY, vous avez la parole.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Nous avons, mes chers collègues, à approuver les modalités d'attribution d'un marché pour les acquisitions de livres pour les bibliothèques.
Je voudrais faire remarquer à mes collègues qui sont intervenus que précisément ce marché permettra d'obtenir, en tout cas, c'est ce que nous espérons et il n'y a pas de raison de ne pas y arriver, un maintien des crédits d'acquisition l'année prochaine pour les bibliothèques, et ce, afin d'obtenir un nombre d'ouvrages supérieur.
Mme CAPELLE a fait allusion au fait que nous ne pourrions plus acheter des livres chez les petits libraires. Il se trouve que l'achat de livres fait l'objet de marchés passés après appel d'offres. Nous ne pouvons pas réserver une part de ce marché aux petits libraires sous peine de nous faire accuser de violer le principe de mise en concurrence et de commettre un délit de favoritisme local.
Madame BILLARD, Madame CAPELLE, toutes deux, vous avez fait remarquer que nos bibliothèques avaient de plus en plus de succès. Si vraiment nos collections, dont je sais cependant qu'elles souffrent du fait de la rotation des livres, étaient en si mauvais état, et nos bibliothèques si peu achalandées, et si peu attractives, il est évident que nous verrions une baisse des lecteurs.
Or, vous l'avez signalé toutes les deux : les lecteurs sont en augmentation.
Je ne peux que vous dire que bien sûr, dans le cadre du budget, je regrette que les crédits d'acquisition ne puissent pas être augmentés. Je m'engage en revanche à ce qu'ils soient maintenus en 1997. Je tiens ici à rendre hommage aux bibliothécaires et aux agents des bibliothèques municipales qui travaillent, pour certains, dans des conditions difficiles, avec un sens du public apprécié par tous les Parisiens.
Je veux ici les remercier et leur rendre hommage.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M Alain DESTREM, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 11.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, Mmes SILHOUETTE, BILLARD, SCHERER et M. BLET s'étant abstenus. (1997, DAC 11).