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Avril 2003
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Conseil Municipal
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27 - V - Question d'actualité de M. AZIERE, au nom du groupe U.D.F. à M. le Maire de Paris relative à situation du tourisme à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. AZIERE pour la question d'actualité du groupe U.D.F.
M. Eric AZIÈRE. - Merci, Monsieur le Maire.
Après la sécurité, un sujet tout aussi important et sur lequel je voudrais, avec une tonalité particulière de gravité, attirer votre attention sur les conséquences d'un contexte international et d'une situation géopolitique lourdement en crise, sur le poids lourd de l'activité économique parisienne, notre seule industrie, le tourisme.
A la veille de l'été, il faut avoir le courage de reconnaître que la situation du tourisme à Paris n'est pas bonne. Les estimations prévisionnelles de l'offre de tourisme et de congrès de Paris sur le taux d'occupation en hôtellerie font apparaître, toutes catégories confondues, une baisse de 6 % par rapport à 2002 et plus du double pour l'hôtellerie de 3 étoiles et plus.
D'ailleurs, depuis 2001, les résultats du tourisme à Paris auraient dû déjà vous alerter car ils sont régulièrement en baisse. On se souvient que l'année 2002 fut une année médiocre qui constitue pour la branche professionnelle un mauvais résultat, largement dopé par le tourisme d'affaires.
Malheureusement, ce constat inquiétant sur le tourisme à Paris ne s'arrête pas là. A ce passif récent, il faut ajouter l'impact des compagnes francophobes aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, pays qui fournissent un tiers de notre clientèle et près de la moitié de notre chiffre d'affaires à Paris.
Le gel des échanges qui résultera sans doute de la lutte contre l'épidémie de pneumopathie atypique ne manquera pas d'affecter le tourisme asiatique qui constituait pourtant une des meilleurs progressions de ce secteur, plus 27 % l'année dernière.
Je voulais ajouter, pour finir, la crainte du terrorisme et la dépréciation de 20 % du dollar face à l'euro, qui constitue une perte du pouvoir d'achat des touristes américains en France ; vous aurez la menace d'une mesure hors du commun sans précédent qui pèse sur les 130.000 salariés de ce secteur, 10 % des emplois à Paris, ce n'est pas rien, et sur près de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaire de notre industrie phare.
J'ai le sentiment qu'à l'heure d'été, c'est un peu l'heure de vérité pour votre politique du tourisme...
M. LE MAIRE DE PARIS. - ... Y compris pour votre temps de parole.
M. Eric AZIÈRE. - Je vais essayer de ne pas le dépasser.
M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est fait !
M. Eric AZIÈRE. - Il serait temps de distinguer les priorités entre la rentabilité politique de "Paris-Plage" et ses volutes médiatiques et la rentabilité économique trop attendue d'une politique de soutien, de promotion et de développement du tourisme à Paris.
Je termine par deux questions :
- Pensez-vous que les récentes mesures comme l'augmentation compensatoire de la taxe de séjour des hôtels parisiens ou le lancement d'une campagne de promotion de Paris aux Etats-Unis dans les semaines qui viennent soient commercialement opportunes ?
- Ne pourrait-on pas, au contraire, suspendre ou aménager la perception de la taxe de séjour pendant l'été dans tous les hôtels parisiens pour envoyer à tous les touristes étrangers un signal fort d'accueil et d'hospitalité et lancer une campagne de promotion plutôt vers les 10 nouveaux pays d'Europe récemment adhérents à la communauté économique européenne ?
Je signale que la plus forte progression de tourisme émanant d'un pays étranger est celle de la Pologne, l'année dernière plus de 53 %.
M. LE MAIRE DE PARIS. - J'entends que tout le monde respecte son temps de parole ; je signale à Jean-Bernard BROS qu'il ne dispose que de 2 minutes 30 conformément au règlement - ce n'est pas moi qui ai fait le règlement - et je demande aux autres élus de se taire, notamment les adjoints ; écoutez votre collègue Jean-Bernard BROS.
M. Jean-Bernard BROS, adjoint. - Chers collègues, vous dressez un tableau de la situation du tourisme parisien particulièrement préoccupant. Le taux d'occupation de certains hôtels parisiens vous donne raison. En effet, depuis le mois de mars dernier, celui-ci est en baisse de 10 à 20 % par rapport aux années précédentes. Pour autant, il faut se garder de tout alarmisme, la situation est plus contrastée que vous ne le laissez entendre. Seuls, les grands palaces parisiens auxquels nous sommes tous très attachés semblent souffrir particulièrement.
Les attentats du 11 septembre 2001 vous l'ont encore démontré, le tourisme est une activité économique extrêmement réactive aux événements internationaux. C'est une donnée de cette activité économique dont nous avons pleinement conscience.
Avant même que le conflit en Irak ne débute et en prévision d'une conjoncture économique difficile, nous avons pris, entre autres, les mesures suivantes.
Le 13 mars dernier, l'Office de Tourisme et des Congrès de Paris a réuni les représentants des professionnels du tourisme parisien afin de mesurer les implications réelles du contexte international sur l'activité et réfléchir à des mesures éventuelles. Par ailleurs, l'Office de Tourisme et des Congrès de Paris a aussi scrupuleusement mesuré quotidiennement le taux d'occupation des principaux réceptifs parisiens.
Une nouvelle réunion avec les professionnels s'est tenue le 18 avril dernier.
Par ailleurs, en période de crise internationale, il est démontré que les touristes se replient sur des destinations de proximité. Aussi, l'Office de Tourisme et des Congrès de Paris a réorienté ses actions de promotion sur la plupart des pays européens, en particulier l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Par ailleurs, nous avons indiqué aux professionnels et à nos partenaires institutionnels que nous étions prêts à conduire avec eux une campagne promotionnelle d'ampleur. Est notamment à l'étude une campagne à destination de la clientèle nord américaine avant l'été.
Vous mettez en cause "Paris-Plage". A voir l'impact médiatique international de cet événement, ne pensez-vous pas que cette initiative municipale ne soit pas un atout supplémentaire de première grandeur pour donner l'envie aux touristes de faire un séjour dans la capitale cet été ? Vous auriez également cité "Nuit Blanche".
Vous mettez également en cause l'augmentation compensatoire de la taxe de séjour des hôtels parisiens. Faut-il vous rappeler que sur l'année, la taxe de séjour n'aura pas augmenté et que c'est un décret du gouvernement que vous soutenez qui nous a contraints à en modifier les barèmes ? La campagne aux Etats-Unis dont vous parlez est menée par un organisme qui s'appelle Maison de la France qui dépend du gouvernement, lancée par le Ministre du Tourisme, auquel nous avons proposé de contribuer pour Paris.
Enfin, je suis particulièrement heureux de vous voir prendre fait et cause pour le tourisme parisien, et ce, d'autant plus que dans le numéro spécial que la fédération parisienne de votre parti vient d'éditer, le tourisme ne figure dans aucune des propositions que vous formulez pour la politique municipale. Il n'est d'ailleurs même pas cité.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Cette réponse est excellente. Simplement, avant de lancer, cher Jean-Bernard BROS, une campagne en direction de l'Amérique du Nord avant l'été, j'aimerais bien qu'on en parle car il y a peut-être des moments plus opportuns que d'autres.
Pour le reste, vous avez tout à fait raison de rappeler à M. AZIÈRE que la taxe dont il parle est une contrainte qui nous est donnée par le Gouvernement qu'il soutient ; on veut bien que le Gouvernement allège.
J'ajoute que "Paris-Plage" n'a jamais été fait pour la promotion touristique de Paris.
M. Eric AZIÈRE. - Ah bon ?
M. LE MAIRE DE PARIS. - Quoi, "ah bon" ?
Je l'ai dit 100.000 fois, "Paris-Plage" a été fait pour les Parisiens qui ne partent pas en vacances ; sont venus en plus les habitants des communes voisines plus les classes moyennes et les autres et tout le monde est content.
De plus, on a la couverture médiatique la plus forte à l'étranger depuis le Mondial ; vous devriez être intéressé car cela a eu des retombées économiques très forte à telle enseigne que tous les guides ont eu envie de le mettre sans nous le demander.
C'est secondaire, mais c'est quelque chose qui est venue en plus.
Je dis les choses un peu clairement car c'est idiot de se disputer sur des choses auxquelles ni vous ni moi ne pouvons rien.
M. Alain DESTREM. - C'est très bien "Paris-Plage" !