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Avril 2003
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Conseil Municipal
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8 - 2003, SG 31 - Subvention à l'association "La Compagnie des Femmes - Formation" pour permettre aux femmes du milieu associatif parisien d'accéder à la formation. - Montant : 3.500 euros.2003, SG 32 - Subvention à l'association "Fédération Femmes 3000" lui permettant d'équilibrer son budget suite à la remise des Trophées de la Santé. - Montant : 5.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons maintenant à l'examen du projet de délibération SG 31 relatif à l'attribution d'une subvention à l'association "La Compagnie des Femmes - Formation", pour permettre aux femmes du milieu associatif parisien d'accéder à la formation.
Je donne la parole à Mme LE STRAT.
Mme Anne LE STRAT. - Merci, Monsieur le Maire.
Mes chers collègues, je me suis inscrite sur cette délibération car c'est la première, mais je m'exprimerai également sur le contenu des autres et cela afin de gagner du temps.
Les deux premières délibérations concernent deux associations très proches, "La Compagnie des Femmes - Formation" et "Femmes 3000", présidées par la même personne, Marie-Josée GRANDJACQUES.
"La Compagnie des Femmes - Formation" est une émanation de la Compagnie des Femmes, créée par Nicole ROSA en 1996, qui est une société de courtage en assurances et de produits financiers destinés spécialement aux femmes. Elle propose notamment une complémentaire santé révolutionnaire, qui rembourse les soins découlant de pathologies spécifiquement féminines.
D'ailleurs, "Femmes 3000", l'autre association, présidée par Mme GRANDJACQUES, encourage vivement sur son site les femmes à prendre cette complémentaire.
La Compagnie des Femmes Formation a pour objet de fournir des formations à des femmes oeuvrant dans le milieu associatif. La subvention ici demandée permettrait de réduire le coût de la formation pour une journée de 150 à 100 euros.
Loin de moi l'idée de condamner les objectifs de cette association, que je trouve louables, mais je m'interroge juste sur le public associatif et le profil des femmes visées sur ce type d'action.
Mes interrogations sur le bien-fondé d'une aide de la Ville de Paris concernent essentiellement la subvention qui serait octroyée à l'association "Femmes 3000". Si je reprends ses propres termes, le but de l'association "Femmes 3000", je cite : "n'est pas de crier ni même d'affirmer que la femme est l'égale de l'homme mais simplement de convaincre qu'il existe irréfutablement une égalité de talents entre les deux".
Cette association demande une subvention pour un événement qui a eu lieu en juin 2001, il y a donc deux ans, et qui consistait en une soirée avec remise de trophées. L'association réalise, en effet, ce type de manifestation depuis 2000, récompensant chaque année des femmes dans un domaine particulier. En 2000, la soirée s'est tenue au Fouquet's, soirée au cours de laquelle Nelly BICHE DE BERE et trois autres femmes se sont vue récompensées.
Le coût de la soirée de juin 2001 s'est élevé à 31.976 euros et, depuis, nous dit-on dans l'exposé des motifs, l'association est en déficit et fonctionne grâce à une somme empruntée à l'une de ses adhérentes.
L'objet de la subvention serait donc de permettre à l'association de combler, en partie, son déficit grâce aux deniers de la Ville de Paris.
De plus, en dehors de ces manifestations, l'association semble avoir essentiellement des activités d'animation et d'organisation d'événements comme des débats mensuels au Café de Flore, autour de nombreuses personnalités et, en cherchant bien sur le site, j'ai pu trouver la liste des personnalités reçues, par exemple, au Café de Flore depuis 1997 et, là, il y a entre autres Patrick DEVEDJAN, Pierre LELLOUCHE, le Professeur CABROL, Mme TAFFIN, Clara GAYMARD.
Moi, je n'ai vraiment pas eu l'impression que jusqu'à présent, ces personnalités avaient un discours sur les droits des femmes et sur la discrimination dont elles font encore l'objet, surtout quand on connaît les positions de certains et certaines, notamment en ce qui concerne le droit à l'avortement. Mais cela a du m'échapper !
Vous allez me dire que la somme demandée n'est pas considérable mais quand on la compare à celle sollicitée par l'association "La Maison des Femmes" pour le renforcement de son action Violence et quand on connaît le travail de cette dernière sur le terrain, on est en droit de s'interroger sur l'utilité d'une subvention de la Ville à l'association "Femmes 3000".
Sont-ce ces femmes-là qui ont le plus besoin d'aide ? Sont-ce ces femmes-là qui souffrent le plus d'un manque de reconnaissance ? Sont-ce ces femmes-là qui sont le plus victimes des inégalités femmes/hommes ? Il semble plutôt que ce soit celles qui sont le plus à même de faire valoir leurs droits, celles qui sont le plus en mesure de lutter contre les inégalités et qui, de par leur réussite, l'ont déjà prouvé.
Il reste encore beaucoup à faire en matière de lutte contre les discriminations. La Ville de Paris s'est engagée dans une politique volontariste en la matière, je m'en félicite. Quand on connaît les difficultés que rencontrent de nombreuses femmes dans leur vie quotidienne, qu'elles soient domestique, publique ou professionnelle, et d'abord les femmes des milieux populaires qui sont les plus précarisées, on ne peut qu'engager la Ville à s'adresser d'abord à elles.
J'en profite d'ailleurs, au passage et dans le même esprit, pour me féliciter d'un projet de délibération qui nous sera soumis ultérieurement, portant sur une convention passée entre la Mairie de Paris et l'Association pour la Promotion des métiers féminins sur laquelle rapportera Clémentine AUTAIN.
Il me semble que les deniers précieux que la collectivité parisienne consacre à la situation des femmes doivent d'abord aller à celles qui en ont le plus besoin et qui sont aussi celles auxquelles les financements privés s'intéressent le moins et qui n'ont pas vocation à subventionner des soirées au Fouquet's pour des remises de trophées ou des débats au Café de Flore, dont les effets en matière d'égalité femmes/hommes laissent quelque peu songeur.
C'est pourquoi, en conclusion, le groupe des élus "Verts" votera l'ensemble des subventions, sauf celle concernant "Femmes 3000".
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Anne HIDALGO.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 1ère Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Mes chers collègues, je voudrais tout d'abord dire à Mme LE STRAT que je la remercie de reconnaître qu'il y a une politique volontariste qui concerne l'ensemble des parisiennes, quelle que soit leur catégorie sociale, quelle que soit leur opinion, puisqu'effectivement nous nous sommes engagés maintenant, depuis deux ans, dans une politique qui vise à aider les femmes sur le terrain de l'emploi, sur le terrain de l'accès aux droits, sur le terrain des questions de santé et aussi dans l'accès aux responsabilités parce que je crois que cela fait partie des éléments importants de la lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes.
Deuxième élément que je voudrais aborder : les deux associations Compagnie des Femmes Formation et la Fédération de Femmes 3000 sont deux associations, deux entités autonomes bien distinctes juridiquement et sans lien entre elles. Là-dessus, je crois donc qu'il n'y a pas matière à évoquer une quelconque ambiguïté.
Quant à l'activité de cette association, c'est une association qui est connue depuis longtemps, qui ?uvre sur le terrain de la formation des femmes, et des hommes d'ailleurs, qui souhaitent accéder à des responsabilités, notamment dans le cadre de la vie associative.
Je crois que tous s'accordent à reconnaître que le souci de formation que peuvent exprimer des femmes, quel que soit leur milieu professionnel, est un souci qu'il nous faut accompagner. Le Ministère du Droit des Femmes l'a fait pendant très longtemps et, je crois, continue à le faire vis-à-vis de cette association et il ne nous appartient pas de trier, parmi les intervenants, pour juger si telle association est habilitée ou pas à recevoir une subvention de la Ville de Paris.
Il se trouve que cette association fait des formations, que ces formations sont reconnues. Elles ont permis à beaucoup de femmes d'entrer dans la vie associative et d'y prendre des responsabilités. On sait combien c'est nécessaire puisque dans la vie associative comme dans la vie politique, on trouve beaucoup de femmes à la base et très peu au sommet.
Ce type d'association permet d'assurer les promotions tout à fait justifiées et légitimes, en fonction des compétences des femmes qui aspirent à la prise de ces responsabilités.
Par ailleurs, que cette association officialise et formalise, notamment à travers la remise de trophées ou de prix, vis-à-vis des femmes qui ont participé à leur action, ne nous heurte pas. Ce que nous savons, c'est que la subvention que nous proposons de leur octroyer permettra à plus de femmes d'accéder aux responsabilités ; elle leur permettra de pouvoir se former et ça nous paraît être un élément tout à fait important dans la lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes.
Je regrette la position de votre groupe. Je vous remercie pour les deux autres délibérations que vous avez énoncées sur lesquelles votre groupe se prononce favorablement. Je regrette parce que je crois que nous ne devons pas non plus tomber dans le sectarisme et nous immiscer dans les choix d'intervenants que font les associations, pour déterminer si telle association peut légitimement obtenir des financements de la collectivité parisienne pour pouvoir continuer son oeuvre. Merci beaucoup.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous poursuivrez l'échange parce que cela vaut la peine. Je me permettrai d'ajouter un petit commentaire. D'abord il faut que notre manière d'épauler la vitalité, dans cette ville, ne soit pas sectaire et ne soit pas fonction de carte de parti politique ou de chose de ce genre. Je le dis parce que tous les arguments n'étaient pas de même nature. Deuxièmement, bien entendu, l'Exécutif municipal oeuvre pour l'égalité femmes-hommes.
Mais il faut que toutes les initiatives utiles en matière de formation et de soutien apportées à des femmes comme à des hommes d'ailleurs, soient encouragées dans la mesure de nos moyens. Dans son intervention, Anne LE STRAT proposait une économie et donc j'ai failli y être sensible.
Enfin ce n'est pas nécessairement un péché que d'organiser un débat au café de Flore. Sinon plus personne ne pourra y aller et je crains que cela ne pose quelques problèmes.
Soyons détendus et essayons d'utiliser l'argent à bon escient. Pour le reste, Anne HIDALGO a donné les réponses qu'il convient. Mais elle poursuivra son échange avec Anne LE STRAT.
Je mets aux voix, aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 31.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, SG 31).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 32.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, SG 32).