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Avril 2003
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Conseil Municipal
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193 - Vœu déposé par le groupe communiste relatif à la création d'un haut lieu du surréalisme

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous allons examiner le v?u référencé n° 30 dans le fascicule qui ne se rapporte à aucun projet de délibération et qui porte sur la création d'un haut lieu du surréalisme.
Madame GÉGOUT, vous avez la parole.
Mme Catherine GÉGOUT. - Les collections de l'atelier du 42, rue Fontaine, rassemblées par André Breton sa vie durant, ont été honteusement dispersées lors d'une vente aux enchères du 7 au 17 avril dernier, et ce, malgré l'ampleur de la protestation à laquelle le Conseil de Paris s'était unanimement associé par un v?u du 24 février 2003.
La Ville de Paris, n'ayant pu empêcher cette dispersion, a contribué de façon significative à la préemption de certaines ?uvres par l'intermédiaire de l'Etat, à destination du Musée d'Art Moderne, contribuant ainsi à leur conservation dans le domaine public. D'ailleurs, une remarque, si le Ministre avait fait ce qu'on lui demandait, à savoir prononcer l'interdiction de sortie de territoire des ?uvres, elles n'auraient pas atteint des sommes astronomiques qu'on a vues pendant cette vente. Par ailleurs la fille et la petite fille d'André Breton ont eu un geste dont je tiens à les en remercier qui est d'accepter de faire don d'un certain nombre des oeuvres préemptées par l'Etat, dont trois d'entre elles font partie de celles qui ont été préemptées pour le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. Cette affaire a mis en évidence, de façon importante, l'absence de reconnaissance publique du surréalisme comme mouvement culturel international historiquement situé en France et à Paris.
Cela a fait réfléchir les gens qui s'étaient battus là-dessus et aujourd'hui, un appel à la création d'un haut lieu du surréalisme a été lancé par les membres du Comité André Breton rappelant : "Il ne suffit pas de regretter, il faut entendre le message du surréalisme, le message créatif et rassembleur du 42, rue Fontaine". L'Etat, sous la pression du mouvement contre la vente, a préempté un tiers de la collection Breton, et il existe un fonds dormant du surréalisme en France. Il s'agit maintenant de nous engager pour qu'un haut lieu du surréalisme, fidèle à l'esprit de Breton, voie le jour. L'idée d'une combinatoire poétique ou d'un "art magique" est au c?ur du surréalisme, dont les ?uvres ne peuvent continuer à être considérées séparément, tableaux dans tel musée, objets d'art primitif dans un autre, etc. Il faut qu'en France, un nouvel espace culturel soit créé pour que soit enfin rendu justice à la grande aventure spirituelle que représente le surréalisme.
D'ailleurs, je vous invite à cet effet à aller voir l'exposition "Trajectoire du rêve" au Pavillon des Arts, qui est une préfiguration de ce que pourra être un tel lieu. Cette demande va tout à fait dans le sens du v?u que le Conseil du 9e arrondissement avait adopté et qui a été repris pour notre Conseil, et qui demandait qu'à terme, il y ait la création d'un Espace du surréalisme. Tout cela va dans le même sens, et cet appel du comité Breton suscite un grand intérêt. Le Directeur du Centre de recherches sur le surréalisme, rattaché à l'université Paris III, estime que le fonds Doucet pourrait être la base d'un tel lieu.
Sur proposition des élus communistes, "le Conseil de Paris émet le v?u que la Ville suive de très près les projets qui seront mis en ?uvre suite à cet appel et prenne sa place dans cette démarche, travaille à tout ce qui pourra contribuer à la réalisation de ce lieu, et dans ce cadre, à favoriser le regroupement des ?uvres concernées par ce projet et figurant déjà dans le domaine public".
Vous comprenez bien que ce que je défends là, ce n'est pas que la Ville dise : "C'est moi qui vais faire un haut lieu du surréalisme", mais qu'elle accompagne cette démarche, s'y intéresse et tienne le rôle qu'elle peut tenir dans cette affaire.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur GIRARD, vous avez la parole.
M. Christophe GIRARD, adjoint. - Pour ma part, et dans ce contexte précis, je ne peux que soutenir le voeu du groupe communiste relatif à la réalisation d'un haut lieu du surréalisme, tout en soulignant que ce projet, de portée nationale, voire internationale, doit être porté par l'Etat et non pas par la Ville.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe communiste.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de voeu est adopté. (2003, V. 63).