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197 - 2003, SGRI 5 - Subvention à l'Association internationale des Maires francophones. - Montant : 1.733.040 euros

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2003


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération SGRI 5 relatif à l'attribution d'une subvention à l'Association internationale des maires francophones.
Monsieur VUILLERMOZ, vous avez la parole.
M. Jean VUILLERMOZ. - Vous nous proposez de voter une subvention conséquente pour l'association A.I.M.F., dont vous assurez la présidence depuis 2001.
Je souhaite marquer, dans ma courte intervention, l'intérêt que nous portons à ses activités et aussi à avancer une suggestion dont nous espérons, Monsieur le Maire, qu'elle pourra pour le moins faire l'objet d'un examen attentif.
Il faut bien en convenir, l'A.I.M.F. est tout à la fois un outil de coopération et, excusez l'expression, aussi l'un des bras séculiers de la mise en ?uvre de décisions prises dans le cadre du Sommet de la Francophonie.
C'est une réalité qu'il faut assumer et qui ne manque pas d'influer sur l'existence même de cet organisme et sur son financement dont les sources, à notre avis, devraient être, à l'évidence, élargies car Paris en assume une part très importante.
Cette volonté de diversifier les financements est affichée. Nous en prenons acte et bien entendu nous suivrons les évolutions futures de la structure des recettes de l'A.I.M.F. non pas pour réduire les moyens dédiés à la coopération internationale, mais pour que la Ville puisse réorienter les moyens économisés afin de faire d'autres projets, portés localement, ici à Paris et dans les pays du sud dont de très nombreux parisiens sont originaires.
La coopération internationale autour de projets de développement durable, va être un support majeur de la vie des villes pour l'avenir. Nous avons déjà eu l'opportunité de le marquer lors du débat sur le Conseil des citoyens des pays non communautaires hier.
Les objectifs de coopération émanant de projets citoyens sont donc à promouvoir et il faut que la Ville se donne, en la matière, un rôle de facilitation dirons-nous.
Par ailleurs, depuis 2001, la vie de l'A.I.M.F. a été marqué par des évolutions marquantes et positives concernant la lutte contre le sida, le développement des aides humanitaires et la mise en place de projets de coopération aussi sous des formes qui restent à déterminer. Nous souhaitons que le Conseil de Paris continue à être tenu informé sur la vie de l'association.
Par exemple, il est possible qu'avant les réunions de l'A.I.M.F., les conseillers de Paris, par l'intermédiaire de leurs Présidents de groupe, soient informés et puissent intervenir sur les choix proposés.
Cette demande de transparence doit prolonger ce que, Monsieur le Maire, vous avez commencé à mettre en ?uvre avec M. SCHAPIRA. Il s'agit donc d'améliorer encore la transparence de la gestion de l'A.I.M.F. pour se donner des noms pour des projets locaux de coopération.
Ce sont les deux propositions que nous avançons et qui, si elles étaient acceptées nous permettraient, évidemment, de voter dans de bonnes conditions cette délibération.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - La parole est à Mme BERTRAND.
Mme Geneviève BERTRAND. - Merci, Monsieur le Maire.
L'examen du projet de délibération concernant la subvention de 1.733.000 euros à l'A.I.M.F. permet de souligner l'exemplarité à plus d'un titre d'une réorientation intelligente et fructueuse, d'un outil qui existait depuis 1979 avec ses forces et ses faiblesses.
Rapidement je veux souligner l'exemplarité à 6 titres :
1 - vous avez maintenu cet instrument qui représente à lui seul près de 60 % de l'action financière de la DGRI. C'est un outil d'influence, un très bel outil de coopération décentralisée.
2 - vous lui faites vivre une vie démocratique pour des échanges nord sud utiles, concrets, efficaces et durables dans une démarche aérée et non confidentielle avec un beau réseau de 109 capitales et métropoles francophones.
3 - le Maire de Paris en est le Président et les représentants de tous les groupes politiques du Conseil de Paris ont pu, à l'initiative de Pierre SCHAPIRA, rencontrer le nouveau secrétaire général, M. Ibrahim N'DIAYE, Maire de Bamako, ce qui est intéressant.
4 - vous aviez souhaité, comme nous tous, réorienter l'emploi de la subvention de la Ville de Paris en destinant la moitié des fonds aux investissements ou à des projets et non plus à l'ensemble du fonctionnement comme c'était le cas précédemment.
5 - Pierre SCHAPIRA et ses services, le cabinet et la DGRI, dont je salue la qualité du travail, nous fournissent des documents précis et utiles nous permettant de juger.
6 - le choix effectué par le bureau de l'A.I.M.F., de projets tels que la constitution de services d'état civil, la modernisation des marchés, la construction de centres de santé, ou de nombreux équipements publics : eau, traitement des déchets, etc.. tous projets qui permettent d'utiles contributions des services techniques de la mairie et de SEM, contribuent à l'amélioration concrète de la vie des habitants du sud.
Et à l'instar de M. VUILLERMOZ, je souhaite rapidement faire 6 suggestions. Premièrement, si pour des raisons historiques, Paris apporte une contribution sans commune mesure avec celles d'autres grandes villes francophones du nord : Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux pour la France et Québec, Bruxelles, Liège, Genève... ces autres villes riches ne devraient-elles pas être invitées à réexaminer le niveau de leur participation ?
Deuxièmement, avec un corollaire possible : c'est qu'un jour le Maire de Paris ne soit plus le président obligé de cette association, ce qui pourrait d'ailleurs constituer une motivation supplémentaire pour le financement des villes du Canada, de Suisse ou de Belgique.
Troisièmement, par la voix du Secrétaire général, M. N'DIAYE, nous avons appris que bien des villes francophones du Sud aimeraient avoir accès à ce type de coopération dans un contexte d'urbanisation galopante des pays du Sud. La règle des cinq villes bénéficiaires maximum par pays est-elle intouchable ?
Quatrièmement, l'action de l'A.I.M.F. qui ne représente qu'une goutte d'eau dans l'océan des besoins, ne pourrait-elle être inscrite dans une vision plus vaste de coopération en recherchant des partenariats de financement et de compétences, voire même de méthodes en rejoignant les efforts du Fonds européen de développement de l'Union européenne, du P.N.U.D., de l'O.N.U., de la Banque mondiale et, pourquoi pas, de la Ligue arabe ?... Bref, de la coopération dans la coopération.
Cinquièmement, le suivi s'impose dans ces coopérations d'où un besoin d'actions de formation et d'information durables des personnels locaux.
Enfin, sixièmement, une évaluation est indispensable, là comme ailleurs.
Voilà un emploi des finances parisiennes pour le développement durable qui honore les Parisiennes et les Parisiens. Je n'en dirai pas autant pour le prochain projet de délibération mais, pour celui-là, le groupe U.D.F. votera favorablement.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur GAREL, si vous pouviez être concis.
M. Sylvain GAREL. - Monsieur le Maire, cette délibération nous propose de reconduire en 2003 la subvention qui a déjà été versée en 2002 à l'A.I.M.F., à savoir plus de 1,7 million d'euros. C'est une somme considérable pour le budget international puisque cela représente plus du tiers de ce budget si on met à part le million d'euros obtenu pour lutter contre le Sida en Afrique.
Nous avons toujours les mêmes interrogations par rapport à cette association qui a été fondée en 1979 par Jacques CHIRAC et nous avons toujours, comme première interrogation, le fait qu'aucun conseiller de Paris, hors le Maire de Paris, ne siège dans le Conseil d'administration de cette association et donc que nous ne pouvons pas contrôler complètement, comment sont utilisés ces 1,7 million d'euros, même si je dois reconnaître que, depuis le changement de majorité, il y a eu une évolution très positive dans ce domaine. D'abord, il y a maintenant un vote spécifique concernant la subvention à l'A.I.M.F. alors qu'avant il n'y en avait pas. C'était noyé dans un ensemble de subventions qu'il était très difficile de comprendre et connaître.
Par ailleurs, la D.G.I.R. et M. SCHAPIRA ont organisé à plusieurs reprises des réunions d'information sur la façon dont était utilisé cet argent.
Il y a une autre évolution favorable. C'est la volonté de réduire les frais de fonctionnement qui étaient très importants dans cette association, au profit de la coopération décentralisée et, bien sûr, nous ne pouvons que soutenir cette évolution positive et nous espérons qu'elle ira encore plus loin dans les années qui viennent.
Mais cela ne lève pas notre principale hypothèque dont Mme BERTRAND a parlé en filigrane, c'est que cette association est viciée depuis le départ. Comment peut-on justifier que la Ville de Paris verse 1,7 million d'euros alors que les autres villes de l'hémisphère nord, versent des sommes absolument dérisoires par rapport à ce 1,7 million d'euros puisque la plus haute contribution d'une autre ville est de 24.000 euros.
Vous voyez que nous ne sommes pas du tout dans le même ordre de subvention. Et, bien entendu, cela implique une chose que, là aussi, Mme BERTRAND a soulignée. De ce fait, le Maire de Paris est président de cette association ad vitam æternam. Tant que la différence de subvention existera, il est clair que personne ne pourra remettre en cause la présidence du Maire de Paris puisque, lorsque vous versez 24.000 euros, vous ne pouvez pas dire à la personne qui verse 1,7 million : "je vais prendre votre place". C'est évident.
Nous pensons qu'il faudrait refonder l'A.I.M.F. et justement remettre à plat toutes les subventions pour permettre que ces subventions soient équitables. Pour nous, il y a deux critères, d'abord, l'importance de la population et, ensuite, la richesse de cette population. Nous pensons que les contributions de toutes les villes à l'A.I.M.F. devraient être calculées selon ces deux critères et cela pourrait être fait l'année prochaine puisqu'en juin 2004, la convention actuelle de l'A.I.M.F. vient à échéance et qu'une nouvelle convention doit être étudiée. Nous pensons que nous devrons profiter de cette échéance pour remettre à plat le financement de cette association et donc la refonder selon des critères plus équitables.
En attendant, le groupe des élus "Verts" s'abstiendra sur cette délibération.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
La parole est à Mme LE STRAT.
Mme Anne LE STRAT. - Merci, Monsieur le Maire.
Certaines choses ont été dites, mais beaucoup d'interrogations demeurent.
Comme l'année dernière, et dans le cadre de la convention triennale signée entre la Ville de Paris et l'A.I.M.F., nous devons nous prononcer sur l'attribution d'une subvention pour l'A.I.M.F. J'étais déjà intervenue, il y a un an, pour mettre en avant des problèmes posés par cette association tant dans sa structure que dans son fonctionnement, et pour souligner aussi le fait que nous disposions de peu d'éléments pour nous forger une opinion sur le bien-fondé d'une telle subvention.
Je rappelle quand même, pour ceux qui ne le sauraient pas, qu'il s'agit là de plus de la moitié du budget affecté aux relations internationales. Ce n'est quand même pas rien.
Concernant cette délibération, je voudrais faire plusieurs remarques. D'abord, cela a été souligné par les autres intervenants, mais je veux aussi le saluer ici, des progrès ont été accomplis pour une meilleure transparence et une meilleure information, concernant le fonctionnement de l'A.I.M.F. C'est vrai que nous avons eu des rapports, nous avons été informés. Les membres de la 9e Commission ont pu travailler en amont avec l'Adjoint aux Relations internationales, M. SCHAPIRA, qui a organisé, pour nous, une réunion concernant les nouvelles orientations de l'A.I.M.F. C'est une évolution très positive que je tiens à saluer ici.
Cela étant dit, certaines interrogations demeurent sur le fond et sur la forme.
Premièrement, je voudrais faire remarquer que, concernant le projet de délibération qui nous est soumis, il est quasiment identique, mot pour mot, à celui qui nous a été communiqué il y a un an. Certes la présentation et l'historique de l'association demeurent, cela dit, il y a une phrase identique à l'année dernière qui nous parle d'un audit qui a été réalisé pour une meilleure gestion de l'association et pour une meilleure transparence.
Ceci, nous le savions, puisque c'était déjà indiqué l'année dernière. Il aurait pu être intéressant, en l'occurrence, qu'avec l'exposé des motifs - en plus des nouvelles actions réalisées par l'A.I.M.F. - nous soyons mieux informés de ce qui avait pu être changé dans sa gestion suite précisément à cet audit.
Concernant plus précisément le fonctionnement et le budget de l'association, nous avons bien noté que les dépenses de fonctionnement avaient diminué à peu près de 100.000 euros. Nous avons noté également que la Ville participe un peu moins à ces dépenses de fonctionnement et plus au fonds de coopération. Cela a été souligné. Pour autant, les dépenses de fonctionnement restent majoritairement payées par la Ville puisque, sur un budget prévisionnel de fonctionnement d'environ 1.380.600 euros, la Ville prendrait à sa charge plus de un million d'euros soit 73 % de ces dépenses.
Cela reste considérable et, si je reprends les termes des conclusions de l'audit, l'A.I.M.F. devrait "mutualiser ses charges avec l'ensemble de ses adhérents et l'ensemble des financeurs publics intéressés par la bonne marche de l'outil".
Au passage, je m'interroge sur le retrait de la Région quant à sa contribution financière. Par ailleurs, les dépenses de fonctionnement restent élevées, puisqu'elles représentent encore 31 % du total des charges. Et les dépenses de fonctionnement du seul Secrétariat permanent, 25 % du total.
Je parle aussi, en l'occurrence j'ai fait un petit calcul sur les charges de personnel (j'irai assez vite) des six salaires en plus des mises à disposition par la Ville et des mises à disposition du Sénat : en moyenne, ils s'élèvent, pour un salaire mensuel, à plus de 33.000 F nets (je parle en francs pour que cela donne une idée) par salarié, ce qui me semble relativement important.
Donc, en considérant ces chiffres, il me semble assez sage de retourner là encore aux conclusions de l'audit et il faudrait (je cite encore) "s'assurer que la subvention versée par la Ville de Paris et affectée au fonctionnement de l'association n'est pas sur-dimensionnée ; une analyse des dépenses allouées au secrétariat permanent et aux animations des instances pourrait être menée".
Tout y est dit, même de manière allusive.
En outre, nous aurions aimé bénéficier d'une information plus détaillée sur les missions du secrétaire permanent et avoir, par exemple, des rapports de mission. Un exemple : le Sommet de Johannesburg. On nous parle de ses déplacements, on nous dit que M. FIJAC est allé avec la délégation organisée par M. CHIRAC ; c'est très bien, mais on aurait aimé quand même avoir plus de détails sur la participation concrète de l'A.I.M.F.
Concernant les actions menées par l'A.I.M.F., je voudrais évoquer deux-points :
D'abord un manque d'information total quant à l'évaluation des projets réalisés...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Il faut conclure.
Mme Anne LE STRAT. - Je vais essayer, mais c'est un sujet important, je pense que tout le monde en aura conscience, même si, en effet, c'est une Assemblée assez déserte.
Donc, d'abord, un manque d'information total quant à l'évaluation réelle et cela, c'est vrai, a été souligné par Mme BERTRAND.
Et le dernier point, c'est l'implication des populations migrantes et des populations parisiennes dans les projets portés par l'A.I.F.M.. Je voulais souligner ici la qualité du travail réalisé par les Assises du co-développement les 2 et 3 avril et nous pensons qu'il serait peut-être intéressant que l'A.I.F.M. s'inscrive beaucoup plus dans ces projets, avec les objectifs qui ont été assignés dans ce cadre-là. Dans le cadre d'une implication de plus en plus importante des collectivités locales dans la coopération, l'activité de l'A.I.M.F. devrait s'inscrire dans une coordination des politiques de l'ensemble des partenaires parisiens et chercher à diversifier ses financements en s'inscrivant dans des programmes nationaux, européens et internationaux. La Ville de Paris ne serait alors plus la seule contributrice.
En conclusion, il me reste à dire...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Il ne vous reste plus rien ! Je considère que les choses ont été dites et clairement.
Mme Anne LE STRAT. - ... que nous espérons que nous pourrons préciser ces points et avoir ce débat lors d'une très prochaine communication que nous espérons sur la politique internationale de la Ville.
Malgré les efforts réels et manifestes de la Mairie les critiques demeurent et, donc, nous nous abstiendrons sur cette délibération.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
Mme GUILMART a la parole.
Mme Moïra GUILMART. - Evidemment, à cette heure-ci et intervenant en dernier, je ne vais pas du tout suivre ce que j'avais préparé.
Je voudrais simplement dire que, pour ma part, je me réjouis très sincèrement que Bertrand DELANOË ait été élu à la tête de cette association et je vais vous dire pourquoi.
Figurez-vous que j'ai passé une bonne partie de ma vie à l'étranger et je peux donc vous dire que le rayonnement de Paris, pas simplement pour le côté touristique, etc., n'est pas un vain mot. Le c?ur et l'esprit de nombreuses populations dans le monde battent à l'unisson de Paris et Paris reste quelque chose d'important dans la vie politique du monde.
Par conséquent, que ce soit notre Maire qui soit à la tête de cette association qui contribue au rayonnement de la francophonie et du rôle de Paris, je ne peux que m'en réjouir.
Bien entendu, je ne vais pas reprendre tout ce qui a été dit sur les améliorations qui ont été apportées du point de vue de l'information des élus, etc. Effectivement, nous avons pu faire un très bon travail en liaison avec Pierre SCHAPIRA, travail que nous pouvons toujours améliorer et je suis sûre que ce sera le cas dans les temps qui viennent, du point de vue tant du fond que de la forme. Nous pouvons toujours aller vers l'amélioration.
Cependant, je constate, par exemple en ce qui concerne le fonds de coopération, que sur 11 propositions de subventions qui doivent être attribuées éventuellement par le bureau, 5 concernent l'eau et l'assainissement, 1 les déchets, 3 la santé. Cela fait 9, ce qui marque bien nos priorités concernant le développement durable.
C'est un point important.
En ce qui concerne la création du fonds d'urgence, de même, nous avons insisté sur la santé, sur la lutte contre les pandémies et une nouvelle commission a été créée concernant les problèmes de santé. J'ai noté par ailleurs qu'elle était présidée par un Maire d'un pays de l'Europe de l'Est et il ne faut pas oublier non plus cette dimension de l'A.I.M.F. Je me plais à souligner que cette dimension est davantage prise en compte que les précédentes années.
Avant de conclure, je voudrais poser deux petites questions.
La première rejoint la question qu'a posée Mme BERTRAND : quels relais auprès des institutions européennes ? Je crois que c'est là vraiment quelque chose de très important.
Ma deuxième question n'en est pas une, c'est un souhait (je sais bien que cela ne dépend pas de nous, mais peut-être pouvons-nous prendre contact en cette Année de l'Algérie) : est-ce que Alger et d'autres villes de ce pays pourraient rejoindre l'A.I.M.F. ? Je pense que ce serait un complément très important.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci, Madame GUILMART.
Mme Moïra GUILMART. - Merci de m'avoir arrêtée.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Il le fallait, sinon...
Excusez-moi, mais il y a un temps de parole, il est de 5 minutes, je le fais respecter... Il est 1 heure et demie ! Si le seul à faire la police ici, c'est moi, je veux bien prendre cette responsabilité, mais c'est aussi aux groupes de s'organiser pour que la séance se déroule dans de bonnes conditions ; donc, je voudrais que chacun partage un peu cette responsabilité.
Madame CHABAUD, vous avez la parole.
Mme Jeanne CHABAUD. - Merci, Monsieur le Maire.
La solidarité entre les pays francophones passe par une coopération étroite entre les villes, échelon administratif le plus proche des citoyens. C'est ainsi que l'on peut le mieux répondre aux attentes quotidiennes les plus préoccupantes des habitants des villes les moins aisées.
Jacques CHIRAC, dont chacun connaît son attachement viscéral à ces populations, a pris l'initiative dès 1979, très vite après son élection à la Mairie de Paris, de la création de l'Association internationale des maires francophones.
Chaque année, avec la présentation de son rapport, l'A.I.M.F. nous montre qu'elle ne trahit pas la confiance qu'on lui accorde, bien que M. GAREL ait trouvé cette association viciée depuis le départ. Je pense que vos propos sont un peu excessifs, Monsieur GAREL !
Les chantiers sont nombreux, les résultats sont grands ; la plus belle satisfaction étant celle des populations qui voient ici la modernisation de leurs services et équipements municipaux, là le soutien aux activités économiques ou culturelles.
Le Gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN, cette année encore, reconnaît le sérieux de l'Association par sa contribution financière.
Parce que Paris, capitale de la France, ne peut s'affranchir de son rôle moteur dans la coopération des villes francophones, l'U.M.P. soutient son action, et donc son financement.
Laissez-moi pour autant de souhaiter qu'une réflexion sérieuse (donc dénuée de toute volonté de récupération politique) permette d'aboutir à l'élargissement de l'A.I.M.F. à d'autres villes, et ainsi susciter encore plus d'intérêt pour l'action qu'elle entreprend.
Je vous remercie.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
M. SCHAPIRA a la parole pour répondre.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, au nom de la 9e Commission. - D'abord, je remercie tous les intervenants parce qu'ils savent de quoi ils parlent, ils viennent régulièrement aux réunions que je provoque et auxquelles je les invite, puisqu'on en a fait plusieurs sur cette association.
Je l'ai dit l'année dernière quand j'ai pris mes fonctions, l'A.I.M.F., telle que présentée par la presse, était pour moi un sujet de préoccupation. Je me suis aperçu finalement que c'était tout autre chose. De plus, depuis que Bertrand DELANOË en a été élu président, il a fait évoluer les choses.
Sur le fond je ne reviens pas puisque tout a été dit : le Sida, la culture, le développement durable, enfin un certain nombre d'actions ont été conduites.
Sur le financement, c'est un gros budget, mais il faut savoir que cette association est le premier réseau de villes au monde, unique en son genre, qui fonctionne concrètement. Il y a des projets concrets !
Vous vous en êtes rendu compte quand vous avez entendu le Maire de Bamako, nouvellement élu Secrétaire général de l'A.I.M.F.
Alors c'est vrai que la part du fonctionnement est disproportionnée parce qu'il fallait bien faire fonctionner cette association et que les bailleurs que sont le Ministère de l'Education nationale et le Ministère des Affaires étrangères, ne finançaient pas assez. Maintenant nous avons mutualisé le fonctionnement avec le Ministère des Affaires étrangères et le Ministère de l'Education nationale et je dois dire d'ailleurs que nous ne sommes plus majoritaires sur le financement global de l'association. A présent, le Ministère des Affaires étrangères et le Ministère de l'Education nationale financent une partie du fonctionnement, marque de confiance, s'il en est.
C'est vrai que la Ville supporte le fonctionnement mais en même temps, et c'est un problème d'écritures comptables, il y a du fonctionnement qui est de la coopération. Il faut bien comprendre que quand on envoie un ingénieur de la Ville pour apprendre comment se servir d'un ordinateur - je schématise - pour faire un état civil, c'est du fonctionnement ou est-ce de la coopération ? Tout cela est très mélangé.
Alors je ne vais pas répondre à tout le monde. Vous connaissez ma façon de penser sur l'A.I.M.F., je fais miens un certain nombre de thèmes qui ont été développés, notamment par Jean VUILLERMOZ. Concernant le rôle de facilitation des rapports entre les communautés qui vivent à Paris et leurs pays d'origine, nous avons pour la première fois organisé les Assises du co-développement, où l'A.I.M.F. était présente.
Sur la vie de l'association et la transparence : les projets sont étudiés au Bureau, je suis prêt évidemment, dès que les projets sont finalisés, à vous les soumettre et à vous dire : "Voilà ce que nous allons faire. Nous allons faire un équipement hospitalier à Pnom-Penh, une création de maison des jeunes à Bamako ou un centre contre le Sida à Ouagadougou ou à Bouaké, etc."
Je suis prêt à donner tous les éléments. Cela ne me gêne pas puisque depuis le début j'ai fait les choses de manière tout à fait transparente. Mais, très honnêtement, il faudrait être un peu spécialiste, pour tout cela.
Sur l'adhésion des villes, les 5 villes par pays qui peuvent adhérer, c'est vrai qu'on pourrait augmenter ce quota. C'est compliqué parce que plus on est nombreux et moins cela fonctionne. Il est vrai que se posera le problème des régions, des associations de villes parce que cela commence à prendre de l'importance.
Concernant le financement, j'ai des contacts avec le P.N.U.D. dont j'ai reçu le directeur pour lui parler de cela lors de son passage à Paris, mais aussi avec la Banque mondiale. Je suis entièrement d'accord pour que l'on puisse bénéficier de financements multilatéraux, ce qui n'avait jamais été fait notamment avec l'Europe.
Sur le fait qu'il n'y ait pas de Conseiller de Paris membre du bureau, oui, puisqu'il y a un membre par ville qui siège au bureau, il y a 15 membres du bureau sur les 110 villes adhérentes. Je suis prêt et je vous l'ai toujours dit, à être complètement ouvert sur tout ce qui pourrait être fait. Cela ne me pose pas de problème de vous tenir informés. Je l'ai fait, nous nous téléphonons, nous nous parlons.
Sur le fonctionnement, il faut rendre plus efficace certaines dépenses. Nous y veillons. Nous essayons de le faire. Je crois que nous allons réussir. Je ne suis pas totalement d'accord avec vous, au sujet du déplacement du secrétaire permanent qui est allé à Johannesburg. Vous avez reçu la contribution de l'A.I.M.F. à ce sommet mondial. Elle a été envoyée à tous les Conseillers de Paris avant le départ du secrétaire permanent pour l'Afrique du Sud.
J'aimerais d'ailleurs que beaucoup d'associations para-municipales, voire des S.E.M., en fassent autant et envoient avant leur déplacement ce qu'elles vont dire lors des réunions internationales. L'A.I.M.F. l'a fait. Si vous ne l'avez pas reçue, je vous l'enverrai personnellement. Cela a été une contribution importante.
Sur les institutions européennes, pour répondre à Mme GUILMART, je suis d'accord au sujet de l'Algérie. Nous sommes en discussion avec l'Algérie qui n'est pas dans la francophonie. Il y a deux pays francophones importants, l'Algérie et Israël, qui ne sont pas dans la francophonie.
Le débat sur l'Algérie, nous allons l'avoir effectivement...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Peut-être pas maintenant.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, rapporteur. - Non. Il y a un certain nombre de villes qui veulent adhérer à l'A.I.M.F. En ce qui concerne l'autre pays, il vaut mieux ne pas avoir le débat maintenant, dans les conditions actuelles. Nous l'aurons peut-être la prochaine fois.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur SCHAPIRA, vous avez été formidable !
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SGRI 5.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, SGRI 5).
La séance est suspendue.
Nous reprendrons nos travaux à 14 heures 30.