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Avril 2003
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190 - 2003, DAC 185 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention relative à l'attribution d'une subvention de fonctionnement avec la S.A.R.L. "Stream-tease.tv" (Doubs). - Montant : 300.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à la délibération DAC 185 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention relative à l'attribution d'une subvention de fonctionnement avec la S.A.R.L. "Stream-tease.tv".
Je donne la parole à Mme de FRESQUET.
Mme Elisabeth de FRESQUET. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, chers collègues, il y a un peu plus de six mois le Conseil de Paris accordait 300.000 euros de subvention à la société "Stream-tease.tv" dans le but d'animer, en attendant l'aménagement définitif d'un centre dédié aux musiques actuelles et à l'art interactif, les locaux de l'ancien théâtre de la Gaîté lyrique.
Vous nous demandez aujourd'hui de reconduire à la même hauteur cette subvention pour l'année 2003.
Permettez-moi d'observer en préalable que cette reconduction était quasi inscrite dans la première délibération que nous avons débattue en septembre 2002, puisque le budget prévisionnel de cette "Stream-tease" portait sur 600.000 euros de subvention. Nous sommes donc mis là devant le fait accompli, ce qui devient une fâcheuse habitude.
Cette société a-t-elle respecté ses engagements de départ ? Quid des manifestations multiples qui devaient se dérouler d'octobre 2002 à mars 2003 ? Combien d'expositions, combien de soirées musicales, combien de débats ?
Apparemment, rien, sauf quelques visites dont ont bénéficié 2.453 personnes (le chiffre est assez précis), soit 13 visiteurs par jour, pour la modique somme de 122,30 euros par personne.
J'ajoute que, pour ce prix, la Municipalité ne couvre même pas les risques puisque les visiteurs, si j'en crois le journal "Libération", sont contraints de signer une décharge dégageant la Ville de toute responsabilité.
Après "Les aventuriers de l'Arche perdue", "les nouvelles mésaventures de la Gaîté lyrique" ! Du dernier chic, probablement !
Plus sérieusement, je m'inquiète de la précarisation du lieu.
Voilà plus d'une année que nous avons voté le principe de l'installation définitive d'un centre des musiques actuelles et l'autorisation de lancer une procédure d'appel d'offres pour la réalisation d'une étude de faisabilité. Elle vient à peine de commencer et devrait durer six mois.
Permettez-moi de m'étonner de ce retard. Doit-il être mis sur le compte d'un simple dysfonctionnement de vos services ou doit-on imaginer que vous cherchez à temporiser pour trouver in fine un bon prétexte de ne rien faire, sauf à installer "Stream-tease" dans les lieux par tacite mais confortable reconduction ?
Le bon prétexte sera-t-il de nous expliquer que les finances de la Ville ne permettent plus de couvrir un projet peut-être trop ambitieux ?
La trop grande dispersion de votre politique culturelle, votre souci de privilégier les actions très médiatiques, vous obligeront-ils à sacrifier les musiques actuelles et les arts interactifs ? J'espère me tromper. Je souhaite que votre calendrier soit tenu et que la rénovation et le réaménagement de la Gaîté lyrique ait lieu à la date prévue, c'est-à-dire à l'horizon 2006. D'autant qu'il faudra après cette première phase mettre en place de nouvelles procédures longues et complexes afin de choisir le ou les prestataires de service, piloter le projet artistique. Je suppose donc que d'ici cette date "Stream-tease tv" sera de nouveau sollicitée et que cette pieuse délibération sera suivie d'une longue série couvrant l'ensemble de votre mandature jusqu'à l'inauguration officielle au début de l'année 2007.
J'ai évoqué "les aventuriers de l'Arche perdue", je souhaite à la Gaîté lyrique de ne pas devenir "le temple maudit des cultures actuelles".
Je vous remercie.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur BOHBOT, vous avez la parole.
M. Jack-Yves BOHBOT. - Merci, Monsieur le Maire.
Mme de FRESQUET le rappelait à l'instant, dans l'attente des travaux de la Gaîté lyrique, la Ville de Paris a proposé de confier une partie des locaux accessibles à la société "Stream-tease.tv" afin qu'elle réalise des actions d'animation.
Une convention d'occupation d'une partie des locaux de la Gaîté lyrique et une subvention de fonctionnement de 300.000 euros à la S.A.R.L. "Stream-tease.tv" qui est située 31, rue Blamont dans le Doubs, ont été présentées le 23-25 septembre au Conseil de Paris et le 11 septembre, 15 jours avant, devant le Conseil du 3e arrondissement. Ceci avait même été présenté dans le cadre de la procédure d'urgence, le Maire du 3e ayant tenu à ce que cette délibération qui a bien sûr un caractère parisien mais aussi un caractère très important pour le 3e arrondissement, soit présentée devant les conseillers d'arrondissement.
A l'époque, les élus U.M.P. s'étaient étonnés, Monsieur le Maire, que l'on se soit adressé à une société basée dans le Doubs. N'y a-t-il pas à Paris des associations capables d'imaginer, de produire les mêmes activités que celles qui sont présentées aujourd'hui à la Gaîté lyrique ? Avait-on utilisé une procédure d'appel d'offres ? Une procédure de consultation ? C'est la raison pour laquelle à l'époque les élus de l'U.M.P. avaient voté contre ce projet de délibération.
Aujourd'hui le renouvellement de la subvention, avenant à la convention, porte maintenant l'aide municipale pour la saison 2002-2003, comme c'était prévu initialement dans la convention, à 600.000 euros. Cette fois-ci, Monsieur le Maire, le projet de délibération n'est pas passé devant le Conseil d'arrondissement et je regrette que les élus du 3e arrondissement n'aient pas eu connaissance de cette convention.
Vous-même l'avez rappelé, Monsieur le Maire, lors du premier comité de pilotage qui s'est tenu mercredi dernier sous votre présidence, vous êtes soucieux de faire participer les élus du quartier à ce projet d'intérêt parisien, d'intérêt national et je regrette - c'est l'objet de mon intervention - que vous n'ayez pas demandé l'avis du Conseil d'arrondissement.
Deuxièmement Mme de FRESQUET le rappelait, les animations sont extrêmement rares actuellement à la Gaîté lyrique. J'ai noté dans l'exposé des motifs, que l'équipe de "Stream-tease.tv" avait accueilli le 5 octobre, jour de la "Nuit-blanche", 453 visiteurs, que depuis 2.000 visiteurs étaient venus, ce qui porte le total à 2.453 visiteurs pour 300.000 euros de subventions, ce qui représente par entrée, pour chaque visiteur, une subvention de 122,29 euros, c'est dire que chaque entrée, chaque visiteur, coûte cher à la Ville de Paris.
Si je pense que l'idée de départ, qui est d'animer la Gaîté lyrique avant les travaux et de donner un avant-goût de la création multimédia, est une excellente idée, j'estime que la réalisation, la mise en ?uvre actuelle, semblent pour le moins laborieuses et si vous me permettez, Monsieur le Maire, un peu coûteuse.
(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Monsieur GIRARD, vous avez la parole.
M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Monsieur BOHBOT, vous allez me faire regretter d'avoir convaincu M. Pierre AIDENBAUM qu'il était bien que vous siégiez dans le comité de pilotage, parce que j'aurais bien...
M. Laurent DOMINATI. - Des menaces ?
M. Christophe GIRARD, adjoint, rapporteur. - Ce ne sont pas des menaces, c'est tellement facile de tout critiquer mais c'est tellement mieux de dire aussi ce qui marche. Cela ne vous fait pas plaisir ? La Gaîté lyrique était fermée pendant 15 ans, on ne va pas revenir là-dessus. Maintenant que c'est réouvert et que c'est fait dans le cadre du respect des normes de sécurité imposées par le Préfet de police, parce que vous savez que l'on ne peut évidemment pas déroger aux règles de sécurité imposées par le Préfet de police, c'est fait dans ce cadre là, c'est pour cela qu'il n'y a pas plus de personnes. Evidemment on aimerait qu'il y ait plus de personnes, on l'a demandé, réclamé, on ne peut pas l'obtenir.
En tous cas le lieu est réouvert. Visitez-le, vous verrez que dorénavant il est propre. On n'est plus dans ce taudis qui a été un taudis pendant 15 ans. On est dans un lieu propre.
Maintenant, sur le choix du prestataire, c'est un prestataire qui vient du Doubs, en France. C'est une prestation intellectuelle. Il y a très peu de spécialistes. Il y en a un en France qui est Pierre BONGIOVANNI, qui en effet dirige actuellement le C.I.F.S. de Montbéliard, centre spécialisé dans les arts numériques. Pourquoi la Ville de Paris se priverait-elle de l'un des meilleurs spécialistes en France ! On ne va pas prendre que des Parisiens pour Paris ! A un moment où l'on essaye de faire l'Europe en plus ! Pourquoi ne pas prendre quelqu'un du quartier pendant que vous y êtes ! Ce sont des théories étranges quand même. Bon !
Maintenant, pour répondre à Mme de FRESQUET, la délibération du Conseil de Paris du 23 septembre 2002 prévoyait d'attribuer une subvention de 600.000 euros pour la réalisation d'animations temporaires à la Gaîté lyrique. Une première tranche de 300.000 euros a été versée à la fin de l'année 2002 et elle a été utilisée en grande partie pour réaliser un aménagement permettant d'accueillir du public dans cet établissement. Je me suis déjà expliqué sur l'intervention de la Préfecture, je ne vais pas y revenir.
Elle a également permis de lancer un programme de visites guidées du bâtiment et d'organiser la manifestation inaugurale "Open Source 1", qui s'est déroulée du 21 mars au 6 avril.
Il vous est proposé d'accorder aujourd'hui la deuxième tranche de subvention d'un montant de 300.000 euros afin de poursuivre l'animation entreprise.
La manifestation "Open Source 1" a accueilli 3.244 personnes sur 2 semaines. Ce n'est pas négligeable. Evidemment, vous, moi, tous nous aimerions qu'il y ait beaucoup plus de personnes qui puissent accéder. Cela va venir ! Laissez un peu de temps au temps et faisons-le dans le respect des règles sanitaires et des règles de sécurité de l'établissement.
Compte tenu de la capacité d'accueil actuellement limitée à 19 personnes, la fréquentation, en tous cas témoigne d'un intérêt du public et d'une forte mobilisation de l'équipe d'animation. Donc comme vous le savez, vous mieux que quiconque, Monsieur BOHBOT, puisque vous siégez dans le comité de pilotage, maintenant les procédures sont engagées. Je félicite d'ailleurs et je remercie à la fois Hélène FONT, Directrice des Affaires culturelles, et Jean-François DANON, qui mènent un travail exemplaire avec leurs services, en liaison et de façon intelligente et vont de l'avant, pour ne pas les décourager par des commentaires politiques en Conseil de Paris.
Les procédures de marché, de définition, sont en marche, le dossier est sur les rails et j'ai toutes les raisons de croire et d'espérer comme nous tous j'espère, que loin des préoccupations sectaires, l'établissement sera ouvert en 2006 et qu'il sera un vrai temple de la musique et de la création numérique, pour le plus grand bien de tous les Parisiens, voire d'ailleurs des européens.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 185.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAC 185).