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Avril 2003
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181 - 2003, DAC 8 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention relative à l'attribution d'une subvention de fonctionnement avec l'association "Théâtre Silvia Monfort" (15e). - Montant : 850.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous examinons à présent un projet de délibération DAC 8 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention relative à l'attribution d'une subvention de fonctionnement avec l'association Théâtre Silvia Monfort, dans le 15ème pour un montant de 850.000 euros.
Je donne la parole à Mme MACÉ de LÉPINAY.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY. - Merci, Madame la Maire.
Je me réjouis que nous votions enfin la subvention au Théâtre Silvia Monfort. Je voudrais cependant attirer votre attention sur les termes de la convention jointe au projet de délibération.
Elle mentionne une durée d'un an, pourquoi un an d'ailleurs, alors que le théâtre doit avoir du temps pour programmer à l'avance ses futures saisons.
Mais surtout, comme pour d'autres dossiers que nous examinons aujourd'hui, je pense en particulier au théâtre 14, la Ville s'engage par cette convention à verser 40 % de la subvention de fonctionnement au théâtre dans le courant du 1er trimestre 2003. Le vote de la délibération intervenant aujourd'hui, l'association percevra la première part de sa subvention au mieux vers le 15 juin.
Je regrette que la Ville ne respecte pas les termes des conventions qu'elle propose aux associations. Il me semble qu'une convention devrait engager les deux signataires de la même façon. Pourquoi la Ville ne respecte-t-elle pas ses engagements ?
Il est bien évident que le versement tardif de la subvention nuit au fonctionnement du théâtre Silvia Monfort.
Je vous rappelle que ce théâtre mène une politique dynamique diversifiant sa programmation puisqu'il présente, outre des spectacles théâtraux de grande qualité, des spectacles de danse, de la musique et de la chanson, et qu'il a montré de l'audace en donnant une vitrine à des jeunes théâtres étrangers comme le théâtre anglais ou le théâtre russe.
Je rappelle que le théâtre Sylvia Monfort est une entreprise qui emploie dix personnes et bien sûr beaucoup d'intermittents.
J'approuve le fait que des conventions contractualisent les rapports entre les associations culturelles et la Ville mais encore faut-il que la Municipalité ne mette pas en difficulté financière les associations qui participent à sa politique culturelle.
Pour terminer je souhaiterais connaître la date à laquelle le théâtre devra acquitter un loyer à la Ville, savoir si une subvention compensatrice sera versée à l'association et pour quelle durée le bâtiment sera mis à la disposition de l'association dirigée par Régis SANTON, dont nous nous accordons tous à reconnaître le travail remarquable dans un quartier pauvre en équipements culturels ?
Monsieur le Maire, nous serons très attentifs au sort qui sera réservé au théâtre Silvia Monfort et nous vous demandons de lui apporter tout le soutien qu'il mérite.
Merci pour les ricanements !
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - La parole est à M. Gilles ALAYRAC.
M. Gilles ALAYRAC. - Madame la Maire, merci.
Je crois qu'il est nécessaire tout d'abord de souligner l'importance de l'engagement de la Mairie de Paris en faveur de l'association gérant le théâtre Silvia Monfort dans le 15e arrondissement.
Il s'agit, nous le savons tous, d'un équipement culturel de premier plan qui, depuis 1992, offre non seulement aux habitants du 15e mais aussi aux Parisiennes et Parisiens et aux habitants des communes limitrophes, une programmation culturelle originale et diversifiée.
Il faut féliciter Régis SANTON qui en est le directeur pour une programmation à la fois audacieuse, qui permet de présenter au public des spectacles de théâtre, d'opérette, de musique, et surtout de danse, de grande qualité.
Lors de l'examen de cette délibération, les élus de la majorité du 15e arrondissement ont cru pouvoir critiquer le montant de la subvention que la Ville de Paris nous propose, parce que jugée insuffisante.
J'observe que Mme MACÉ de LÉPINAY n'a pas repris d'ailleurs ces arguments. Ces arguments reposaient sur une évidente mauvaise foi dans la mesure où le texte de la délibération présente de façon détaillée la situation financière du théâtre Monfort et démontre que la participation financière de la Mairie de Paris est à la hauteur des enjeux culturels recherchés par ce théâtre et de ses besoins. Mais je pense que M. Christophe GIRARD le dira sans doute tout à l'heure.
Pour que le Conseil prenne la mesure de cette mauvaise foi, je donnerai trois précisions.
Tout d'abord, sous l'ancienne mandature, la subvention de fonctionnement avait baissé à deux reprises, ce qui n'est pas de nature à permettre à qui que ce soit de nous faire la leçon. Depuis 2001, nous n'avons cessé de la faire augmenter et, pour 2003, il nous est même proposé une progression de 18 %.
Ensuite, il est facile de surenchérir en faveur d'une aide encore plus importante alors que, comme bilan, on ne peut aligner, en termes d'équipement culturel pour l'arrondissement le plus peuplé de Paris, qu'une seule installation d'envergure, justement le théâtre Silvia Monfort. Ce déficit culturel, ce désert des arts, qui est une faute politique pour moi, est d'ailleurs, et à juste titre, regretté par les habitants qui, dans les Conseils de quartier et lors des réunions publiques consacrées au réaménagement des terrains Boucicaut, réclament avec insistance un lieu polyvalent pour la culture et je souhaite, à mon tour, que l'on en crée un.
Enfin, je veux souligner l'engagement de la Ville en faveur de ce théâtre, pas seulement au niveau de sa subvention de fonctionnement, mais aussi grâce à l'affichage qu'elle a permis pour le lancement de l'abonnement de la saison, ainsi que son association à la première "Nuit Blanche" où l'affluence du public fut considérable et, d'ailleurs, le théâtre renouvellera cette participation cette année.
Pour terminer, je voudrais demander à M. Christophe GIRARD s'il serait possible de prévoir avec ce théâtre un contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens pour accompagner encore plus efficacement son développement et pour que le théâtre Silvia Monfort obtienne une plus grande visibilité dans le temps de ses moyens qui sera, bien sûr, garante d'une meilleure gestion.
La proposition que je lui fais serait un contrat de 3 à 4 ans de nature à confirmer l'intérêt de la Ville pour les activités du théâtre qui, je le redis, mérite tout l'intérêt de notre collectivité.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci.
Je tiens à souligner, en tant qu'administratrice du théâtre, le travail important qui est fait et je vous remercie d'avoir rappelé l'historique.
Il est vrai que lorsque nous sommes arrivés en responsabilité (Claude DARGENT siège aussi dans ce Conseil d'administration), nous avons trouvé quand même un établissement en situation de crise, de grand isolement et je crois que Régis SANTON se réjouit - j'ai l'occasion de le rencontrer très régulièrement- de sortir de cet isolement et de participer à la politique culturelle parisienne dans un arrondissement qui, oui, est un désert culturel.
Je donne la parole à Christophe GIRARD.
M. Philippe GOUJON. - Il se réjouit que vous lui fassiez payer un loyer ! Ca, vous avez oublié de le dire.
M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Si vous pouviez ne pas faire vos réponses entre vous, ce serait mieux.
Je me réjouis qu'enfin Mme MACÉ de LÉPINAY se réjouisse, elle aussi, qu'il y ait une convention.
Je réponds déjà sur le théâtre Silvia Monfort. Le théâtre est une salle de théâtre de 450 sièges construite en 1993. L'association "Théâtre Silvia Monfort" en assure la gestion et perçoit, pour ce faire, une subvention de fonctionnement municipale annuelle.
Le théâtre Silvia Monfort est donc occupant sans titre d'un établissement qui appartient à la Ville de Paris et cela ne date pas d'hier. Aussi convient-il de régulariser cette situation domaniale, comme cela était demandé par le Maire de Paris.
La DAC a tenu une réunion avec le directeur et le Président du théâtre pour leur présenter le principe cette convention d'occupation précaire.
M. ABIRACHED, président de l'association, a donné son accord de principe à une convention de ce type présentée lors d'un prochain Conseil d'Administration de l'association, c'est-à-dire vers le mois de juin. La délibération autorisant le Maire à la signer serait présentée lors d'un prochain Conseil de Paris.
L'association devra dont s'acquitter désormais d'un loyer dont le montant sera préalablement estimé par la DU.
Le paiement du loyer sera demandé au terme de l'année 2003 ce qui n'a pas d'incidence budgétaire pour l'association en 2003 et vous imaginez bien que l'on entrera dans une discussion.
Il ne s'agit pas, évidemment, de pénaliser le théâtre. Il s'agit de clarifier, de rendre légale sa situation.
Pour la question de Gilles ALAYRAC, sachez qu'avec la Direction des Affaires culturelles et mon cabinet, nous avons commencé une réflexion pour aboutir à un contrat d'objectifs dans les théâtres d'arrondissement. Ce travail est engagé, donc nous verrons si la meilleure réponse est 2, 3 ou 5 ans, mais il y aura des contrats d'objectifs.
Madame MACÉ de LÉPINAY, permettez-moi de dire que lorsque nous nous réunissons en 9e Commission, j'aime beaucoup faire participer tout le monde. Tous les avis sont évidemment entendus, et souvent d'ailleurs les vôtres. Parfois je les reprends et je les applique lorsqu'ils me semblent aller dans le bon sens de la politique culturelle que nous menons.
Lorsqu'à la dernière 9e Commission j'ai évoqué la difficulté de voir des subventions importantes aller à des associations, des établissements dans lesquels il y avait peu de public, et que j'ai pris la précaution de dire que c'était le débat que nous devrions ouvrir et que j'espérais qu'aucun d'entre vous n'irait téléphoner dans l'heure qui suivait pour affoler les responsables de ces associations, c'est ce que vous avez fait. Je trouve que c'est irresponsable.
Quand j'ouvre un débat dans lequel je vous associe, j'aimerais que dans l'heure qui suit, vous n'appeliez pas les personnes concernées pour les inquiéter inutilement. Vous l'avez fait avec "La Maison du Geste et de l'Image". Ma confiance est donc ébranlée.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GIRARD.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 8.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAC 8).