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Avril 2003
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Conseil Municipal
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192 - 2003, SG 16 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention pour l'attribution d'une subvention de fonctionnement à la SARL Cinépoque (6e) afin de soutenir la 1ère édition du festival "Palestine-Israël : que peut le cinéma ?". - Montant : 25.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération SG 16 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention pour l'attribution d'une subvention de fonctionnement à la S.A.R.L. Cinépoque (6e) afin de soutenir la 1ère édition du festival "Palestine-Israël : que peut le cinéma ?" - Montant 25.000 euros.
Monsieur BOHBOT, vous avez la parole.
M. Jack-Yves BOHBOT. - Je n'ose pas défendre M. DOMINATI parce que j'ai peur que M. GIRARD m'en fasse le reproche, donc je vais parler de cette subvention de 25.000 euros à la S.A.R.L. "Cinépoque".
L'objectif de cette délibération est tout à fait respectable. Il est écrit dans le deuxième paragraphe de ce projet de délibération, je cite : "Les images sont parfois plus efficaces, plus éloquentes et plus puissantes que la parole parce qu'elles sont le moyen de communication entre les hommes, un outil de transmission de la connaissance. Le cinéma propose au peuple de se connaître mieux."
Très bien. Nous sommes, tous ici, favorables au dialogue entre les protagonistes de ce conflit horrible qui se déroule au Moyen-Orient. Nous sommes pour les rapprochements, pour l'échange d'idées.
Le problème qui surgit dans cette délibération et dans la manifestation qu'elle veut subventionner, c'est que la réalité n'est pas conforme à ce qui est annoncé dans la délibération.
Dans cette manifestation qui est déjà déroulée (elle s'est tenue du 26 mars au 1er avril dernier), 10 films israéliens et 10 films palestiniens ont été présentés.
10 films palestiniens : 10 films de propagande palestinienne. 10 films israéliens : 10 films de propagande anti-israélienne. Je cite deux des cinéastes qui ont projeté des films : M. Eyal SIVAN, notoirement connu en Israël pour être un opposant permanent à l'Etat d'Israël, depuis des années et quel que soit le gouvernement en place. Mme Simone BITTON fait encore mieux, puisque depuis 20 ans dans tous les journaux français et israéliens, elle délégitime l'existence même de l'Etat d'Israël.
Deuxièmement cette manifestation n'était pas équilibrée. Beaucoup d'intervenants du côté de la cause palestinienne sont intervenus. Très bien, c'est leur droit. Le seul intervenant représentatif, ici en France, de l'Etat d'Israël est l'ambassadeur de l'Etat d'Israël. Il était invité, il figure dans le site Internet. Or la veille de la manifestation, on lui a fait savoir que sa présence n'était pas souhaitable.
On a donc organisé, sous le label d'un pseudo dialogue israélo-palestinien, une manifestation bidon, un dialogue entre palestiniens pro-palestiniens et israéliens anti-israéliens. Je ne crois pas que ces manifestations soient de nature à apaiser les conflits, les tensions que l'on peut connaître ici en France, et à Paris récemment lors de la manifestation dite pacifiste où l'on a vu des militants du mouvement Hachomer Hatschaïn se faire agresser et le Maire de Paris s'en est légitimement ému.
Je ne crois pas que cette subvention et le projet qui nous est présenté, aillent dans le sens que nous souhaitons, celui du dialogue entre palestiniens et israéliens. L'argent de Paris serait mieux utilisé pour subventionner des opérations qui mettent en face des israéliens et des palestiniens et pas que l'on subventionne et que l'on aide une manifestation, qui était une manifestation de propagande palestinienne.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur GIRARD, vous avez la parole.
M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Israël est une démocratie. Il y a peut-être, en effet, des Israéliens que vous préférez à d'autres. Moi, je ne fais pas de distinction. Les Israéliens vivent librement, ils ont le droit d'avoir des opinions sur leur propre pays, ça les regarde.
Ensuite vous savez, la caricature du film "Amen", je ne suis pas sûr qu'elle soit de très bon goût. C'est un mot... qui peut même blesser les catholiques, d'ailleurs.
Quand un tel festival est organisé, comprenant 10 films palestiniens et 10 israéliens, un Comité de sélection se réunit dans lequel siègent des Palestiniens et des Israéliens. Ils le font en toute indépendance. Je ne sais pas très bien comment un élu, de son siège du Conseil de Paris, à Paris, peut savoir ce qui est pro-israélien, anti-israélien, pro-palestinien, anti-palestinien. Moi, je n'en ai pas la moindre idée.
Je ne me permettrai jamais d'émettre un avis artistique ou qualitatif voire politique sur le contenu d'un film. C'est la liberté du cinéma. Il faut surtout que nous nous gardions d'entrer dans ce débat, que je trouve imprudent. Peut-être que les artistes israéliens qui participent ne vous conviennent pas. Mais ils conviendront peut-être à d'autres dans cette Assemblée, je ne sais pas. Je souhaite surtout que l'on ne se mêle pas de programmation, jamais ô combien.
La manifestation est soutenue par des personnalités d'horizons variés. Je pense à Jean LACOUTURE, Léon SCHWARTZENBERG, Mireille MENDÈS-FRANCE ou Bertrand TAVERNIER. Ces gens ont chacun une histoire et des positions. Ils sont tous des individus tout à fait respectables. Monsieur BOHBOT, je vous encourage à garder une plus grande distance et à mettre moins de passion sur ce sujet.
Quant au soutien de la Ville de Paris apporté à la S.A.R.L. qui exploite la salle des trois Luxembourg, tout cela est fait dans une transparence absolue, s'agissant d'une S.A.R.L. dont on connaît l'activité.
Par ailleurs, depuis 2001, la Mairie de Paris soutient chaque année, en janvier, le festival du film israélien. C'est vrai que, peut-être, des palestiniens vont nous reprocher de ne pas soutenir un festival du film palestinien à part entière. Je trouve bien que la Ville de Paris puisse librement décider dans ses votes au Conseil de Paris, des soutiens qu'elle souhaite apporter aux associations. Là, j'apporte à nouveau toute la confiance de la Ville à la Délégation au cinéma et sa responsable, Mme HATCHONDO, ses collaboratrices et ses collaborateurs, dans leur travail impartial de professionnels, de nous recommander de soutenir telle ou telle manifestation.
Je souhaiterais rester très prudent parce que j'ai peur qu'un débat comme celui-là puisse déraper et je trouve que ce serait regrettable.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 16.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, SG 16).