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Avril 2003
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Conseil Municipal
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83 - QOC 2003-247 Question de M. Hervé BÉNESSIANO et des membres du groupe U.M.P. à M. le Maire de Paris à propos de la situation et de l'avenir des emplois-jeunes

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à la question n° 247 posée par M. BENESSIANO qui s'adresse à M. SAUTTER à propos de la situation de l'avenir des emplois-jeunes.
Vous avez la parole, Monsieur BENESSIANO.
M. Hervé BENESSIANO. - Merci, Monsieur le Maire.
Ma question s'adresse au Maire de Paris, c'est peut-être M. SAUTTER qui répondra, elle concerne les emplois-jeunes.
Vous le savez, les emplois-jeunes sont en colère. C'était prévisible ! Lors de leur mise en place par le gouvernement JOSPIN, nous étions habités par un grand scepticisme, et nous avions raison.
Nous craignions à l'époque que leur création ne soit qu'un artifice pour faire baisser les chiffres de l'A.N.P.E. Nous dénoncions cette manne de sous-emplois proposés aux jeunes. Nous redoutions que les jeunes soient parqués sur une voie de garage.
Voilà exactement la situation dans laquelle nous nous trouvons à l'heure actuelle.
Que revendiquent les emplois-jeunes ?
Vous les entendez aussi bien que nous. Ils veulent une formation qui leur permettrait de présenter les concours de la Ville, d'autant plus que la loi de démocratie locale de 2002 a pour vocation de pérenniser ces postes.
Ils veulent une grille de salaire qui reconnaîtrait les efforts qu'ils font pour les actions de proximité. Ils souhaiteraient une plus grande considération de leur condition.
Lorsqu'on observe ces jeunes - il y en a dans tous les arrondissements - leur motivation, leurs qualités de travail, leur volonté de bien faire, on ne peut s'empêcher de penser que la création des emplois-jeunes a été une idée de génie par le législateur pour avoir une main d'?uvre de qualité à peu de frais. On se croirait revenu au meilleur temps des négriers !
Quelle solution comptez-vous prendre pour rendre leur dignité à ces jeunes qui le méritent et leur assurer un avenir plus glorieux ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Tout cela sans rire ! Monsieur SAUTTER, vous avez la parole.
M. Christian SAUTTER, adjoint. - Monsieur le Maire, je ne sais pas si à cette heure tardive je suis en train de faire un rêve ou de faire un cauchemar. Mais vraiment, Monsieur BENESSIANO, ce souci que vous avez subitement pour la situation des emplois-jeunes de la Ville de Paris, sujet dont nous allons parler en abondance demain parce que trois v?ux ont été déposés par le groupe "Les Verts", le groupe communiste et le groupe socialiste, je trouve que cette préoccupation tardive qui est la vôtre mérite le respect.
Je voudrais, puisque vous avez certainement de l'influence sur le Gouvernement actuel, en tout cas plus que moi, vous suggérer de dénoncer le fait que ce dispositif, qui a permis à environ 1.400 jeunes qui étaient en grande difficulté sur le marché de l'emploi, de trouver des missions intéressantes avec une rémunération correcte et qui ont été accueillis par les directions de la Ville de Paris, que vous disiez au Gouvernement que le fait d'interrompre brutalement le dispositif des emplois-jeunes n'est pas convenable.
Je crois que ceux qui manquent de respect à l'égard de ces jeunes, c'est le Gouvernement qui vient d'arrêter instantanément le dispositif.
Je voudrais ajouter, Monsieur BENESSIANO, que des mesures transitoires ont été définies pour les associations et c'est un moindre mal. Mais pour les collectivités territoriales, le message du Gouvernement a été : "débrouillez-vous !". C'était la première chose que je voulais vous dire.
La deuxième, c'est de vous dire, Monsieur BENESSIANO, que dès le printemps 2001, nous avons découvert que pour les emplois-jeunes qui existaient à l'époque - ils étaient plus de 800 - rien n'avait été prévu pour leur sortie du dispositif.
François DAGNAUD, Clémentine AUTAIN et moi-même avons travaillé pour que chacun de ces jeunes qui mérite le respect qui leur a été peu témoigné, ni par l'Etat, ni par l'équipe antérieure, en mars 2001, chaque emploi-jeune...
(Mouvements divers dans l'hémicycle).
... je ne vous ai pas interrompu... puisse par un entretien approfondi, avoir un parcours de formation qui le conduise soit à préparer des concours de la Ville de Paris, soit s'il ne souhaite pas devenir agent de la Ville de Paris, se préparer à des diplômes nationaux.
Je passe sur le fait que nous avons amélioré leurs rémunérations par rapport à ce qu'elle était, par rapport à mars 2001, et le fait que nous avons amélioré leurs droits sociaux, et accru leur information.
J'aurais l'occasion, avec François DAGNAUD et Clémentine AUTAIN, de revenir sur ce sujet qui est important et qui nous préoccupe.
La seule prière que je vous ferai, Monsieur BENESSIANO, ce sera d'user de toute votre influence auprès du Gouvernement actuel pour qu'il mette au point des dispositifs transitoires, de façon à ce que ces jeunes ne se trouvent pas brutalement en déshérence.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à M. BENESSIANO.
M. Hervé BENESSIANO. - Sans monopoliser la parole, deux ou trois réflexions que m'inspire le propos de M. SAUTTER.
Premièrement je crois me souvenir que vous étiez hier encore membre du Gouvernement à l'époque de la mise en place de ce système. Par là même, vous avez une responsabilité première. Vous étiez également rattaché au Ministre des Finances. Vous pouviez éventuellement et au budget en particulier, avoir là aussi un rôle de premier plan.
Deuxième chose : vous disiez déjà qu'il y avait de grandes difficultés pour 1.400 d'entre eux, à qui on a offert un moment d'espoir. Tu étais poussière et tu retourneras poussière. C'est ce qu'on est en train de leur proposer aujourd'hui au bout de 5 années.
Ensuite vous dites concernant les emplois-jeunes, que la responsabilité vient de ce nouveau Gouvernement... C'est quelque chose qui arrive à son terme et pour lequel il vous était possible déjà d'avoir un certain nombre de prévisions pendant les 4,5 années pour arriver à ce terme de 5 ans.
Le Gouvernement actuel envisage de donner - et vous le savez aussi bien que moi - face à l'abandon d'un certain nombre d'emplois-jeunes, des contrats à durée déterminée avec des emplois pérennes et des états précis.
C'est un sujet important... je prends une minute supplémentaire... je sais bien que nous avons toujours un temps de parole limité... limité dans le bon sens du terme.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - On me demande d'appliquer le règlement et je l'applique. C'est une minute et vous avez déjà dépassé d'une minute trente...
M. Hervé BENESSIANO. - Je rappelle que ce qui est fort gênant, c'est qu'on a donné, pour ces contrats, en fait, des bouts de contrats.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - On vous a compris et on s'arrête là.