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Mars 2002
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Conseil Général
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9 - 2002, ASES 33 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une convention avec l'Etablissement public spécialisé "Maison Blanche" pour la gestion du lieu d'écoute et d'accueil pour préadolescents, 147, rue de Clignancourt (18e)

Débat/ Conseil général/ Mars 2002


M. Christian SAUTTER, président. - Maintenant nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 33 G relatif à la signature d'une convention avec l'Etablissement public spécialisé "Maison Blanche" pour la gestion du lieu d'écoute et d'accueil pour préadolescents situé 147, rue de Clignancourt, dans le 18e arrondissement.
Le président VUILLERMOZ s'est inscrit sur ce dossier. Je lui donne la parole.
M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Monsieur le Président. C'est aussi le Président du Conseil d'administration de l'hôpital "Maison Blanche" qui va s'exprimer sur cette délibération car l'hôpital "Maison Blanche" est évidemment le principal financeur de cette action.
Quelques mots sur le lieu d'accueil et d'écoute qui est accueillant, chaleureux et sécurisant pour permettre la parole. C'est à partir d'échanges verbaux dans l'anonymat que le jeune va s'autoriser lui-même à entrer en relation avec d'autres. Il peut se confier, parler de ce qui le préoccupe, être entendu par un adulte et par d'autres jeunes de son âge, et être à sa propre place dans le groupe.
L'espace information-documentation est à la disposition des jeunes et des enfants. C'est un lieu relais, intermédiaire, entre l'éducatif, le social et la famille. Mais c'est aussi pour les parents un lieu de ressources, d'accueil et d'écoute. Ce lieu accueille un public jeune de 10 à 15 ans, ouvert toute la semaine dans un espace organisé où chaque salle à ses fonctions propres.
Les préadolescents et les adolescents pourront participer à des discussions, à des échanges, aux débats à thèmes animés par l'un des membres de l'équipe ou un intervenant extérieur, s'informer et même luxe suprême : ne rien faire !
Les jeunes peuvent bénéficier d'entretiens individualisés. Les adultes présents, dont un psychiatre, ont une fonction d'écoute, d'accueil, d'orientation, d'organisation. Bien introduits dans le quartier auprès des différents partenaires, ils sont à même de proposer aux jeunes des réponses qui peuvent aller d'un échange plus individuel à un rendez-vous avec un médecin, un psychologue. Une fois par semaine, les parents sont accueillis. Il leur sera proposé une démarche participative fondée sur la constitution de groupes de parents, sur l'échange et la confrontation d'expériences permettant d'aborder des thématiques liées à l'exercice de la fonction parentale ainsi que de les aider à gérer les réactions des enfants âgés de 10 à 15 ans.
Les praticiens du réseau, qui portent ce projet, insistent particulièrement sur l'importance de ce soutien, que ce soit son versant social ou son versant sanitaire.
L'apport d'une telle structure au soutien à la parentalité se fait ainsi de manière directe dans le cadre des entretiens organisés en soirée, mais aussi de manière indirecte par une orientation vers des prises en charge assurées par d'autres acteurs organisés en réseau.
C'est pourquoi le vote de cette subvention et de cette convention est particulièrement important et attendu pour l'ensemble de la partie nord-est de Paris.
Ce lieu d'écoute et d'accueil complétera le dispositif de traitement de la santé mentale et il me paraît important que ce dispositif bénéficie d'une attention particulière de la part de notre collectivité.
Je souhaite, Monsieur le Maire, attirer aussi l'attention ici sur le financement de la santé mentale à Paris pour signaler que, depuis quatre ans, les 4 hôpitaux qui traitent de ce domaine très important à Paris perdent environ 1 % de pouvoir d'achat par an, soit une perte de 80 à 90 équivalents-emplois tous les ans. Et cette donnée, il faut la rapprocher, pour l'ajouter, du coût des investissements qui sont particulièrement onéreux à Paris. Donc, ce sont beaucoup de structures comme celle dont nous parlons aujourd'hui ou d'autres alternatives à l'hospitalisation, de prévention, ainsi que beaucoup de projets, qui fonctionnent mal, avec des files d'attente importantes. Je citerai, par exemple, dans le secteur nord-est, le manque de 33 places d'hospitalisation dans une structure de jour qui s'appelle "La Pomme", dédiée aux enfants et aux adolescents. Je citerai aussi l'exemple d'une file d'attente de trois mois pour une consultation en C.M.P. dans le 19e arrondissement. Cette réalité, reprise dans un tract distribué ce matin et qui reprend la lettre envoyée à M. le Maire de Paris par les personnels de l'hôpital "Maison Blanche" - exposée dans un Livre blanc rédigé par les psychiatres parisiens - a récemment amené les élus de Paris au Conseil d'administration et le Président de ce Conseil d'administration que je suis, à voter contre le budget de l'hôpital "Maison Blanche".
Je veux signaler que si cette politique d'abaissement des moyens pour la psychiatrie parisienne n'est pas rapidement remise en cause, cela aura de graves répercussions sur les malades de Paris.
Merci.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur le Président.
C'est Mme STIEVENARD qui va vous répondre.
Mme Gisèle STIEVENARD, vice-présidente, au nom de la 6e Commission. - Chers collègues, j'ai compris que M. VUILLERMOZ était bien évidemment très favorable à la délibération présentée aujourd'hui qui prévoit la création d'un point "Ecoute Jeunes" dans le 18e arrondissement. C'est en effet une structure fort utile, un projet qui a été beaucoup travaillé en amont, initié par un certain nombre d'associations, d'équipes, très soutenu par la mairie du 18e arrondissement. Le Département lui apporte une contribution financière à hauteur de 45.735 euros.
En effet, nous souhaitons que cette structure ouvre le plus rapidement possible.
Ensuite, M. VUILLERMOZ a saisi l'occasion de cette délibération pour évoquer les problèmes de financement de la psychiatrie et les problèmes de santé mentale tels qu'ils existent aujourd'hui à Paris et en périphérie.
Je partage un certain nombre des préoccupations qu'il a exprimées. Je sais que notre collègue adjoint à la santé, M. LHOSTIS, réunit des groupes de travail sur ces questions importantes qui ont des retentissements dans nos quartiers et dans nos services sanitaires et sociaux.
Il a relevé des insuffisances de financement qui peuvent exister pour un certain nombre de structures. Je pense en effet que les pouvoirs publics doivent investir davantage dans ce secteur, sachant qu'un grand nombre de gens ont un besoin absolu de structures qui peuvent être, comme vous l'avez indiqué, des alternatives à l'hospitalisation sous différentes formes.
M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame STIEVENARD.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 33 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, ASES 33 G).